04.02.2007
La Guinée en un déclic (Lansana Conté) serra t'il arr^té et jugé contre ses crimes au population Guinéenne
Guinée : partie remise ? Lansana Conté serra arrêté et jugé contre ces crimes au population Guinnéenne
59 morts : c’est le bilan dont font état les ONG et les médias après plus de deux semaines de grève générale et de manifestations en Guinée, durement réprimées par le régime.
On n’aura pas manqué de remarquer, au passage, la discrétion des médias français, frisant la complicité. En dépit - ou à cause - du caractère sanglant de la répression, une insurrection populaire de grande envergure, qui plus est dans un pays francophone, aura été largement ignorée des journaux télévisés. Qu’on se souvienne, à titre de comparaison, de l’abondante couverture accordée à la (soi-disant) "révolution orange" ukrainienne il y a un peu plus de deux ans. Et quand, de temps à autres, les événements de Guinée faisaient l’objet d’un article dans les quotidiens, on y évoquait le sort du "président" Conté, là où quelques semaines auparavant on déblatérait sur le "dictateur" Castro.
Il y aurait pourtant à dire sur la Guinée. Un pays dont la richesse par habitant est le double de celle du Nigeria, et même supérieure d’un tiers à celle de la Côte d’Ivoire, les deux pays les plus industrialisés d’Afrique de l’Ouest. Pourtant, le système médical guinéen est à vau-l’eau, l’électrification peu avancée, le réseau téléphonique en panne chronique. Les routes sont défoncées et l’analphabétisme règne. Quant à l’eau courante, elle n’est plus pour beaucoup qu’un souvenir. L’exploitation des ressources minérales - notamment la bauxite - profite essentiellement à des multinationales et à une petite clique regroupée autour de Lansana Conté, un ancien sergent de l’armée française, arrivé au pouvoir à la suite d’un putsch militaire en 1984 et régulièrement réélu depuis au cours de scrutins truqués. L’autre source d’enrichissement pour cette minorité privilégiée est le contrôle des importations de produits de première nécessité comme l’essence ou le riz dont le prix n’a cessé de flamber ces dernières années, alimentant le désespoir de la population. Lors de la grève de février 2005, on avait appris que les salaires des enseignants ne suffisaient même plus, pour beaucoup d’entre eux, à financer le déplacement domicile-travail !
C’est la libération arbitraire d’un dirigeant du patronat, condamné pour détournement de fonds publics, qui a mis le feu aux poudres. La population, déjà descendue dans la rue en 2005 et 2006, s’est à nouveau heurtée au pouvoir par la grève générale et les manifestations. Le courage des manifestants contraste avec le caractère timoré des revendications mises en avant par les principaux syndicats, la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) : ceux-ci mettent l’accent sur la personne du président, dont l’état de santé justifierait la destitution. Au plus fort de la répression, ils demandaient la saisine « de la Cour suprême (...) pour constater la vacance du pouvoir ». Ou encore une meilleure séparation des pouvoirs, afin d’éviter l’ingérence de l’exécutif dans les affaires judiciaires.
Certes, quand les principaux dirigeants du mouvement font mine de prendre au sérieux les oripeaux démocratiques dont se couvre un régime qui n’est rien d’autre qu’une clique mafieuse prête à tous les crimes pour défendre ses voitures de luxe, ses villas et ses piscines, il nous est difficile de dire d’ici s’il s’agit d’une politique correspondant à la conscience actuelle des manifestants ou de la volonté de trouver un dérivatif à la colère populaire, conduite ainsi à une impasse. Certaines scènes (rapportées par Le Monde par exemple) décrivant ces dirigeants houspillés par leurs propres troupes semblent militer pour la seconde hypothèse. Et il est sûr en tout cas que la population pauvre n’a rien à attendre d’un Conté ou d’un autre dirigeant des partis d’opposition, qui osent à peine se mouiller aux côtés des manifestants et se bornent à réclamer piteusement un "débat national".
La pusillanimité des mots d’ordre politiques laissait malheureusement présager du dénouement de la lutte : il aura suffi que le président accepte la nomination d’un chef du gouvernement avec qui il devra partager le pouvoir (mais dont la désignation échoit, c’est un comble, au dictateur lui-même !) pour que les chefs syndicaux appellent à la reprise du travail. Quant aux concessions faites par le pouvoir sur le terrain social en matière de prix du riz, de l’essence, de retraites et de salaires des fonctionnaires, elles apparaissent bien minces. Et surtout leur respect dépendra du maintien du rapport de forces.
Les masses guinéennes ont trouvé l’énergie d’affronter les balles de la garde présidentielle, il leur faudra maintenant se donner une organisation et une direction politique à la hauteur de leurs aspirations.
MOUNTAGHA BALDE
Ceux sur qui Lansana Conté peut compter
Depuis le temps que la chute de Lansana Conté, le président guinéen, est annoncée, son clan a eu le temps d’organiser la succession. Et espère que ses plans n’ont pas rouillé dans les tuyaux.
Mai 2006, grève des professeurs, 9 jours. Pas de quoi s’affoler pour le régime. Juin 2006, grève générale, 9 jours, répétition amusante mais pas gênante. Bien heureusement les pauvres travailleurs guinéens doivent aussi se nourrir. Et la manifestation, ça ne se mange pas. À la rigueur, les manifestants dégustent quelques balles. Une vingtaine d’étudiants en ont ainsi fait les frais.
Depuis le début de la grève générale, lancée le 10 janvier et très suivie, les chiffres ont subi une petite inflation. 33 « marcheurs pacifiques » sont tombés sous le feu gouvernemental. Les mêmes causes ont produit les mêmes effets. L’augmentation du coût du carburant, de la nourriture... d’un peu tout en fait, ont lancé les Guinéens dans la rue.
Et une fois n’est pas coutume, Lansana Conté a bougé. Un miracle encore inexpliqué. Entre son diabète et sa leucémie, le général putschiste, arrivé au pouvoir en 1984 après la mort de Sékou Touré (le premier président guinéen), n’a plus que quelques instants de lucidité par jour. Victime d’un accès de clairvoyance présidentielle, Fodé Bangoura, ministre des Affaires présidentielles et homme fort du régime a été viré le 19 janvier dernier. Sans motif officiel. Une tête sacrifiée sur l’autel de la contestation… et de la succession.
Le clan présidentiel ne désespère pas de se maintenir au pouvoir, une fois le vieux écarté. Et sans introniser le fifils, pourtant patron de la garde présidentielle. « Le clan présidentiel et la première dame savent très bien que personne ne veut d’Ousmane », se félicite une barbouze en villégiature à Conakry.
Restent deux scenarii.
Si la rue se calme, l’intérim sera confié au nouveau ministre des Affaires présidentielles, Eugène Camara. La médiation de la Première dame Henriette Conté et l’annonce de la nomination d’un Premier ministre indépendant s’inscrivent dans ce cheminement. Encore faut-il que les manifestations ne se transforment en insurrection.
En ce cas, une méthode plus prosaïque serait employée : l’appel à un « sauveur ». Prévoyant, le chef d’État major Kerfalla Camara s’est rendu à Paris en février dernier, histoire de se faire adouber. Ancien du régime de Sékou Touré et du Comité militaire de redressement national (CMRN) qui lui succéda en 1984 – avant que Conté n’y fasse le ménage – Camara connaît la maison, ses méthodes, a obtenu l’onction du clan présidentiel. Et l’important bataillon de « Rangers guinéens », formé et équipé par le soin d’anciens officiers américaines et français, lui est tout dévoué. Une assurance tout-risque. « Conté ne passera jamais la main en dehors de son clan », confirme un haut gradé.
Même proches de la fin, les proches de Lansana ne veulent pas s’en laisser Conté.
La Guinée Conakry
Après un ciel nuageux, le grand orage social qui s'est abattu sur la Guinée , devenu menaçant pour le pouvoir en place, n'a finalement pas réussi à emporter le général-président. La violente agitation passée, le chef de l'Etat peut se féliciter de toujours tenir la barre, et se pénétrer davantage de l'idée qu'il tient son pouvoir de Dieu. Un rapide rappel de l'histoire : victime, le 19 janvier 2005, d'une tentative d'assassinat alors que son cortège revenait de l'aéroport de Conakry, Lansana Conté, qui en sortit indemne, avait déclaré que Dieu n'avait pas encore décidé qu'il était temps qu'il mourût.
Dans un de nos précédents éditoriaux, nous nous interrogions : "Conté survivra-t-il à ses massacres ?", après autant de sang versé sur le sol guinéen.
L'actualité en Guinée, telle qu'elle se déroule sous nos pieds, nous incite à croire que Conté a désormais la tête hors de l'eau, que son pouvoir s'est mis à l'abri.
Deuxième victoire pour le bidasse-président : c'est toujours à lui que revient le droit de nommer un Premier ministre, fût-il de consensus, et aucun délai, en apparence, ne semble avoir été fixé au président Lansana Conté qui, selon toute vraisemblance, joue la carte du temps. Enfin, troisième motif d'une relative satisfaction pour le général-président : le chef de gouvernement qui sera désigné ne sera pas un Premier ministre constitutionnel. C'est dire que ce dernier peut être révoqué à tout moment. Et à ce propos, qu'attendre, en réalité, de la collaboration avec l'acariâtre homme fort de Guinée, ce bidasse qui s'est jusque-là montré incapable de se défaire de ses bottes de militaire ? Ce Premier ministre aura-t-il les mains libres pour travailler ? Pourra-t-il s'accommoder des humeurs du chef de l'Etat ? Aura-t-il la possibilité d'engager, comme c'est le souhait du peuple, de profondes réformes à même de soigner le mal guinéen ? Pourra-t-il être ce brise-vent qui freinera les dérapages du président Conté ?
A une étape de la crise, il était question de pousser l'homme fort de Guinée vers la porte de sortie. Assurément, la grande victoire de ce peuple aurait été que celui qui l'a si longtemps asservi, fût parti. L'on avait ainsi cru que ce peuple avait résolument enclenché la grande marche en avant, qu'il était sans concession, n'entendait effectuer aucune marche en arrière, et qu'il tenait le cap.
Grosse désillusion, en fin de compte: la page Conté n'a pas été tournée et les récentes émeutes populaires n'ont pas sonné le crépuscule de l'ère Conté. Un résultat qui ne semble ni surprendre, ni bouleverser bien des Guinéens. Bien au contraire, puisqu'ils sont nombreux à se réjouir du retour à la normale. Comme si, en définitive, ils venaient d'oublier la principale cause pour laquelle ils n'avaient pas hésité à battre le pavé : la libération !
La Guinée attend toujours un Premier ministre
Le Patriote Mountagha du dimanche 04 Fevrier 2007
La Guinée demeurait dans l’attente vendredi de la nomination d’un Premier ministre aux pouvoirs élargis, promis par le président Lansana Conté après une grève de 18 jours lancée par des syndicats, qui maintiennent la pression alors que l’impatience commence à se faire sentir. Après l’accord qui a mis fin le 26 janvier à la grève générale, le président guinéen, au pouvoir depuis 23 ans et affaibli par la maladie, a signé mercredi un décret définissant les pouvoirs du futur Premier ministre.
Ce dernier aura désormais fonction de chef du gouvernement, rôle rempli par le président depuis l’indépendance du pays en 1958. Si le décret répond en grande partie aux exigences des syndicats, la nomination du nouveau pensionnaire de la Primature tarde à intervenir, faisant naître quelques signes d’impatience à Conakry six jours après la signature de l’accord.
Jeudi, les syndicats ont rappelé le pouvoir à ses promesses, en affirmant que “si le Premier ministre qui sera nommé par le chef de l’Etat (...) ne répond pas aux critères indiqués dans le protocole d’accord, (ils) descendront dans la rue”, laissant craindre une répétition de la violente répression qui a fait 59 manifestants tués pendant la grève.
Selon l’accord signé entre syndicats et gouvernement, ce Premier ministre -dont le pays est privé depuis le limogeage de Cellou Dalein Diallo en avril 2006- devra être “un haut cadre civil compétent, intègre, et qui n’a été impliqué ni de près ni de loin dans des malversations”. “La vigilance est de mise en ce qui concerne l’intersyndicale, et nous n’entendons pas lâcher la pression jusqu’à obtention entière de nos revendications”, a insisté lors d’une conférence de presse Ibrahima Fofana, un des leaders syndicaux à l’origine de la grève générale. De son côté, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a également tenu à intervenir pour accompagner l’application de l’accord avec l’envoi vendredi à Conakry de l’ex-président nigérian Ibrahim Babangida, mandaté par l’organisation régionale.
L’ex-dictateur militaire sera accompagné du président de la Commission de la Cedeao , Mohammed Ibn Chambas, pour “faciliter la mise en oeuvre de l’accord conclu entre le gouvernement guinéen, les syndicats et les autres acteurs politiques”, selon un communiqué de la Cedeao publié dans la matinée. Aucun nom d’éventuel candidat ne circulait encore vendredi dans les milieux officiels guinéens, où personne n’était vraiment capable d’indiquer si le président Conté était sur le point ou non de désigner le nouveau chef du gouvernement.
Une source proche de la présidence voit dans ce retard le résultat d’une lutte d’influence dans l’entourage présidentiel, évoquant la “pression familiale et des affinités rivales dans l’entourage du chef de l’Etat”. “Personne ne peut dire aujourd’hui que le président Conté est en train de réfléchir ou s’il est en train de prendre des contacts (...) parce que depuis une semaine, il n’y a eu aucune consultation dans ce sens avec les acteurs politiques et sociaux”, relève de son côté M. Fofana. “Apparemment, il n’y a même pas de tractations qui pourraient expliquer que cela dure”, confirme Gilles Yabi, spécialiste de la Guinée pour l’International crisis group (ICG), qui considère que “c’est assez inquiétant car on ne sait pas ce qui se passe”. “D’ici le milieu de la semaine prochaine, si rien n’est fait et si Conté ne s’est toujours pas décidé, la rue l’obligera à prendre une décision”, prédit pour sa part l’opposant Mamadou Bâ, secrétaire général de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).
Mountagha Balde
mountmane@hotmail.com /mountmane@yahoo.fr
23:35 Publié dans Mountmane Actualité Guinéenne à la seconde | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note












Commentaires
impressionnates ces photos
quel drame
les hommes sont fous
Ecrit par : bernard | 04.02.2007
ya tu eu beaucoup de crime comme sa ! en l'année 2008 ??
Ecrit par : vanessa | 08.01.2009
C'est domage que la premiere image qui sort quand on google (dans image) la Guinee c'est ces photos degueulase de cet homme masacre. Ca ne donnent pas du tout une bonne premiere impression de ce pays merveilleux. Je voulais encourager ma soeur de venir en Guinee avec nous et ca c'est la premiere image qui sort. Quelle honte!
...vraiment c'est dommage . C'est photos n'appartient pas sur l'internet. Ca ne prend pas des photos graphiques comme ceux-ci pour comprendre l'horreur qui c'est passer il y a 2 ans. J'etais en Guinee durant ces greves.
La paix,
Marielle
Ecrit par : marielle | 15.02.2009
salut moi je m'appelle traore
Ecrit par : traore | 15.05.2009
Au moins resperter le cadavre de cet homme. Ce qui se passe en guinée est terrible certes mais ayez du respect pour ces vie sacrifiées. Quel honte!
Ecrit par : internaute | 12.10.2009
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