« Guinée-Polittique-Economie-Sociale | Page d'accueil | Guinée-Diplomatie-Politique »

12.04.2008

Guinée-Diplomatie-Politique

Il y a "des risques élevés de divisions et de conflits" en Guinée

CONAKRY - Des "risques élevés de divisions, de dérive institutionnelle et de conflits" existent en Guinée, a déclaré lors d'une conférence presse vendredi Gérard Latortue, facilitateur des Nations unies dans ce pays, après une mission de trois semaines à Conakry.

L'ancien Premier ministre haïtien a évoqué des "risques élevés de divisions, de dérive institutionnelle et de conflits que traverse actuellement la Guinée au moment où la prospérité économique semble pourtant frapper à sa porte, à travers la relance de la coopération financière avec les principaux partenaires publics au développement et les promesses d'investissements privés sans précédent".

Nommé fin mars facilitateur en Guinée par le Programme des nations unies pour le développement (Pnud), avec un ancien ministre mauritanien, Habib Ould Hemet, M. Latortue a passé trois semaines dans ce pays ouest-africain dirigé par le général Lansana Conté, 73 ans, malade depuis plusieurs années.

Lansana Kouyaté, un ancien haut fonctionnaire international, avait formé en mars 2007 un gouvernement guinéen de consensus après un mouvement de protestation contre le président Conté, qui avait fait 186 morts en janvier-février 2007 à la suite d'une violente répression.

Gérard Latortue a indiqué que les accords de 2007, signés entre le gouvernement, les syndicats et le patronat pour mettre fin à la grève, ont "un caractère inachevé tant sur le plan politique que juridique".

C'est à ce niveau qu'"un important travail reste à faire pour éviter à la Guinée la reprise des conflits sociaux", a-t-il indiqué.

L'application de ces accords, qui ont notamment prévu que M. Conté délègue certains de ses pouvoirs à M. Kouyaté, se heurte notamment à des difficultés attribuées par les observateurs aux anciens dignitaires du régime, empêchant ainsi la mise en oeuvre des réformes promises.

Il a précisé que les syndicats "m'ont paru faire une lecture assez convergente des difficultés d'application des accords", estimant aussi que l'"autre partie signataire (le gouvernement) semble préoccupé par la capacité de ces accords à s'adapter à la réalité politique du moment tout en respectant les fondements de la constitution guinéenne".

Gérard Latortue a cependant fait part de l'"existence d'une large convergence de vue des Guinéens quant à la volonté commune de tirer les leçons des erreurs du passé" et de "ne pas sombrer dans le chaos et les conflits violents".

Durant son séjour, il a rencontré notamment le président et le Premier ministre guinéens, des représentants des syndicats, des partis politiques et de la société civile.

MM. Latortue et Ould Hemet doivent conduire le processus de concertation entre le gouvernement et les forces politiques et sociales en vue d' élections législatives "libres et transparentes" d'ici novembre 2008.

(©AFP / 11 avril 2008 21h35)

Les aveux d’impuissance du Colonel Facinet Touré : « Je ne suis pas satisfait du bilan de l’actuel régime… Les Guinéens doivent réconcilier avec Dieu »

Le Colonel Facinet Touré, Secrétaire général de la grande chancellerie nationale et acteur clé du Coup d’Etat qui a porté le 03 avril 1984 le Colonel Lansana Conté au pouvoir n’est pas content de la gestion du pays depuis la fin du premier régime. Il l’a fait savoir à travers une interview qu’il a accordée à une chaîne privée de la place le 03 avril dernier.

746800898.jpgL’ancien membre du Comité Militaire de Redressement National (CMRN) a reconnu être un des acteurs principaux du changement de régime intervenu en Guinée mais regrette la façon dont le pays est actuellement géré par ses responsables. Pour lui, les 24 ans de règne a accouché d’une souris : manque d’eau, d’électricité et de visibilité pour le pays. Pis! La mal gouvernance, l'insécurité galopante, la gabegie et les détournements de deniers publics sont érigés en système de gestion.

687576805.jpgParlant du premier régime qu’il accuse aussi de tous les noms, Facinet reconnaît que le régime actuel laissera également des plaies difficiles à cicatriser. Ajoutant que les premiers prisonniers politiques au lendemain de la mort de feu Président Ahmed Sékou Touré n’ont bénéficié que d’un jugement expéditif.

Cet acte, à l’en croire, est à déplorer. Que dire des victimes qui suivront sans aucune forme de procès. Facinet a plutôt préféré faire une invite aux Guinéens de tout horizon à accepter de faire connaître la vérité sur le passé et le présent ‘’chaotiques’’ de la Guinée.

758904034.jpgPour cela, Facinet réclame une ‘’Commission vérité-justice et réconciliation’’ pour sauver le pays. Car, dira t-il, « tant que la Guinée ne rendra pas justice aux victimes dont les corps sont enfouis sous la terre, le pays ne s’en sortira pas. Mieux, les Guinéens doivent se réconcilier entre eux-mêmes mais aussi avec Dieu... ». Et invite, par ailleurs, à n’incriminer aucun Guinéen fut-il Président de la République ou Premier ministre. Il faut, confie-t-il, parler de nos morts sans passion.

Interrogé sur les raisons de l’échec du régime actuel, Facinet ne tergiverse pas : « les acteurs du coup d’Etat de 1984 ne se sont pas entendus… »

Continuant, le Colonel Touré condamne surtout l'actuel régime pour avoir gommé, dans l'euphorie du changement, même les acquis du premier régime. "Alors que tout n’était pas mauvais", soutient-il.

« Ne croyez-vous plus en l’avenir de la Guinée ? » Facinet répond qu’il reste, malgré tout, optimiste mais demande à la jeunesse guinéenne de travailler dur pour gagner le pari de demain.

« Quand je regarde la jeunesse ou quand j’observe la situation actuelle de mon pays, j’ai des pincements de coeur. L'état de la Guinée actuelle me donne des sueurs froides…En bon croyant, dire que je suis satisfait du bilan de l’actuel régime c’est mentir. Nous n’avons pas voulu laisser comme héritage aux générations futures, la Guinée dans sa forme actuelle. Mais...Le but visé le 03 avril 1984 n’a pas été du tout atteint. Et tous les jours, l’horizon s’obscurcit pour la Guinée … Je regrette… », a t-il enfin conclu sur un ton presque abattu.

Guinée: Latortue évoque le règlement de la crise socio-politique

Le facilitateur des Nations unies pour résoudre la crise socio-politique guinéenne, Gérard Latortue, a déclaré vendredi à Conakry que les accords de 2007 entre le gouvernement et les syndicats avaient un caractère inachevé.

S'exprimant au cours d'une rencontre avec la presse, il a affirmé avoir mesuré les risques élevés de division, de dérive institutionnelle et de conflits graves que traverse actuellement
la Guinée.

Cependa nt, il a souligné l'existence d'une large convergence de vue des Guinéens relative à leur volonté commune de tirer les leçons des erreurs du passé, d'aller de l'avant dans la voie du développement et du progrès social.

Ancien Premier ministre haïtien, M. Latortue a exhorté toutes les parties guinéennes à être sensibles afin d'éviter de nouveaux affrontements sociaux.

"Seule la volonté des Guinéens compte. Nous serons là aussi longtemps que la Guinée le voudra pour l'accompagner dans sa quête de paix et du développement", a-t-il affirmé.

Il a annoncé l'ouverture prochaine d'un Bureau permanent des Nations unies en Guinée pour traiter des crises dans le pays.

M. Latortue termine une visite de trois jours en Guinée au cours de laquelle il a rencontré plusieurs acteurs de la crise socio- politique.

Gérard Latortue boucle la première phase de sa mission de Facilitateur en Guinée

APA-Conakry, (Guinée) L’ancien Premire ministre haitien et facilitateur des Nations Unies en Guinée, M. Gérard Latortue s’est dit très confiant dans une issue positive de la crise guinéenne, avant de quitter Conakry vendredi, au cours d’un point de presse, au terme d’ un séjour de trois semaines dans le pays.

L’ex-Premier ministre de Haïti a consacré à des rencontres avec les acteurs de la société civile, le chef du gouvernement, le Président de la République et les présidents des Institutions Républicaines.

«Tout au long de mes consultations, j’ai pu mesurer l’existence d’une large convergence de vue des Guinéens quant à la volonté commune de tirer les leçons des erreurs du passé, la volonté d’aller de l’avant dans la voie du développement et du progrès social", a déclaré M. Latortue devant la presse mobilisée dans les locaux de la Maison Commune , abritant le Système des Nations Unies à Conakry.

M. Latortue a surtout observé la volonté des Guinéens de maintenir à tout prix l’exception guinéenne en Afrique, à savoir, ne pas sombrer dans le chaos et les conflits violents.

Il a par ailleur indiqué que ’’ les problèmes guinéens ne sont pas insurmontables comme il le pensait à son arrivée à Conakry’’, se disant satisfait de la prise de conscience des acteurs de la crise qui ont compris qu’ils peuvent travailler dans la sérénité et la paix tout en privilégiant le dialogue.

L’objectif, selon li, étant de trouver une solution pacifique à cette crise, au lieu de se laisser dominer par les dictas de la violence de la rue.

Gérard Latortue a exhorté les uns et les autres à accorder du temps aux Comités de veille et de suivi des accords dont la tâche consiste à évaluer l’application des accords de juin 2006 et de janvier 2007, pour qu’ils puissent formuler des pistes de solution de sortie de crise.

Il a conclu son intervention en s’adressant aux hommes des médias à qui il a demandé de "contribuer à combattre la division, à consolider la paix et à diffuser une attitude constructive en cette période critique de l’histoire de la Guinée.’ ’

Gérard Latortue reviendra en juillet prochain en Guinée pour participer à des foras, dans le cadre du dialogue et de la réconciliation nationale

Proprietaire du web :  mountmane@gmail.com

Ecrire un commentaire