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07.08.2008

Guinée - Economie - Consommation - Gouvernance

Mauvaises mœurs et insécurité. L’intégration africaine qui dérange

 

abidjan.jpgOn ne dira jamais assez que l’intégration africaine, qui est une aspiration collective de toutes les communautés de la sous-région Ouest africaine à se lier par des échanges commerciaux et de transferts de connaissance en vue d’un développement harmonieux de tous, commerce à sortir ses griffes en Guinée. Cela serait du par un certain comportement contraire aux bonnes mœurs traditionnelles et au respect de l’intégration effective des populations guinéennes.

 

La Guinée qui est un pays d’hospitalité légendaire a, par son respect de la Charte sur l’intégration africaine, lever toutes les barrières qui limitent les libres échanges. Pour mieux élucider cet argument, il est important de noter qu’à la suite des guerres fratricides qui ont éclaté en 2000 dans les pays voisins de la Serra Léone et du Libéria, le pays avait été envahi par des milliers de refugiés. Reçus à bras ouvert par les populations guinéennes, les fuyards des turbulences politiques dans ces pays, ont été ressenti en Guinée comme une catastrophe humaine.

Les populations guinéennes qui ont une culture selecte de l’hospitalité, ont tout accepté et partagé avec leurs frères et parents du voisinage. Et mieux, entretenus et sécurisés par les autorités à tous les niveaux. Cette politique de mains tendues et d’hospitalité très remarquable a été bien appréciée par les organisations internationales, notamment le Haut Commissariat aux Refugiés. De même que le système des Nations Unies.

Malgré les conséquences économiques, environnementales et sociales qui en ont découlées, le gouvernement guinéen a tout supporté et accepté, jusqu’au départ des contingents dans leur pays respectifs après les tempêtes d’horreur.

Concernant l’ouverture des frontières pour une intégration effective en vue du renforcement des politiques de libres échanges, la Guinée n’a pas trouvé d’obstacles et a grandement ouvert son pays à toutes les communautés sous-régionales. Mais au jour d’aujourd’hui, comme il est loisible de le constater, la présence de certains ressortissants de la sous-région commence à porter atteinte aux mœurs traditionnelles du pays et favorise une insécurité insupportable souvent dénoncée par les médias :

Primo : les mœurs traditionnelles : l’arrivée massive de certains businessmans de sexe des pays voisins, contrairement aux principes sacrés du pays, est un phénomène qui commence à peser lourdement sur notre société. Cela se précise par des pratiques nuisibles : tournage de films pornographiques en utilisant nos filles de moins de 15 ans pour des fins inavouées, la vente illicite de la drogue et l’exploitation sexuelle des enfants de moins de 15 ans.

Secundo : dans le cadre des échanges commerciaux, il est à révéler que nombreux sont ceux-là aujourd’hui des pays voisins qui usent de la corruption pour mettre à genou l’économie guinéenne par la sortie frauduleuse des devises.

Cet état de fait qui est devenu monnaie courante dans le pays, inquiète à plus d’un titre et droit être citer, pour attirer l’attention des autorités gouvernementales et de sécurité. Pire, les produits de premières nécessités qui sont convoyés dans leur pays au détriment des populations guinéennes. Les cas les plus illustratifs concernent les matériaux de construction, les poissons de bonne qualité pêchés dans nos eaux territoriales, la pomme de terre locale, le petit piment etc.… Sont entièrement acheté sur les marchés locaux et expédier dans certains pays voisins. D’après des enquêtes menées dans le secteur pétrolier, l’essence et le gasoil ne sont pas épargnés. Des maux qui assaillent non seulement l’économie guinéenne mais également notre société. Ce piétinement de nos bonnes mœurs, doit amener les autorités gouvernementales, particulièrement celles de la Sécurité, à aller à l’encontre de ces pratiques qui ne font pas honneur à la religion, aux bonnes mœurs de nos communautés respectives. Et mieux, à l’intégrité, à la souveraineté nationale ainsi qu’à la République.

 

Guinée - Economie – Consommation

 

Le prix du sac de riz revu à la baisse sur les marchés guinéens durant la période soudure

 

APA-Conakry (Guinée) Le gouvernement guinéen et l’Union des opérateurs économiques de Guinée ont décidé d’un commun accord de revoir à la baisse le prix du sac de 50 kg de riz, pendant la période de soudure (de juillet à septembre).

Le sac de riz de 50 kg qui se vendait à près de 230 000 francs guinéens soit, près de 22 000 FCFA, est désormais livré au consommateur à 165 000 francs guinéens, soit 16 000 FCFA.

Pour rendre cette décision pratique, le gouvernement guinéen a promis de mobiliser un stock de 75 000 tonnes de riz à travers un appui des partenaires au développement.

Cette mesure est vivement saluée par les populations qui sont généralement confrontées à des pénuries alimentaires en saison des pluies, sans oublier le mois de Ramadan qui pointe à l’horizon.

Ces périodes sont généralement l’occasion pour des commerçants véreux de revoir les prix à la hausse sur les marchés.

Le Programme alimentaire mondial (PMA) a offert récemment 20 000 tonnes de vivres d’une valeur de 28 millions de dollars américains aux populations indigentes de Guinée.

Les médecins guinéens réclament de meilleures conditions de vie et de travail

 

La Fédération syndicale professionnelle de la santé de Guinée a lancé un préavis de grève, à travers lequel elle décide de déclencher un mouvement de grève à compter du lundi 11 août 2008, pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail.

Dans leur préavis de grève, les professionnels de la santé de Guinée disent avoir constaté «le manque de volonté de la part des autorités d’apporter des solutions convenables à différents points soulevés dans leur plate forme revendicative ».

Ils ont rappelé que la grève de 1999 avait été suspendue, soulignant que la Fédération syndicale professionnelle de la santé invite les travailleurs du corps médical à rester chez eux à compter du 11 août 2008 jusqu’à la satisfaction de leurs revendications qu’ils jugent légitimes.

Dans leur plate forme revendicative, ils réclament l’adoption d’un statut particulier du médecin, le paiement d’une prime de risques, la majoration de la prime de blouse, 6 mille francs guinéens comme prime de transport par jour soit, 144 000 francs guinéens pour 24 jours (environ 14 000 FCFA).

Ils réclament en outre, le doublement des points d’indice, la majoration de la prime d’éloignement, le paiement des frais d’installation pour les nouveaux engagés, le paiement mensuel des pensions de retraite, un avancement en grade et en échelon avec rappel pour le personnel médical.

A ces revendications, s’ajoutent la dotation en riz du personnel de la santé, la majoration de la prime de logement et le paiement de 18 mois d’arriérés de salaire pour les 625 fonctionnaires engagés en février 2005 au compte de la santé.

La Fédération syndicale professionnelle de la santé, demande aussi au département de la Santé d’octroyer des tenues de travail (blouses) au personnel, de subventionner l’organisation, de revoir à la hausse les salaires des contractuels temporaires, le paiement d’une prime pour l’équipe de travail en cas d’épidémie et la formation continue pour le personnel.

Boké : Fin de la première session du conseil administratif préfectoral

 

La commune urbaine a récemment abrité les travaux de la première session du conseil administratif préfectoral de Boké.

Les trois de travaux ont permis aux acteurs de développement sociaux économiques de la préfecture d’examiner les préoccupations de la localité. Notamment, les questions de développement liées aux infrastructures en construction en souffrance dans les collectivités. Il s’agit entre autres des infrastructures liées au Programme d’appui aux communautés villageoises (PACV) et projet sociaux communautaires entamés par la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG).

Ils ont passé au peigne fin les questions de relance du fonctionnement de la radio communautaire, de l’enclavement de la ville par rapport aux ondes de la radio nationale, de l’opération de la pêche, les participants ont et de l’ANA.

Avant de déplorer, sur le plan des finances, le faible taux de recouvrement de la contribution au développement local (CDL) dans les collectivités et dont restant est un peu plus de 469 millions GNF.

Le Conseil administratif a félicité les communautés rurales de développement (CRD) de Sansalé, de Malapouya, de Sangarédi et Kolabounyi pour leurs efforts de mobilisation de recettes au titre de la CDL , exercice 2008. Avant de féliciter les services préfectoraux de l’urbanisme et habitat, des mines et carrières pour la qualité de la production des recettes.

Cependant, la section préfectorale des impôts a été pointée du doigt pour son absence aux travaux de la présente session sans compter la non rétrocession des ristournes.

La question de sécurité n’a pas été occultée car les participants ont saisi l’occasion pour attirer l’attention des uns et des autres sur le redoublement des efforts en matière de lutte contre le banditisme, surtout en cette période de grandes pluies.

Enfin, les présidents des CRD ont été invités à relever de leur fonction, tous les bureaux des conseils de quartiers et district n’ayant pas réalisé les 50% de recouvrement.

Démocrates, êtes-vous toujours séduit par le modèle mauritanien ?

 

Alors que la Mauritanie était citée comme un exemple de pays africain en voie de démocratisation, réconfortant et donnant ainsi raison aux adeptes des coups d’Etat militaires, en ce 06 août 2008, moins d’un an et demi après l’élection présidentielle de début 2007, et seulement trois ans après le coup d’Etat militaire d’août 2005 qui renversait le président Maaouiya Ould Taya, nous assistons à un nouveau coup de force de l’armée dans la vie politique de ce pays.

Le président Sidi Cheick Abdallahi et son premier ministre Yahya Ould Waghf ont été arrêtés par les forces de la garde présidentielle dans la matinée de ce mercredi à Nouakchott. La principale cause de ce putch étant tout simplement la prise par le président de la république d’un décret nommant quelques nouveaux officiers au service de la garde présidentielle, de l’état-major national et la garde nationale. Les trois officiers remplacés ayant refusé d’obtempérer à l’ordre présidentiel, sont ainsi entrés en rébellion contre l’ordre constitutionnel.

Cela suffira-t-il à convaincre nos adeptes et fanatiques des coups d’Etat militaires que le coup d’Etat comme moyen d’alternance politique est une option suicidaire à ne jamais entreprendre, car cela n’est que synonyme de notre plus grande démission face à la lutte démocratique en Guinée ?

Cela suffira-t-il à convaincre nos adeptes et fanatiques des coups d’Etat militaires que des forces armées partisanes dans une démocratie en devenir ne peuvent que fabriquer ce qu’on nous appelons communément « la loi de la force » par opposition à « la loi de la majorité » ?

D’ailleurs, nos adeptes et fanatiques des coups d’Etat militaires devraient savoir qu’en démocratie, bien qu’il soi aussi question de force, mais il s’agit de savoir laquelle des forces doit prévaloir : est-ce la force armée ? Est-ce la force économique ? Ou, est-ce la force de la majorité ? Le combat de démocrate, celui dont je me fais mission, est le combat pour que seule « la force de la majorité » prédomine dans la vie démocratique guinéenne.

Il est évident que cette voie est loin d’être celle de la facilité et de la résignation, il est évident que c’est une lutte à la limite utopique dans le contexte guinéen, mais c’est quand même une lutte noble qui mérite d’être menée pour l’intérêt de nos postérités et de la démocratie guinéenne. Les adeptes et fanatiques des coups d’Etat militaires doivent ainsi savoir que je fais personnellement partie de ceux qui pensent que l’heure de mener cette lutte a sonné en Guinée.

Cependant, j’avoue que l’attitude des adeptes et fanatiques des coups d’Etat militaires est compréhensible dans une certaine mesure car, même la classe politique guinéenne n’a jamais désavoué l’option du coup d’Etat militaire en Guinée pour, soi-disant, changer quelque chose. Changer peut-être de locataire et de titulaire, mais tant que le premier rôle sur le plan politique est abandonné à l’armée, il n’y aura aucun changement de régime et c’est encore la loi de la force qui prédominera en Guinée. Le cas de la Mauritanie nous démontre à suffisance que si vous venez par un coup d’Etat militaire au pouvoir, vous y resterez tant que vous ne toucherez pas aux privilèges et intérêts du coup d’Etat qui vous amené au pouvoir ; et cela, même si vous avez été élu suite à une période d’alternance.

C’est en cela que :

• Je réaffirme ma ferme opposition à tout coup d’Etat militaire en Guinée ;

• Je réitère mon engagement à « bâtir une force armée guinéenne apolitique, respectueuse des principes démocratiques et respectée dans sa mission » ;

• Je confirme mon engagement et j’appui toutes les forces qui croient et œuvrent pour une transition par la voie démocratique en Guinée.

Quant à l’armée guinéenne, elle a déjà commis des fautes impardonnables en Guinée, le moment venu, la justice guinéenne tranchera. Cependant, il serait important que l’armée guinéenne, plus particulièrement le Général Lansana Conté, sache que la misère qui sévit dans les casernes militaires n’est que la réalité de l’ensemble de la société guinéenne. Le plus important à comprendre est le fait que cette honteuse faillite économique de la Guinée est surtout imputable à une classe de kleptocrates (PUP-iste) qui vie et meure d’une administration médiocre qui est sur le point de s’ébranler.

Il n’aura jamais été autant opportun pour le Général Lansana Conté, durant toutes ses mandatures, d’assumer fortement son rôle de Chef des armées et d’abandonner définitivement son rôle de président du PUP. Le Général Lansana Conté a tout intérêt d’abandonner le PUP et de ce placer définitivement au dessus des jeux politiques car, il apparaît clairement que si jamais les forces armées s’opposent encore une fois à la volonté populaire, alors nous basculerons irrémédiablement dans la décomposition totale de l’Etat et la guerre civile, avec ses cohortes de famine et de misère qui risque d’être le quotidien du guinéen.

Par ailleurs, il se trouve que la volonté populaire ne peut s’exprimer que par deux voies : soit par les urnes ou par la rue. En janvier 2007, l’armée guinéenne a eu un aperçu de l’expression populaire par la rue. Cependant, une opportunité inédite s’offre au Général Lansana Conté et à l’armée guinéenne, car il est prévu dans le cadre démocratique en Guinée des consultations électorales en décembre 2008 et en 2010. C’est à ce niveau que le démocrate que je suis, contrairement aux adeptes et fanatiques des coups d’Etat militaires, exhorte les forces armées guinéennes et le Général Lansana Conté à accepter la volonté populaire et à laisser la population sanctionner démocratiquement les PUPistes. C’est vraiment la toute dernière occasion pour le Général Lansana Conté de marquer son rôle d’arbitre et de tracer définitivement sa sortie honorable pour l’horizon 2010.

Encore une fois, pour les petits esprits qui penseront que c’est un sympathisant du Général Lansana Conté qu’ils sont entrain de lire, qu’ils sachent que, non seulement je ne suis pas de ceux qui pensent que l’armée n’a pas d’oreille, mais de plus, je crois qu’il est encore possible d’éviter à la Guinée et aux populations guinéennes les conséquences d’un affrontement entre armée et populations civiles, les conséquences d’une rébellions armées et les conséquences d’une guerre civile. Cela, parce que si jamais le Général Lansana Conté fait le choix du PUP, si jamais il laisse Aboubacar Somparé influer sur les échéances électorales et cautionne des consultations électorales irrégulières pour hisser artificiellement le PUP au sommet de la classe politique, certes je ne recommanderai pas un coup d’Etat militaire, mais je me porte déjà volontaire pour être parmi les artisans de ce soulèvement populaire qui emportera définitivement tout le régime militaire en Guinée, afin de jeter enfin les jalons d’une république dictée par la loi et d’un Etat démocratique de droit.

« Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c’est une idée dont l’heure est venue » Victor Hugo

« Vive la voix de la jeunesse guinéenne, vive la lutte démocrate, pour que vive la république de Guinée ».

 

État guinéen - SCS Corporation : Aboubacar Somparé s'entête à ratifier la convention

 

Le Président de l'Assemblée Nationale, Aboubacar Somparé veut coûte que coûte faire ratifier la convention de partage d'hydrocarbures qui fait l'objet de polémique entre la Guinée et la SCS Corporation, filiale de Hyperdynamics. Dans une correspondance N° 075 datant du 24 Juillet et adressée au Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré, le Président du pouvoir législatif affiche clairement son intention de soumettre le contrat à l'approbation des élus lors de la prochaine session budgétaire extraordinaire.

" Je viens par la présence vous faire part de la décision de mon institution de soumettre à l'approbation des députés, le contrat de partage d'hydrocarbures entre la Guinée et Hyperdynamics" peut-on lire dans le courrier. Elhadj Aboubacar somparé qui confond sa décision à celle de l'Assemblée Nationale dit s'appuyer sur des preuves bien fondées.

Il se base par exemple sur son propre discours de clôture de la session des Lois de 2007 qui prévoyait selon lui, " une relecture approbatrice au cours de la dernière session budgétaire extraordinaire". Le Président des élus du peuples brandille aussi une lettre de la société Hyperdynamics qui, à son avis comporte "un certain nombre de propositions favorables à la Guinée et d'applicabilité immédiate qu'il serait dommage de perdre, compte tenu du contexte particulier du moment". Sans donner des détails sur ces éléments qui pourraient solidement constituer sa défense, il estime par ailleurs que le gouvernement a eu largement le temps d'instruire ledit contrat, étant entendu que les cadre techniques qui l'ont initialement approuvé sont les mêmes sur lesquels le Premier ministre s'appuient aujourd'hui.

" Pour l'image du pays, nous devons accepter une logique de cohérence et de responsabilité" fini-t-il par conclure. Peut-on brader l'économie d'un pays au nom d'une logique supposée cohérente qui, en est réalité inconhérente et de surcroit personnelle ?

Dans cette correspondance, il n'y a rien à dire, Elhadj Aboubacar Somparé met Ahmed Tidiane Souaré devant le fait accompli. La ratification du contrat avec les imperfections qu'il comporte ne souffrira d'aucun obstacle au cours de la prochaine session budgétaire extraordinaire prévue entre Août et Septembre.

Le Président Somparé qui semble avoir empocher des dessous de tables dans cette affaire à toujours milité pour l'approbation de la convention. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles il était opposé à Lansana Kouyaté après l'entêtement de ce dernier de revoir la close. La seconde, c'est l'organisation d'élections transparences libres et crédibles qui les mettraient tous à la touche.

Ahmed Tidiane Souaré acceptera-t-il ce trafic d'influence de Aboubacar Somparé ?

Wait and see.

Guinée: C'est parti pour le symposium des Mines

 

diamant.jpgDu 13 au 14 octobre prochain, c’est le Symposium Mines en Guinée. Officiellement, l’évènement s’inscrit dans le cadre de la célébration du cinquantenaire. Mais c'est aussi une l’occasion pour les guinéens de propulser le pays sur la scène économique mondiale. Donc une opportunité à ne pas rater.

Près cinquante ans d'indépendance, les mines ont occupé le monopole de l’économie guinéenne. La contribution des mines au Produit Intérieur Brut s’élève à 14%.

 

Sur l’ensemble des recettes d’exportation du pays, les mines occupent une place de choix avec 85% devant l’agriculture.
Les emplois permanents crées dépassent 10.000 tandis que les exploitations artisanales notamment de l’or et du diamant occupent plus de 100.000 personnes. Le chiffre d’affaires des sociétés minières sur le sol guinéen s’élevait en 2006 à 900 millions de dollars US. A cette même année, les revenus de l’Etat atteignaient 130 millions et 2,5 millions étaient alloués au développement des communautés locales.
C’est dire que les mines constituent les poumons de la Guinée en dépit de la maigreur des montants alloués au pays et aux communautés des zones d’exploitation. Selon le comité d’organisation, le SMG-2008 vise à évaluer, les progrès de l’industrie minière. Il s’agira également de discuter des défis et objectifs pour un développement intégré durable de l’Industrie Minière à l’économie nationale dans les prochaines décennies. Une véritable occasion pour les décideurs de se pencher sur les enjeux de ce secteur clé, base de l’économie guinéenne.
La célèbre phrase de guinée scandale géologique est toujours prononcée par tous les guinéens. Et elle est bien fondée. Les potentialités minières de la Guinée sont importantes et variées. La Guinée dispose d’un potentiel minier riche et varié. Les réserves bauxitiques sont évaluées à 40 milliards de tonnes soit les 2/3 des réserves mondiales. Il existe également sur le sol guinéen, deux gisements de fer de classe mondiale. Les monts Nimba d’une estimation d’un milliard de tonnes avec une teneur en fer de 63% à 68% et le mont Simandou (plus de 2 milliards de tonnes avec une teneur en fer de 65%à 68%). Sur l’ensemble du territoire national, les ressources en fer de la Guinée sont estimées à plus de 9 milliards de tonnes.
Le potentiel diamantifère est estimé à plus de 30 millions de carats et celui aurifère à plus de 1000 tonnes. Des champs gaziers et pétroliers aussi bien en offshore et en on shore et des réserves d’uranium, calcaire, Nickel, Titane et de Cobalt sont annoncées.
L’arrivée d’investisseurs miniers et de compagnies minières pourrait montrer à la communauté internationale l’immensité de ces potentialités. A l’arrivée, le symposium pourrait entraîner un flux de compagnies minières vers la Guinée. Par la même occasion, celles qui sont déjà en place se verraient obligées d’améliorer les qualités de leurs prestations.

 

La Guinée et l'émergence d'un nouveau narco-Etat

 

Le Bag (Bloc africain de Guinée) et d'autres formations politiques décident de fondre dans le Pdg (Parti démocratique de Guinée), comme un morceau de beurre dans un poêle chaud suite à la violence inouïe vécue en Guinée avant le referendum de 1958. Raison évoquée : « éviter la division et confrontation tragique ». Résultat : suicide collectif des partis politiques et arrêt de mort de la jeune démocratie; le camp Boiro servant de porte au tombeau de milliers de guinéens après l'invention du "complot permanent".

26 ans plus tard, sous prétexte d'éviter une fois de plus « la division et la confrontation tragique », des traîtres du Pdg en uniformes et complices du 3 avril 1984 utilisent le colonel Lansana Conté comme « pion de façade » pour s'emparer du pouvoir. L'objectif réel étant simplement d'effacer à la tête de l'Etat une succession à coloration clanique. Dans cette optique, les démons du Pdg seraient enchaînés et les esprits opprimés, depuis plus d'un quart de siècle, calmés. Il fallait donc pour cela, créer un "minimum de stabilité" pour que les "miliciens" du Pdg, tapis dans l'ombre, "reprennent" le pouvoir sous un autre manteau.

Le Colonel Lansana Conté, considéré par ses complices comme "analphabète" prend le dessus. Résultat : lâche assassinat ciblé d'anciens dignitaires du Pdg au pied du mont Gangan à Kindia et le Colonel Diarra Traoré après le "Wo fataara" de juillet 1985. Lansana Conté écarte progressivement sur son chemin tous ceux qui espéraient lui "retirer" le pouvoir. Huit ans plus tard, il organise des élections truquées pour légitimer sa position à la tête de l'Etat guinéen.

Au fil du temps et avec l'aide d'intellectuels démissionnaires, d'officiers pourris, de politiciens véreux et d'hommes d'affaires mafieux, le général Conté parvient à perpétuer un système où rare sont ceux qui ont la chance d'échapper à la corruption et vol de deniers publics. Le phénomène est si endémique que tout le pays s'y retrouve piégé comme dans une toile d'araignée aussi énorme que la carte de la Guinée elle-même.

Et pour éviter une nouvelle fois la « confrontation tragique » en Guinée, le général Conté prépare sa succession (par son fils Ousmane Conté ?) en douceur après la mutinerie du 2 et 3 février 1996. Il débourse de fortes sommes d'argent pour distiller la rumeur sur son état de santé en déclenchant une campagne de presse "intelligente" afin d'asseoir l'idée qu'il est malade au delà de la réalité. Entre temps, il effectue des visites privées à Cuba et en Suisse pour confirmer la dégradation irréversible de sa santé. Une bonne stratégie de dissuasion pour les éléments mécontents de l'armée. Puis, c'est le grand coup de balaie et l'épuration dans les casernes.

L'Etat guinéen, pris en otage par la mafia militaro clanique, est sur la voie de la disparition pour donner naissance à un nouveau "narco-Etat" aveugle. Un nouvel Etat qui serait la plaque tournante infernale du trafic de drogue, d'armes et d'êtres humains. Le drame est que les services de renseignements occidentaux le savent et se taisent pour des raisons "diplomatiques" ou "stratégiques" à cause de la guerre en Sierra Leone et au Libéria.

Déjà, des trafiquants de drogues munis de "Laissez-passer" délivrés par la Présidence de la République se baladent dans la cité et à travers le pays et la sous région dans des voitures 4x4 climatisées servant de relais à la mafia vénézuélienne. Le rejeton du chef de l'Etat, Ousmane Conté utilise l'hélico présidentiel pour acheminer son "stuff" vers la Guinée Bissau et d'autres points transits.

Des passeports diplomatiques sont délivrés à certains. Un haut fonctionnaire guinéen et son épouse ont même été emprisonnés à l'étranger. En 2000-2001, un trafic de pierres précieuses, de drogue et d'armes qui avait mal tourné et dégénéré en règlement de comptes à différents endroits de nos frontières avec la Sierra Leone et le Libéria avait été qualifié "d'agression rebelle".

Aujourd'hui, le pays est gouverné au gré des caprices des multiples premières dames du président Conté (les plus connues étant Henriette et Kadiatou Seth Conté). Elles ont leur clan et "lobby" affairistes mafieux. Pire encore, la jalousie des deux co-épouses du président se fait ressentir à tous les niveaux. Chacune impose au chef de l'Etat un quota de ministres, de hauts fonctionnaires, d'officiers, etc..., de sorte que des réseaux et leurs ramifications occultes gangrènent l'armée, la police, la gendarmerie, la douane et l'Administration publique (y compris nos missions diplomatiques). Il y a même des réseaux de renseignements parallèles au service de ces clans.

Avec la substitution certaine de l'Etat par les clans du président et ses épouses, aucun changement réel en faveur des populations n'est possible en Guinée sans le démantèlement préalable du système. Aucune élection libre, transparente et juste n'est possible. Il faudrait même anticiper une terrible confrontation entre ces multiples clans en cas de vacance du pouvoir.

Une telle éventualité mènera inéluctablement le pays vers le chaos qui risque de dégénérer en un conflit armé sanglant ave de graves conséquences. Compte tenu du fait que ces clans ont tissés des alliances dangereuses non négligeables à l'extérieur du pays. Sur place, l'injustice, la misère, la haine de l'un contre l'autre, l'amertume et l'accès facile aux stupéfiants sont des ingrédients pour alimenter une guerre civile qui pourrait embraser tous les pays voisins.

Si le vieux général finissait ses jours au pouvoir, rien n'indique qu'il y aura un changement réel. Chaque clan se sentant prédestiné à gérer la Guinée pour l'éternité souhaiterait le succéder. Conséquence : déclanchement d'une guerre féroce pour préserver le pouvoir et les privilèges mal acquis.

Le chaos à la place d'un Etat organisé favorisera la floraison de tous les trafics qui s'installent déjà de façon graduelle. La communauté internationale et les dignes fils de ce pays ne devraient pas attendre qu'il soit trop tard pour réagir. Il faut trouver les moyens d'arrêter maintenant l'émergence de ce nouveau narco-Etat.

baldehautetfort@yahoo.fr