20.04.2009
GUINEE-POLITIQUE-ECO-GOUVERNANCE
Economie et Politique : Primature : La BID mobilise une aide financière de 150 millions de dollars américains pour la Guinée
Les consultations BID-Guinée ont pris fin à Conakry. Les experts de la BID sont venus présenter les résultats de la semaine d’évaluation dynamique du portefeuille guinéen au Premier ministre Kabinè Komara.
La restitution des conclusions a été faite par Sangone Amar, chef de mission. Il déclarera que la Guinée est un membre éminent de l’institution. A ce titre, La mission s’est félicitée du bon déroulement des travaux, elle a exprimé la nécessité de résoudre rapidement les problèmes récurrents des secteurs énergétiques.
Il a énuméré les projets qui ont polarisé l’attention de la mission :
Dans le secteur de l’énergie, la BID apportera une aide conséquente pour réhabiliter les différentes centrales électriques ;
Dans le secteur de l’eau, il s’agira de renforcer les moyens de production par la réalisation des forages ;
La santé, par la mise en œuvre d’un programme de lutte contre le paludisme, la réhabilitation des hôpitaux Donka et Ignace Deen, mise à la disposition du ministère de la santé des Médicaments essentiels ;
Le renforcement des capacités institutionnelles du secteur de la santé ;
Dans le secteur de l’agriculture, mise en œuvre d’une intervention d’urgence contre l’invasion des chenilles ;
Dans le secteur de la pêche, la BID est favorable au financement d’un projet relatif à l’accès des pêcheurs aux crédits bancaires, et la mise à disposition du matériel de pêche.
La BID qui est présente dans le secteur des routes en Guinée, financera les études des routes internationales entre la Guinée et le Sénégal.
De même, elle apportera son concours à hauteur de 3 millions de dollars des États Unis pour la construction d’un centre pilote artisanal à Conakry.
La mise en œuvre de tous ces projets coûtera à la Guinée deux cent millions de dollars américains.
Pour faire face à la réalisation desdits projets élucidés plus haut, la BID fera une intervention urgente en dégageant sur ses propres ressources une enveloppe globale de 150 millions de dollars américains pour répondre très rapidement aux attentes de la Guinée.
Le gap sera financé par un effet de « levier » à travers la participation du groupe de Coopération Arabe et Islamique. D’ailleurs, en marge du Conseil d’Administration de la Banque Africaine de Développement, qui aura lieu au mois de mai à Dakar, la BID organisera une réunion des Bailleurs pour mobiliser des fonds d’urgence.
Pour terminer, au nom du chef de l’État, le capitaine Moussa Dadis Camara, le Premier ministre guinéen, a remercié les experts de la BID pour le travail accompli et les résultats obtenus en une semaine. Sachant que pour obtenir un tel résultat, il faut plusieurs mois d’évaluation, Kabinè Komara, a par anticipation demandé à chacun des ministres concernés du gouvernement de prendre des dispositions pertinentes en vue de la mise en œuvre des projets sélectionnés.
UNE JOURNEE POUR AIDER LA JEUNESSE GUINEENNE
Samedi, deux associations villeneuvoises ont investi la salle Marianne, pour la première journée de solidarité avec la Guinée.
Un partenariat a été mis en place entre l'ASSAF (Action scolaire et sanitaire pour l'Afrique francophone) et l'ASSEGUI (Association des étudiants Guinéens du Nord - Pas de Calais), conscientes des difficultés économiques et sociales en Guinée. Une exposition d'objets de l'artisanat de Guinée-Konakry était présentée, durant l'après-midi. Une table ronde a permis aux intervenants de présenter le projet de construction de l'école primaire de Bowouloko, à Labé.
Siradiou Bah, président de l'ASSAF et Ibrahima Diakité, le président de l'ASSEGUI, ont défini les objectifs de cette journée : « Cinquante ans après l'indépendance du pays, le moment est venu pour la jeunesse guinéenne de prendre son destin en main. » Trois cents étudiants guinéens sont présents dans la métropole lilloise, principalement dans les universités villeneuvoises. Les étudiantes guinéennes avaient concocté des spécialités : manioc, maté et autres recettes, à base de boeuf et de poulet. La soirée dansante a mis un point d'orgue à la journée
LA TENTATION DU CAPITAINE
Dadis Camara veut-il légitimer son pouvoir par la voie des urnes avec l’élection présidentielle, prévue pour fin décembre 2009, à l’instar de nombreux chefs d’Etat arrivés aux affaires par suite d’un putsch ?
La question mérite d’être posée au regard de propos tenus par le nouvel l'homme fort de Conakry il y a quelques jours. En effet, dans un long discours, prononcé lors d’un meeting populaire dans la capitale guinéenne, le chef de la junte a évoqué un « acharnement des leaders d’opinion contre le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ». Puis, d’un ton martial, il a ajouté : « S’ils ne reconnaissent pas le CNDD comme nous les avons reconnus, s’ils ne mettent pas de l’eau dans leur vin, je vais ôter la tenue et me présenter à l’élection prochaine contre eux...
Qu’ils sachent : un, que tous les citoyens ont le droit de se présenter à la présidentielle ; deux, que personne n’est né militaire, donc, si je le veux, je me présente, personne ne pourra me l’interdire ». D’ailleurs, depuis sa prise du pouvoir, Dadis Camara ne cesse de haranguer les foules et de prononcer des discours ennuyeux et décousus, plus est, dans un français parfois approximatif indigne d’un chef d’Etat.
Mais jusque-là, on ne trouve pas à redire, puisque dès sa prise du pouvoir, l’ancien chef de la section carburant de l’intendance des Forces armées guinéennes, devenu président par hasard, n’a cessé de proclamer haut et fort que le CNDD n’est là que pour un bout de temps ; juste pour « nettoyer un peu le pays des narco-trafiquants et des pilleurs de l’économie nationale ».
Mais dans sa logorrhée, on remarquera des bouts de phrases lâchées lors du meeting qui pourraient trahir ses intentions réelles : troquer le treillis contre des bazins riches et les costumes, en se faisant élire « démocratiquement ».
A l’épreuve du pouvoir, on est vite pris des vertiges du trône. Mais il n’est pas exclu que Dadis soit la bouche de l’âne qui dit tout haut ce que tout le monde pense bas dans un système où les affaires sont gérées par un groupe d’officiers. Ce peut-être aussi une forme de chantage du genre « retenez-moi ou je fais un malheur ».
Cela dit, on espère que le capitaine va résister à la tentation pour ne pas tomber dans les travers de son prédécesseur. On se rappelle en effet que le défunt Lansana Conté avait renversé le président intérimaire, Louis Lansana Beavogui, suite au décès de Sékou Touré, pour installer le Comité militaire de redressement national et s’autoproclamer président de la République.
Le colonel Conté dénonça le régime de Sékou Touré et s’engagea à établir un régime démocratique, à sortir le pays de son isolement international et à exploiter les ressources naturelles en faveur des populations. La suite, on la connaît. 25 ans après, l’histoire va-t-elle se répéter avec le CNDD et le capitaine Camara ? Surtout pas ça, Dadis ! Respectez vos engagements pour entrer honorablement dans l’histoire.
APRES LE COUP D'ETAT, LA GUINEE AUJOURD'HUI
Après le coup d'Etat, la Guinée aujourd'hui
Port de Conakry. [didier rossat / rsr]
Après 50 ans de régime autoritaire, le pays veut un tournant démocratique. L'espoir reprend.
Cette semaine, Anik Schuin et Didier Rossat nous entraînent sur territoire africain!
Le 23 décembre 2008, à la mort du président Lansana Conté, un groupe de militaires s'empare du pouvoir et porte à la présidence un certain Moussa Dadis Camara, numéro un du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement).
Le coup d'Etat, à la surprise générale, se déroule sans effusion de sang. De quoi redonner espoir aux Guinéens qui attendent la démocratie depuis 50 ans.
En quelques mois, le gouvernement, qui promet d'être transitoire, s'attaque aux principaux maux du pays: corruption, drogue, népotisme. Mais si l'espoir renaît, la vie quotidienne demeure, pour la plupart, un véritable casse-tête. 50% au moins des Guinéens n'ont pas l'eau courante, l'accès à l'électricité est irrégulier et le taux d'analphabètes très élevé.
Le pays a tout cependant pour être prospère. Château d'eau de l'Afrique, il possède dans son sous-sol la moitié des réserves de bauxite du monde.
Dans la capitale règne un calme effervescent et la société civile, exsangue, tente malgré tout, de s'organiser. Ainsi, Madani Dia, président de l'Agora - Association guinéenne d'orientation et de réflexion pour l'action - évoque un pays fier de son indépendance arrachée à la France en 1958, mais que 50 ans de dictatures successives et de répression ont vidé de ses forces vives.
mardi 21 avril 2009
Camp Boiro ou le règne sanglant de Sékou Touré
Alpha Abdoulaye Diallo, dit Porto, dans son bureau de Conakry. [didier rossat / rsr]
50 mille personnes ont perdu la vie dans les prisons politiques de la République de Guinée.
Récit de l'horreur avec l'avocat Alpha Abdoulaye Diallo, dit Porto.
En plein coeur de Conakry, une vaste palissade cache un remue-ménage incessant. L'on croit d'abord à un chantier. Mais ici les bulldozers croisent les véhicules de l'armée et l'accès au site est strictement contrôlé. Notre guide, Alpha Abdoulaye Diallo, dit Porto, explique que nous sommes sur le site du tristement célèbre Camp Boiro.
L'Association des familles des victimes du Camp Boiro exige la préservation du site, déjà partiellement démantelé. Au nom de ceux - ils seraient 50 mille selon Amnesty International - qui ont perdu la vie dans les geôles de Sékou Touré.
Eux, ce sont tous ceux que le héros de l'indépendance a liquidés, les accusant de comploter contre le régime en place. Eux, les intellectuels, puis les commerçants, puis tous les autres....
A Conakry, chaque famille a perdu qui un mari, qui un fils ou un frère. Certains n'ont jamais eu de nouvelles de leurs disparus et cherchent encore.
Alpha Abdoulaye Diallo, surnommé Porto, est avocat. Il a passé 10 ans dans les prisons de Sékou Touré. Il raconte la faim, la maladie, la torture et puis un beau jour, sans savoir pourquoi, la liberté. Et la fuite vers la France.
- Le site officiel de Guinée/Camp Boiro
- Camp Boiro et bibliographies sur Wikipédia
- Ahmed Sékou Touré sur Wikipédia
mercredi 22 avril 2009
Sanderval à Conakry
Tierno Monenembo devant le four à pain à Conakry. [anik schuin / rsr]
Comment un vicomte délirant devint un roi peul...
Dans le livre "Le roi de Kahel", Tierno Monénembo fait revivre un personnage historique attachant.
Sandervalya est le nom d'un des plus vieux quartiers de Conakry et cela signifie, en langue soussou: chez Sanderval.
En Guinée, le nom de Sanderval est connu, un peu comme celui de Vercingétorix en France. Mais de cet homme qui rêvait de conquérir le Fouta Djalon et d'y faire passer une ligne de chemin de fer, en coiffant au poteau les colonisateurs français, on a presque tout oublié.
A Sandervalya, tout près du Musée (qui n'a aucun budget de fonctionnement), se trouve le four à pain de Sanderval, dernière trace de son passage dans les années 1880. C'est là que nous accueille Tierno Monenembo, dont Le roi de Kahel a été récompensé par le prix Renaudot 2008.
L'écrivain guinéen aime les personnages qui échouent, mais qui n'hésitent pas à mettre tout en oeuvre pour réaliser leur rêve. C'est ainsi qu'il s'est emparé avec talent d'Aimé Victor Olivier, vicomte de Sanderval et ingénieur lyonnais qui devint un roi peul.
Tierno Monénembo a quitté la Guinée à l'âge de 21 ans, fuyant à pied le régime de Sékou Touré. Il avoue cependant n'avoir jamais oublié son pays et rêve même aujourd'hui, au moment où l'armée au pouvoir promet des élections démocratiques, d'y revenir vivre. Mais à Conakry c'est d'un oeil inquiet qu'il regarde, autour de lui, les conditions de vie se dégrader.
jeudi 23 avril 2009
Guinée-Bissau
Fafali Kudao, recteur de l'Université Colinas de Boé à Bissau. [didier rossat / rsr]
Après l'assassinat du président, le calme avant la tempête?
Tableau d'une société violente et violentée.
Arriver de nuit à Bissau est une expérience étonnante. Aucun éclairage public ne vient guider ceux qui s'aventurent tardivement de l'aéroport au centre ville. A pieds, la lampe de poche se révèle indispensable pour qui souhaite éviter les cratères qui émaillent les rues. Un habitant nous montre l'ancien palais présidentiel, carcasse éventrée et criblée de balles: "C'est l'image même du pays."
En mars dernier, le président Vieira était assassiné, quelques heures après le meurtre du général Tagmé Na Waié. Les spéculations sur ce double assassinat vont bon train et la ville bruisse de rumeurs. A la radio, les débats sont étonnamment vigoureux et la parole semble libre dans ce pays désigné comme un narco-Etat.
La constitution prévoit, lors d'une vacance du pouvoir, des élections dans les 60 jours. Mais la Guinée-Bissau n'a guère les moyens d'organiser ces élections, même si l'ancien colonisateur portugais assure que "les appuis ne manqueront pas".
A Bissau, le mot rien prend tout son sens. La majeure partie de la population vit avec moins d'un euro par jour. Dans la capitale, pas une seule librairie et pas la moindre tentation. Seule tache de couleur, les taxis, vieilles Mercedes peintes en bleu et blanc.
Fafali Kudao, d'origine togolaise, vit à Bissau depuis 20 ans. Il fait partie de ces rares intellectuels qui ont choisi d'aider la Guinée-Bissau de l'intérieur. Il nous reçoit dans l'université privée Colinas de Boé qu'il a créée avec deux amis. Il évoque la difficile réconciliation dans un pays soumis aux règlements de compte et à la corruption et qui n'a pas fait toute la lumière sur son passé sanglant et sur une histoire où "s'amoncellent les cadavres".
vendredi 24 avril 2009
Eradiquer le paludisme
Une des espèces d’anophèles, hôtes définitifs potentiels du parasite responsable du paludisme, si femelle et infectée. [wikipédia]
La malaria tue encore plus d'un million de personnes chaque année, essentiellement des enfants africains.
Blaise Genton évoque le plan mondial, financier et humain, mis sur pieds.
A l’occasion de la Journée mondiale contre le paludisme le 25 avril, Blaise Genton, chef de projet à l’Institut Tropical Suisse et médecin adjoint à la policlinique médicale universitaire de Lausanne, évoque les stratégies pour éradiquer la malaria de la planète. Un thème qui ressurgit après des années d’échec.
Pour la première fois depuis 50 ans, la communauté internationale se prépare à vaincre le paludisme à travers le monde… Cette maladie tue plus d’un million de personnes et en affecte 500 millions dans 109 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Eradiquer la malaria devient un objectif revendiqué… Les traitements et les outils de diagnostic de la maladie existent, les moyens de prévention aussi. Un plan mondial pour coordonner les efforts humains et financiers se met en place.
Blaise Genton, chef de projet à l’Institut Tropical Suisse et médecin adjoint à la polyclinique médicale universitaire de Lausanne, fait régulièrement les voyages entre la Suisse et la Tanzanie. Très impliqué dans ce combat au niveau de la recherche, mais aussi de la mise en place de moyens de diagnostic sur place, il se montre optimiste quant aux objectifs de contrôle, d’élimination puis d’éradication du paludisme.
Par Cécile Guérin
- 25 avril 2009 - Journée mondiale contre le paludisme
- Sit du plan de lutte contre la malaria
- Site de l'Institut Tropical Suisse
INSECURITE: UNE BOUTIQUE DES MALIENS PILLEE PAR DES MALFRATS AU QUARTIER HAMDALLAYE
L'insécurité refait surface dans la Banlieue de Conakry. Ceci, malgré la détermination de l'équipe du Capitaine Moussa Tiégboro Camara, Secrétaire d'Etat à la lutte anti-drogue et du grand banditisme.
Dans la nuit du mardi au mercredi dernier, une boutique de vente de bazin "Bamako", située au bord de la route le Prince, au quartier Hamdallaye dans la Commune de Ratoma, a été pillé par des inconnus.
La boutique appartient à des hommes d'affaires maliens qui évoluent plus d'une décennie en Guinée. Les malfrats ont vidé la boutique de son contenu.
Interrogé par kabanews sur la valeur estimative de la perte enregistrée, M. Cissé le propriétaire nous a confié que la valeur de stock emporté par les malfrats s'élève à 17 millions de francs CFA. Et dans ce stock, il y a 22 complets qui appartiennent aux clients.
"C'est une grosse surprise pour moi car c'est la première fois que cela arrive depuis que je suis, mais les coupables répondront de leurs actes et se verront humiliés devant tout le monde" a poursuivit la victime dans une colère noire et qui a juré de se venger par les moyens.
Une situation déplorable à un moment où la conjoncture économique est extrêmement difficile dans notre pays.
20:25 Publié dans Dernier Nouvelle de Guinée Conakry Par Mountagha B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












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