30.04.2009

Guinée-Haute-Politiue-Covernement-CNDD

GUINEE : ARRESTATION DE MILITAIRES SOUPÇONNES DE COMPLOT

Plus d’une vingtaine de militaires de l’armée guinéenne soupçonnés de comploter en vue de renverser le régime militaire du capitaine Moussa Dadis Camara ont été arrêtés.

 

GUINEE CONAKRY : BUSINESS FRANÇAIS ET DICTATURE GUINEENNE

 

La Guinée Conakry en Afrique de l'Ouest a connu un coup d'État en décembre 2008. Une junte militaire a pris le pouvoir dès l'annonce de la mort de l'ancien dictateur, Lansana Conté. À l'époque, la junte disait vouloir en finir avec la corruption, se proposait de juger ceux qui s'étaient illégalement enrichis, et se promettait d'organiser des élections libres afin de redonner le pouvoir à un gouvernement qui serait dirigé par des civils. Cinq mois après le coup d'État, on est loin du compte. La vie de la population n'a pas changé : c'est la misère pour le plus grand nombre. L'armée pille et commet des exactions en toute impunité.

L'armée guinéenne terrorise la population

Un récent rapport de l'organisation Human Right Watch dénonce les exactions commises par l'armée depuis le coup d'État. Les militaires multiplient les extorsions lors des contrôles d'identité embarquent les civils, les dépouillent. Ailleurs, les bérets rouges de la garde présidentielle ou les groupes de commandos d'élite, sous le prétexte de la chasse aux trafiquants de drogue ou aux criminels impliqués dans le trafic de faux médicaments, pillent les restaurants et dévalisent les cliniques médicales gérées par des ressortissants chinois, emportant tout, ordinateurs portables, argent liquide, télévisions, volent les voitures avec lesquels ils paradent dans la capitale. Là, d'autres militaires intimident les juges les armes à la main, passent à tabac les habitants d'un quartier pour mieux les rançonner. Lors du coup d'État de décembre 2008, l'Union Africaine et la plupart des pays d'Europe l'avaient condamné. La France, qui a de nombreux intérêts économiques dans le pays, a été la première à reconnaître et à soutenir le chef actuel de la junte, Moussa Dadis Camara.

La France, principal soutien des dictateurs guinéens

Si Sékou Touré s'était brouillé avec de Gaulle lors de l'indépendance dans les années 1960, Giscard d'Estaing renoua les relations diplomatiques et économiques avec le dictateur guinéen jusqu'à sa mort en 1984. Que Sékou Touré ait été un dictateur sanguinaire, faisant pendre publiquement ses ministres, massacrant la population quand elle se révoltait, ne gênait nullement la France ni les profits des trusts français, comme ceux de Péchiney qui à l'époque exploitait la bauxite. Même soutien politique et militaire au successeur de Sékou Touré, Lansana Conté, qui exerça un pouvoir sans partage de 1984 à 2008. Et enfin, soutien au dictateur actuel.

Les différents gouvernements français n'ont eu de cesse de protéger les intérêts des multinationales présentes dans le pays, dans le secteur pétrolier et gazier (Total), le secteur bancaire (BNP Paribas, Société Générale), les transports, la construction (Vinci), la gestion aéroportuaire (Adp), les télécommunications (Orange), sans oublier le groupe Bolloré. Voilà qui explique que la France ait été le premier pays occidental à reconnaître la nouvelle junte au pouvoir. Ces intérêts sont tellement puissants qu'un nouveau projet de loi concernant les rapports entre la France et la République de Guinée est en cours de discussion au Parlement. Selon le rapporteur de ce projet de loi, la France est le deuxième client et le troisième fournisseur de la Guinée. Mais ce que vise la France, ce sont, comme l'écrit le rapporteur, « les ressources naturelles exceptionnelles » de la Guinée, notamment « dans le secteur minier », avec l'exploitation d'importants gisements de bauxite.

Les centaines de morts lors des émeutes hier, les exactions quotidiennes de la soldatesque contre les populations civiles aujourd'hui, ce n'est pas tout cela qui va troubler Sarkozy et son gouvernement.

 

LANCEMENT D’UNE CAMPAGNE DE SENSIBILISATION DES CITOYENS DE CONAKRY POUR LE PAYEMENT DE LEURS FACTURES D’EAU

 

Initié par la SEG (Société des Eaux de Guinée) en collaboration avec les organisations de la Société Civile, cette campagne de sensibilisation qui a commencé cette semaine par la Commune de Dixinn et qui devrait s’étendre dans les autres Communes de la capitale, vise à amener les citoyens à s’acquitter de leurs factures, malgré la desserte en eau dans la Capitale guinéenne.

 

La SEG veut se faire de l’argent sur les dos des populations pendant que ses services restent insuffisants au regard des besoins des populations et sont sujets à toutes les contre verses et le niveau de la desserte en eau a atteint un niveau intolérable à Conakry. A ce jour, c’est grâce aux forages construits par des personnes de bonne volonté, dans certains quartiers de Conakry, que les Citoyens parviennent à s’approvisionner en eau potable, une denrée indispensable à la vie.

Certains cris à l’arnaque mais la Société s’en fou et vient même d’entamer un vaste programme pousser les citoyens à « payer leur factures ». La première étape de ce programme de sensibilisation de la SEG, qui est en étroite collaboration avec la Société civile, commence par la Commune de Dixinn. La Société civile parle d’un programme citoyen, mais les élus de cette localité s’insurge contre les contre performances historiques de
la SEG.
Cette campagne de sensibilisation vise à pousser les citoyens à payer leur facture d’une part, et dénoncer les branchements clandestins d’autre part. Cette campagne est pilotée par le Conseil National des organisations de la Société civile, en partenariat avec le PNGUI, Partenaire National de l’eau de Guinée.
Le chargé du programme, Alassane Camara, explique les raisons de cette campagne :
« C’est une première rencontre, une prise de contact avec les Chefs de quartier, les Chefs secteurs et les Comités des jeunes installés dans les différents quartiers de Dixinn ».
Techniquement, ce programme couvre une période de 6 mois et devrait à terme aboutir à l’assainissement du secteur des abonnements à la SEG au niveau de la Commune de Dixinn.
Sur les étapes du programme, Alassane Diop de la Société civile donne des explications :
« Nous allons déployer sur les 17 quartiers de la Commune de Dixinn, 17 animateurs et nous allons découper aussi la Commune de Dixinn, en 5 zones, dont 5 superviseurs, un superviseur par zone. Nous allons également choisir des coordinateurs, pour aller coordonner les activités ».
Il faut rappeler que la problématique d’accès à l’eau potable reste une grande préoccupation des populations guinéennes, confrontées à d’énormes difficultés, dans un pays considéré comme étant le « Château d’eau de l’Afrique occidentale».
Il reviendra ainsi à la SEG d’améliorer ses installations pour accroître la production et la distribution de cette denrée indispensable à la vie, pour que les citoyens à leur tour s’acquittent correctement du payement de leur facture d’eau.
La campagne de sensibilisation devrait se poursuivre vers les autres communes de la Capitale Conakry.
Nous y reviendrons

 

LA JUNTE OUVRE LA CHASSE AUX "PROSTITUEES" ET AUX DROGUES

 

La junte militaire au pouvoir en Guinée multiplie les arrestations de femmes de petites vertus et jeunes drogués à Conakry, selon l'Agence de presse africaine (APA). Les personnes interpellées seraient filmées et les images diffusées sur le petit écran.

010042009115435000000moussa.jpgLa junte militaire guinéenne a ouvert un autre front contre les femmes de petites vertus et les jeunes drogués, raflés en grand nombre au cours de patrouilles nocturnes ces derniers jours dans la capitale Conakry, a constaté APA mardi.

Cette lutte contre les fléaux sociaux en Guinée a été précédée d’autres batailles livrées par la junte contre le trafic de drogue et les détournements des deniers publics.

Le capitaine Moussa Tiegboro Camara - Secrétaire d’état chargé des services spéciaux, de la lutte antidrogue et du grand banditisme - et ses hommes ont procédé à l’arrestation de plus de deux cents personnes dans le cadre de cette opération, qui vise à démanteler les réseaux de prostitution dans la capitale guinéenne.

Dépositions filmées et diffusées

Les personnes interpellées sont ensuite conduites au camp Alpha Yaya Diallo, le quartier général de la junte, où leur déposition se passe sous les objectifs des caméras de la télévision d’Etat.

Des images qui, une fois diffusées sur le petit écran, créent une vague d’indignation et suscitent l’émoi des populations qui n’hésitent pas à s’en prendre à de paisibles citoyens jugés coupables de loger des « prostituées ».

Les zones de la Marcelline et le Palmier, situées respectivement à Gbessia et à Bonfi, dans la banlieue de Conakry, ont été mises à sac la semaine dernière par des jeunes en furie.

La junte aurait libéré la vague de détenus interpellés dans le cadre de ce coup de filet dans les milieux mondains de la capitale guinéenne.

Mais la chasse à l’homme continue d'être menée par les hommes des services spéciaux, de la lutte antidrogue et du grand banditisme de Guinée.

Des militaires chez une fille adoptive de Lansana Conté

 

Guinée - Un groupe de militaires a fait irruption, dans la nuit de lundi à mardi, au domicile d'une fille adoptive du défunt président guinéen, Lansana Conté, Aïcha Kéïta, emportant des biens de valeur, a rapporté mercredi la Radio nationale guinéenne (RTG).

Les militaires, entrés par effraction au domicile de Mme Kéïta, à Dixxin, un quartier populaire de Conakry, ont emporté des effets vestimentaires estimés à plusieurs milliers de Francs guinéens, quelque 10.000 euros et 40.000 dollars US, avant de mettre à sac toute la maison où ils ont tenu en respect les occupants.

Les militaires ont également tiré sur tous les objets, notamment le téléviseur, des armoires et autres objets de valeur de la maison qui sont hors d'usage.

Le président auto proclamé de la Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara et son ministre de la Défense, le général Sékouba Konaté, se sont rendus, mardi soir sur les lieux, promettant que les coupables "seront sévèrement punis".

Un groupe de militaires, dont le lieutenant Philippe Magassouba, ont déjà été interpellés.

Lundi dernier, l'ONG Human Rights Watch a, dans un communiqué, accusé les militaires guinéens de commettre impunément des actes de vols et de violence dans le but d'extorquer leurs biens aux citoyens.

Selon l'ONG, des soldats guinéens ont été impliqués dans des vols et actes de violence contre des hommes d'affaire et des citoyens ordinaires depuis l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement à la faveur d'un coup d'Etat militaire en décembre 2008.

Human Rights Watch exhorte le nouveau gouvernement à faire cesser ces attaques et s'assurer que la Police, la Gendarmerie et le système judiciaire mènent des enquêtes indépendantes et engagent des poursuites contre les soldats impliqués.

 

HRW INVITE LA JUNTE A DISCIPLINER LES SOLDATS

 

L’Organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW) a rendu public un rapport dans lequel, elle appelle nettement la junte au pouvoir à exercer un réel contrôle sur ses troupes qui commettent de nombreuses exactions dans le pays et principalement à Conakry. Les militaires se réclamant du pouvoir pillent et violent, déplore l’ONG.

 

GUINEAx432.jpgDepuis le 23 décembre 2008,  le Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD), avec à sa tête le capitaine Moussa Dadis Camara, a pris les rênes du pouvoir en Guinée. La junte militaire qui s’est installée à la tête de l’Etat après la mort du général Lansana Conté, a exprimé sa volonté de combattre la corruption, la drogue mais aussi de préparer le pays à de nouvelles consultations dès la fin de cette année 2009. Mais en attendant, la transition politique est menée tambour battant et installe les militaires dans un nouveau rôle, auquel ils ne sont nullement préparés, celui de censeur et de moralisateur de la société. C’est en tout cas ce qui ressort des investigations menées par l’Observatoire national de la démocratie et des droits de l’homme qui a travaillé en étroite collaboration avec Human Rights Watch sur la documentation du rapport intitulé  « Guinée : le gouvernement doit discipliner les soldats ».

« Des soldats guinéens ont été impliqués dans des vols et actes de violence contre des hommes d'affaires et des citoyens ordinaires depuis l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement à la faveur d'un coup d'Etat militaire en décembre 2008 », écrit l’ONG HRW dès les premières lignes de son rapport en priant aussi le CNDD de « faire cesser ces attaques et s'assurer que la police, la gendarmerie et le système judiciaire mènent des enquêtes indépendantes et engagent des poursuites contre les soldats impliqués ». En effet, selon les enquêteurs, ce sont des groupes de dix à vingt soldats, opérant en plein jour et lourdement armés qui mènent des « opérations » sous couvert du CNDD. Ils agissent sans jamais exhiber un quelconque mandat.

 

Les temps ont changé

Ces militaires en groupes organisés et déterminés alimentent un mélange des genres instauré au sommet de l’Etat, où le chef de la junte lui-même s’érige en enquêteur, conduisant un interrogatoire avant de prendre les habits d’un procureur. Tout cela au nom de lutte contre la corruption. Gendarmes et policiers, en principe investis de certaines prérogatives d’enquête ou de réception des plaintes, se sont entendu dire : « Les temps ont changé ». Le rapport met le doigt sur ces dysfonctionnements qui font aujourd’hui de l‘armée l’institution centrale de la République. « Les propriétaires de cinq commerces cambriolés à peu près au même moment le 16 février ont déposé plainte à la police, mais les policiers leur ont dit que depuis le coup d'Etat, ils n'étaient plus autorisés par l'armée à mener des enquêtes. Ils ont dit aux commerçants de déposer plainte directement auprès de l'armée », note le rapport.

Brutalités, intimidations, menaces sont le cocktail servi par les militaires se prévalant d’une mission officielle avant de fouiller de fond en comble les commerces ou domiciles visités. Les victimes ne sont pas choisies par hasard puisque les soldats repartent toujours, après « investigation et perquisition », avec de l’argent, des bijoux, des ordinateurs, des téléphones portables, des appareils électroniques ou encore des boisons alcoolisées et aussi des voitures de grosses cylindrées.

Le cas du viol d’une jeune fille de 15 ans est également cité pour monter que les choses sont sues mais tues. Le supérieur hiérarchique du militaire violeur se serait déplacé en personne pour présenter des excuses de son bataillon et pour trouver un arrangement à l’amiable avec la famille de la jeune fille. L’armée assurerait tous les frais médicaux.

Par ailleurs, le site internet Guineenews rapporte une récente affaire de braquage orchestré par des militaires au domicile d’une personnalité de Conakry. Ils auraient emporté quelque 40 000 euros et des millions de francs guinéens. Mais très rapidement, les militaires et le cerveau de l’opération, un certain lieutenant Magassouba, auraient été mis aux arrêts. Le chef de la junte, Moussa Dadis Camara, accompagné du général Sékouba Konaté, ministre de la Défense se seraient personnellement déplacés pour constater les faits et présenter des excuses. Eh oui, la victime, Aïcha Kéita est la fille adoptive du défunt président Lansana Conté.

 

Guinée : les militaires jurent fidélité à Moussa Dadis Camara
Ils ont prêté serment sur le Coran et la Bible devant des caméras de télévision

Dadis.jpgUne cérémonie de prestation de serment a eu lieu, mardi soir, au Camp Alpha Yaya Diallo, QG du conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD). Là, les militaires de la garde présidentielle et du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA) ont juré sur le Coran et la Bible fidélité au chef de l’Etat, Moussa Dadis Camara, et au ministre de la Défense nationale, Sékouba Konaté. Le chef de la junte redouble d’efforts pour s’assurer la fidélité de ses troupes.

Les principaux éléments qui ont juré sur le Coran et la Bible de servir avec fidélité le capitaine Moussa Dadis Camara et le ’’co-chef’’ de la junte, le général de Brigade Sékouba Konaté, sont des militaires du Camp Alpha Yaya Diallo, quartier général du CNDD, à Conakry. C’est ainsi que, mardi soir, les téléspectateurs ont vu sur le petit écran le ministre chargé de la Sécurité présidentielle, le capitaine Claude Pivi, Alias Coplan, agenouillé et décoiffé, le Coran dans la main droite et la Bible dans l’autre dire qu’il jurait « fidélité au capitaine Moussa Dadis Camara et à son ministre de la Défense nationale, le général de brigade Sékouba Konaté. » Il en a été de même pour l’aide de camp de la présidence, le lieutenant Bakari Diakité, le lieutenant Issa Camara secrétaire d’Etat chargé des conflits, les redoutables bérets rouges du BATA, et les éléments du bataillon spécial de Conakry. Tous ont juré fidélité à Dadis Camara et Sékouba Konaté.

Voici dans son intégralité le contenu du serment qu’ils ont prêté : « Je jure sur le Coran et la Bible de rester fidèle au peuple de Guinée, de ne jamais trahir le drapeau, de rester fidèle au président de la république, le capitaine Moussa Dadis Camara et son ministre de la Défense, le général de brigade Sékouba Konaté, de ne jamais brigander, ni violer les lois de la république, de ne jamais être ethonocentriste, ni raciste, de protéger les populations civiles et leurs biens. Je le jure, je le jure et je le jure. »

Prévenir d’éventuelles séditions

Cette prestation de serment fait suite à ce qui est appelé ici, dans les rues de Conakry, le ’’putsch’’ manqué contre Moussa Dadis Camara le 22 avril dernier. Deux officiers supérieurs et un sous-officier de l’armée guinéenne ont été arrêtés et écroués, dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 avril, au camp Alpha Yaya de Conakry. Les deux capitaines et le caporal ont été interpellés quelques heures après le report du voyage en Libye du président Moussa Dadis Camara, qui était invité par le guide libyen Mouammar Kadhafi. Aucune explication officielle n’a été fournie concernant la mise aux arrêts de ces trois militaires. Cependant, l’armée a fouillé, cette nuit-là, véhicules et passagers aux abords du Pont du 8 Novembre, principale porte d’entrée au centre de la ville.

Beaucoup estiment que la cérémonie d’hier a été organisée parce que le chef de la junte et son ami Sékouba Konaté redoutent des mouvements d’humeur au sein de la troupe, et qu’ils voudraient ainsi s’en garantir.

Démocratie en Guinée : quel rôle pour la communauté internationale et l’Union Africaine ?
Une analyse de l’essayiste Noël Kodia

Suite à la prise de pouvoir par la force en Guinée par le capitaine Moussa Dadis Camara, la communauté internationale et l’Union Africaine ont pressé celui-ci d’organiser des élections libres et transparentes le plutôt possible pour que le cadre constitutionnel revienne en Guinée. Si cette demande semble logique, il n’en demeure pas moins qu’elle soulève la question au sujet de la faisabilité et surtout l’efficacité d’organiser des élections sachant que les conditions ne sont pas réunies. Noël Kodia, essayiste et critique littéraire d’origine congolaise, s’interroge sur la nature du rôle que peuvent jouer la communauté internationale et l’Union Africaine. Doivent elles se contenter d’appeler à l’organisation d’élections sans le respect de préalables et de condamnations sans lendemains, ou y-a-t-il d’autres manières d’agir ?

L’auteur plaide ainsi pour une implication plus forte et plus claire à la fois de la communauté internationale et de l’Union Africaine dans la réforme institutionnelle des pays africains pour sortir la démocratie de l’impasse.

Ayant pris le pouvoir par force après le décès de Lansana Conté depuis décembre 2008, le capitaine Moussa Dadis Camara s’est autoproclamé président de Guinée en rassurant l’opinion nationale et internationale qu’il devait opérer une transition politique pour organiser des élections libres et transparentes. Malgré quelques réticences, la Communauté internationale l’a accepté, lui priant de « faire vite » afin que le cadre constitutionnel revienne au pays. Un nouveau défi pour la Communauté internationale et l’Union Africaine (UA).

Moussa Dadis pense réhabiliter la Guinée après plusieurs décennies de dictature. Des élections organisées par son prédécesseur ont pérennisé celui-ci au pouvoir. Dès sa prise du pouvoir, Moussa a été rappelé à l’ordre par la France, les Etats Unis et l’UA inquiétés par l’illégalité et l’illégitimité politique du pays. Les partis politiques suspendus par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement pendant un certain moment, ont repris leurs activités. Au lieu d’aider les Guinéens à résoudre leurs problèmes sociopolitiques et économiques qui datent depuis 1958, l’ONU et l’UA les pressent d’aller aux élections plus tôt que prévu. Or, il demeure des questions à régler comme le recensement de la population pendant la transition.

Pourtant la Communauté internationale connaît bien les difficultés des pays africains dans leur marche vers la démocratie pluraliste. Pour la Guinée, on sait qu’elle a subi les dictatures de Sékou Touré et Lansana Conté. Soutenant parfois des dictateurs, la Communauté internationale s’est contentée de préserver la sécurité de l’exploitation des richesses de ce pays comme la bauxite. On sait que les élections imposées par la Communauté internationale ont souvent été source de mésententes en Afrique car les perdants n’acceptent jamais la victoire de ceux qui les organisent après l’aide de cette même Communauté internationale. Généralement en Afrique, on organise les élections pour les gagner comme on l’a remarqué en Angola, en République démocratique du Congo.

Avant donc de parler élections, la Communauté internationale devrait aider les Africains en exigeant de leur part des institutions de bonne gouvernance politique et économique, facteurs primordiaux pour le bien être social. Pour cela, elle doit faire pression sur les dirigeants politiques et économiques sous peine de sanctions sévères comme l’exclusion de l’UA. Mitterrand avait tapé sur la table à la Baule pour l’acceptation du multipartisme, nouvelle condition pour l’aide au développement. Mais l’on constate que des Occidentaux, à côté de Chinois, exploitent toujours le continent africain avec la complicité de certains dirigeants qui n’ont de compte à rendre à personne. Paradoxe de l’Afrique, où les richesses ne profitent pas aux populations pauvres. Les pays pétroliers comme l’Angola, le Gabon et le Congo où 70% de la population vivent au seuil de la pauvreté avec moins d’un dollar par jour sont des cas qui devraient interpeller la Communauté internationale.

Aujourd’hui, la Banque mondiale et le FMI devraient aider les Guinéens à assainir leur économie et s’impliquer ensuite dans l’organisation des élections pour éviter les fraudes et les contestations. Ils ont commencé à lutter contre la drogue et les détournements de deniers publics. La Guinée est d’ailleurs un bon exemple, avec l’assainissement de ses finances. C’est la bonne santé économique d’un pays qui permet au peuple d’avoir le minimum vital sanitaire et éducationnel.

Malgré l’implantation de la démocratie pluraliste sur le continent, le pouvoir semble toujours attirer les militaires, même si le sang ne coule plus comme auparavant. La Mauritanie et dernièrement la Guinée ont subi des coups d’Etat pacifiques. Et l’UA, dans ces cas, et même après les coups d’Etat constitutionnels, se contente de les condamner sans pour autant proposer des solutions pour une véritable alternance qui effacerait la dictature sur le continent. S’il y a eu alternance et élections transparentes et libres au Bénin, au Sénégal, au Mali et au Ghana, avec respect scrupuleux des Constitutions, c’est que cela pourrait être aussi possible dans les autres pays où certains dirigeants au pouvoir depuis plusieurs décennies se sont transformés en présidents monarchiques.

L’UA doit accepter l’idée d’Alpha Konaré qui s’insurgeait contre les coups d’Etat constitutionnels quand certains présidents commençaient à modifier leur Constitution pour se représenter aux élections après deux mandats consécutifs, hypothéquant ainsi l’alternance. Avec ces coups d’Etat constitutionnels, il y a eu retour du pouvoir autocratique dans un multipartisme aléatoire où l’opposition s’avère éternelle et serait tentée de pratiquer l’alternance par force. Une Constitution interafricaine qui imposerait la limitation stricte des mandats présidentiels serait un leitmotiv louable pour la bonne gouvernance politique et économique. Des sanctions comme l’exclusion des Nations Unies et de l’UA pourraient dissuader les dictateurs. Mais l’UA se confronterait à certains pays comme … la Libye où la relative bonne gouvernance économique ne rime pas avec l’alternance au pouvoir.

La Communauté internationale peut aider les peuples africains en ne caressant plus les dictateurs dans le sens du poil à cause des intérêts occidentaux et chinois sur le continent. L’UA peut imposer le respect strict de la limitation des mandats au pouvoir, et tout ce qui s’est passé au Kenya et au Zimbabwe ne serait plus que des tristes souvenirs. Les Africains, dont on exploite les ressources sans résoudre leurs problèmes sociaux alors que leur continent est riche, pourraient se révéler être des bombes à retardement. La Communauté internationale et l’UA doivent donc y apporter des solutions avant qu’il ne soit trop tard.

LE SORT DE L'USINE DE FRIA

 

Mon attention a été attirée par la publication le 12 Avril 2009 d’un article rédigé par Mamadou Billo Sy Savané me concernant et intitulé « Commentaire autour d’un document : quand Facinet Fofana, ancien ministre des mines de Lansana Conté, utilisait sa fonction à dépouiller sa propre patrie ».

 

Dans son article, repris par plusieurs sites web, Mr Sy Savané déclare s’appuyer sur une « note » postée une semaine auparavant comme « preuve »  pour affirmer des faits qu'il dit « avérés » contre ma personne. J’ai beaucoup hésité quant à l’opportunité de répondre à un nouvel épisode de cette série d’accusations me concernant, surtout lorsque celles-ci viennent du même camp et que les précédentes accusations restent encore à prouver.

 

J’ai finalement décidé de faire cette déclaration, à la demande de nombreux amis et parents qui m'ont exprimé leur outrage car ce qui est dit dans l’article en question n'a aucune ressemblance avec le Fassiné Fofana qu'ils connaissent. Au-delà, je souhaite saisir cette occasion pour apporter un éclairage aux lecteurs et internautes qui ne seraient pas humains s'ils n'étaient pas gravement troublés par de telles accusations.

Je n'ai donc aucune intention d'engager une polémique avec Mr Sy Savané. Je vais même le mettre à l'aise. J’ai entendu pire et il est en compagnie relevée! Plusieurs théories ont été avancées. Le lecteur et l'internaute me permettront de partager avec eux deux de ces théories qui m'ont paru les plus spectaculaires. Il y a quelques années, un de mes successeurs au Ministère des Mines est allé dire au Président Conté (Paix à son âme!) que les statistiques d'exportation de CBG étaient fausses. Au lieu des 12-13 millions de tonnes par an de bauxite que la société déclare exporter officiellement, celle-ci exporterait en réalité 20 millions de tonnes de bauxite par an, l'écart de 7 à 8 millions de tonnes étant fait pour mon compte. A 25$ par tonne, cela ferait un pactole de 175 à 200  million $ par an qui serait payés en ma faveur! Mine de rien.

 

Puis, c'est un ancien Premier  Ministre de la République, pas moins, qui ira dire au même Président que j'étais, excusez du peu, le premier actionnaire de BHPBilliton, le plus grand groupe minier  au Monde ! J'ai appris ces histoires après que le Président Conté (Paix à son âme!) suite à plusieurs années d’enquête, eut confronté les auteurs de ces allégations pour produire des preuves, avant de les débouter et classer  ces affaires pour ce qu'elles étaient : des cabales visant à me nuire. C'est par la suite que lui-même me tiendra informé. Il y a des habitudes qui ont la vie dure chez nous. Certains de nos compatriotes, y compris parmi ceux qui devraient être les mieux  avertis, continuent d’imaginer que l’argent pousse sur les troncs d’arbre comme des mangues ou des oranges. Il suffit de secouer l’arbre pour que ça tombe!

 

Si les allégations du papier de Mr Sy Savané sont moins importantes dans leur ampleur, elles n'en sont pas moins graves dans le principe et moins fausses. Je pars de l'hypothèse que, contrairement aux accusations précédentes, il n'a aucune intention de nuire ( il déclare ne pas me connaître) : il est plutôt mal informé. Comment expliquer autrement qu’il continue à parler d’exploitation de la bauxite à Siguiri ? Je demeure convaincu que, s'il avait pris le minimum de temps pour s'informer on ne se trouverait pas face a cette situation. Car les informations historiques sont abondantes et d'accès facile et, avec le retour du dossier de Friguia sur l'avant-scène du débat politique et médiatique en Guinée, nos compatriotes en savent plus aujourd'hui sur ce dossier que sur la plupart des autres dossiers du secteur minier. 

 

Par rapport aux différents chefs d'accusation agites contre moi que savons-nous ?

 

  -Sur l'actionnariat de Guinea Investment Company : 

 

Si la « note »" se contente de citer la « liste » des actionnaires de Guinea Investment Company, je voudrais faire remarquer au lecteur que cette affirmation ne prouve rien du tout. Les auteurs auraient pu aller plus loin en   s’adressant  à la juridiction d'enregistrement de la société pour en produire les documents statutaires : registre de commerce, statuts, PV des AG. De nos jours de tels documents sont dans le domaine public. Cette démarche était peut-être difficile pour eux. Je vais les y aider. Dans mes recherches pour ce papier, il m’a suffit d’un click sur Google pour établir que le dossier Friguia avait déjà fait l’objet d’un jugement à la Haute Cour de Justice de Londres. Il s’agissait d’une action intentée par Tekron Resources, une société qui avait conseillé Reynolds dans son approche auprès du Gouvernement guinéen contre Guinea Investment Company, la société des investisseurs privés du nouveau consortium que venait de racheter Rusal.

 

Au point numéro 5 des extraits du jugement rendu le 24 Novembre 2003, le juge Justice Jack donne aussi bien la liste des actionnaires de Guinea Investment Company que celle des actionnaires de Alumina Company of Guinea, les deux sociétés montées pour cette transaction. Cette information est disponible gratuitement sur le web (www.vlex.co.uk/vid/hq03x00547-52978593). Nulle part il n'est question de Fassine Fofana ou même d'une structure représentant ses intérêts. Je laisse libre cours au  lecteur de vérifier par lui-même.

 

-Sur les dividendes annuels prétendument payés en ma faveur :

 

Ayant démontré dans la rubrique précédente que je n'étais en rien concerné par Guinea Investment Company et puisque ces fameux dividendes sont censés rémunérer « mon actionnariat », j'aurais pu m'en arrêter là et laisser le lecteur décider que tout l'édifice s'écroule avec l'effondrement de la thèse centrale.

 

Je souhaite toutefois saisir cette occasion pour essayer de découvrir avec le lecteur  ce qui pourraient être les motivations du commentaire fait contre moi. 

 

Je fais tout d'abord remarquer au lecteur que la « note » sur laquelle l'auteur s'appuie, toute ridicule qu'elle est,  ne fait aucune mention ni de l’apport de Friguia comme « ma part » dans Guinea Investment Company ni de quelque paiement de « dividende » que ce soit  en ma faveur. Il apparaît que le professeur a, peut-être, trop rapidement lu la « note ». Si cette note est encore postée sur le net, je prie le lecteur de s'y référer. Il appréciera.

 

Je fais ensuite remarquer que, Dieu faisant bien les choses, ce dossier a occupé le devant de la scène politique et médiatique dans notre pays depuis plusieurs semaines. Pour ce qui est de la cession de Friguia, je crois savoir que nos compatriotes savent maintenant à quoi s'en tenir. L'ancien Directeur de Cabinet du Président de la République n'a-t-il pas déclaré que c'est lui seul « sans la participation d'aucun autre cadre guinéen » qui a fait ce montage ? Pourquoi dans ces conditions chercherait-on à m'associer à cette transaction qui s’est déroulée plus de six ans après mon départ du Gouvernement ? Face à la tentative d'y associer d'autres cadres le Président de la République n'a-t-il pas déclaré courageusement « Je ne veux pas de l’injustice… Organiser la mafia pour détruire les gens, les incriminer pour briser leur carrière, je ne suis pas dedans ».

 

La réponse à une seule des questions ci-dessous pourrait éclairer le lecteur sur la validité, la crédibilité  de cette accusation :

 

a) Pourquoi Rusal, qui a repris le contrat de location-gérance de Reynolds en Décembre 2002 et qui a signé un protocole d'accord avec le Directeur de Cabinet de la Présidence portant sur le rachat total de l'usine en Décembre 2003, continuerait-elle à me payer « entre 6 et 10 millions $  par an jusqu’en 2006 » alors qu’elle est  obligée d’aller à la Haute Cour de Justice de Londres (comme évoqué ci-haut) après qu’elle ait refusé d’honorer un contrat entre GIC et Tekron pour seulement 3 millions $ ?

 

Rusal a annulé ce contrat en indiquant qu’avec les relations qu’elle avait au Palais Présidentiel à Conakry, elle n’avait plus besoin des conseils de Tekron pour la Guinée. Dans ces conditions, pourquoi continuerait-elle d’entretenir un ancien ministre qui ne peut plus rien lui apporter alors qu’elle a un accès direct au Président ? Pourquoi ne dénoncerait-elle pas la supercherie du Ministre au Président ?

 

b) Si, Friguia a déjà été « apporté » comme « ma » part dans GIC (qui en serait donc déjà propriétaire), pourquoi Rusal (qui a donc logiquement hérité du titre de propriété de Friguia du groupe Reynolds en rachetant GIC)) va-t-elle conclure un protocole d’accord avec le Directeur de Cabinet du Président de la République (qui vient de reconnaître les faits) pour racheter la même usine à 19 millions $ ?

 

Comment peut-elle acheter la même usine deux fois ? Une première fois en « me » payant  sous forme d'actions dans la société avec les « dividendes » qui en découleraient, une deuxième fois en payant l’Etat guinéen ? Dites-moi si cela un sens pour vous. Moi je ne m’y retrouve pas.

 

c) A quel moment aurais-je remis le « titre de propriété » de Friguia (dont je me serais approprié) à la République de Guinée  pour permettre au Président Conté (Paix à son âme!) de faire son décret du 30 Mars 2006 comme on vient de l’apprendre ? Un tel acte peut-il être passé sous silence ? Pourquoi, à la faveur de cette opération, l’Etat guinéen ne m’a-t-il pas poursuivi pour ce qui aurait sans nul doute constitué un acte de haute trahison ? Pourquoi le Président Conté (Paix à son âme!), qui venait de signer le décret du 30 mars 2006 m’a-t-il déclaré en Septembre 2006, devant témoins, que « si quelqu’un me dit qu’il a quelque chose sur moi ou contre moi c’est un menteur » ?

 

d) Pourquoi le Gouvernement actuel est en mesure aujourd’hui de revenir sur la vente de l’usine à 19 millions $ et de remettre l’actif dans le portefeuille de l’Etat si j’avais déjà compromis l’avenir de l’usine en me l’appropriant ?

 

e) A l’âge des transferts électroniques aucun mouvement de ce genre ne peut être caché. Même dans le plus grand pays de gestion de fortune telle la Suisse, tout mouvement supérieur à 50 000 $ doit être signalé aux autorités. C’est ainsi que tous les fonds de l’ex-Président nigérian Sani Abasha ont été identifiés. Comment ne peut-on pas tracer les mouvements de fonds d’un simple ancien Ministre guinéen ?

 

 -Sur la « mise en difficulté artificielle de la société » pour forcer le départ de Frialco :

 

 Je voudrais d'abord faire remarquer en passant que je n'ai pas vu ce détail non plus la « note » sur laquelle déclare s'appuyer Mr Sy Savane. Il doit avoir plusieurs sources, autres que la « note » qui a servi de catalyseur à son papier. Ce point pose deux problèmes :

 

    a) A l'heure où il y a une clameur totale et justifiée dans le pays pour une révision des contrats miniers, comment peut-on reprocher à un ministre d'avoir été le premier à engager une telle bagarre quand il s'est rendu compte que la relation économique, résultant des accords de 1973 et suivants, était complètement déséquilibrée en défaveur de la République de Guinée ? La convention qui en a résulté, a été le premier texte jamais approuvé à l'unanimité de notre jeune assemblée nationale.

 

    b) Pourquoi devrait-on passer une décennie à vouloir prouver, sans jamais y parvenir, que le ministre n'a agi que dans son intérêt personnel ? Pourquoi imaginer des prises d'intérêt que même l'actualité politique guinéenne dément ? Y aurait-il d’autres forces derrière cette campagne ?

 

 Frialco est parti parce que j’avais mis leur jeu à nu. Les partenaires ne voulaient pas de la nouvelle relation économique que je leur proposais. 

 

-Saviez -vous qu'à Friguia, puisque la société était chroniquement déficitaire, la valeur des actions des partenaires était liée aux droits d'enlèvement de l'alumine ?

 

-Saviez-vous que la Guinée, même avec 49% des actions n'avait aucun droit d'enlèvement d'alumine et que les partenaires de Frialco se répartissaient entre eux les droits qui devaient revenir à la Guinée ?

 

-Saviez-vous qu'en conséquence de cela, la valeur des actions de la Guinée dans Friguia était nulle et que l'Etat Guinéen, s'il était en besoin de financement urgent, ne pouvait utiliser cet actionnariat pour lever quelque montant que ce soit sur les marches internationaux ?

 

-Saviez-vous que c'est la République de Guinée qui prenait tous les risques en s'endettant auprès de la Banque Européenne d'Investissement et de  l'Agence  Française de Développement pour ensuite rétrocéder les prêts à Friguia? 

 

-Saviez-vous que, malgré tous ces sacrifices, la Guinée était toujours en minorité au Conseil d'Administration , Frialco contrôlant 51% des votes.

 

-Saviez-vous que, en Mai 1998, sous ma pression et sous l'égide la Banque d'affaires UBS-Warburg, Frialco avait tout d'abord accepté le nouveau pacte d'actionnaires qui consacrait notamment l'éclatement de Frialco pour permettre la constitution de majorités d'idées au Conseil, notamment en vue d’une décision d’expansion de la raffinerie, et surtout l'allocation de droits d'alumine à la Guinée? 

 

-Saviez-vous que, s'étant rendu compte des concessions qu'il venait de faire à la Guinée et peut-être pour éviter que la Guinée ne demandât les mêmes changements à la CBG (ou les mêmes problèmes vont se poser, à terme, et ou trois sur quatre des partenaires de Frialco se retrouvaient) ils ont préféré se retirer de Friguia en revendant leur action a la Guinée en Juin 1998 ? 

 

-Saviez-vous que l'appel d'offres de privatisation que j'ai lancé par la suite, conduite par UBS-Warburg, s'est révélée infructueuse (il y avait un seul candidat sérieux pour l'achat, Comalco, la filiale aluminium de Rio Tinto à l’époque ) et que j'ai préféré la solution de mise en location-gérance plutôt que la vente à l'époque à prix dérisoire, ceci pour donner à l'Etat le temps de trouver un nouvel acheteur à un prix acceptable par l’Etat, le moment venu ? Il me semble que c'est cette position qui a permis à l'Etat de faire la transaction qu'elle a faite avec Rusal. Le seul débat que j'entends aujourd'hui porte sur  le prix de cession à Rusal. A ma connaissance, personne, en dehors de Mr Sy Savané, ne conteste que l'actif ait à aucun moment cessé d'être propriété de l'Etat.

 

   Sur le « groupe de mafiosi » que  je  constituerais avec « mes » amis :

 

Ayant été homme public en Guinée, je trouve parfaitement légitime que des citoyens critiquent mon action passée au gouvernement. Je n'élèverai donc aucune défense contre les allégations faites, lorsque celles-ci portent sur la politique menée elle-même. Ce n’est ni le lieu, ni l’objet de ce mémo. Je ne répondrai pas non plus aux jugements émis contre mon caractère. Ce n’est pas le plus important. Je veux simplement relater les faits tels que je les ai vécus. J’estime que les lecteurs et internautes sont suffisamment intelligents pour faire la part des choses.  Par contre, s’agissant des étrangers qui viennent investir dans notre pays, il serait bon, pour notre réputation collective que tout le monde cherche à s'informer avant de porter des jugements sur eux . Par rapport aux personnalités mises en cause je me dois de rétablir la vérité, tout au moins en ce qui concerne leurs activités dans notre pays. Pour avoir été celui qui a occasionné leur arrivée en Guinée, pour y investir, je ne souhaite pas laisser leur réputation internationale ternie par des problèmes guinéo-guinéens.

 

  Quand Mr Randolph (Randy) Reynolds venait en Guinée, sa société, Reynolds Metals était la troisième société de l’industrie de l’aluminium avant sa fusion avec Alcoa en 2000. Il a fait construire et était copropriétaire de la plus grande raffinerie d’alumine au monde à Worsley en Australie. Nos compatriotes vivant en Amérique du Nord sont certainement familiers des emballages Reynolds (Reynolds foils).Il a bravé son Conseil d'Administration pour décider de venir à Friguia. De l'avis des travailleurs de l'usine, celle-ci n'a jamais été aussi bien gérée (en tout cas ces dernières années) que durant les années Reynolds. Un « mafioso », ce scion de l’industrie américaine, parce qu’il n’est pas « votre » ami ?

 

Karim Karjian un mafioso ? Nos compatriotes doivent savoir que ce Monsieur a rendu  plusieurs services à la Guinée dont un pour lequel je lui serais  éternellement reconnaissant. Sous d’autres cieux, il serait décoré. Il a aide  la Guinée à récupérer sa bauxite.

 

 Saviez-vous qu’au terme de la Convention de 1963 créant la CBG, la Guinée avait apporté toute la bauxite du Nord-Ouest de la Guinée (des milliards de tonnes de la meilleure bauxite au monde) pour une valorisation de seulement 980,000$ contre l’octroi 49 % du capital de la société ? 

 

Saviez-vous qu’en conséquence  le consortium Halco (dont trois des participants de Frialco) ne permettait à personne de s'installer dans cette zone qu'il considérait comme sa chasse-gardée et la Guinée comme leur proie ? Saviez-vous vous que, dès 1998,  j'ai demandé à Mr Karjian  de rassembler un groupe d'investisseurs crédibles pour qu'on puisse entrer dans ce paquet ?

 

Saviez-vous que, suite à ses efforts, le Gouvernement a trouvé l’appui nécessaire pour faire passer l'avenant numéro 1 de la convention de CBG (signé par mon successeur) réduisant le permis de CBG à une zone raisonnable. Dorénavant, si elle souhaite avoir des zones additionnelles, CBG devra faire une demande de permis auprès du Ministre des Mines, comme toutes les autres détenteurs de permis.

 

-Saviez-vous que, résultats des courses, alors que le consortium Halco n' a pas encore construit une seule usine d'alumine en Guinée depuis près de cinquante ans qu'il sont là (et malgré les dispositions de l’article 7 de la Convention de 1963), Global Alumina, la société dont Karim Karjian  est le Président, Global Alumina, construit en Guinée aujourd’hui le plus grand projet industriel dans toute l'Afrique (hors secteur pétrolier) et la plus grande nouvelle raffinerie d'alumine jamais construite dans le monde ? Savez-vous que, grâce a cette récupération de notre bauxite, près d'une vingtaine de sociétés ont actuellement des permis de recherche en Guinée et que de nouveaux projets de raffinerie d’alumine pourraient sortir bientôt ? Saviez-vous que  de nouveaux acteurs de l'industrie commencent à émerger. et que trois sur quatre des prétendus « grands » de Frialco ont disparu de la scène ? Pense-t-on réellement  envisager  que si un mafioso  avait 6 milliards de dollars à investir, il engloutirait cela dans un projet qui prend une dizaine d'années à développer en Afrique ?

 

 J'espère être parvenu, à travers ce papier, à éclairer la lanterne du lecteur et de l'internaute sur les sujets évoqués ici. J'avais été tenté dans un premier temps de garder mon mutisme habituel. Toutefois, compte tenu de la gravité des accusations gratuites formulées à mon encontre,  apporter un éclairage à des compatriotes qui ne me connaissent pas, qui veulent comprendre mais n’ont entendu jusqu’ici qu’un bruyant son de cloche, m’a paru essentiel. Ne pas réagir en cette circonstance aurait valu assentiment, crainte, culpabilité, lâcheté vis-à-vis de ma conscience et vis-à-vis de ceux qui connaissent bien ma personnalité intrinsèque, des personnes qui m’aiment bien et m’ont demandé depuis très longtemps, trop longtemps à maintes reprises de sortir de mon silence, d’un mutisme incompréhensible face à tant de mensonges, de haine et peut-être d'incompréhension. Je pense surtout que ces quelques précisions  devraient permettre aux historiens, économistes, étudiants, syndicalistes  et autres acteurs socio-économiques de notre pays, d’avoir une idée de la dynamique de certaines décisions que l’on est amené à prendre lorsqu’on est aux affaires. Ai-je commis des erreurs ? Très certainement. Mon travail ne serait pas une œuvre humaine s’il n’était pas entaché d’erreurs. Heureusement que les ministres se relaient dans la République pour corriger les erreurs les uns des autres. C’est ce travail qui se poursuit en Guinée. Ai-je donné le meilleur de moi-même pour mon pays ? Certainement oui, dans la limite des pouvoirs que j’avais. C’est pour cela que je ne suis dérangé par aucune des clameurs cherchant à prouver le contraire. Depuis une décennie que certains ont ouvert une véritable « chasse » contre moi, personne n’a encore pu sortir un dossier d’Etat que j’aurais  traité pour le pays en privilégiant mes intérêts contre ceux de la Guinée. Pourtant tous les dossiers sur lesquels j’ai eu le privilège de travailler sont dans le domaine public. Ce n’est pas une « note » anonyme, opportunément plantée sur le net parce qu’il y a des auditions en cours à Conakry qui prouvera le contraire. La révision annoncée des conventions minières va en surprendre plus d’un. On pourrait se demander les raisons d’une telle persistance. Est-ce parce que j’ai été le premier et seul ministre de la deuxième République à engager un audit international pour démasquer des malversations dans mes services, poursuivre les prévenus devant les juridictions guinéennes et obtenir leur condamnation. Est-ce- parce que, comme me le prédisait le Président Conté (Paix à son âme !) en m’attaquant à Frialco, je me suis attaqué à leur gros lobby intérieur ? L’avenir nous le dira. Quant à Mr Sy Savané, je ne lui ferai aucun procès d’intention. Lui seul sait ce qui motive sa démarche. Je pense avoir donné suffisamment d’indication pour permettre à chacun de tirer ses propres leçons. Je veux continuer à penser qu'il lui manquait des informations. Je crois qu'avec la base d'information que je viens de donner lui et les autres ont de quoi mieux traiter ce sujet. En tant que professeur d'Université, donc à priori formé à la recherche, à l'intégrité et à la rigueur, j’attends de lui qu'il reconnaisse ses erreurs et demande rémission et pardon. A défaut, je n'aurai d'autre alternative que d'engager une action en diffamation devant les juridictions britanniques et guinéennes. C'est pour cette raison que j’indique  ici que la présente déclaration a été faite sans préjudice des poursuites que je pourrais engager. L’objet de ma démarche est de remettre au sein de notre République des valeurs tels l’excellence, la vérité, le respect, l’éthique, la rigueur, l’état de droit avec deux de ses corollaires que sont la présomption d’innocence et le débat contradictoire.  

 

Fassiné Fofana

 

Fait a Londres, le 25 Avril 2009

 

Note biographique:  Fassiné Fofana est Président de Energy Equity Resources, une société pétrolière anglo-norvégienne basée à Londres. Il a été Ministre des Mines en Guinée entre août 1994 et janvier 2000.Il est également Président-Directeur General  de Africa Geothermal International une société développant des centrales électriques a partir de l’énergie géothermale de la Rift Valley en Afrique de l’Est. Avant d'entrer au Gouvernement il était Secrétaire de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) et fut le premier guinéen à occuper les fonctions de Directeur Financier d'une des sociétés minières de la place, la Société Aurifère de Guinée à Siguiri. Il siège au Conseil d'Administration de Carbon Reduction International une société britannique travaillant sur le réchauffement climatique.

 

Apres l'obtention de son baccalauréat en Guinée (classé premier de la Guinée dans sa série), Fassiné Fofana obtint une Maîtrise de Sciences Physiques avec mention à la faculté des sciences de l'université d'Abidjan. Il se rend ensuite en Europe où il obtient successivement un Mastère en Ingénierie (diplôme Ingénieur grande école) à l'Institut National Polytechnique de Toulouse, un Masters in Business Administration (MBA) à l'INSEAD (la plus prestigieuse des business schools en Europe) et un Masters in Financial Economics à l'Université de Londres. Il a également suivi des programmes de formation Harvard Business School et à l'Institut du FMI.

 

Fassiné Fofana est membre des associations des anciens élèves de Insead, Harvard Business School et London School of Economics.

 

Human Rights Watch dénonce des exactions commises par les militaires

 

CONAKRY - L’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) a indiqué, lundi, que des soldats guinéens ont dévalisé des commerçants, cambriolé des entreprises ou surgi dans les tribunaux pour intimider des juges, ces derniers mois, à Conakry. 


L’organisation a publié à Dakar, la capitale sénégalaise, un rapport fondé sur des témoignages qu’elle a recueilli sur 19 incidents depuis que l’armée a pris le pouvoir fin décembre, rapporte Africa Guinée.

 

Vente actions Sonatel : Pourquoi les consommateurs ne portent pas la lutte ?
‘Non au bradage du patrimoine de l’Etat ! Oui au patriotisme économique!’. Ce leitmotiv ou slogan de guerre, dans le cas précis, est utilisé par les travailleurs de la Sonatel, le patronat et nombre d’observateurs pour mettre la pression sur l’Etat afin que la Sonatel reste aux Sénégalais.

Le combat est légitime : sauvegarder le fleuron de l’économie sénégalaise, la seule entreprise qui fait la fierté de tout un peuple, côté résultat financier. Il y a des voies pour contester cette décision du gouvernement libéral, au nom du peuple et des générations à venir. Les Sonatéliens entendent les emprunter et ‘alertent’ l’opinion sur les conséquences d’un renforcement de France Télécom dans le capital de Sonatel. A y regarder de près, la bataille de l’opinion en vaut la chandelle. Les explications avancées par le ministre des Finances sur la cession de 9,87 % des actions de l’Etat, ne tiennent pas trop. Aussi libéral que soit ce régime, les travaux de l’autoroute à péage ont été planifiés, budgétisés. Faire croire aux Sénégalais que la vente des actions va financer le reste des travaux, c’est avouer que l’argent, initialement prévu à cet effet, a été détourné.

Mais une entreprise qui fait un chiffre d’affaires de 470 milliards avec un résultat d’exploitation moyen de 200 milliards de francs et qui réalise un bénéfice net après impôt de 150 milliards de francs, on ne la cède pas sur un plateau d’argent à des expatriés. L'Etat reçoit globalement 130 milliards par an, les dividendes n'étant que de l'ordre de 28 milliards. La Sonatel est l’une des rares sociétés sénégalaises à exporter son expertise dans la sous-région. Orange Mali, Orange Guinée-Bissau et Orange Guinée Conakry ont été de francs succès de la délocalisation de la maison- mère. L’on apprend que le groupe a fini de prospecter le marché mauritanien et gambien. Et les résultats seraient favorables à l’implantation d’une filiale Sonatel. Avec autant de perspectives de développement, les Sonatéliens ont raison de défendre bec et ongles ‘leur entreprise’. Une société faite par des Sénégalais, sans l’appui de France Télécom qui ne s’est installé qu’à partir de 1997, grâce à la privatisation de la Sonatel. Seulement, la question de taille que l'on se pose, c'est pourquoi les consommateurs sénégalais ne se sont pas impliqués dans la lutte ‘pour la sauvegarde du patrimoine’. La Sonatel profite-elle plus aux Sonatéliens qu'aux consommateurs ?

Côté rentabilité, c'est le Sénégal qui gagne, c'est clair. Mais juste dans un sens. Les tarifs de communication sont toujours élevés. Il est légitime de se demander alors, avec tous les milliards qu'elle gagne, qu'est-ce que Sonatel fait pour baisser ces tarifs. Pourquoi une entreprise qui peut distribuer 165 milliards à ses actionnaires (dividendes et réserves), au titre de l'exercice 2008, et qui compte plus de trois millions d'abonnés sur les quatre millions et quelque du marché de téléphonie, peine-t-elle à revoir ses tarifs de communication à la baisse ? Sûrement que les Sénégalais attendaient les Sonatéliens ‘patriotes’, là aussi.

Les associations de consuméristes, pour leur part, se font molles, au point que l’intersyndicale noie leurs voix. Au plus fort de la crise alimentaire (?), Momar Ndao de l’Association des consommateurs sénégalais (Ascosen) et Jean Pierre Dieng de l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (Uncs) avaient réussi à fédérer les citoyens sénégalais dans un bloc qui avait affronté et subi la violence policière, un après-midi de 30 mars 2008 à Dakar. Plus récemment, la riposte des imams de Guédiawaye contre les surfacturations de la Senelec avait drainé, dans la spontanéité, du monde. Dakar et sa banlieue s’en étaient aussitôt violemment pris aux différentes agences de la Senelec.

Aujourd’hui, pour que la Sonatel reste au Sénégalais, il n’y a que les ‘initiés’ qui s’égosillent. A juste titre. Cependant, l’enjeu du combat est tel que tous les citoyens du pays devraient s’y mettre. Mais la Sonatel avait malheureusement, auparavant, commencé à se faire une ‘mauvaise’ image auprès des consommateurs qui supportent la mauvaise qualité du réseau, payent cher et entendent parler de 165 milliards de Cfa à distribuer aux actionnaires.

AGRESSION DE LA FILLE ADOPTIVE DU PRESIDENT CONTE:LE CAPITAINE MOUSSA DADIS CAMARA PRESENTE SES EXCUSES!

 

Dadis enquêtes sur l'agression.jpgLe chef de la junte militaire, capitaine Moussa Dadis Camara s'est rendu mardi après-midi au domicile de Madame Aicha Keita, la fille adoptive du défunt président guinéen Lansana Conté.

Accompagné du ministre de la défense, le Général Sékouba Konaté,le chef de l'Etat guinéen a présenté les excuses de l'armée guinéenne après l'agression de Madame Aicha Keita par des soldats dans la nuit du dimanche à lundi." Elle revenait juste de la clinique où on l'avait admise ce matin quand le Président est arrivée chez elle", a témoigné une de ses proches.

Le capitaine Moussa Dadis Camara a ordonné la restitution des biens de la fille adoptive du président Conté et promis des enquêtes sur cette agression.

Dans la nuit du dimanche à lundi, le domicile de Aicha Keita ( qui se considérait comme une fille adoptive de Lansana Conté) a été attaqué par des jeunes militaires en services au camp Koudara, situé aux alentours du siège du gouvernement. La dame Aicha a été violentée, mise à nue et attachée par ses aissaillants. Ceux-ci ont emporté avec eux trois véhicules de la dame, un montant de 40 mille euros et des milliers de dollars. Son chauffeur, militaire de son état, du nom de Lansana Camara, a été aussi ligoté et conduit au camp Koundara.


A noter que Madame Aicha Keita , membre du cercle présidentiel du régime Conté, était l'épouse Seku Damateh Conneh, patron de l'ex-LURD, une faction rebelle libérienne, soutenue à l'époque par le président Conté avec l'appui des américains pour chasser Charles Taylor du Libéria.

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