03.05.2009
GUINEE - HAUTE POLITIQUE CNDD
APRES L’EMBRASSADE DE CONAKRY
J’étais rentré dans ma cour avec l’impression d’une chaleureuse embrassade avec Conakry. Etait-elle un cadeau de la nuit guinéenne ou une réalité qui demeurera ma compagne pendant mon séjour ? Les jours à venir allaient-ils me conforter dans cette position? Je l’ai déjà écrit.
Telle était désormais la question dont les réponses se révèleront, sûrement, au contact de la vérité de la réalité. Pour cela, mon recours sera mon observation dont je ferai une analyse propre et personnelle en respectant surtout la dimension du réel.
Pour ne pas violer le sens que j’accorde à l’information, je n’avais plus qu’à me laisser saisir par les faits, rien que ceux-là. La meilleure piste ne pouvait se trouver ailleurs qu’en ce lieu de pèlerinage de tous les Guinéens qu’est devenu le Camp Alpha Yaya Diallo, siège du CNDD.
Voir Camp Alpha et comprendre la Guinée d’aujourd’hui
Depuis le 23 décembre 2009, le plus grand camp militaire de Guinée est l’épicentre de la vie nationale. Tout se concentre, ici : les grandes orientations de la marche entreprise sont prises, ici, le pouvoir militaire, politique et étatique, le regard et l’espoir des Guinéens. Ce qui sort de là est décrypté à la loupe des commentaires. Un citoyen est reçu par le CNDD ou son Président, cela soulève des questions qui font balancer ses concitoyens entre le réel et le faux. Cette atmosphère et cette ambiance font qu’ici, se confectionne le montage de vraies ou fausses stratégies.
Ce relent des systèmes passés tient toujours le pays, mais encore pour combien de temps ? C’est là que j’ai vu des anciens ministres et autres hommes forts, d’hier, se faire minuscules comme pour disparaître sous leur chaise ou fauteuil. Leurs yeux brillant petitement, ils n’osaient pas croiser ceux de leurs compatriotes ou même du voisin immédiat. C’est encore, là, que j’ai découvert la vénalité de tous ces truands qui ont abâtardi la marche de tout un peuple dans sa quête du bonheur. Le Guinéen s’était déclaré indépendant et libre, mais il ne connut point liberté, ni dignité. Au fil de cinquante années, il n’était plus qu’un misérable broyé par l’égoïsme de ses propres frères et sœurs.
On y rencontre des proches du pouvoir ou se faisant passer pour tels. Ceux qui cherchent à y entrer. De simples citoyens, mais des quémandeurs de faveurs (promotion) ou autres opportunistes. Tout ce que la Guinée peut regorger de bonnes et mauvaises graines pullulent dedans et de dehors du camp. Elles sont toutes aux aguets et prêtes à lire les signes qui accompagnent une poignée de main échangée entre telle personnalité et tel citoyen. Tout prête à un sens bien orienté suivant ce que l’on veut que l’autre croit ou pour le convaincre.
Des fonctionnaires du système défunt sillonnent encore les artères du pouvoir. Une particularité guinéenne parce que leur place aurait pu être ailleurs. Ils attendent l’ouverture de la porte d’un bureau pour y entrer. Le caractère privé ou personnel d’une visite n’est pas respecté. Dès que quelqu’un pénètre, les opportunistes en profitent en lui emboîtant le pas si la vigilance du factionnaire est baissée en ce moment. Vous vous retrouvez tous devant l’occupant du bureau, les échanges ou l’entretien ne sera jamais approfondi et parfois l’objet de leur présence n’est jamais exposé. Ce qui semble compter pour ces gens ; c’est de savoir que la porte du bureau s’est refermée après eux, à leur entrée. Ils en ressortent difficilement, même n’ayant rien à dire ou à proposer. Quel temps gâché !
La concentration pouvoir au camp Alpha expliquerait cette attitude ? Non ! Recherchons la réponse ailleurs parce que le Guinéen a cette propension à rôder autour du pouvoir depuis l’indépendance. Et cette attitude commence dans la famille.
Quand on arrive en Guinée, il y a ces frères, cousins ou simplement amis ou connaissances qui, pensant rendre service, vous marquent à la culotte. Partout dans tous les déplacements, ils sont omniprésents. C’est une sorte de seconde nature, à la guinéenne. Mais la faute est à l’absence de travail ; c’est-à-dire au chômage du plus grand nombre, surtout des jeunes.
Au camp Alpha Yaya, des gens viennent pour des banalités qui ne devraient même pas être exposées devant un sous-préfet. Chez le Guinéen, la hiérarchie ou l’ordre hiérarchique ne le questionne pas assez souvent dès lors qu’il veut obtenir satisfaction. Des citoyens ont ainsi élu domicile à Alpha Yaya Diallo dans les salles d’attente. Ils y passent des journées entières et y dorment depuis des nuits déjà.
Le CNDD aurait mieux fait d’apporter une solution à ces démarches qui constituent un vrai frein à son travail. Le temps qu’il accorde à certains cas n’est qu’une perte de temps dans la gestion de la transition d’autant que des ministères en charge de tels ou tels dossiers et autres instances existent pour les résoudre.
Alors quand je suis arrivé, ici, je voulais simplement expérimenter une anecdote que m’avait confiée un ami (à Paris) à son retour de Conakry. Il m’avait lancé cette phrase : « Que fais-tu, ici, les Forestiers ont pris le pouvoir et au camp AlphaYaya, l’on y entend plus que vos langues. » Je lui avais répliqué que ce n’est pas ma façon de concevoir le pouvoir en Guinée.
Effectivement, l’impression m’a été donnée que les Forestiers se sont démultipliés en un temps record. Partout, je passe, j’entends une langue forestière. Ce n’est pour autant pas qu’ils soient les mieux lotis actuellement et dans le gouvernement, ou occupants de postes clefs comme il en a été successivement dans les deux systèmes précédents et pour leurs groupes sociaux.
Quand je suis monté au ministère de la défense, j’ai eu cette autre impression : s’agirait-il d’un camp de retranchement Mandé ? Sans risque de me répéter, eux aussi ne sont privilégiés par rapport à leurs concitoyens inscrits dans des démarches, sûrement, similaires et postés à l’entrée des bureaux.
Je me dis : pauvre Guinée et pauvre de moi aussi !
Parce que je suis foncièrement à l’antipode des considérations ethniques pour l’avènement d’une Guinée meilleure. Ceci dit, je n’ai pas observé ou il ne m’a pas été rapporté un fait de discrimination ethnique dans le traitement des dossiers. Par exemple, les plus rabroués à l’entrée des bureaux de la Présidence sont, de très loin, des Forestiers. Par contre, il y a une forte mobilisation souterraine pour bloquer tous les patriotes qui souhaitent la réussite de la transition et qui viennent pour rencontrer leurs frères du CNDD.
Je tiens à récolter des arguments forts et vrais, avant mon retour à Paris où le débat est devenu pour ceux qui n’ont pas eu le pouvoir, une sorte de tranchées virtuelles dans lesquelles ils se camouflent avec l’intention malheureuse d’abattre celui ou celle qui ose déclamer quelques aspects positifs du CNDD.
Et d’ailleurs, les plus forcenés dans ce combat sans guerre, ne condamnent-ils pas ceux qui ont pris leur argent, se sont acheté un billet d’avion en risquant leur vie au cours d’un crash possible ?
Ceux-là ne peuvent être regardés qu’avec mépris d’autant qu’une interdiction ne leur est point faite de procéder comme nous. Ce qui est triste dans ce débat hystérique ; c’est l’absolue absence de bonne foi. Encore si les propos étaient tenus par des gens vertueux ! Il se trouve que parmi eux, certains (les plus acharnés) ont fui avec l’argent de la caisse de l’association de femmes guinéennes de Bordeaux. Qui a dit : « Répondre au coup d’un âne ; c’est se mettre à son niveau » ? Alors faisons-leur amende honorable par respect pour les lecteurs.
Au camp Alpha, la troupe laisse percevoir le danger qui pourrait provenir de ses rangs.
En effet, les soldats sont dans une telle excitation-agitation voire une frénésie que l’on peut se demander où serait passée la discipline qu’on attribue à l’armée. Kalach… en bandoulière, le soldat du camp Alpha n’accorde aucune civilité au citoyen lamda qui se présente à lui. Pas même pour sa hiérarchie. Après le garde-à-vous à son passage, il l’oublie dès que celle-ci tourne les talons.
L’une des interrogations, qui m’est restée sans réponse, est bien la compréhension de l’attitude de la troupe. Elle est sincèrement agitée, à la limite de l’absence de contrôle.
Très souvent, ils ont l’air d’être sous l’effet de quelque chose. Quoi ? Je ne saurai le dire !
L’ambiance est électrique pour rien.
Si la transition n’est pas bien préparée et menée bien à terme, le danger pourrait, entre autres, venir de cette troupe quelle que serait la volonté du CNDD. J’insiste : les soldats au camp Alpha sont comme en ébullition au sens figuré comme au propre du mot.
C’est pourquoi, bien que leur faire prêter fidélité est critiquable, il n’est pas condamnable en soi au regard du comportement velléitaire d’un grand nombre d’entre eux. Dans ce contexte, il serait salutaire de canaliser l’armée en instaurant, par exemple la discipline qui pourrait être le casernement et l’interdiction du port des armes en dehors du temps de service ainsi que du treillis.
A côté de cette potentielle force qui peut débouler un jour, une nuit, il faut relever le retour insidieux, mais très finement travaillé, des anciens prédateurs. Actuellement, il se construit un corridor (le mot n’est pas fort) autour de Dadis pour l’empêcher de s’ouvrir à l’extérieur. Et cette ouverture n’est pas qu’un vain mot. C’est une réelle préoccupation du CNDD. Il tient à associer, pour la première fois, en cinquante ans de souveraineté nationale, les Guinéens expatriés. C’est un challenge dont la réussite aidera davantage au désenclavement des esprits embouteillés par trop de considérations à la saveur négative et à l’odeur répugnante.
Une autre lecture de mon séjour me laisse écrire que la probité des civils à appeler est un paramètre à prendre en compte. Lorsque l’on lit aujourd’hui le récit des prédateurs, l’on retient que Lansana Conté avait, réellement à cœur, le redressement du pays, mais l’entourage (en majorité des civils) a été un obstacle. Venant de moi, cette appréciation peut surprendre. Seul l’imbécile ne change pas, (c’est ma philosophie) et d’ailleurs, l’honnête homme est celui qui reconnaît, même à son ennemi juré, ses qualités. Je rends cette reconnaissance posthume à feu Lansana Conté sans l’innocenter de tout le mal qu’il a fait subir à mon pays et ses populations.
En effet, les récits des audits, m’ont fait effectuer cet écart à 180° (uniquement pour le cas précis et circonscrit dans les événements qui ont ruiné ma patrie).
Nos bourreaux racontent, sans scrupule, que Lansana Conté posait toujours la question suivante, à chaque fois qu’il lui était présenté un projet « Est-ce bon pour le pays ? Si c’est bon, il faut l’accepter » Il le répétait trois. Et nos voleurs lui répondaient, inconscients : oui, oui, oui ; c’est bon pour la Guinée parce qu’ils signaient les documents avec pour seule raison leur enrichissement et toujours davantage. C’est à ce niveau que la guerre des clans s’érigeaient entraînant des décrets et contre-décrets voire des assassinats sans auteurs, ni commanditaires parce que le dossier était régulièrement classé sans suite. N’étaient-ils pas, d’ailleurs, des collaborateurs de narcotrafiquants ?
Donc cette expérience doit nous éclairer, rendre très vigilant, le CNDD dans le choix des collaborateurs civils.
Déjà, on nous parle du premier scandale avec l’achat d’un hélicoptère. Vrai ou faux ? En tout cas, la rumeur, en Guinée, est comme le feu et la fumée, car elle se fonde très souvent sur une part de vérité que le bouche-à-oreille lui donne des proportions aggravantes. Encore qu’il s’agisse d’un seul cas, mais Non ! Autour de la personne du même ministre, l’on murmure une affaire de maison qu’il aurait reçue d’un certain Chaloub en remerciement du rôle qu’il aurait joué dans l’obtention du marché du terminal du Port de Conakry. Selon les mêmes sources, le ministre en question, aurait gracieusement offert, par la suite, ce cadeau à une forte personnalité du CNDD. Tout cela ne dégage pas une bonne odeur.
Aujourd’hui, mon frère guinéen, ma sœur guinéenne, je veux marquer une pause pour que demain apporte, avec lui, d’autres faits observés pendant mon séjour.
Donc, ce récit et l’analyse qui en découle ne sont qu’une lecture d’un être humain, cher compatriote ! Seulement, je voudrais rester fidèle à ma profonde conviction qui est une sorte de serment : t’informer, non pas comme tu le voudrais, mais en ne présentant que la réalité des faits et choses tels qu’ils sont ou été perçus. C’est pourquoi, au contraire de mes détracteurs, je ne mentionnerai jamais mes rencontres fussent-elles avec un officiel.
Pour fermer la nouvelle page-là, permets-moi cette mise au point. J’ai été en Guinée parce que je l’ai voulu et le pouvais. Je voudrais comprendre à travers le vécu quotidien, quelle est la route que nous indique le CNDD ? J’ai voulu entendre nos parents qui sont en première ligne. Le faire est-il un sacrilège ? Partager avec vous, mes impressions et mes observations et vous exposer ma perception de ce que j’ai vu n’est qu’une façon de contribuer au débat dans la mesure où ce que je dis n’est point parole de Bible ou du Coran, mais justement la réalité touchée du doigt. J’ai dit mon observation et mon analyse !
Paris, le 02 mai 2009
EXCLUSIF : LES BAILLEURS OFFRENT 18,7 MILLIONS USD A LA GUINEE, MAIS LES ÉTATS-UNIS RESSERRENT LES BOULONS SUR LA JUNTE
Au cours de deux conseils d’administration (CA), notamment celui de la Banque Africaine de Développement (BAD) et du Fonds International de Développement Agricole (FIDA), tenus respectivement à Tunis et à Rome jeudi et vendredi derniers, les projets guinéens ont rencontré d’énormes difficultés pour être approuvés. C’est du moins l’information que Guinéenews© a apprise de source proche de la communauté internationale.
Au niveau de la BAD, il s’agissait du projet de réaménagement de la route Tombo-Gbessia en Guinée pour un supplément de financement de 7,7 millions de dollars américains pour achever les travaux déjà en cours d’exécution.
Lors du CA de la BAD, les grands donateurs se sont fortement opposés à l’approbation de ce projet eu égard à l’opération de plus en plus grande de la gestion des ressources publiques guinéennes depuis l’avènement du CNDD au pouvoir a-t-on appris de la même source.
En outre, étant entendu que le projet était en cours avant la prise du pouvoir par le CNDD et que les mécanismes de payement et de contrôle aient été déjà mis en place, le projet a été finalement approuvé, mais avec le vote négatif des États-Unis d’Amérique, qui se battent pour le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée au lendemain même de la prise du pouvoir par le CNDD.
Selon la BAD, « le Protocole d’Accord du don avait été signé le 22 juillet 2005, et les conditions de décaissement sont en voie d’être réalisées. Le don supplémentaire vise à combler une partie de l’écart qui s’explique par la tendance à la hausse générale des coûts de construction, les délais pris dans le processus d’acquisition, la fluctuation de l’unité de compte par rapport au franc guinéen et à l’euro, ce qui réduit l’enveloppe financière disponible. De plus, la situation sociopolitique en Guinée n’est pas propice à l’engagement des entreprises…. »
Au même moment, un autre projet d’appui à l’agriculture en faveur de la Guinée soumis au CA du FIDA a également connu de fortes résistances pour les mêmes raisons évoquées dans le cadre de la BAD. Mais dans ce cas précis, Guinéenews© a appris que le CA du FIDA a finalement approuvé ce projet de 11 millions de dollars américains sans que les États-Unis ne s’y opposent. Cependant, l’abstention du pays de l’oncle Sam a été enregistrée, ajoute-t-on.
Cette prise de position des États-Unis d’Amérique augure une période de plus en plus difficile en matière d’acquisition de nouvelles ressources en faveur de la Guinée.
A rappeler enfin que l’un des responsables de cette institution spécialisée des Nations Unies, est notre compatriote Mohamed Béavogui.
Conakry s’éloigne t-elle de la drogue pour basculer dans la brutalité des hommes en uniforme ?
Les nombreux avantages matériels dont bénéficie le nouveau pouvoir en Guinée a fait de nos militaires des demi-dieux sur terre. Pourtant, la junte au pouvoir depuis décembre 2008 doit sa popularité à la lutte engagée contre les narcotrafiquants et l’injustice. Mais le président doit savoir qu’il ne pourra pas lutter efficacement contre la corruption en ignorant les exactions commises contre les paisibles citoyens par des hommes en uniformes.
Il faut noter aussi que certains membres du gouvernement actuel devraient répondre leurs actes devant la communauté internationale dans les crimes commis durant la grève de janvier-février 2008. Ce qui se passe aujourd´hui à Conakry dépasse tout commentaire. Des militaires passent dans de grosses bagnoles, armés jusqu’aux dents, puant l’alcool et drogués se livrent à de pires actes contre les civils. Les personnes dans de belles voitures sont les cibles préférées.
Sous couvert d’anonymat, une dame s’est confiée à radio-kankan en relatant comment des jeunes militaires lui ont menacé avec des armes avant de lui retirer sa voiture en lui dépouillant d’une forte somme. Dans une autre situation, des hommes en uniformes ont arrêtés un jeune couple qui se trouvait à bord d’une belle voiture. La fille a été sauvagement violée.
Le capitaine Moussa Dadis Camara président de la république à qui nous avons du respect pour ses qualités personnelles et pour avoir essayer d´éduque son peuple d´une manière si brillante et qu´on peu placé parmi les héros africains à l´image de Thomas Sankara ou Amadou Toumani Touré du Mali.
Nous constatons aussi qu’aujourd’hui, a télévision nationale s’est transformée un simple instrument de propagande à l’image du temps de la révolution de Feu Ahmed Sekou Touré. La popularité de ses programmes est en baise. Et les jeunes sont de plus en plus désillusionnés. Les observateurs de la scène politique s´inquiètent de la situation actuelle de la Guinée.
Guinée : La BID finance plusieurs projets pour 150 millions $
La Banque islamique de développement (BID) va débloquer une enveloppe de 150 millions $ pour la réalisation de plusieurs projets socio-économiques, dont la réhabilitation de centrales électriques et la réalisation de forages pour améliorer l’alimentation en eau potable.
DES FONDS POUR LA PROMOTION DE L'EDUCATION EN GUINEE
Guinée - Les bailleurs de fonds se sont engagés à débloquer 170 millions de dollars américains dont 75 pour cent sont destinés à l'enseignement de base en Guinée pour la période 2009-2011, annonce un communiqué de la primature publié à Conakry.
Ce financement permettra la construction de près de 6.500 salles de classe, la formation, l'achat du matériel didactique et la modernisation de l'enseignement professionnel.
Les principaux donateurs de cette manne financière sont la Banque mondiale, l'Allemagne, l'Espagne, l'Union européenne (UE) et la Banque islamique de développement.
CONSULTATIONS GUINEE-UE A BRUXELLES, REFORMES AUX AE… : LE CHEF DE LA DIPLOMATIE GUINEENNE, M. ALEXANDRE CECE LOUA A GUINEE24
Après les consultations de Bruxelles entre l’Union européenne et la haute et forte délégation guinéenne, le ministre des Affaires Etrangères et des guinéens de l’étranger, M. Alexandre Cécé Loua, dans un entretien exclusif réservé à GUINEE24, réalisé en direct depuis Paris, nous parle à la fois de cette mission et de ses touches personnelles qu’il a, depuis sa nomination apportées audit département où, il a passé l'essentiel de sa carrière dans la haute administration guinéenne. Entretien:
GUINEE24.COM : Depuis votre nomination à la tête de la diplomatie guinéenne par le Président de la République, Capitaine Moussa Dadis Camara, vous entre souvent entre deux vols, vous êtes sur tous les fronts. Et comme nous le savons, en Guinée vous avez participé au retour de la Guinée dans le concert des nations, après la condamnation par la communauté internationale. Dites-nous quels sont les secrets que vous avez pour avoir fait un revirement de la situation en faveur de la junte militaire à Conakry ?
M. Alexandre Cécé Loua (M. ACL) : Tout d’abord je tiens à vous dire merci pour le souci que vous avez en vous intéressant à notre pays dans les relations avec ses partenaires. Ensuite, vous dire qu’il n y a aucun secret . En fait, ce qu’il faut retenir c’est que, l’expérience aidant et avec les relations, nous avons commencé un travail de fourmis pour essayer de retourner la situation en faveur de notre pays. Les condamnations dont vous parlez sont les condamnations de principes qui résultent du fait que lorsqu’il y a un changement inconstitutionnel du pouvoir, il y a un mécanisme international qui se met en marche automatiquement et qui contraint le pays à retourner rapidement à l’ordre constitutionnel. Ce n’est pas parce que j’ai des solutions magiques, c’est un travail d’équipe; car nous savons dans quelle direction il faut aller ensemble avec tous les partenaires sociaux. Il s’agit de tenir compte des intérêts des uns et des autres tout en privilégiant les intérêts nationaux à partir desquels on pose des actes positifs pour aller de l’avant. Donc, il n y a vraiment pas de solution magique, il n y a pas de secret ; c’est seulement la conviction de bien faire. L’assurance. Et se rendre compte que ce que l’on fait c’est pour le bien du pays et il faut qu’on réussisse. On ne fait pas une diplomatie de la transition mais une diplomatie qui tienne compte des impératifs de la transition.
GUINEE24 : M. le ministre, vous connaissez bien la maison pour avoir fait toutes les directions du département et vous êtes à la tête de la diplomatie guinéenne, aujourd’hui, quelles réformes comptez-vous engager pour apporter un souffle nouveau à ce secteur ?
M. ACL : En parlant des réformes, il s’agit de voir l’environnement international, il faut tenir compte de la conjoncture économique. Donc, je l’ai dit à ma prise de fonction qu’il faut rationnaliser les effectifs en même temps que notre réseau de travail. Donc on tient compte de nos moyens et de l’objectif qu’on s’assigne. Ce n’est pas l’effectif qui fait l’efficacité mais l’efficacité impose des restrictions, impose une certaine discipline. Je ne veux pas inventer la roue. Je ne vais pas inventer de nouvelles règles de diplomatie, on n’essaie de s’approcher des principes généraux tout en tenant compte de nos intérêts et aussi en tenant compte du poids que cela représente. Donc les réformes, il y en a en perspective et que cela n’effraie nos diplomates ; ce n’est pas pour faire tordre le discours. Je ne suis pas venu pour casser, mais il faut rationnaliser, il faut rendre la diplomatie très efficiente. Parce qu’en fait, ce n’est pas un domaine comme l’agriculture comme l’industrie, ça doit participer au développement de la nation ; même si à court terme on ne perçoit pas les fruits, on ne peut pas quantifier l’action diplomatique. Mais les effets sont toujours là, ça peut venir à court, moyen et long termes. Il s’agit de se placer dans le contexte actuel et de créer un cadre institutionnel pour créer les conditions de travail. C’est un travail de longue haleine qui nécessite beaucoup d’efforts mais aussi beaucoup de moyens. Il faut s’en convaincre.
GUINEE24 : Excellence, avant votre arrivée, le personnel diplomatique était souvent confronté à des retards de salaires. Quelle stratégie comptez-vous mettre en œuvre pour que les uns et les autres puissent désormais percevoir leur salaire à temps ?
M. ACL : Tout à fait, j’en ai parlé tantôt ; lorsque vous demandez à quelqu’un d’être très efficace, il faut lui créer le minimum de conditions. Je suis convaincu qu’il y a des retards dans la mise à disposition des fonds, tels que le salaire, les charges et les prime, cette situation ne date d’aujourd’hui, il faut la corriger, ça fait partie des priorités.
GUINEE24 : Vous venez de prendre part de bout en bout aux consultations de Bruxelles sur la Guinée, en tant que Chef de la diplomatie, quelles sont les coulisses desdites consultations ?
M. ACL : C’est fastidieux de dire en détail ce qui s’est passé à Bruxelles. Ce qu’il faut retenir, ce n’est pas la première fois que la Guinée va aux consultations. Les premières ont eu lieu en juillet 2004 lorsque nous avons changé certaines dispositions de la loi fondamentale. En fait c’est un engagement contractuel entre l’Union européenne et les pays ACP, au terme duquel si on constate une violation quelque part dans les obligations, une des parties demande à l’autre des explications. Ces consultations rentrent dans le cadre du dialogue politique. Nous étions là pour défendre pourquoi il y a eu l’avènement du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et se faisant qu’est-ce qu’il faut faire pour rétablir rapidement l’ordre constitutionnel. Parce que vous n’êtes pas sans savoir qu’aujourd’hui, en termes de relation avec nos partenaires multilatéraux, tout semble être conditionné à la reprise du dialogue… Nous avons été pour donner certaines précisions, pour réaffirmer l’engagement du Président de la République et du CNDD à revenir à une vie constitutionnelle. Et, enfin nous avons examiné les mesures qu’il faut, assorties d’obligations de part et d’autre. Vous avez suivi le communiqué final qui résume nos obligations en quatre points. Il faut dire globalement ça été positif. C’est un début de dialogue, on va aller vers des conclusions par étapes. Mais dans l’ensemble, ce que je peux dire, c’est que c’est un pas positif. Ça été un travail d’équipe, je ne veux pas le mettre à mon seul crédit. C’est un travail d’équipe, une action du CNDD et du gouvernement. J’ai parlé avec nos partenaires européens avec l’assistance des pays amis et des Etats ACP. Dans l’ensemble, il faut se dire que c’est bon, ça bien commencé, le dialogue doit continuer ; ce qui est dangereux, c’est de rompre le dialogue. Il est rétabli, nous espérons qu’il va y avoir des effets collatéraux en termes de relation avec les autres bailleurs bilatéraux et même des bailleurs multilatéraux.
Propos recueillis par Jean Leforestier
E-mail : jeanleforestier24@yahoo.fr
GUINEE : QUESTION DE TRANSITION OU DE TRANSACTION
Le calcul du Temps est important. Ce Temps comportant et comptant le temps de chaque être et de chaque chose. Ainsi, le temps est un contenant stagnant aux contenus épisodiques. Des contenus déterminés par un début et une fin. L’intervalle entre le début et la fin peut paraître long ou court selon son déroulement utile ou nuisible, agréable ou désagréable, amusant ou stressant. Donc, le temps se mesure par la période et se conjugue au passé, au présent et au futur.
Vers la fin de l’année passée, je suis allé à Bamako (Mali) pour y passer mes vacances.
Précisément le 20 décembre 2008 à 08 heures du matin, ma grande sœur et moi, à bord d’une auto personnelle, nous avons pris la direction de Kankan (Guinée) pour rendre visite à notre mère. Le trajet Bamako-Kankan, nouvellement bitumé, s’effectuait aisément entre 5 et 6 heures de temps. Lors de notre passage du côté malien puis guinéen de la frontière (Kourémalen), les agents de la douane, de la police et de la gendarmerie ont été agréables dans l’exercice de leurs tâches. De cette frontière à Kankan directement, il n’y a pas de poste de contrôle.
Avec notre mère et une autre grande sœur, nous avions prévu de quitter Kankan dans la matinée du 23 décembre vers 9 heures. Mais, la veille, suite à l’annonce officielle de la mort du président Lansana Conté, cet appel du premier ministre aux forces de défense et de sécurité pour :« assurer la sécurité aux frontières et le calme à l'intérieur du territoire national», a précipité notre départ.
Quand nous avons démarré à 4 heures 30 du matin, le reste de la famille s’inquiétait pour moi, le vacancier. C’est dans cette atmosphère de nervosité que je conduisais ma mère et mes deux grandes sœurs. Vers 8 heures, nous avons entendu à la radio l’annonce d’un coup d’État militaire sans nomination de la tête dirigeante. Nous étions â moins de 10 minutes du barrage frontalier. Le remplissage de mes formalités de passage a été lent à cause des discussions et des interrogations entre agents de services frontaliers sur la non identification du principal auteur de ce coup de force. Heureusement pour moi, nous avons traversé la frontière sans pépins.
En ce lundi 27 avril 2008, nous sommes à 4 mois et 4 jours du déclenchement de cet évènement. Pendant cette période, beaucoup de choses ont été apprises sur l’identification, l’orientation et les actions des nouveaux dirigeants guinéens regroupés au sein d’un Conseil National pour la Démocratie et le Développement(CNDD) que commande le capitaine Moussa Dadis Camara.
Je trouve nécessaire de faire une brève mais sincère analyse contextuelle de la situation sociopolitique de la Guinée avant la récupération du pouvoir par la junte actuelle.
Pendant un peu plus d’un demi siècle(de son indépendance en 1958 jusqu’à maintenant), cette Guinée n’a jamais expérimenté la pratique d’une démocratie pluraliste favorable aux élections libres et transparentes.
En 26 longues années de règne sans partage(1958-1984), le président Ahmed Sékou Touré, très autoritaire, a pu au moins protéger son peuple contre toute dégénérescence culturelle et empêcher à ses autorités politico administratives de pratiquer impunément la délinquance financière.
Quant à la période( 1984-2008) des 24 ans de pouvoir du général président Lansana Conté, elle a largement contribué à la dépravation lamentable des valeurs culturelles, à l’institutionnalisation de la corruption et la concussion, à la prolifération des narcotrafiquants et surtout à l’aggravation alarmante de la pauvreté des populations.
Tel est le déplorable environnement socioculturel et politico-économique dans lequel pataugeait l’écrasante majorité des guinéens quand ont surgit les membres du CNDD. Leur chef, le capitaine président de la république a promis, dès ses premiers discours et entrevues, que lui et ses compagnons ne seront que des arbitres lors des prochaines élections démocratiques.
Question de transition
À mon avis, la transition est une période d’érection d’un État anormal qui se transforme en un État intermédiaire entre l’État défait et l’État à faire. Ainsi le chef investit d’un État intermédiaire a le devoir de faciliter l’instauration d’un nouvel État issu d’élections populaires libres et justes.
Donc à la lumière de cette réalité, la Guinée est dans une difficile période de transition menée par le CNDD qui doit être accompagné par les partis politiques, les forces vives de la nation et la communauté internationale.
Apparemment les bonnes intentions de collaboration avaient été bien exposées entre les accompagnateurs et le meneur (CNDD) lorsque, dans son premier discours du 27 décembre 2008, le capitaine président Moussa Dadis Camara a rendu hommage aux responsables politiques ainsi : «Je lève mon béret pour vous » et ajoute «Vous pouvez avoir des postes clés au futur gouvernement» pour ensuite affirmer son intention de nommer «un premier ministre civil». Le nouvel homme fort a surtout demandé aux partis politiques et aux partenaires sociaux de faire « des propositions de programmes de société. Je vous confie cette tache», a-t-il.
Les dirigeants de ces différents secteurs ont tous accepté de tenir cette main tendue du dirigeant du pays. Entre les deux parties d’autres rencontres se sont déroulées.
Mais, c’est sous une forte et constante pression interne et externe pour le raccourcissement du délai des élections, que le capitaine président et son équipe dirigeante ont cédé, le 7 février dernier, en publiant ce communiqué :
«Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) engage le ministre de l'Administration du territoire et des Affaires politiques et le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) à respecter les engagements pris devant le peuple de Guinée et la communauté internationale d'organiser des élections libres, transparentes et crédibles pendant le dernier trimestre 2009» que l’AFP a relayé et commenté ainsi «Au lendemain de leur putsch, les militaires avaient d'abord promis d’organiser des élections libres fin décembre 2010", mais les partis et les organisations internationales avaient jugé ce délai beaucoup trop long».
Ces mêmes groupes de pression ont accentué leur exigence jusqu’à obtenir des nouveaux dirigeants la future création d’un CNT(Conseil National de la Transition) et l’approbation d’un chronogramme des élections. Cette annonce a été aussi faite dans les médias dont la RTG le 28 mars « Communiqué no 50 du CNDD. Suite à la 2eme réunion du groupe de contact international, le président du CNDD a reçu le 28 mars 2009, des forces vives( partis politiques, syndicats et sociétés civiles), leur proposition datée du 17 mars portant sur la gestion de la transition et assortie d’un chronogramme…mai-juin 2009, correction et publication du fichier électoral; juillet-août, confection et distribution de carte électorales; septembre, adoption par Ordonnance de la loi fondamentale révisée; 11 octobre, élections législatives; 13 décembre, 1er tour des élections présidentielles; 27 décembre 2eme tour des élections présidentielles. En tout état de cause, l’élection présidentielle mettant fin à la Transition, doit se tenir au plus tard fin 2009…Le CNDD adhère à cette proposition sus-mentionnée…signée le président de la république Moussa Dadis Camara»
Pourtant, quelques heures après confirmation de son titre de président de la république suite aux capitulations du président de l’Assemblée Nationale et du Premier ministre, Moussa Dadis Camara avait dit et répété qu’il organisera les élections libres et transparentes en décembre 2010. Cette promesse a été réitérée dans cet extrait d’une entrevue que le nouveau Chef d’État a accordé à Jeune Afrique le 25 décembre 2008:
« - Allez-vous rendre le pouvoir, comme vous l’avez promis, en décembre 2010?
- Absolument.
- À cette date, vous n’aurez que 46 ans et vous aurez goûté pendant deux ans aux facilités et honneurs liés au pouvoir. Vous pourriez changer d’avis…
- Je n’ai jamais été animé par l’ambition d’exercer le pouvoir. Je ne crois pas que je changerai d’avis. Et puis il faut tenir compte des réalités de notre temps. Ce qui s’est déroulé dans le passé n’est plus possible aujourd’hui».
Ainsi coincé entre ces deux échéances électorales, 2010 du CNDD et 2009 des forces vives, l’homme se sentait inconfortable dans son fauteuil de commandement suprême.
Coïncidence ou manigance, le 29 mars, une titanesque manifestation juvénile de soutien au CNDD, organisée au stade de football par le gouverneur de Conakry, a permis aux très nombreux participants de scander, devant le président, l’année 2010 pour les élections.
Face aux choix de fin de fin 2009 ou 2010, le président a souligné, dans un discours le même jour, «l'organisation d'une plate-forme, de concertation Nationale ou d'un forum»
Depuis ce discours, d’énormes appréhensions et incompréhensions ont continué â planer sur la périodicité, la modalité et la fiabilité de ce processus de transition. C’est dans de tel climat de tension et de suspicion que le militaire président s’est adressé, le 15 avril dernier, aux responsables des partis politiques «S'ils ne reconnaissent pas le CNDD comme nous les avons reconnu, s'ils ne mettent pas de l'eau dans leur vin, je vais ôter la tenue et je vais me présenter aux élections prochaines contre eux » Même si le général, Mamadouba Toto Camara, ministre de la Sécurité et vice-président du CNDD a réaffirmé, ce lundi 27 avril à Bruxelles, que « la transition prendra fin comme prévu par des élections en décembre 2009», le doute n’est pas encore dissipé.
Question de transaction
Vue dans son angle sociopolitique, je considère la transaction comme un moyen par lequel les différentes parties font cessation de confrontation et de contestation pour faire des concertations et des concessions réciproques. Mais, chaque acteur, pour participer à une telle transaction, doit être animé d’un esprit de tolérance et surtout de patriotisme.
Force est de reconnaître que le capitaine Moussa Dadis Camara et son équipe CNDD ont fait preuve de témérité, d’opiniâtreté, de probité et surtout de perspicacité dans leurs efforts constants de reconstruction économique, démocratique, bref, nationale de la Guinée.
Cette Guinée est dans une période très critique de son temps du Renouveau. Oui, il ne s’agit pas d’une rénovation mais plutôt d’une reconstruction du soubassement à la toiture dont la Guinée a besoin. Selon les réalités sur le terrain, si les élections se font en décembre 2009, elles seront bâclées. 2010 est convenable pour deux principales raisons :
Il faut éviter de faire la construction dans la précipitation qui élève le risque d’effondrement des bâtiments aux moindres intempéries.
Il faut donner la chance à l’Entrepreneur, Moussa Dadis Camara, aux maçons et aux manœuvres du CNDD, d’effectuer leurs travaux publics dans le délai raisonnable de décembre 2010 qu’ils ont librement promis devant l’opinion nationale et internationale.
Je pense que maintenant la priorité doit être donné à la transaction facilitant la transition pour une construction admirable et durable dans l’intérêt de toute la Guinée.
PRESIDENTIELLES : LE CAPITAINE MOUSSA DADIS NE SERA PAS CANDIDAT !
Le président du CNDD – junte militaire au pouvoir en Guinée – Capitaine Moussa Dadis Camara ne troquera pas son uniforme militaire contre un complet de politicien africain, telle est l’information principale qui peut apaiser plus d’un à la lecture des « Conclusions des consultations entre l’Union Européenne et République » cette semaine à Bruxelles.
Ça y est, c’est désormais officiel que le président du CNDD ne sera pas l’un des nombreux candidats pour le fauteuil de président de la République de Guinée, post-transition. La délégation guinéenne composée de plusieurs ministres du gouvernement Kabinè Komara, dirigée par le 1er vice-président du CNDD, Général Mamadouba Toto Camara l'a réaffirmé à Bruxelles lors des entretiens avec l'UE comme l'atteste le communiqué.
« La partie UE a reçu confirmation par la délégation de la République de Guinée sur l'engagement du président et des membres du CNDD ainsi que du Premier ministre de ne pas se présenter aux prochaines élections législatives et présidentielles. » lit-on dans le communiqué de presse fait par cette institution à l’issue de la réunion.
Avant le départ de cette forte délégation guinéenne pour la Belgique, la tension était très palpable dans le marigot politique guinéen quant à la sortie médiatique musclée du capitaine Dadis Camara. Au cours d’un meeting à Boulbinet, non loin de l’ancien bureau de feu Lansana Conté, organisé par le gouverneur de la ville de Conakry, le Président du CNDD a fait un sévère réquisitoire des leaders des partis politiques guinéens lesquels, à l’en croire, sont en train de « saboter » ses efforts et ceux du CNDD dans la moralisation de la vie économique, la lutte contre le narcotrafic ainsi que des chantiers tous azimuts qu’il a ouverts dans son pays après la chute du régime défunt.
« S’ils (les politiciens) ne me respectent pas, j’ôterai ma tenue militaire et je me présenterai aux élections », avait dit « le Commandant des forces armées guinéennes » face un public acquis à sa cause.
Si ces propos avaient trouvés apparemment un écho défavorable chez certains leaders politiques au point qu’ils n’ont jamais voulu commenter « la déclaration de Boulbinet », d’autres par contre voulaient en profiter en faisant des déclarations allant dans le sens de faire les yeux doux au chef de l’Etat au cas où ses menaces se matérialisaient.
Par ailleurs, dans l’opinion, l’on aura assisté également à une brusque chute de la popularité du chef de la junte militaire après sa sortie de Boulbinet même s’il bénéficie dans certains milieux, des « circonstances atténuantes ». L’impulsivité du personnage mais aussi la colère du Capitaine Dadis contre les politiciens, explique à leurs yeux ces dérapages.
Le président du CNDD a été forcé, par la suite des évènements, à se plonger dans un silence de plusieurs jours qui fait dire à quelques observateurs de la scène politique, que l’homme a compris les méfaits ou les conséquences de s’être enflammé et tenu tout le contraire du discours qu’il a avancé depuis sa prise du pouvoir en décembre dernier.
« Je ne suis pas le premier à trébucher », disait-il à la troupe, il y a juste quelques jours au camp Alpha Yaya Diallo. Les soldats « juraient fidélité » ce jour au Président du CNDD et à son ministre de la Défense, Général Sékouba Konaté, suite à des rumeurs de contre coup d’Etat contre lui distillés depuis le camp Alpha Yaya et suivis de plusieurs arrestations au sein de la grande muette.
Le successeur de Lansana Conté a, dès l’avènement du CNDD au pouvoir, dit et répété de n’être pas intéressé par le l’exercice du pouvoir et pris des engagements de « rendre le pouvoir au civil ».
« J’ai vu le président de la République abattu, certainement déçu des commentaires et de la polémique qui ont suivis sa déclaration de Boulbinet », confiait un confrère de la place, reçu aux côtés d’une vingtaine de journalistes de la presse indépendante au bureau du Chef de l’Etat, au QG du CNDD.
DEMOLITION DES INFRASTRUCTURES DU MARCHE DE BELLE VUE
En moins d’une année après le bail du marché de Belle vue par trois commerçants de la place, et qui étaient sur le point de réaliser un super marché digne du nom, l’équipe du Capitaine Moussa Tiégboro Camara, Secrétaire d’Etat de la lutte anti-drogue et du grand banditisme, a complètement démoli les infrastructures du marché, sur ordre du Président Dadis.
Cette initiative vise à restituer les citoyens de Belle vue leur marché. Ces derniers avaient été déguerpis en 2008, lors du démarrage des travaux, après l’exécution du contrat bail, signé entre les commerçants et le Gouvernorat de la ville de Conakry.
Il faut rappeler que les commerçants avaient déjà investi des fonds importants, estimés à des milliards de francs guinéens, pour la construction d’un super marché digne du nom, à travers des immeubles, où il était prévu des boutiques, des magasins, des salles d’expositions des produits, des latrines modernes et un parking souterrain.
Les travaux de construction de ces immeubles étaient réalisés à près de 20% du projet, comprenant la fondation et la première dalle qui devrait couvrir le trou pour le souterrain.
Tout a été détruit par les hommes du Capitaine Tiégboro, laissant place à un terrain vide, pour le plus grand soulagement des citoyens déguerpis.
Sur les motifs réels de cette destruction, les autorités parlent d’un domaine appartenant à l’Etat qui a été baillé à des privés. Mais nombreux sont ceux qui estiment qu’il fallait négocier et trouver un terrain d’entente avec ces commerçants pour l’intérêt supérieur de la nation, au lieu de détruire, car même si on restitue le marché aux citoyens, l’on se demande aujourd’hui comment est ce que le marché de Belle vue va retrouver même son ancienne physionomie. En détruisant tout, cela risque même d’affecter les recettes fiscales de l’Etat. A ce jour, les commerçants peuvent venir occuper les lieux de façon anarchique, à ciel ouvert, mais quelles vont être les recettes fiscales attendues par la Commune avec une telle situation?
Il y a lieu de faire de comparaison entre les avantages et les inconvénients, sur ce bail, qui malgré tout, a été fait sur décision des autorités d’alors. Il est vrai que tous les marchés appartiennent à l’Etat, mais faut-il rester dans un état de délabrement ou continuer à vendre dans des baraques ? Peut-on renoncer au modernisme ?
La modernisation de nos marchés à travers la réalisation des infrastructures appropriées devrait être une préoccupation pour tout Guinéen, à l’instar d’autres pays de la sous-région ? Pour que la Guinée sorte de l’ordinaire ! Surtout, le marché de Belle vue se situe dans un quartier d’affaire et Résidentiel. Sur les lieux, on note la présence de la case de Belle vue, de l’Ambassade de la Sierra Léone, du Complexe scolaire Sainte Marie, de l’ECOBANK et d’autres infrastructures publiques et privées non négligeables.
Le Gouvernement a-t-il un projet de construction du marché, parce que c’est un domaine de l’Etat ? Ou bien l’on voudrait remettre les lieux à d’autres opérateurs économiques ?
En tout état de cause, détruire sans construire, est loin d’être une solution dans la perspective de récupération des domaines de l’Etat.
Or, la période des grandes pluies s’approche à grand pas. Il y a lieu de savoir si le Gouvernement et le CNDD entendent au moins construire un hangar au marché de Belle vue, pour la pérennité du marché et pour éviter que le marché ne se transforme en une zone inondée ou boueuse, compte tenu du fait que les travaux qui avaient été entamés sont loin de finir.
Si c’est le cas contraire, cette destruction n’est qu’un retard sur tous les plans. En ce moment, il fallait peut être renégocié avec les opérateurs économiques ou même retirer dans leur main, pourvu que le marché se pérennise dans l’intérêt supérieur de la nation.
Bousculades et précipitations vers les élections en Guinée
Je me rappelle bien avoir entendu sur toutes les lèvres en guinée et à travers le monde entier partout où le guinéen vit, que le mal de la guinée c'est bel et bien Le Général Conté. Dans cette phase de l'après Conté,certains pensent qu'ils sont incontournables ou bien même indispensable quant à l'acquisition de ce bonheur tant souhaité par le peuple martyre de guinée.
Nos leaders politiques actuels nous ont fait entendre que le pays ne connaitra jamais le changement souhaité tant que le Général est au pouvoir,quand bien même que certains l'ont servit en occupant des postes très importants dans le gouvernement, et qui ont contribué de près ou de loin à la male gouvernance,à l'impunité,au détournement des deniers publiques,à lacorruption,l'intimidation,le traffique d'influence qui ont fini par agenouer le pays.
Après avoir joué leur rôle participatif à ce feuilleton de pillage systématique du pays,comme dans une pièce de théatre, remercié donc ou limogé par le feu general,certains trouvent refuge derrière des partis politiques comme pour se blanchir ou prouver leur inocense au peuple de Guinée et à l'opinion internationale, dejà témoin de toutes leurs malversations.
Il est temps pour nous les guinéens de se ressaisir et faire un moment de reflection sur la situation actuelle de notre pays.En un mot faire une prise de conscience. Allons-nous nous laisser tromper encore? et pour combien de temps?Nous sommes à une période crutiale de notre histoire et il est temps que l'on décide nous même de notre sort.
Le CNDD dans cette phase transitoire a entamé un processus de nettoyage qui a deux acquis à son actif:
1-Le rideau de fer qui s'était dressé au tour du feu Général s'est déchiré mettant à nu les invilnérables d'entant.
2-La machine d'identification des vrais coupables des malversations est en marche.
Ce processus permettra donc au peuple de Guinée de poser le diagnostic de son mal et trouver le remède approprié.Le cas Guinéen étant une équation à plusieures inconnues,il nous faudra donc du temps pour le resoudre.il ne sert à rien donc de se précipiter vers les élections en ce moment où beaucoup de questions restent sans reponse.
Il faudra donner du temps à ceux qui ont eu le courage de dire haut ce que l'on murmurait si bas pendant vingt quatre ans de continuer le travail.
Il faudra donner le temps à ceux qui ont eu le courage de toucher aux intouchables et de briser le cercle vicieux qui s'était formé autour du Général pendant ses 24 années de règne de procéder au nettoyage.
On nettoie quant il ya de la salleté .Avec la salleté, l'atmosphère est polluée et la vision perturbée pour toutes perspectives de développement.
15:11 Publié dans Dernier Nouvelle de Guinée Conakry Par Mountagha B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












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