20.05.2009

GUINEE CNDD DE DADIS HAUTE POLITIUE

PORT AUTONOME DE CONAKRY :
« Pillage d’un Port d’Afrique de l’Ouest »

Auteur : Aboubacar Sidiki Camara, acteur maritime

Les autorités du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ont validé la « fameuse convention » du Terminal à Conteneurs du Port de Conakry en faveur de Getma International, par le décret N°074/PRG/CNDD/SGPRG du 09 Avril 2009.

« Pillage d’un Port d’Afrique de l’Ouest »

Port de Conakry

Pourquoi, comment et quels sont les intérêts en jeu ?

Radio-Kankan.com a mené une enquête.

Assistés de « ses gens peu recommandables » de chez nous et d’ailleurs, GETMA international a tenté et réussi son passage en force pour s’emparer du Terminal à Conteneur du Port de Conakry.

En effet, un décret « très obscur » (ni diffusé, ni enregistré au journal officiel…excusez du peu!), portant le N°074/PRG/CNDD/SGPRG, en date du 09 Avril, lève toutes les suspensions et poursuites judiciaires sur ce « dossier épineux » du Port de Conakry. Souvenons-nous des « réactions » contre cette convention, du temps du gouvernement Souaré, signataire de ladite convention.

Il faut rappeler que pour la petite histoire, cette convention va lier la Guinée au nouveau concessionnaire, pour 25 ans!

Ce qui va représenter un chiffre d’affaire de plus de 2 milliards d’euros sur les 25 ans, net d’impôts (chiffre d’affaires prévisionnel du Terminal containers de Conakry fait par un Cabinet conseil), avec un résultat net de 1,6 milliards d’euros pour un ticket d’entrée « modique » de 15 millions d’euros, alors que les ports de Dakar et d’Abidjan, ont récoltés entre 35 et 45 millions d’euros!

Bien entendu, il y a eu « distribution » de quelques millions d’euros en commissions diverses et variées.

Tenez-vous bien, la Guinée, en validant cette convention, ne récoltera que quelques 160 millions d’euros sur ces 25 ans!

Nous assistons ainsi au pillage du produit national brut de notre pays, au profit d’une société de traite.

Sommes-nous pas retourné au XIXème siècle où se négociaient avec les « roitelets » des contrats de traite contre de la verroterie, du percal et des fusils?

Comme le dit l’autre: « L’ignorance est le pire handicap de la gouvernance ».

Et malheureusement, c’est vrai pour le cas de la Guinée!

C’est vrai que, « Nul ne peut en vouloir à celui qui agit par ignorance; mais encore faut-il avoir la volonté de s’informer et de comprendre ».

Les agents de traite qui commercialisent ce contrat «i nique » pour notre pays sont à sanctionner. Car eux, ils le savent.

Ce qui est dommage et humiliant, c’est que nous assistons au revirement des sociétés étrangères qui s’associent maintenant au pillage économique du Port de Conakry et de la Guinée, depuis l’extérieur, de connivence avec des chefs d’Etats Africains.

Lors de sa visite officielle en Guinée, le Président de la République Blaise Compaoré du Burkina Faso, a été l’artisan du « déblocage » de ce dossier, pour le compte du « ténébreux » homme d’affaires du nom de Mr. Richard Talbot - Président Directeur Général de Getma International, a-t-on appris de source sûre.

Les autorités guinéennes, doivent se remémorer, les actions de ces « deux complices » dans les guerres du Liberia, de la Côte-d’Ivoire et de la Sierra - Leone et ainsi que des effets collatéraux que celles-ci ont eu sur la Guinée.

Attention, car, comme le dit l’adage: « ne faisons pas rentrer le loup dans la bergerie! »

Malgré les « précautions » de « l'obscur » décret, qui mentionne en son article 1: « sous réserve de la préservation des intérêts de l’Etat et des actionnaires Guinéens initiaux », les gens « peu » recommandables et mal intentionnés, sont entrain de faire le « hold-up » sur le Port de Conakry, au grand dam du pays et des ces pauvres citoyens, en précipitant son entrée en vigueur!

Cette entrée en vigueur de la convention, exposera certainement le pays à des poursuites judiciaires, si l’Etat et les actionnaires guinéens initiaux sont lésés!

Pauvre Guinée!

Nous sommes convaincus que le Capitaine Président, Moussa Dadis Camara, comme il l’a toujours dit et fait, n’acceptera jamais de voir notre poumon économique aller faire des riches d’ailleurs alors que les populations auxquelles il appartient croupissent dans la misère, sans eau, sans électricité, sans soins de santé appropriés,…

Abdoulaye Condé, conseiller en communication du président Dadis:" le président Dadis n'a pas acheté d'hélicoptère"




Après la conférence de presse du président Dadis à Conakry, son conseiller en communication, M.Abdoulaye Condé revient sur l'affaire de l'hélicoptère présidentiel qui défraie actuellement la chronique en Guinée. Dans cet entretien qu'il nous a accordé à Paris, Abdoulaye Condé a également abordé les relations entre le chef de l'Etat et les leaders politiques guinéens et d'autres sujets brûlants de l'actualité nationale .En exclusivité sur Africaguinee.com...

Africaguinee.com :Bonjour M.CONDE Abdoulaye!Peut-on connaître les raisons de votre présence à Paris ?

Abdoulaye Condé : La capitale française, comme vous le savez, a abrité une série de rencontres sur la transition qui s’est amorcée en Guinée depuis l’avènement du président Moussa Dadis Camara et du CNDD au pouvoir, le 23 décembre 2008. Le président de la République m’a chargé de venir assister et même participer à ses conférences-débats pour dire que partout où on parle de la Guinée et dans quelque sens que ce soit, il garde une oreille attentive. C’est donc l’objet de ma présence à Paris où j’ai également rencontré des personnalités et des journalistes.

Qu’est ce qui a été préconisé sur la transition en Guinée ?
La première conférence a été conjointement organisée Le Club NIMBA CAP21 et l’Association des étudiants de Sciences-Po pour l’Afrique (ASPA) et a porté sur : «Quelles priorités pour assurer une transition débouchant sur une véritable démocratie en Guinée?». Ces deux associations qui regroupent de jeunes universitaires et patriotes guinéens ont invité Issa Ben Yacine DIALLO, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, M. Hugo SADA, délégué à la paix, à la démocratie et aux droits de l’homme de la Francophonie et membre du Groupe International de Contact sur la Guinée, M. Jean Hervé JEZEQUEL, professeur, historien, membre associé du centre d’Etudes Africaines à l’Ecole des Hautes études en Sciences sociales (HESS) et madame Dominique Bangoura, sociologue, politologue, spécialiste de la géopolitique guinéenne pour exposer sur ce thème. L’Observatoire de l’Afrique, dans lequel se retrouve un groupe d’universitaires africains et français, a aussi organisé le vendredi 15 mai 2008 une conférence-débat sur le thème : ‘’Guinée Conakry après la junte : Les élections feront-elles la différence ?’’. M. Richard Marchal, chargé de recherche au centre d’études et de recherche international (CERI) en était le principal animateur. MM. Mike McGovern, professeur à l’université de Yale, madame Odile Goerg, professeur à l’université Paris-Diderot-Paris 7/SEDET et André Lewin, ancien ambassadeur de France en Guinée ont animé le débat. La troisième rencontre s’est tenue au Musée du Quai Branly où devant les anciens ambassadeurs de France en Guinée, le doyen Naby Youla a évoqué ses mémoires. A toutes ces rencontres, les débats ont permis de comprendre que pour instaurer et développer la culture démocratique en Guinée, le CNDD devrait être aidé et soutenu aussi bien par les guinéens eux-mêmes que par la communauté internationale. Je crois que des rapports seront rédigés dans ce sens au début du mois de juin et remis aux différents acteurs du pays et à la communauté internationale. Personnellement, je suis satisfait de cette évolution des mentalités à Paris où certains voulaient déjà privilégier l’affrontement et le blocus contre les nouvelles autorités.

En tant que conseiller en communication du président Dadis ,comment avez-vous vécu sa dernière conférence de presse où le chef de l’Etat n’a pas apprécié une question relative à l’achat d’un hélicoptère dans un contexte économique , plutôt difficile ?

Il serait injuste de résumer cette conférence de presse de plus de trois heures à cette seule question portant sur l’achet d’un hélico. Je souhaite que vous reteniez que cette conférence, organisée dans le cadre des cent jours du CNDD, a donné l’occasion aux guinéens et à l’opinion internationale d’apprécier le degré de la détermination du président de la République à moraliser la gestion des affaires publiques. Pour ceux qui ont suivi les débats, on a constaté que le capitaine Dadis ne s’est pas laissé enfermer dans l’exercice de dénonciation permanente du lourd héritage légué par le régime défunt, mais a plutôt tenu à exposer, dans la transparence, ceux qui ont voulu profiter des positions qu’ils occupent actuellement pour perpétuer dans leurs seuls intérêts le système qui a fait la misère des populations d’un des plus riches pays du continent. Aujourd’hui, les ministres réfléchiront mille et une fois avant d’engager des dépenses. Ça, il faut l’admettre, est une rupture positive. Le président a aussi annoncé les grandes priorités de la politique gouvernementale. Elles portent sur l’eau, l’électricité, l’éducation et la santé. Pour revenir à la question de l’hélico, je vous dis tout simplement qu’il n’a jamais été acheté, contrairement à tout ce qui a pu être écrit et raconté ici et là. Mais, la Guinée, je crois que vous serez d’accord avec moi, a droit à un avion.

Vous êtes un professionnel des médias, quel rapport entretenez-vous avec la presse guinéenne depuis votre nomination ?

Je n’ai que des amis et frères dans la presse, tant au niveau des medias du service public, que privé, y compris la presse en ligne. Savez-vous que je suis l’un des fondateurs d’aminata.com, de guinee24, de kibarou.com ? Que j’ai été animateur de nombreux sites comme Conakry online ? La presse reste mon vrai monde.

Avez-vous un message particulier à adresser à la presse qui couvrira les futures élections au terme de la transition ?

Je plaide pour le professionnalisme, le respect de l’étique et de la déontologie.

En observant les médias d’Etat, on ne voit quasiment que le président Dadis, ne risque-t-on pas de tomber dans le culte de la personnalité, qui dénature les convictions des chefs d’Etat africains ?

Je ne le souhaite pas. Le président de la République est occupé à ses multiples et lourdes charges. Il appartient à la RTG de savoir faire la part des choses.

Des observateurs affirment que le président Dadis fait beaucoup d’erreurs de communication quand par exemple il a menacé d’ôter sa tenue pour se présenter aux élections si les leaders n’arrêtent pas de lui mettre des bâtons dans les roues ? Qu’en pensez-vous ?

Chacun est libre d’en faire l’interprétation qu’il veut. Mais, je souhaite qu’on ne se laisse pas distraire par des épiphénomènes et qu’on se consacre à l’essentiel. Le président Dadis a dit et répété que son ambition est d’assainir le pays avant de le laisser à quelqu’un de propre librement élu par les populations. Sans aucune pression, il a insisté sur le fait qu’il ne sera pas candidat à ce scrutin. Que doit-il de plus ? C’est en réaction aux propos et à l’attitude de certains hommes politiques qui ont feint de n’avoir pas entendu ce discours souvent réitéré, qu’il a parlé ainsi. Il demande d’être respecté, quoi de plus simple. Je souligne, que le président a toujours manifesté sa sympathie pour les leaders politiques dont, comme il le dit, il a véhiculé les messages quand il était sur les bancs de l’université. Et depuis qu’il est au pouvoir, les portes de la présidence leur sont ouvertes. Je pense que dans l’intérêt de la Guinée, tout le monde devrait se ressaisir et laisser le CNDD faire le travail qu’il s’est fixé.
En ce qui concerne la communication, je suis personnellement conscient des problèmes de méthodologie que beaucoup d’observateurs ne cessent de signaler. Nous allons y faire face et tenter d’améliorer la communication présidentielle.

Pour terminer, un mot pour les lecteurs de AFRICAGUINEE ?

Je vous remercie d’abord d’avoir bien voulu m’ouvrir vos colonnes. Je souhaite que les lecteurs participent, surtout par des critiques constructives, à la qualification et à la promotion du site Africaguinee. Une fois encore merci et bonne chance.

Interview réalisée par Aliou Souaré
Chef du Bureau Africaguinee.com
Paris-France
aliousouare@africaguinee.com

"Après nous avoir volé notre victoire en 1993, le défunt Président nous a proposé le poste de Premier ministre", dixit Alpha Condé du RPG



Dimanche dernier, militants, responsables et sympathisants du RPG des sections de Conakry et de Coyah se sont donnés rendez-vous au stade de Kénien Rail, commune de Dixinn, pour commémorer le 17 mai 1991, date anniversaire de l’arrivée du Professeur Alpha Condé en Guinée.

C’est une foule immense qui s’est mobilisée ce jour à Conakry dans une ambiance populaire pour fêter le 17 mai, journée qui consacre le début de la lutte pour l'instauration de la Démocratie et de l’Etat de Droit en Guinée.

Ce sont des dizaines de milliers de jeunes, de femmes et de vieux, venus de toutes les sections du parti de la ville de Conakry, Coyah et Dubréka qui ont pris d’assaut le stade de Kénien rail pour saluer les 18 ans de lutte du Professeur Alpha Condé et de ses compagnons pour une démocratie forte en Guinée.

De sa résidence de Mafanco, à Matam, au stade de Kénien rail, le cortège du leader du RPG, escorté par des dizaines de motards, se frayait difficilement un chemin.

A son arrivée à Kénien, il a été accueilli par des milliers de jeunes, de femmes, d’élèves et d’étudiants qui chantaient, dansaient ou scandaient des slogans en faveur du leader du RPG, tous de jaune vêtus avec l'effigie du Président du RPG. Tout cela dans une ambiance bon enfant, animée par les artistes du parti et autres ensembles instrumentaux.

On y notait la présence de nombreux représentants de partis politiques, de syndicats et de diplomates.

Dans son discours de circonstance, le numéro un du RPG a invité ses militants à resserer les rangs pour une victoire écrasante lors des consultations prochaines.

Après avoir dépeint le tableau sombre de la Guinée, Alpha Condé a appelé les Guinéens à plus d'unité pour une nation prospère.

"(...)C’est pourquoi, dit-il, nous avons combattu, sans compromission, la politique de feu Lansana Conté (que Dieu ait son âme) qui était à l’opposé de ce programme de société, et aussi, nous avons été soutenus par les Guinéens toutes composantes confondues".

Continuant, Alpha Condé de rappeler: "Le RPG a toujours été caractérisé par sa constance, ce qui a valu à nos militants et sympathisants une répression barbare. Nous pouvons dire, hormis l’ANC d’Afrique du Sud et l’UPC du Cameroun, aucun parti d’opposition en Afrique n’a été autant réprimé que le RPG".

Et d'ajouter: "Après nous avoir volé notre victoire en 1993, le défunt président nous a proposé le poste de Premier Ministre avec la moitié des postes ministériels. Des témoins existent pour le confirmer. Nous avons catégoriquement refusé. Aussitôt, on a inventé un prétendu complot. Des jeunes officiers furent arrêtés. Face à la détermination de leur troupe, le pouvoir a été contraint de les libérer".

Conakry : c’est parti pour la campagne « Eau et électricité pour tous »

Le capitaine Moussa Dadis Camara a procédé lundi, au lancement de la campagne dite « Eau et électricité pour tous ». Selon l’initiateur (ndlr: Dadis), cette campagne vise à donner de l’eau et de l’électricité à toutes les populations du pays.

La campagne a été lancée dans la commune de Ratoma. Des quartiers comme Hamdallaye, Nonghö Tadi, Taouyah ont été sillonnés par la délégation. Cette dernière était composée en plus du chef de la junte, de tous les membres du gouvernement, et des membres du CNDD.

 

Des travaux de forages ont été lancés dans tous ces quartiers. « Nous avons fait un-demi siècle de discours. Nous devons passer à la pratique. C’est dans le sacrifice et le courage que nous allons développer cette nation », a martelé partout, le capitaine Dadis.

 

Selon le CNDD, le financement de ces forages provient du recouvrement effectué par la commission d’audits. Plus de 173 milliards de francs guinéens d’après Me Jean Alfred Mathos, Vice-président de cette commission.

 

Dadis et le Général de Brigade Sékouba Konaté ont signifié partout que le choix des forages est une solution palliative. En attendant que les partenaires guinéens ne viennent booster la Société des Eaux de Guinée et l’Electricité de Guinée.

Pour le volet électricité, les deux ont annoncé l'achat dans les prochains jours, de centrales thermiques pour certaines communes de la capitale.

 

Dans les ministères, ce fut une journée bloquée. Aucun ministre ne voulait prendre le risque d’attirer la colère de Dadis qui a récemment limogé le Président de la Cour Suprême, pour n’avoir pas « reconnu et lui (Dadis) et le CNDD dans son discours».

 

Guinée : le dossier de RusAl bientôt réglé ?

C’est finalement le premier ministre guinéen Kabiné Komara qui devrait se rendre à Moscou pour négocier le règlement du différend entre la Guinée et RusAl au sujet de la privatisation en 2006 de la raffinerie d’alumine de Friguia au profit du groupe russe. (...)

Les avocats dénoncent une justice parallèle

par  RFI

Article publié le 18/05/2009 Dernière mise à jour le 18/05/2009 à 17:21 TU

Les avocats guinéens sont sur le sentier de la grève. Ils dénoncent l'immixtion de la junte dans le fonctionnement de la justice. Selon eux, les militaires ont mis en place une justice parallèle à travers notamment le secrétariat d'Etat chargé des conflits. Les avocats dénoncent aussi les arrestations arbitraires, les menaces et les exécutions.
Moussa Dadis Camara, le chef de la junte au pouvoir depuis le 23 décembre 2008.(Photo: AFP)

Moussa Dadis Camara, le chef de la junte au pouvoir depuis le 23 décembre 2008.
(Photo: AFP)

Qui rend la justice en Guinée ? C'est la question que posent les avocats inscrits au barreau de Conakry. Selon eux, le président Moussa Dadis Camara a mis en place une justice parallèle qui siège au camp Alpha Yaya Diallo (siège de la junte) et ne respecte aucune procédure.

« Le secrétariat d'Etat chargé des conflits, créé par la junte, convoque les juges, les avocats, exige la réouverture d'affaires parfois vieilles de plusieurs années, casse des jugements sans que personne ne puisse dire quoi que ce soit », explique un avocat guinéen. « Il suffit, continue-t-il, d'aller se plaindre auprès des militaires d'un jugement rendu sur l'ère Conté pour obtenir aussitôt une décision favorable ». Il en résulte, dénonce l'ordre des avocats, « de pseudo procès, retransmis sous forme de shows télévisés, qui n'offrent aucune possibilité de recours ».

Mais il y a pire, les arrestations arbitraires sont devenues monnaie courante. Un exemple : depuis quarante sept jours, Mouctar Baldé, le numéro deux de la Commission des audits, est en résidence surveillée après avoir été accusé de corruption par un membre de son équipe. Ni enquête, ni jugement. Depuis quarante sept jours, Mouctar Baldé attend de savoir ce qu'on lui reproche exactement.

Un cas qui résume parfaitement ce qu'est devenue la justice en Guinée. « Une affaire de militaires qui tranchent comme bon leur semble », selon les mots d'un avocat.

GUINÉE: Pénurie de médicaments

DAKAR, 18 mai 2009 (IRIN) - Les centres de santé et hôpitaux publics guinéens souffrent de graves pénuries de médicaments de base, et les travailleurs et les autorités sanitaires cherchent un moyen de renflouer leurs stocks d’urgence.

« C’est un vrai problème. Nous n’avons pas assez de médicaments pour répondre aux besoins de la population », a expliqué à IRIN Mohamed Lamine Tounkara, directeur des services de santé régionaux de Kindia, une région située à 137 kilomètres à l’est de Conakry, la capitale.

Aujourd’hui, les patients des hôpitaux publics de Kindia doivent se procurer la plupart des médicaments dont ils ont besoin dans des pharmacies privées, où les prix sont bien plus élevés que dans les centres de santé publics, a-t-il déclaré. Et le cas de Kindia (qui compte environ deux millions d’habitants, cinq grands hôpitaux publics et 51 centres de santé) n’est pas isolé, puisqu’il en est ainsi dans de nombreuses régions, selon les Nations Unies et les autorités publiques.

Cette pénurie de médicaments est le résultat d’un certain nombre de facteurs, notamment d’un manque de financements publics, de la hausse du prix des médicaments et d’une mauvaise gestion, d’après Mohamed Lamine Yansané, chef de cabinet du ministère de la Santé.

Ces dernières années, la Guinée a souffert de pénuries sporadiques, mais la situation s’est considérablement aggravée en 2009, selon les experts.

« Nous éprouvons d’énormes difficultés, actuellement », a déclaré M. Yansané, ajoutant que le ministère de la Santé appelait le gouvernement et les bailleurs à l’aider à s’attaquer à ce problème. Mais « avec la situation actuelle du pays, on n’a pas d’aide extérieure ».

Certains bailleurs ont en effet restreint l’aide accordée à la Guinée depuis le coup d’Etat de décembre.

Selon M. Yansané, le gouvernement a annoncé récemment qu’il débloquerait 11 milliards de francs guinéens (2,2 millions de dollars) pour acheter des médicaments, mais on ignore quand ces fonds seront disponibles, et il faudrait en fait près du double de cette somme.

« C’est un problème urgent. Si de nombreux facteurs sont à l’origine de cette situation, l’essentiel est qu’il devient de plus en plus difficile pour les populations de l’ensemble de la Guinée (et en particulier les plus vulnérables) de se procurer des médicaments de base », a expliqué Philippe Verstraeten, directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires.

« Cette pénurie de médicaments dans les centres de santé et les hôpitaux publics participe du problème plus général que pose le système de santé guinéen. Mais tandis que tous les acteurs s’efforcent de résoudre ces problèmes, nous devons agir aujourd’hui, pour assurer que les médicaments de base soient à la portée de tous les Guinéens », a-t-il ajouté.

Un certain nombre de problèmes ont été recensés au cours d’une mission d’évaluation menée de concert par les Nations Unies, les organisations non-gouvernementales (ONG) et les autorités publiques en mars, dans trois préfectures (Boké, Gaoual et Koundara).


«Il devient de plus en plus difficile pour les populations de l’ensemble de la Guinée (et en particulier les plus vulnérables) de se procurer des médicaments de base»

L’évaluation a révélé de « rupture fréquente de médicaments dans les structures sanitaires », ainsi qu’un mauvais entreposage des médicaments et des vaccins ; de nombreux centres de santé sont également délabrés et les centres publics manquent de personnel, selon le rapport de mission.

Les représentants des autorités publiques ont rencontré dernièrement les représentants des organismes humanitaires des Nations Unies et les bailleurs pour débattre des besoins sanitaires pour 2009.

Si les pharmacies privées ont des médicaments en stock, les populations des régions rurales ont des difficultés à se rendre dans ces pharmacies et la plupart des Guinéens n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments à prix fort ; dès lors, de plus en plus d’habitants vont devoir se passer de médicaments, selon les représentants des Nations Unies et des autorités publiques.

Pénurie ou pas, les Guinées ont recours depuis des années à des médicaments douteux vendus par des commerçants non-agréés ; la Guinée fait partie des nombreux pays d’Afrique où les produits pharmaceutiques de contrefaçon posent un problème sanitaire. Récemment, le gouvernement a pris des mesures fermes à cet égard, en arrêtant des fabricants présumés et en interdisant les ventes déréglementées. On ignore quelles répercussions ont eu ces nouvelles mesures de contrôle sur la disponibilité des médicaments autorisés, selon les travailleurs humanitaires.

La pénurie actuelle risque néanmoins de compliquer la tâche du gouvernement, qui s’efforce d’éliminer ces faux médicaments dangereux, a noté M. Yansané, du ministère de la Santé. « S’il n’y a pas de médicaments dans les centres de santé publics, les gens se tournent en premier lieu vers le marché local, parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments dans les pharmacies ».

Les populations les plus pauvres sont les plus touchées par la pénurie de médicaments observée dans le système public, selon André Enzanza, représentant de l’Organisation mondiale de la santé en Guinée.

« La situation est … grave. Ce sont les populations des zones les plus démunies qui sont les plus touchées, parce qu’il n’y a pas de médicaments dans les hôpitaux et les centres de santé publics ».

Thèmes: (IRIN) Démocratie et gouvernance, (IRIN) Santé et nutrition

Guinée. Après le putsch

La Guinée retrouvera-t-elle le sourire? [didier schmutz]

La Guinée retrouvera-t-elle le sourire? [didier schmutz]

Constat de la situation guinéenne après le putsch de décembre 2008.

Didier Schmutz a passé un mois dans ce pays d'Afrique occidentale afin de comprendre sa situation politique et humanitaire.

23 décembre 2008, un groupe de jeunes officiers prend le pouvoir en Guinée. En douceur et sans effusion de sang. Mais le putsch est aussitôt condamné par la communauté internationale, qui exige la tenue d'élections démocratiques dans les plus brefs délais.

Dans le pays, les bérets rouges du nouveau président, Moussa Daddis Camara, sont pourtant accueillis comme les hommes de l'espoir. De Conakry à Nzérékoré, d'un bout à l'autre du pays, l'immense majorité de la population place sa confiance dans le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).

Reste à savoir si, comme ils le promettent, les militaires marcheront vers des élections libres ou si le capitaine Daddis Camara s'accrochera au pouvoir. Toute la question est là.

Carte d'identité

La Guinée, appelée aussi Guinée Conakry afin de la différencier de la Guinée Bissau et de la Guinée équatoriale, est un pays d'Afrique occidentale situé au sud du Sénégal, au nord de la Sierra Léone et du Libéria; il est bordé à l'est par la Côte d'Ivoire et le Mali.

Depuis son accession à l'indépendance en 1958, la Guinée ne connaîtra que deux régimes politiques, ceux de Sékou Touré et Lansanna Conté jusqu'au 23 décembre 2008, date de la prise du pouvoir par les militaires.

Grande comme six fois la Suisse (245'900 km2), elle compte un peu moins de 10 millions d'habitants.

Divisé en quatre grandes régions naturelles (Guinée maritime, Haute et Moyenne Guinée, Guinée forestière), le pays dispose d'une abondance de richesses minières avec des gisements d'or, de diamants, de bauxite, de fer et d'uranium.

Le littoral atlantique (300 km de côtes) ainsi qu'une grande diversité géologique et climatique lui procurent également d'importantes ressources halieutiques et agricoles.

En raison d'un climat varié et de la générosité du réseau hydrographique, la Guinée passe aussi pour être le "château d'eau" de l'Afrique de l'ouest.

Malgré ces énormes potentiels, la Guinée demeure l'un des pays les plus pauvres de la planète et se retrouve en queue de liste (160ème sur 177 pays) au classement de l'Index de développement humain (IDH) établi par les Nations Unies.

Selon une enquête réalisée par l'ONG, Transparency International, la Guinée figure par contre en tête des pays les plus corrompus au monde. Ceci explique en grande partie cela.

Didier Schmutz, journaliste indépendant et auteur de nombreux carnets de route pour Un dromadaire sur l'épaule (Madagascar, Kosovo, Sahara Occidental, République démocratique du Congo), a passé un mois en Guinée.

lundi 18 mai 2009

CONSULTEZ LE PROGRAMME MUSICAL

Guinée. Après le putsch 1/5

Sur la route, entre Conakry et Nzérékoré. [didier schmutz]

Sur la route, entre Conakry et Nzérékoré. [didier schmutz]

La chasse aux prédateurs

Les militaires du CNDD ont promis l’organisation d’une élection présidentielle, sitôt nettoyée la maison guinéenne. Un nettoyage comparable à celui des écuries d’Augias, tant est gangrené le système socio-économique de ce pays qui possède pourtant tout pour se développer.

L’actuel gouvernement a mis l’ouvrage sur le métier en commençant par démanteler un gigantesque trafic de drogue en provenance d’Amérique latine.

Les principaux accusés (aujourd’hui incarcérés, en attente de leur jugement) ne sont autres que les dignitaires de l’ancien régime, à commencer par le fils du défunt président, Ousmane Conté. Ce dernier a fait, sur le plateau de la télévision nationale, des aveux complets.

Et ce n’est là qu’un des coups de balais donné par la junte depuis sa prise de pouvoir. Les Guinéens applaudissent tout en surveillant de près ces militaires afin qu’ils tiennent leur promesse quant à l’instauration d’un régime démocratique.

Invité

Michel Galy, politologue et spécialiste de l’Afrique de l’ouest et de ses conflits,
a couvert les tribulations et les guerres de ces dix dernières années.
Il est chercheur au Centre d'étude sur les Conflits à Sciences Po - Paris et rédacteur en chef associé de la revue Cultures et Conflits.

mardi 19 mai 2009

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Guinée. Après le putsch 2/5

Didier Schmutz interviewant Léontine. [bachir boiro / terre des hommes]

Didier Schmutz interviewant Léontine. [bachir boiro / terre des hommes]

Grève et colère à Nzérékoré

A Nzérékoré, capitale de la Guinée forestière, dernière région à l’est du pays (1000 km de Conakry), Léontine porte fièrement le T-shirt le plus en vogue actuellement en Guinée.

Autour du portrait du président Daddis Camara, ces mots: «La jeunesse guinéenne au cœur du CNDD». Seul l’avenir dira si le T-shirt valait la peine d’être porté, si le CNDD parviendra à sortir le pays du marasme en acceptant de n’être qu’un gouvernement transitoire.

En attendant, Léontine, jeune femme de 30 ans, mère d’une enfant de 9 ans, manifeste contre l’entreprise qui l’emploie, la Forêt Forte, usine chinoise qui exploite les bois de la forêt guinéenne pour en faire du contreplaqué exportable en Asie et en Europe.

Ils sont 1'500 avec elle. D’une même voix, d’un seul élan, ils se sont mis en grève pour dénoncer les conditions de travail et les salaires de misère qui ne leur permettent même pas de manger.

Léontine, en charge également de sa jeune sœur, une écolière de 19 ans, crie sa colère. «On travaille pour rien, le salaire ne nourrit même pas nos ventres, et si tu demandes la permission parce que tu es malade, ils coupent! Les Chinois nous traitent comme des animaux. Est-ce que nous sommes des animaux?»

Invitée

Maciré Sylla, chanteuse guinéenne qui vit actuellement à Genève avec sa famille.
Elle retourne régulièrement dans son  village natal, près de Tanéné.

mercredi 20 mai 2009

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Guinée. Après le putsch 3/5

Aboubakar Cmara et son maître d'école, le petit l'a échappé belle. [didier schmutz]

Aboubakar Cmara et son maître d'école, le petit l'a échappé belle. [didier schmutz]

Les enfants volés

Le trafic d’enfants est une triste réalité en Guinée, en particulier dans les régions limitrophes avec les pays voisins.

Le commissaire Bakary, chef de la police mondaine à Conakry, confirme. «Chez nous, les cas de kidnapping sont fréquents. Nous sommes frontaliers avec des pays qui ont connus des guerres fratricides, d’où des flots de réfugiés sur notre territoire ce qui a contribué à l’augmentation de ces cas de traite, d’enlèvement, de kidnapping.

Les enfants sont ensuite vendus ou sacrifiés au Libéria et même jusqu’au Nigéria pour le besoin d’organes, pour le travail forcé ou encore l’esclavage sexuel

Dans un commissariat de province, où la police judiciaire est confrontée à des enquêtes concrètes, les inspecteurs parlent même de l’usage des enfants dans le fétichisme et l’anthropophagie.

Invité

Olivier Geissler, responsable des programmes auprès de la Fondation suisse du service social international. Il nous parle de la traite des enfants en Guinée et dans l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest.

jeudi 21 mai 2009

CONSULTEZ LE PROGRAMME MUSICAL

Guinée. Après le putsch 4/5

A la Maison centrale de Conakry. [didier schmutz]

A la Maison centrale de Conakry. [didier schmutz]

Plongée dans l’univers carcéral

Incroyable mais vrai! Nous sommes à la Maison centrale de Conakry, une prison surpeuplée, surchauffée.

Diallo y est détenu depuis six mois pour avoir violenté une femme. Demain sonnera l’heure bénie de la libération. Eh bien, cette heure-là, notre homme ne la voit pas d’un bon œil; il ne veut pas sortir d’ici! Et le fait savoir. Ce qui donne une discussion cocasse entre lui et le régisseur.

Plus sérieusement, c’est le travail de Terre des Hommes – Lausanne qui nous a conduits dans cet endroit. De nombreux jeunes croupissent dans le quartier des mineurs et l’ONG veille à ce qu’ils soient traités correctement.

Dans le domaine de la justice juvénile, l’équipe de TdH Guinée, en collaboration avec deux ONG locales, propose des services de médiation entre les parties et des alternatives à la détention des mineurs. Elle s’efforce aussi d’accélérer les procédures juridiques.

Invité

Jean-Luc Imhof, responsable de l’Afrique de l’Ouest pour Terre des Hommes.

vendredi 22 mai 2009

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Guinée. Après le putsch 5/5

Marie, devant les locaux du journal "Horoya". [didier schmutz]

Marie, devant les locaux du journal "Horoya". [didier schmutz]

Dernières heures à Conakry avec Marie

Déambulation et bavardages en compagnie de Marie, jeune journaliste au quotidien national Horoya.

L’histoire se lit dans les pierres du vieux cimetière de Boulbinet. Le passé est là, gravé sur les tombes des colons posées à l’ombre des fromagers immenses; dans ces allées entretenues vaille que vaille, s’inscrit en épitaphes un petit morceau de l’histoire guinéenne.

Un peu plus loin, façades tournées vers l’océan, un curieux chantier. «C’est le palais de feu le président Conté que les Chinois sont en train de reconstruire», dit Marie. On se demande bien pourquoi; les travaux ont commencé avant l’arrivée des militaires, alors les Chinois, inlassables, continuent le labeur.

Cette indécente bâtisse semble se moquer du petit peuple de pêcheurs à l’œuvre  juste en face, de l’autre côté de la route, dans un port délabré collé à un marché grouillants de «mamans» vendeuses de poissons.

Marie, raconte et se raconte… L’opération à cœur ouvert, en France, grâce à l’intervention de Terre des Hommes – Lausanne; son avenir dans ce pays en ébullition, celui de toute une jeunesse dont elle se fait presque porte-parole; le CNDD «qu’il faudrait laisser épurer le pays avant de parler d’élections…»

GUINEE : Conakry, capitale de la chirurgie ouest Africaine

Après Freetown 2008, Conakry abrite la quarante neuvième session du collège des chirurgiens ouest Africaine. Une session qui s’est tenu récemment au palais peuple a été présidée par le président de la République le Capitaine Dadis accompagné de son Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement. Cette rencontre annuelle qui regroupe des chirurgiens venus de plusieurs horizons est une occasion pour ces derniers d’échanger des expériences dans le domaine de la chirurgie.

C’est par une rentrée solennelle du collège des chirurgiens et celle du président de la République le capitaine Moussa Dadis CAMARA que la 49e session du collège des chirurgiens ouest Africains a débute dans la salle des congres du palais du peuple.
Cette rencontre scientifique est une opportunité pour les spécialistes chirurgiens de mieux s armer pour freiner le taux élevé de mortalité dans la sous région Ouest africaine.
Fondé en 1960, le collège des chirurgiens Ouest africain est une institution qui vise à former des agents compétents dans le domaine de la chirurgie.
Pour le président de la République le capitaine Moussa Dadis CAMARA, la rencontre de Conakry devrait permettre à ces médecins d’acquérir des nouvelles connaissances dan le domaine de la chirurgie.
Pendant six jours ces différents chirurgiens venus des dix huit pays dont l’Afrique du sud repartis en cinq facultés ont échangé des idées en vue d’améliorer la pratique de la chirurgie dans la zone ouest Africaine.
Rendez vous est donc pris en 2010 au Nigeria pour le cinquantenaire du collège des chirurgiens ouest Africains.

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