29.05.2009

HAUTE POLITIQUE DU CNDD DE DADIS CLAN

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La revue Cultures et Conflits

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Guinée : L ‘humiliation publique des prostituées et des clients

Soucieuses de limiter la prostitution, les autorités guinéennes humilient publiquement les prostituées et leurs clients. Arrêtées, rasées, filmées et montrées à la télévision, les travailleuses du sexe se réfugient dans la clandestinité. Les associations spécialisées s’inquiètent des risques pour la santé qui en découlent et, au-delà, des atteintes à la dignité.

A la nuit tombée, la rue du “Transit” est déserte ce samedi de mai. Dans cette banlieue de Conakry, la capitale guinéenne, pas une seule prostituée en vue. Il y a quelques semaines, à la même heure, des femmes auraient été en train d’y vendre leurs charmes. “Les forces de sécurité ont fait une descente ici et ont embarqué toutes les prostituées”, observe un vendeur de cigarettes. Depuis le mois d’avril, la junte militaire, à travers le Secrétariat à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte anti-drogue et du grand banditisme, arrête des prostituées dans les motels et les bars, elles qui, jusque-Ià, exerçaient leur métier en toute quiétude. Le capitaine Moussa Tiégboro Camara, no 1 de ce service spécial et ses hommes (des militaires), ont déjà embarqué plus de 400 personnes

La prostitution clandestine favorise le sida

Les prostituées et leurs clients sont conduits au quartier général de la junte, où ils sont rasés et filmés Ils s’engagent ensuite verbalement à ne plus jamais s’adonner ou recourir à la prostitution, puis sont libérés dans la semaine. Ces images sont par la suite diffusées à la télévision d’État “Au lieu de les mettre en prison, nous préférons cette méthode qui va certainement les détourner de leur sale besogne. Car tout le monde, y compris leurs parents, les verra à la télé”, se félicite un agent du capitaine Tiégboro qui reconnaît cependant qu’il y a des “récidivistes”.

Dans les rues de Conakry, peu de gens apprécient ce genre d’humiliations. Beaucoup jugent que la junte “va trop loin”. “Les droits à l’image et la présomption d’innocence ne sont pas respectés. Ce n’est pas tous ceux qui sont dans les motels qui sont des prostituées (ou des clients, NdIr)”, remarque Youssouf Sylla, un juriste. Au-delà de sa brutalité, l’efficacité même de la méthode est aussi mise en doute.

Ainsi, selon une source du Secrétariat d’État chargé des services spéciaux, le nombre des personnes raflées diminue au fil du temps. “Au départ, on arrêtait une centaine de personnes. Mais hier (mardi 12 mai, NdIr) nous n’avons pris que 17 personnes dans un motel”, révéle-t- elle. Les prostituées, en tenues suggestives, qui se regroupaient le long des rues sont désormais “en pagnes dans les quartiers”. “Nous appelons au téléphone nos fidèles clients pour négocier”, révèle l’une d’elles, la trentaine, qui exerce depuis une dizaine d’années Et nous trouvons toujours un endroit pour nous voir : Secrétaire exécutif du Comité de lutte contre le sida, M Rémy Lama s’inquiète de cette clandestinité nouvelle. “Avant, les travailleuses du sexe malades étaient fichées et suivies par la police mondaine. Maintenant, elles sont dans les quartiers et même dans les garnisons militaires sans suivi”.

Des organisations de la société civile comme la Coalition nationale pour les droits et la citoyenneté des femmes (CONAG-DCF) condamnent cette évolution. Pour Mme Nanfadima Magassouba, sa présidente, “si une personne majeure décide de vivre de son corps, il n’y a aucune illégalité à cela”. La loi guinéenne ne condamne, en effet, que le proxénétisme.

“ Je vais là où on ne me demande pas de diplôme”

La prostitution a progressé en Guinée ces dernières années avec la pauvreté En 1992, la division mondaine de la Direction de la police judiciaire (DPJ) recensait environ 150 professionnelles à Conakry. Aujourd’hui, elle en compte près de 1000 six fois plus ! Selon cette division, dans cette même période, le nombre de maisons de passe est passé d’une cinquantaine à plus de 200.

Le commissaire Bakary Camara, chef de division mondaine à la DPJ, indique que le phénomène a pris de l’ampleur avec les narcotrafiquants qui “utilisent les prostituées dans leurs réseaux de transport et de distribution de drogue”. En 2008, la Guinée était en effet considérée par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), comme une plaque tournante du trafic de drogue de l’Amérique du Sud vers l’Europe. Mais, pour le commissaire, cela n’est pas la seule explication. “Des pères de famille irresponsables laissent leurs enfants suivre des films érotiques, mêmes pornographiques que des médias étrangers diffusent tous les soirs. En imitant (ce qu’ils voient à la télé, NdIr), les enfants se retrouvent dans la rue.”

Mohamed Kampel Camara, professeur de sociologie à l’université de Conakry, estime de son côté que le développement de la prostitution en Guinée est le fait du libéralisme économique qui s’accompagne de chômage, de pauvreté, de la libération des moeurs, etc. A l’image de cette femme, qui vit sous le même toit que sa maman, et se prostitue pour la nourrir ainsi que son petit garçon de six ans. “Pour avoir un travail, on vous demande le diplôme, explique-t-elle. Je vais là où on ne m’en demande pas. Parce que je n’en ai pas.”

Extradition d'un important trafiquant de cocaïne

par Christophe Champin

Article publié le 21/05/2009 Dernière mise à jour le 28/05/2009 à 22:08 TU

Andréa Tsakiris le financier présumé d'un vaste trafic de cocaïne a été arrêté fin mars 2009 à Bamako.(Photo : DR)

Andréa Tsakiris le financier présumé d'un vaste trafic de cocaïne a été arrêté fin mars 2009 à Bamako.
(Photo : DR)

Le Mali a extradé, jeudi 28 mai, vers la France un important trafiquant présumé de cocaïne. L'homme de nationalité grecque et française était visé par un mandat international de la justice française. Aujourd'hui, les informations recueillies par RFI révèlent qu'il serait le financier d'un vaste réseau entre la Grèce et la Guinée Conakry, couvert par des officiels guinéens de l’ancien régime du président Conté.

Tout commence le 7 février 2008, lorsque le navire militaire français Le Tonnerre intercepte au large de Conakry le Junior, un cargo transportant 3,2 tonnes de cocaïne. Le navire battant pavillon panaméen est ensuite escorté vers le port français de Brest. Et son équipage est remis à la justice.

Le capitaine et le chef mécanicien sont grecs. Parmi les autres prévenus, il y a six Sierra-léonais et un Bissau-guinéen. Les premiers éléments de l'enquête montrent que le navire a d'abord quitté les côtes de la Sierra-Leone pour se rendre au Brésil et charger sa cargaison à partir d'un autre bateau avant de repartir vers la Guinée.

D'après la commission rogatoire du juge français, c'est un important réseau de narcotrafiquants dont les têtes sont des Grecs basés en Guinée et au Sénégal qui a été mis au jour. A l'époque des faits, plusieurs des personnages clés de cette affaire, dont un certain Andrea Tsakiris, de nationalité franco-grecque, ont pignon sur rue à Conakry.

Protections hauts placées

Agissant sous couvert de sociétés d'import-export, il est le financier présumé, et vraisemblablement le cerveau de l'opération. Selon des sources policières maliennes, il était protégé par de hauts responsables guinéens. Mais à la mort du président Conté, le 24 décembre 2008, Andrea Tsakiris s'enfuit vers le Mali, grâce à des complices ressortissants de ce pays.

Il espérait sans doute y être en sécurité. Mais fin mars dernier, il est arrêté par les hommes de la brigade de recherche et d'investigation de Bamako. Lors de l'interpellation, raconte un policier, « il se trouvait dans une villa cossue en compagnie d'un grand féticheur censé le protéger contre les arrestations ».

Depuis, le démantèlement du réseau se poursuit. Un autre de ses comparses grecs, soupçonné d’avoir recruté l’équipage du Junior a  été interpellé dans la capitale guinéenne.

Action pour l'Afrique francophone

jeudi 28.05.2009, 04:49 - La Voix du Nord

 M. Bah, responsable local de l'association, lors de l'exposition d'artisanat guinéen à La Chapelle. M. Bah, responsable local de l'association, lors de l'exposition d'artisanat guinéen à La Chapelle.

L'école primaire de Bowounloko, construite en 1952 à Labé (Guinée-Conakry), a été victime de vols et de dégradations. Du jour au lendemain, les 1  340 élèves et les 35 enseignants se trouvent privés du matériel scolaire indispensable. Les locaux aussi ont subi de sérieuses dégradations. Le directeur de l'école, les enseignants et l'association des parents d'élèves ont lancé un appel à l'aide.

L'école primaire de Bowounloko est actuellement confrontée à des grandes difficultés : les infrastructures scolaires sont insuffisantes les effectifs par classe sont pléthoriques (70 élèves) les élèves manquent cruellement de livres et de fournitures scolaires l'école n'a pas de clôture pour sa sécurité... La coopération en faveur de l'éducation pour tous en Guinée entre la commune de Labé et celle de La Chapelle-d'Armentières se renforce. De 2006 à 2008, cette coopération a permis à 180 enfants d'être scolarisés ou de poursuivre leurs études. En août, une délégation de l'ASSAF se rendra à Labé pour réaliser le chantier de l'école primaire de Bowounloko, grâce à l'aide efficace apportée par la commune de La Chapelle. La situation politique en Guinée appelle plus que jamais à faire de l'éducation de la jeunesse une priorité pour construire l'avenir du pays. •

Conakry : la stratégie de consolidation de la paix en Guinée, au centre d’une rencontre de trois jours

Un atelier de réflexion sur une stratégie de consolidation de la paix en Guinée, organisé par la Fondation Internationale pour les Systèmes Electoraux (IFES) en collaboration avec Before a débuté, ce mercredi dans la commune de Ratoma.

Pendant les trois jours de travail, les participants plancheront sur: les cas de conflits, l'analyse macro et sectorielle des conflits, le mécanisme de gestion moderne et traditionnelle des conflits, la justice traditionnelle et contemporaine.

Prennent part à cette rencontre de travail, les représentants des partis politiques, des coordinations régionales, des associations, de l'armée, …

Alerte maximale : La vie du Pr Alpha CONDÉ en danger
27-05-09 10:55
Il y a: 2 days

Suite au décès du Doyen BA Mamadou Bhoye, ce lundi 25 mai 2009, à Paris (Paix à son âme), les patriotes guinéens subissent un coup dur en cette période ou la transition en Guinée semble compromise par la volonté manifeste de certains militaires acoquinés aux apatrides civils pour confisquer le pouvoir à leur profit.


Pr Alpha Condé

Depuis quelques semaines, des groupes se sont constitués au camp Alfa Yaya, au Palais du Peuple et dans certaines résidences de la ville de Conakry pour monter une stratégie de confiscation du pouvoir. Cette stratégie est basée sur 4 points fondamentaux :

- Mobiliser à coup de millions de jeunes gens désœuvrées dans les différentes villes de Guinée pour créer des comités de soutien au CNDD pour empêcher la tenue des élections par la remise en cause du chronogramme et cela en complicité avec la CENI notamment son Président et le MATAP. C’est pourquoi, le CNDD ne parle plus d’enrôlement ni d’élections depuis quelques temps. Il se contente plutôt de porter des accusations gratuites et sans fondements contre les leaders politiques, les bailleurs de fonds et toutes autres corporations qui militent pour l’instauration de la légalité constitutionnelle par l’organisation en 2009 d’élections libres et transparentes ;

- Effectuer des regroupements de petits partis nouvellement crées et autres dans le but de constituer un pôle de soutien à une éventuelle candidature aux élections d’une personne à la botte à l’armée ;

- Tenter par tous les moyens pour calmer la colère montante du peuple de Guinée qui crie son désarroi face à la cherté de la vie, au manque d’eau et d’électricité. Pour ce faire, on tente toutes sortes d’opérations sans analyse préalable pour détourner l’attention populaire par des forages à Conakry et des installations de groupes électrogènes dans les quartiers. A quel prix et pour quel effet. Ce ne sont malheureusement que des solutions palliatives aux conséquences dramatiques pour le pays. Avec ces forages, Conakry risque, à terme, de s’affaisser et d’être engloutie par la mer (zone volcanique oblige)

- Neutraliser les leaders politiques notamment le Pr. Alpha Condé, l’homme intègre aux mains propres qui est pour cette canaille une menace certaine en cas d’élections. Tous les sondages le donnent victorieux aux futures élections. Alors, certains éléments extrémistes de la junte veulent attenter à sa vie en vue de l’éliminer définitivement de la course. Ainsi, après la disparition des deux combattants historiques que Siradiou Diallo et Bah Mamadou, seuls restent Alpha Condé et Jean Marie Doré en course et qui demeurent désormais des obstacles à leur forfaiture. Ces militaires extrémistes assoiffés de pouvoir veulent profiter de la tournée à l’intérieur du pays du Pr. Alpha Condé pour attenter à sa vie.

Chers compatriotes,

Il est temps que tous les guinéens épris de paix, de justice qui luttent pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays se lèvent pour dire à ces extrémistes infiltrés au sein du CNDD que le peuple de Guinée est DEBOUT et qu’à compter de maintenant de nouvelles dispositions devront être prises pour leur barrer la route et les mettre hors d’état de nuire.
En conséquence, nous prenons à témoin l’opinion nationale et internationale contre toute tentative criminelle d’élimination physique aux conséquences incommensurables du futur Président de la République.

Vive le Peuple de Guinée
Vive la Démocratie

Grogne des transporteurs en Guinée:le capitaine Moussa Dadis Camara invite les syndicats au camp Alpha Yaya Diallo


Le chef de la junte militaire, capitaine Moussa Dadis Camara a invité mardi les syndicats des transporteurs à une rencontre au camp militaire Alfa Yaya Diallo, le quartier général du conseil national pour la démocratie et le développement, l'instance militaro-civile au pouvoir à Conakry.

Selon un communiqué qui vient de nous parvenir, le chef de l'Etat guinéen a invité les transporteurs à suspendre leur mouvement de grève.

Mardi, plusieurs villes de la Guinée étaient paralysées par cette grogne des transporteurs. A Conakry, les habitants sont restés bloqués principalement dans la banlieue suite à cette grève surprise des chauffeurs de taxis et minibus "magbana".

Les transporteurs ont déclenché leur grève pour protester contre les nouvelles mesures prises par le gouvernement guinéen .Selon le ministre de la sécurité et de la protection civile, ces mesures visent à protéger les passagers contre les abus des transporteurs ."Nous avons accordé beaucoup de facilités aux taximen qui doivent prouver leur bonne foi", avait indiqué le ministre de la Sécurité, contredit par les transporteurs qui exigent la baisse du litre de l'essence, vendu à 4.500 franc guinéen et celle des autres taxes.

Le gouvernement, qui a décidé récemment d'augmenter les taxes uniques sur les véhicules (TUV) à plus de 100 pour cent pour chaque engin, toutes catégories confondues, a fixé les prix des vignettes pour les véhicules de 7 à 10 chevaux à 200.000 FG contre 90.000 FG.

Le prix des vignettes pour les motos passe de 30.000 GNF à 100.000 GNF et pour les taxis de 5 places, il est passé à 300.000 FG contre 160.000 GNF auparavant.

Rappelons que la Guinée connaît actuellement une grave crise dans le secteur des transports où l'Etat est quasi inexistant face à la demande croissante des populations.

Une grève surprise des transports en commun paralyse la Guinée

CONAKRY (AFP) — Une grève surprise des chauffeurs de taxis, minibus "magbana" et autocars a paralysé mardi une bonne partie de la Guinée contre l'obligation notamment de réduire le nombre de leurs passagers.

Les habitants de la capitale, privés de transports en commun, étaient nombreux à marcher le long des voies ferrées, de façon à emprunter les chemins les plus rectilignes, a constaté le correspondant de l'AFP.

Depuis quelques mois, le gouvernement demande aux chauffeurs de taxis collectifs de s'en tenir au nombre maximum de passagers autorisé sur la carte grise du véhicule, soit quatre au lieu des six transportés habituellement.

"S'il fallait appliquer ces instructions, on serait obligé de doubler le prix du transport pour s'en sortir", protestait mardi un chauffeur en grève à Conakry.

Par ailleurs, les conducteurs de taxis doivent désormais acheter une vignette à 300.000 francs guinéens (50 euros) au lieu de 90.000 (15 euros) auparavant, et tous les taxis doivent être peints en jaune, pour lutter contre la prolifération des "clandos" (taxis en situation irrégulière).

En réaction à la grève, le chef de la junte au pouvoir depuis le putsch du 23 décembre, le capitaine Moussa Dadis Camara, a invité le syndicat des transporteurs à une rencontre au camp militaire Alfa Yaya Diallo.

Selon un communiqué lu à la radio d'Etat, le capitaine Dadis Camara a prié le syndicat de demander aux transporteurs de suspendre le mouvement.

Décès en France de l'opposant guinéen Mamadou Bâ

CONAKRY (AFP) — L'homme politique guinéen Mamadou Bâ, qui fut un farouche opposant aux régimes d'Ahmed Sékou Touré (1958-84) et de Lansana Conté (1984-2008), est décédé dans la nuit de lundi à mardi en France des suites d'un cancer, à 79 ans, a-t-on appris auprès de sa famille à Conakry.

L'opposant guinéen Mamadou Bâ, en février 2007 à Conakry

Mamadou Bâ avait été évacué en décembre vers la capitale française où il est mort à l'hôpital Paul Brousse à Villejuif, en région parisienne, ont indiqué mardi ses proches.

Musulman de l'ethnie peul, une des principales en Guinée, il était né en 1930 à Boké (nord-ouest). Economiste financier de formation, il avait commencé sa carrière à la Banque centrale de Guinée avant de fuir dans les années 60 le régime du premier président guinéen, Sékou Touré.

En 1969, le chef de l'Etat, gagné par la hantise des complots, l'avait fait condamner à mort par contumace et "douze membres de sa famille avaient été arrêtés, condamnés et tués" selon ses proches.

Mamadou Bâ avait travaillé à la Banque mondiale à Washington, ainsi qu'en Côte d'Ivoire, avant de rentrer en Guinée après la mort de Sékou Touré en 1984 et le coup d'Etat du général Conté.

En 1993, il s'était présenté à la première présidentielle pluraliste, une élection contestée remportée par Lansana Conté.

En 2004, M. Bâ avait écrit une lettre ouverte au général-président Conté, l'accusant de "sévir en toute impunité" et d'avoir "échoué totalement sur tous les plans et mené le pays à l'abîme, après 20 ans de pouvoir sans partage".

Il était depuis 2007 le président d'honneur de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), formation dont il avait été le président et qui est actuellement dirigée par l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo.

M. Bâ était marié et père de deux filles.

Décès du doyen Bâ Mamadou à Paris:Retour sur le parcours de l'homme...





Une voix bien connue des Guinéens s'est tûe ce mardi à l'hôpital Paul Brousse de Paris.A 77 ans, le doyen de l'opposition guinéenne, El-hadj Bâ Mamadou a livré sa dernière bataille contre une maladie qui le rongeait depuis plusieurs années.Tout au long de sa vie, l'homme s'est battu pour la démocratie en Guinée.Retour sur le parcours de cet homme au destin peu commun...

Né le 1er avril 1932, Bâ Mamadou est originaire de la ville de Dinguiraye située à 600 kilomètres au nord est de Conakry.Comme beaucoup de ses compatriotes, Bâ Mamadou a connu l'exil notamment en Côte d'Ivoire où il avait des liens très solides avec le défunt président Félix Houphouet Boigny et les Etats-Unis où il a travaillé comme fonctionnaire de la banque mondiale.

En Guinée, Bâ Mamadou se fait remarquer par ses critiques virulentes contre l'ancien président Ahmed Sékou Touré.Après le 3 avril 1984, avec l'arrivée au pouvoir du président Lansana Conté, Bâ Mamadou rentre au bercail suite à l'appel lancé par le nouveau régime en faveur de la diaspora guinéenne.

En 1992, avec l'avènement du multipartisme en Guinée, Bâ Mamadou qui écrivait des chroniques virulentes contre le régime Conté, crée son parti, l'Union pour la nouvelle république(UNR).Il se présente aux premières élections présidentielles de l'histoire du pays, le 19 décembre 1993, des élections remportées par le parti de l'unité et du progrès du président sortant, Lansana Conté.Bâ Mamadou obtient 13,11% des voix.

En 1998, Bâ Mamadou se rapproche de Siradiou Diallo.L'Union pour la nouvelle république(UNR) de Bâ Mamadou, fusionne avec le parti du renouveau et du progrès(PRP) de Siradiou Diallo.Devenu président de la nouvelle formation, l'Union pour le progrès et le renouveau(UPR), Bâ Mamadou se présente aux élections présidentielles de décembre 1998 et part favoir, suite à l'arrestation du leader du Rassemblement du peuple de Guinée(RPG),Alpha Condé.Il termine deuxième à ces élections contreversées gagnées par le président Lansana Conté.

En 2002,Bâ Mamadou quitte l'UPR pour diriger une nouvelle formation, L'union des forces démocratiques de Guinée(UFDG)dont il devient président le 18 octobre 2002.

Après cinq années à la tête de ce parti, El-hadj Bâ Mamadou se retire et conserve le titre honorifique de président d’honneur. Son successeur, Cellou Dalein Diallo est élu président du parti, le 15 novembre 2007.

Après des années de lutte, El-hadj Bâ Mamadou se rétire progressivement de la vie politique tout en intervenant régulièment dans le débat pour la démocratie en Guinée.

Le 5 mai dernier, il a été décoré officier de l’ordre national du mérité par le chef de l’Etat guinéen, le capitaine Moussa Dadis Camara ainsi que le défunt leader Siradiou Diallo à titre posthume.

Nous reviendrons plus en détails sur le programme des funérailles réservées à cet homme qui a marqué la vie politique de son pays.



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