16.06.2009

GUINEE POLITIQUE - DE - DADIS - CLAN

écouter avec RealPlayer

La revue Cultures et Conflits

écouter

La Guinée , otage de l'armée
16-06-09 11:38
Il y a: 51 min

Si cette situation perdure, le peuple n’osera que le choix de la révolte et la plupart des patriotes militaires l’ont compris eux aussi. A terme, ils lâcheront le CNDD les uns après les autres afin d’éviter au pays des drames aux conséquences considérables sans compter le risque certain d’un coup de force par les ennemis du peuple, ce qui remettrait en cause les fragiles acquis.Pour toutes ces raisons, il faut signaler que malgré l’acceptation du chronogramme des Forces vives, les extrémistes de la Junte continuent de s’entêter à remettre en cause son application par des moyens divers, en complicité avec le Président de la CENI, et empêcher ainsi le retour à l’ordre constitutionnel. Au nom du Peuple de Guinée et de tous les patriotes et démocrates épris de paix et de justice, nous demandons ou implorons le Capitaine Moussa Dadis Camara, président de la junte au pouvoir depuis le 22 décembre 2008, ceci : « Prière accepter de se retirer du jeu en organisant dans les meilleurs délais possibles des élections libres et transparentes et d’éviter de prolonger la période de transition par des artifices. Ce serait très utile pour vous, pour vos familles, vos compagnons et pour le pays. Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir qui gouvernera le pays. La situation est très grave et demande un sacrifice de tous pour sauver la patrie, la Guinée».

Décidément l’armée guinéenne veut pérenniser sa dictature sur la Guinée comme une chape de plomb. Après 22 ans de dictature militaire sous la direction du Général Lansana Conté, voici encore aujourd’hui quelques galonnés qui pérorent, sans gêne aucune, à la Radio télévision pour dire au peuple de Guinée : nous voulons rester encore aux commandes pour éviter une guerre civile ou un quelconque danger.


Armée Guinéenne

Mais de quel danger parle t-on ? Si ce n’est le danger que représente l’armée au pouvoir avec son besoin gargantuesque d’argent frais et autres produits de luxe comme les voitures, les belles villas et femmes.

Aujourd’hui, le pays tout entier est quadrillé par l’armée (des sous préfets aux gouverneurs tous quasiment militaires) qui espère, par cette stratégie d’encerclement territorial, intimider les populations guinéennes afin de pérenniser leur pouvoir.

Mais attention ! Chers compatriotes militaires, n’oubliez pas que le peuple de Guinée a eu son indépendance le 02 octobre 1958 après son vote historique sans le concours d’une quelconque armée. C’est seulement deux mois après que l’armée guinéenne a été créée.

Y a-t-il un acte de fierté pour un peuple plus que son combat pour la liberté et pour son indépendance. Alors, chers compatriotes de l’armée guinéenne pouvez vous citer, aujourd’hui, le nom d’un seul militaire vivant qui figure sur la liste des compagnons de l’indépendance ?

Alors, Chers compatriotes militaires, de quel patriotisme vous vantez-vous devant le peuple de Guinée et ses forces vives ? Peut être en dehors de la contribution de nos forces armées à la lutte de libération nationale des colonies portugaises (Guinée Bissau, Les Îles du Cap vert, l’Angola et le Mozambique). C’est acte révolutionnaire et panafricain.

Alors attention ! Chers compatriotes militaires, n’oubliez pas que c’est vous qui aviez soutenu à bras le corps avec vos fusils, braqués sur le Peuple, le régime de feu Lansana Conté, un de vos pairs.

C’est vous qui aviez arrêté et exécuté les anciens dirigeants et les plus valeureux officiers et cadres du pays en 1985 après les tristes évènements du 05 juillet de la même année.

C’est encore vous qui aviez en 1993, 1995, 1998, en 2001 à l’occasion des consultations électorales, bâillonné le peuple pour voler son vote au profit du dictateur le Général Président Lansana Conté, votre mentor.
C’est encore vous qui aviez tiré sans gêne et ni état d’âme sur les dignes fils de la Guinée, arrachant ainsi à la vie de jeunes gens aux mains nues et certainement promises à un avenir certain, pendant les évènements de juin 2006 et de janvier et février 2007.

C’est toujours vous qui aviez pillé les biens des pauvres populations lors des différents évènements de révolte de ce peuple qui voulait signifier son ras le bol.

C’est vous qui aviez assassinés de jeunes forestiers à Cosa, dans la commune de Ratoma, et sans qu’aucune sanction ne soit prise à votre encontre. Que sont devenues leurs dépouilles ?

C’est encore vous qui aviez attaqué le camp des anti- gangs de Cameroun et tué plusieurs dizaines de policiers en 2008.C’est encore vous qui aviez détruit les maisons de pauvres guinéens à Kaporo Rails pour ensuite attribuer des parcelles à d’autres autorités de votre choix. Le chantier est là béant pour le prouver.

C’est encore parmi vous que certaines brebis galeuses écument, aujourd’hui, les quartiers de Conakry, les armes de guerre au point, pour piller, violer et assassiner de paisibles populations. Ces hommes en tenue font régner la terreur blanche que sévit dans la capitale.

Alors que voulez-vous désormais au Peuple de Guinée si ce n’est sa disparition définitive, parce qu’il vit déjà dans une misère noire dans laquelle vous ne pouviez l’en sortir. N’est-ce pas votre faute ? N’avez-vous pas un brin de conscience pour dire, Non ce peuple a aussi droit au bonheur et laissons le disposer de son propre avenir en choisissant librement, cette fois-ci, ses mandataires ?

Alors, désertant ainsi leur mission première pour laquelle ils sont formés et rémunérés, nos Militaires putschistes se sont précipités dans le champ de la politique, entraînant le pays dans une crise sans précédent. Du temps de leur homologue Lansana Conté, ce fut le même processus que les extrémistes de la junte tentent de perpétuer de nos jours. Mais, il est important que ces galonnés sachent ceci : la situation sociopolitique a changé depuis les tristes évènements de janvier février 2007 au cours desquels le peuple de Guinée s’est levé comme un seul homme pour dire NON ! PLUS JAMAIS ÇA.

Alors, face à cette situation pleine de dangerosité pour l’avenir de notre pays qui a déjà payé un lourd tribut pendant les 22 ans de dictature militaire, il est, aujourd’hui, absolument nécessaire et vital que les forces patriotiques (toutes les Forces vives de la Nation) entreprennent immédiatement une campagne de sensibilisation et de rassemblement de toutes les forces démocratiques notamment les militaires visant à barrer la route à la Junte militaire dont les chefs voudraient prolonger la période de transition d’un an à deux ans dans le but manifeste de pérénisser le pouvoir militaire et plonger encore davantage le pays dans le profond puits de la catastrophe.

A cet effet, nous demandons aux différents hauts dirigeants des Forces vives (partis politiques, société civile, coordinations régionales, confessions religieuses etc.) de se concerter afin de proposer une solution commune de chronogramme réaliste comme la dernière fois. A cet effet, un travail de sensibilisation doit être entrepris par la Jeunesse patriotique afin de tout mettre en oeuvre pour ramener à la raison certains jeunes égarés par l’argent facile qu’on leur propose au détriment des intérêts du peuple de Guinée. L’avenir de notre pays dépend de la mobilisation totale de toutes les forces démocratiques pour imposer la restauration de la légalité constitutionnelle qui passe par l’organisation des élections libres et transparentes dans les meilleurs délais possibles.

A ce propos, de nombreux dirigeants politiques et syndicaux poussent dans le sens de la tenue de ces élections afin de remporter la bataille des élections en vue d’une transition apaisée qui permettrait à la direction de la Junte militaire de sortir tête haute de cette période de transition et, de s'assurer, le cas échéant, d'une confortable reconnaissance du peuple de Guinée.

Par ces prises de positions courageuses et loyales envers le peuple, les forces vives de la Nation rejoindront le camp des immortels qui auront contribué à l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée depuis 1958.

Pour cette raison majeure, il est important que l’armée guinéenne adopte le choix des démocrates et des républicains guinéens qui pensent que l'Armée doit s'acquitter de sa tâche de défense de l'intégrité du territoire, veiller sur le maintien de la paix et non se pavaner dans les salons et rues des villes, et se perdre dans les méandres des combines politiciennes dans l’unique but de confisquer le pouvoir par la force des armes.

D’ailleurs, il est nécessaire que la Junte militaire se rende compte qu’aujourd’hui, la désaffection populaire est grandissante à son égard par rappoprt aux premiers jours de sa prise de pouvoir. Il est donc important qu’elle regarde la réalité en face et se convainc du fait que les défections prennent de l’ampleur et ses promesses populistes se retournent progressivement contre lui.

Si hier, la campagne médiatique et populiste engagée par nle Chef de la junte a connu un certain succès parce que répondant à certaines aspirations légitimes des populations; aujourd’hui, le fait qu’elle s’écarte de jour en jour de ces actions et décisions courageuses (lutte contre la corruption, le narcotrafic, la fausse monnaie, les audits contre des prédateurs économiques, l’insécurité etc.), tout semble se retourner contre lui comme un boomerang, et le peuple guinéen en paye le prix fort.

Les promesses irréalistes tenues comme l’eau, l’électricité et autres réalisations sans compter les prix qui allaient baisser, et la liste est longue. Toutes ces promesses ne sont aujourd’hui que des chimères et la population se rend à l’évidence.

Pire, la monnaie guinéenne est dans une situation déplorable, les caisses de l’Etat sont vidées, les banques alimentaires dévastées, les prix augmentent en flèche et l’Etat guinéen en plus de la crise politique qui le paralyse est désormais en état de quasi-faillite.

L’administration est inopérante et l’activité économique est stagnante.

Nous espérons que cette modeste contribution aidera à la compréhension effective de la grave situation sociopolitique que vit notre pays.

De même, que tous les patriotes, démocrates et amis de la Guinée interviendront, par des voies et moyens divers, au niveau des autorités militaires afin qu’ils respectent leurs engagements à mener une transition rapide et paisible, et permettre ainsi à l’armée républicaine guinéenne de sortir par la grande porte de l’histoire de notre cher pays.

Que Dieu et les hommes de bonne volonté sauvent la Guinée.

Transition en Guinée:un réalisateur français craint "un coup d'Etat contre le président Dadis"!




Le réalisateur du film documentaire "Cona’cris, la révolution orpheline", Gilles Nivet a exprimé récemment à Paris des craintes d’un coup d’Etat contre le chef de la junte,capitaine Moussa Dadis Camara.

Le réalisateur français qui a longtemps séjourné en Guinée,a évoqué la crainte parmi les populations sur un éventuel coup d'Etat. "Les gens vivent quotidiennement dans la peur d’un renversement du capitaine Dadis par d’autres militaires", a déclaré Gilles Nivet.

Il a évoqué parmi les signes de nervosité du régime en place les annulations successives des visites du capitaine Dadis Camara en Libye et en Côte d'Ivoire.

"Le capitaine Dadis Camara était déjà dans le salon d’honneur de l’aéroport de Conakry lorsqu’il a annulé son voyage pour Tripoli. Il y a également des arrestations dans les milieux militaires. Le climat se dégrade, faisant craindre des affrontements entre des factions armées", a prévenu M. Nivet.

Gilles Nivet a estimé que le régime du capitaine Moussa Dadis Camara incarnée par le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), est une continuité du "système de Lansana Conté".

"Les hommes qui profitent du pouvoir ont certes changé, mais le système lui-même n’a pas du tout changé. En vérité, le capitaine Dadis lui-même n’est pas un homme nouveau. Pour moi, la Guinée n’est toujours pas tirée d’affaire", a martelé le réalisateur français.

A noter que "Cona’cris, la révolution orpheline", est un film-documentaire de 53 minutes qui raconte les évènements de janvier et février 2007 en Guinée.A l'époque une grève générale illimitée a été violemment réprimée par le régime du défunt président Lansana Conté, faisant plus d'une centaine de morts parmi les populations civiles.

GRADES projette un Colloque international à Conakry pour le mois de Septembre

GRADES GUINEE (Groupe de Recherche et d'Appui au Développement Economique et Social) compte organiser du 21 au 25 Septembre un Colloque International à Conakry. A cet effet voici son son Appel à communication.

Appel à communications

Colloque International

Bilan, Perspectives et Priorités de Développement pour la Guinée

Conakry, 21-25 septembre 2009

Le dernier trimestre 2008 a enregistré à la fois le 50ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée et l’avènement de sa 3ème République. Ces événements constituent des repères importants de l’histoire du pays que le Groupe de Recherche et d’Appui au Développement Economique et Social (GRADES) se propose de souligner par l’organisation de journées de réflexion sur la problématique du développement économique et social de la Guinée. Cette initiative, dénommée les « Journées d’Appui au Développement Economique et Social » (JADES), constitue pour le GRADES, une manière d’apporter sa contribution au processus de changement en cours en Guinée.

Les JADES visent à : (i) dresser un bilan chiffré du développement économique et social de la Guinée après un demi-siècle d’indépendance ; (ii) dégager les enjeux majeurs et perspectives de développement pour la Guinée ;

(iii) suggérer des voies et moyens susceptibles d’améliorer la dynamique de développement socioéconomique qui a prévalu à ce jour.

Les JADES prévoient cinquante heures de communications et débats regroupant une cinquantaine de spécialistes du développement économique et social. Les travaux seront structurés en ateliers autour des thématiques suivantes :

· Gouvernance et changements institutionnels

· Stratégie macroéconomique et financière

· Pauvreté et équité

· Mines, industrialisation et secteur privé

· Agriculture et sécurité alimentaire

· Energie, ressources naturelles et environnement

· Relations économiques extérieures

Dans le cadre des JADES, le GRADES est heureux de lancer le présent appel à communications qui s’adresse aux chercheurs, praticiens, décideurs et acteurs de la société civile oeuvrant dans le domaine du développement.

Comment participer aux JADES ?

La participation se fera sur la base d’invitations envoyées par le comité organisateur. Les personnes désireuses de prendre part à cet événement sont priées de faire parvenir le résumé ou le format complet de leur communication à l’une des adresses ci-dessous. La date limite de remise des propositions de communication est fixée au 15 juillet 2009. Un comité scientifique sera chargé de la sélection des communications qui feront l’objet de présentation aux JADES. Une invitation sera envoyée par communication retenue avant le 31 juillet 2009. Les formats complets des communications retenues devront être transmis au plus tard le 31 août 2009.

Dates à retenir

Remise des propositions de communication : 15 Juillet 2009

Sélection des communications et envoi des invitations : 31 Juillet 2009

Remise des formats complets des communications retenues : 31 Août 2009

Contact

GRADES, Bureau 223, Hôtel Novotel, Conakry, Guinée - Tel: +224 30 41 50 21 (poste 223)

Fatou Hann : Tél. : (+224) 62 00 97 33 Courriel : balzaccc@yahoo.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Mohamed Doumbouya : Tél. : (+33) 06 21 70 01 12 Courriel : doummed@gmail.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Ismaël Fofana : Tél. : (+1) 418 656 2131 poste 6737 Courriel : ifofana@ecn.ulaval.ca

 

Moussa Dadis Camara
partira partira pas

CONAKRY - Il y a six mois, Moussa Dadis Camara s’emparait du pouvoir en Guinée, juste après le décès de Lansana Conté. Il avait alors été accueilli en libérateur par un peuple meurtri par 24 ans de dictature.

Le capitaine Dadis qui, dans un premier temps, avait proposé d’organiser des élections en 2010, a finalement accepté de les faire fin 2009. A moins de six mois de cette échéance, des doutes planent sur le respect du calendrier. Et pour ne rien arranger, certaines déclarations du chef de la junte laissent sceptique une frange des Guinéens.

Écrire un commentaire