05.10.2009
L’Internationale socialiste tous Guinéen (ne) réclame justice
HUMAN RIGHTS WATCH : Pour un traitement juste des détenus de Guinée
Après la répression sanglante de la manifestation de l’opposition, le 28 septembre passé, Human Rights Watch réclame la mise en place d’une commission internationale d’enquête et demande aux autorités guinéennes de libérer ou d’inculper les dizaines de personnes détenues en toute illégalité.
Par Joséphine HEINITZ
Dans un communiqué de presse publié hier, Human rights watch (Hrw) a encore pris position sur la répression sanglante de la manifestation de l’opposition le 28 septembre dernier à Conakry, qui a coûté la vie à plus de 150 personnes.
L’organisation appuie l’appel de la Cedeao pour la mise en place d’une commission internationale d’enquête afin de «faire la lumière sur les actes déplorables commis (…) par le gouvernement guinéen» afin «d’identifier et faire traduire en justice les auteurs des exactions». Le communiqué indique que cette commission qui serait placée sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (Onu), a été acceptée «en principe par les autorités guinéennes le 30 septembre».
Dans la déclaration de Hrw, Corinne Dufka, chercheuse senior pour l’Afrique de l’Ouest souhaite que «l’Union africaine, l’Onu et les acteurs clés tels que l’Union européenne et les Etats-Unis devraient d’ores et déjà annoncer leur appui inconditionnel à la formation d’une telle commission». Ce qui serait une condition d’une impartialité et de l’efficacité de l’enquête.
De plus, Hrw réclame soit la libération immédiate de toutes les personnes détenues sans inculpation après la manifestation de l’opposition, soit leur inculpation pour infraction criminelle, accompagnée de procès équitables. En effet, selon des sources dignes de foi, «aucune des personnes détenues depuis les violences du 28 septembre n’est passée ni n’a été traduite devant un juge. Ce qui constitue une violation à la fois du droit international et du droit guinéen», relève le communiqué.
Le document ajoute que des témoins, des travailleurs humanitaires, des chefs des partis d’opposition et des diplomates interrogés par Hrw «ont affirmé que les forces de sécurité détiennent encore des dizaines de manifestants dont des membres des partis d’opposition, dans les camps militaires». En outre, l’organisation de défense des droits de l’homme a été informée que les soldats se feraient payer pour la libération des détenus. A titre d’exemple, le communiqué cite le cas d’un homme qui a déclaré «avoir eu à ‘négocier’ avec un soldat du corps d’élite des Bérets rouges pour obtenir la libération d’un ami intime détenu au camp militaire Koundara».
CONAKRY — Le président burkinabè Blaise Compaoré est arrivé lundi à Conakry pour une médiation entre la junte au pouvoir et les dirigeants de l'opposition, une semaine après la répression sanglante d'une manifestation d'opposants, a constaté une journaliste de l'AFP.
Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, l'a accueilli au pied de l'avion, à l'aéroport de la capitale.
Un long tapis rouge avait été déployé ainsi qu'une fanfare militaire. Les diplomates accrédités à Conakry avaient été conviés, tout comme les membres du gouvernement.
Sur une banderole de l'association des Burkinabè de Guinée, on pouvait lire: "pour la paix et la stabilité en Guinée et la sous-région, bonne chance au médiateur Blaise Compaoré".
CONAKRY — Le visage encore tuméfié une semaine après le massacre de manifestants à Conakry, une Guinéenne soulève son boubou et dévoile ses bras et fesses meurtris: "J'ai 57 ans et ils m'ont mise à nue! J'ai vu les soldats mettre les fusils dans le sexe des femmes quand ils me frappaient."
Le président de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme (OGDH), Thierno Maadjou Sow, dispose déjà des témoignages "d'une trentaine de femmes violées" par les militaires qui ont réprimé dans le sang, le 28 septembre, une manifestation de l'opposition.
"Nous sommes en train de constituer une association de femmes violées, afin que les victimes puissent porter plainte", annonce ce Guinéen de 77 ans, ancien vice-président de la Fédération international des droits de l'Homme.
La foule s'était massée dans le plus grand stade de Conakry pour un rassemblement "pacifique" contre la probable candidature à la présidentielle du chef de la junte au pouvoir depuis neuf mois, le capitaine Moussa Dadis Camara.
"J'étais au stade. Un soldat avait un couteau, il a déchiré tous mes vêtements", dit la femme de 57 ans, militante du Front uni pour la démocratie et le changement (Fudec), qu'un proche a convaincue de venir témoigner devant des journalistes étrangers.
"Je leur ai dit +je suis votre maman+. Ils m'ont piquée la fesse avec un couteau, ils m'ont battue", poursuit-elle.
A son côté, une femme de 47 ans montre les larges contusions et plaies qui parsèment son dos. "Un militaire m'a frappée, m'a déshabillée, il m'a tapée sur la tête avec le fusil. Ils m'ont fait tomber par terre. Quelqu'un est venu mettre la main... Ils m'ont violée. Je suis sortie de là nue", confie cette mère de deux enfants.
Au total, l'OGDH a avancé le bilan de 157 personnes tuées et 1.200 blessées, dont ces femmes victimes de viols collectifs, en plein jour, aux yeux de tous: "un crime contre l'humanité" caractérisé, fait valoir M. Sow.
Mais du côté du pouvoir militaire, le ministre de la Santé, le médecin-colonel Cherif Abdoulaye Diaby a dit devant la presse: "je ne crois pas qu'il y ait eu des viols", en rappelant le bilan officiel de 56 civils tués.
"Il n'y a eu aucune plainte au niveau de l'hôpital. Mais je voudrais inviter toutes les dames qui ont été victimes de viol à s'adresser à l'équipe d'urgence de l'hôpital Donka", a ajouté ce ministre.
Les forces de l'opposition ont déjà collecté les témoignages de leurs militants pour monter des dossiers d'accusation contre les "bérets rouges" (garde présidentielle), intervenus sous le commandement d'officiers proches du chef de la junte.
L'ancien ministre des Affaires étrangères François Lonsény Fall, lui-même roué de coups par les militaires, assure qu'"ils se sont acharnés particulièrement sur les femmes". "Ils n'étaient pas en possession de leurs moyens: certains disent qu'ils étaient drogués", ajoute-t-il.
Début 2007, des viols avaient déjà été commis par des soldats, au moment de la brutale répression de manifestations contre le régime du président Lansana Conté, décédé en décembre 2008. "Mais c'était dans des maisons" souligne M. Sow.
"Qu'il y ait viols, en public, par un nombre aussi important de militaires, c'est la première fois" en Guinée, assure le président de l'OGDH, neuf mois après la prise du pouvoir par de jeunes officiers de la garde présidentielle.
"Une femme qui avait été violée et mutilée vient de mourir, annonce-t-il. Il y a aussi des filles qui sont devenues folles, au moins trois. La haine qui a conduit à une telle cruauté, je ne sais pas comment l'expliquer".
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La France prend position contre le dirigeant de la junte guinéenne

INTERNATIONAL - Bernard Kouchner estime qu'«on ne peut plus travailler» avec Dadis Camara...
«Peut-on faire une mission internationale?»
Interrogé par Le Figaro-LCI-RTL, le ministre a précisé que la France travaillait à une forme d'«ntervention internationale» pour résoudre la crise en Guinée.
«Peut-on faire une mission internationale? Nous avons alerté la CEDEAO (communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), il faut que le Nigeria soit d'accord, nous y travaillons», a déclaré Bernard Kouchner.
«Le danger de guerre inter-communautaire est immense. Il s'est passé cette chose effrayante et sauvage, nous ne pouvons pas l'accepter», a-t-il également dit. «Il me semble qu'aujourd'hui, on ne peut plus travailler avec Dadis Camara, et qu'il faut qu'il y ait une intervention internationale», a-t-il ajouté.
Massacre en Guinée: Dadis Camara ne se reconnaît "aucune responsabilité"
CONAKRY - Le chef de la junte au pouvoir depuis neuf mois en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, ne se reconnaît "aucune responsabilité" dans le massacre de manifestants perpétré le 28 septembre par des militaires à Conakry.
A la question "vous ne vous sentez aucune responsabilité vis-à-vis des morts du 28 septembre?", le président autoproclamé de la Guinée a répondu, lors d'un entretien diffusé dimanche sur Radio France Internationale (RFI): "aucune responsabilité".
"On me dit qu'il y a eu carnage et que les militaires ont tiré. On ne peut pas contester ce qui est déjà là. Mais à qui on va incomber cette responsabilité? Ce n'est pas au président Dadis. (...) Le président Dadis était dans son bureau" a déclaré le capitaine, parlant de lui-même à la troisième personne.
"C'est archi-faux" de dire que le président a donné l'ordre de tirer, a-t-il également assuré, alors que des témoins avaient affirmé que son aide de camp et son neveu faisait partie des dirigeants des opérations au stade.
Le chef de la junte s'exprimait près d'une semaine après la répression sanglante, dans un stade, d'un rassemblement de l'opposition, qui protestait contre son éventuelle candidature à la présidentielle du 31 janvier.
Ses propos interviennent à la veille de la visite du "facilitateur" dans la crise guinéenne, le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré, attendu lundi à Conakry.
Selon la junte, 56 civils ont alors été tués, mais l'organisation guinéenne pour la défense des droits de l'homme a avancé le bilan de 157 morts et 1.200 blessés, et l'Onu plus de 150 morts, tandis que des familles recherchent toujours des disparus.
Le capitaine Dadis Camara a soutenu qu'"un complot" avait été fomenté par les leaders d'opposition pour ternir "l'image du président Dadis".
Refusant une nouvelle fois de dire clairement s'il serait candidat à la présidentielle prévue le 31 janvier, il a expliqué qu'il serait "inhumain" de sa part de se prononcer à ce sujet, en ce moment, après la mort des manifestants.
Mais il a déclaré: "je suis prêt, même, à démissionner de l'armée (...) si je veux être candidat (...). Si je veux me présenter, et si j'échoue, je m'en irai dans mon village ou bien je demanderai à aller au sein d'une institution internationale comme je l'avais dit".
(©AFP / 04 octobre 2009 12h54)
RÉPRESSION MEURTRIÈRE EN GUINÉE : L’Internationale socialiste réclame justice
Les auteurs de la récente répression meurtrière en Guinée-Conakry devraient être poursuivis devant le Tribunal pénal international, selon le président du Comité Afrique de l’Internationale socialiste.
Le Comité Afrique de l’International socialiste (Is) considère que la répression sanglante des manifestations en Guinée ne doit pas rester impunie. Selon un communiqué signé par son président, Ousmane Tanor Dieng, « face à l’extrême gravité d’un acte aussi révoltant, la communauté internationale ne devra pas se contenter de simples condamnations verbales, de protestations outrées, de dénonciations indignées ».
L’Internationale socialiste, qui promet de ne ménager aucun effort dans ce sens, souligne que l’assassinat de masse commis par le pouvoir guinéen, « est recevable du Tribunal pénal international ».
M. Dieng estime que tous ceux qui, directement ou indirectement, exécutants et inspirateurs, seront identifiés comme les véritables coupables de ce carnage, devraient déférer devant le Tpi.
Pour l’Is, l’impératif d’agir dans ce sens et la responsabilité de tendre vers un tel objectif incombent naturellement à toute la communauté internationale, à commencer par l’Union africaine et les pays de la sous-région.
« Toutes affaires cessantes, le kyste que représente la junte guinéenne doit être extirpé sans délai », soutient Ousmane Tanor Dieng qui ajoute : « il faut le faire vite pour l’honneur de la démocratie, pour celui des populations africaines et pour le respect des droits de l’Homme et des libertés ».
Le Comité Afrique de l’Internationale socialiste exprime sa solidarité au peuple guinéen et présente ses condoléances aux familles éplorées par la barbarie de la junte militaire.
14:03 Publié dans Dernier Nouvelle de Guinée Conakry Par Mountagha B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












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