Guinée . Le chef putschiste impose ses caprices à tout un peuple. La récente répression a fait plus de 150 morts.
La junte militaire s’étant emparé du pouvoir en Guinée le 23 décembre 2008 souffre-t-elle de dédoublement de la personnalité ? Elle dit tout et met en pratique le contraire avec une constance qui n’est pas sans évoquer le fantôme de l’ex-« empereur » centrafricain Bokassa, celui qui donnait du « cher parent » à Valéry Giscard d’Estaing, grand amateur de safaris et de cadeaux aux couleurs de diamant. Dans la revue Afrique-Asie, Mamadou Sandé, ministre de l’Économie du gouvernement putschiste, assure sans rire que Moussa Dadis Camara, leader du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), « est fidèle à ce qu’il dit. Il a dit et répété qu’il ne se présentera pas à la présidentielle » (prévue pour janvier 2010)… La cause serait donc entendue ! À ceci près que, désormais, le chef de la junte fait dire par d’autres et insinue lui-même que, cédant à l’affectueuse sollicitation du peuple (des groupes se sont périodiquement manifestés durant cet été avec pour cri de ralliement : « Moussa Dadis doit rester »), il lui faudra bien renier son engagement d’hier. Cette volte-face fut à l’origine du cortège organisé au début de la semaine dernière par l’opposition. Plus de 150 morts et 1 200 blessés dans la répression de cette manifestation pacifique. Répression suivie de rafles aveugles, dont les victimes sont empilées dans des prisons où tortures et viols seraient monnaie courante.
Moussa Dadis Camara manifeste une personnalité indissociablement autoritaire et fantasque. Au point de n’avoir participé qu’une seule fois au Conseil des ministres qu’il a mis en place, rapportait Jeune Afrique. Pourquoi se gêner ? le dit Conseil, n’étant qu’une caisse de résonance des ordres souvent contradictoires diffusés depuis le camp Alpha-Yaya-Diallo, où trône le putschiste en chef. Les questions s’y règlent devant les caméras de la Radiotélévision guinéenne présentes vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le feuilleton quotidien qui en résulte est baptisé « Dadis show » par les citoyens de base et alimente d’interminables discussions et plaisanteries de la rue. Notamment pour les célèbres crises de fureur du dictateur de fraîche date, en particulier à l’encontre de son premier ministre Kabiné Komara promu au rôle de souffre-douleur. S’adressant téléphoniquement au cabinet du premier ministre en titre, Dadis s’emportait : « Il est culotté de recevoir un directeur de zone aurifère sans nous en tenir informés ! Ce n’est pas lui qui a pris le pouvoir ! Il est gonflé, hein ! Il n’a pas affaire à un con ! »
Ce comportement proche de l’hystérie suscite l’effarement des chefs d’État africains. Pas de tous toutefois, si l’on en juge par les voyages réguliers du président sénégalais Abdoulaye Wade, se faisant dérouler le tapis rouge par un Dadis affamé de reconnaissance internationale. La France, elle, vient certes de suspendre sa coopération militaire avec Conakry (difficile de faire moins après le récent massacre) mais il se murmure que deux proches de Sarkozy - Patrick Balkany et Robert Bourgi - travaillent à convaincre l’Élysée qu’une victoire présidentielle de Dadis pourrait être favorable aux intérêts de la « Françafrique ». Après la promotion d’Ali Ben Bongo au Gabon, celle de Moussa Dadis Camara en Guinée ? Comme aime le répéter Sarkozy, la « rupture » est en marche.
Jean Chatain
La Guinée à sang, dégoût à Aubervilliers
Mardi 06/10/2009 | Posté par Aladine Zaiane
Dix jours sont passés depuis la dure répression d’une manifestation de rue contre le capitaine putschiste Moussa Dadis Camara. Rencontre avec Kadiatou.
« Je ne tolérerai plus le moindre dérapage. Quiconque tentera d’entraver cette transition sera traité comme un ennemi, au sens militaire du terme. » C’est en ces termes, confiés à Jeune Afrique en janvier 2009, quelques semaines après son coup d’Etat du 22 décembre 2008 à la mort de Lansana Conté, que le nouveau « Mangué » (« chef » en langue soussou) et capitaine Moussa Dadis Camara parlait de ses opposants. Pas étonnant, donc, qu’une manifestation « anti Dadis » organisée le 28 septembre à Conakry ait été réprimée dans le sang (entre 150 et 180 morts, beaucoup des corps, « introuvables », n’ont toujours pas été remis aux familles).
Pas étonnant non plus, le mécontentement de la population dans ce pays où Lansana Conté avait érigé le clientélisme et le népotisme au sommet de la crapulerie. A l’origine donc, la prise de pouvoir par Camara et l’armée devait permettre une transition vers des élections « libres et démocratiques », et le capitaine Camara la justifiait, arguant que les personnes au pouvoir étaient incapables « d’enrayer la descente aux enfers de notre pays ». En effet, indépendante depuis 1958, la Guinée-Conakry n’a jamais été un pays démocratique et stable, de Sékou Touré à aujourd’hui.
Kadiatou, Guinéenne d’origine, vit à Aubervilliers. Elle se rappelle de son dernier séjour en Guinée, en 2008, quelques mois avant le décès de Lansana Conté. Le pays vivait alors dans une sorte d’anarchie : « Le pouvoir était présent seulement à travers les militaires dans la rue qui imposaient comme ils le font aujourd’hui leurs propres lois. La police est, là-bas, inexistante. »
En 2008, le Mangué Conté était très gravement malade et cela depuis un bon moment déjà, il ne contrôlait semble-t-il plus rien dans le pays mais s’accrochait encore à son trône. « En réalité c’était son clan, sa famille, qui géraient les affaires », dit Kadiatou. L’insécurité est est une plaie quotidienne : « Il y a des braquages au domicile des gens à visage découvert et en plein jour, témoigne Kadiatou. Même quand tu prends le taxi, c’est chaud, car ils sont de mèche avec les bandits. Mon oncle s’est fait enlever deux fois pour te dire ! »
C’est avec amertume qu’elle nous parle de son pays, dont elle souhaite qu’il sorte de ce cercle vicieux. Pour faire entendre son mécontentement, elle a participé à un rassemblement devant l’ambassade de Guinée, à Paris, samedi 3 octobre. « Les gens prenaient la parole pour dire des choses qu’on savait déjà, je n’ai pas trouvé cette manifestation vraiment enrichissante. » Pour Kadiatou, il faut faire plus que montrer son mécontentement : « Le jour où on pourra s’en sortir, ce sera lorsqu’il n’y aura plus de dictature et plus de corruption. Il y a tellement de ressources en Guinée et c’est un pays tellement beau ! Non, vraiment, on se fait de la tune sur le dos des Guinéens… »
Aladine Zaiane
| Communiqué des Guinéens de Toulouse |  |  |  |
| Écrit par Guinéens de Toulouse |
| 06-10-2009 |
| En Guinée-Conakry, le 28 septembre 2009 les forces vives (Intersyndicale, associations, société civile et partis politiques) ont organisé une manifestation pour protester contre la dictature militaire et la candidature du chef de la junte au pouvoir le capitaine Moussa Dadis Camara aux élections présidentielles prévues le 31 janvier 2010. Cette manifestation a été violemment réprimée faisant prés de 200 morts, des milliers de personnes blessées, des cas de viols et plusieurs arrestations dont les leaders politiques. Les Guinéens de Toulouse Condamnent avec fermeté ces incivilités et ces exactions devenues une monnaie courante en République de Guinée et soutiennent le peuple de Guinée et les forces vives de la nation. Nous lançons un appel solennel aux autorités Françaises et à la communauté internationale afin de prendre des sanctions ciblées et d’augmenter la pression sur la junte militaire en Guinée en vue de mettre fin aux exactions en cours. Nous appelons également les forces vives de la nation Guinéenne d’organiser des mouvements de désobéissance civile dans tout le pays jusqu’au départ définitif de la junte du pouvoir Nous exigeons de la junte : <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->La libération sans délai des personnes arrêtées lors de la manifestation <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->La cessation des exactions contre les populations civiles <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->La mise sur pied d’une commission internationale pour identifier et traduire en justice (TPI) les auteurs et commanditeurs de ces actes odieux et barbares <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Le départ immédiat et sans conditions de la junte au pouvoir L’envoi en Guinée d’une force international de protection de la population (ONU, l’UA, CEDEAO), Nous attirons l’attention de l’opinion publique sur la nécessité d’user rapidement de tous les moyens possibles pour faire partir la junte et mettre fin aux violations des droits de l’Homme en Guinée. Nous adressons nos condoléances au peuple de Guinée, aux familles des victimes et exhortons tous les citoyens du monde d’apporter leurs soutiens au peuple martyrisé de Guinée. |
Sassou Nguesso condamne les évènements en Guinée et conseille la prudence aux initiatives de règlement de la crise
APA-Brazzaville (Congo) Le président congolais Denis Sassou Nguesso a condamné la violente répression militaire qui a fait quelque 150 morts dans la population civile en Guinée-Conakry et recommandé la prudence aux initiatives en cours en vue du règlement de la crise dans ce pays.
« L’attitude des autorités guinéennes est condamnable », a indiqué Sassou Nguesso, dans une déclaration à la presse, le 2 octobre dernier à Brazzaville, à son retour de la 64ème session Assemblée générale des Nations unies tenue à New York.
« Les autorités guinéennes et le peuple guinéen n’ont pas besoin de passer sur les cadavres pour atteindre la démocratie », a dit le président congolais qui s’est refusé à donner des conseils à la junte militaire au pouvoir en Guinée.
« A mon avis, il n’est pas question de donner des conseils (…). En pareil circonstance, je crois qu’il faut être prudent pour éviter des dégâts inutiles », a-t-il expliqué.
Les militaires ont tiré à balles réelle sur une foule rassemblée au stade du 28 septembre à Conakry pour une manifestation hostile à une éventuelle candidature du capitaine Moussa Dadis Camara, le chef de la junte militaire au pouvoir en Guinée.
« On parle de cent à cent cinquante morts. Cela n’est pas une bonne attitude de la part des autorités guinéennes », a souligné le chef de l’Etat congolais, rappelant qu’il avait évité pareil sort à son pays pendant la conférence nationale souveraine tenue de février à juin 1991.
« Pendant la conférence nationale souveraine, j’ai refusé cela en assumant toute ma responsabilité devant les faits qui m’étaient reprochés. Je n’avais pas voulu que le sang coule au Congo pour que le Congo arrive à la démocratie », a-t-il dit.
« Vous savez vous-même combien d’écueils le Congo a eu pendant sa transition (…). Voilà pourquoi en pleine conférence nationale en 1991, j’avais dit que le Congo n’avait pas besoin du sang pour arriver à la démocratie », a conclu Sassou Nguesso.
Trois guerres civiles ont toutefois ravagé successivement le Congo, en 1993-94, 1997 et 1998-99.
La Guinée compte ses morts

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Les corps des victimes des violences ont été conduits à la mosquée de Conakry pour y être identifiés. Les autorités parlent d'une cinquantaine de morts, les ONG d'une centaine de plus.
Photo AP
Une semaine après des affrontements entre l'armée guinéenne et des opposants à Conakry, de nouveaux témoignages accablants émergent pour décrire les atrocités commises par des soldats. Pendant ce temps, le président du Burkina Faso se propose comme médiateur pour résoudre la crise politique dans ce pays où la présence d'investisseurs étrangers contribue au maintien d'un pouvoir corrompu.
Dans son bureau de Lausanne, en Suisse, Adjidjatou Barry Baud est inquiète. Les nouvelles que reçoit l'éditrice de GuinéeActu en provenance de Conakry sont mauvaises. «J'ai très peur. J'ai peur que la Guinée ne sombre dans la guerre civile.»
Une semaine après des affrontements violents entre les soldats de l'armée et des partisans de l'opposition qui étaient réunis dans un stade de la capitale, le calme semble être revenu à Conakry. Mais des témoignages additionnels émergent sur les méthodes répressives employées par l'armée - voir le texte ci-dessous - et les leaders politiques de l'opposition n'oseraient plus dormir chez eux.
Selon les autorités, 56 personnes y ont perdu la vie, mais l'ONU et des ONG soutiennent qu'il y aurait au moins 100 victimes de plus, sans parler du millier de blessés.
C'était le premier affrontement du genre depuis l'arrivée au pouvoir de la junte militaire en décembre dernier. L'opposition veut empêcher l'actuel président Moussa Dadis Camara de se présenter aux élections de 2010. Elle lui demande de quitter le pouvoir immédiatement en faveur d'un gouvernement civil.
De bonnes affaires
Mais pour Bonnie Campbell, professeure à l'UQAM et directrice du Groupe de recherche sur les activités minières en Afrique, les événements de la dernière semaine ne sont que la pointe de l'iceberg qui afflige cette contrée d'Afrique de l'Ouest. «C'est un pays de paradoxes, dit-elle. Il est extrêmement riche sur le plan minier, mais son gouvernement manque de transparence.»
Les ressources minières de la Guinée en bauxite, alumine, or et diamants sont faramineuses. La Guinée est le plus important producteur de bauxite, principal minerai d'aluminium, au monde avec des exportations de plus de 450 millions de dollars. Le Canada, comme bien d'autres pays occidentaux, y brasse de bonnes affaires.
«La présence étrangère fait que tout le monde participe à ce système de gouvernance peu transparent, rappelle Mme Campbell. C'est une logique de reproduction du pouvoir dans laquelle les affaires trouvent leur place.»
Dans un système où les redevances minières enrichissent l'État - et surtout ceux qui y sont à la tête - le pouvoir exerce un grand attrait pour les candidats. «Ceux qui accèdent au pouvoir accèdent aux fonds», résume Mme Campbell.
Que penser des leaders qui espèrent briguer les élections présidentielles de 2010? Adjidjatou Barry Baud est critique. Certains sont «bons», mais disposent de peu de moyens. D'autres, plus fortunés, sont d'anciens politiciens. «Il y en a un qui été là pendant 11 ans, mais n'a rien fait pour le pays», déplore Adjidjatou Barry Baud.
L'éditrice entretient également peu d'espoir envers la démarche de médiation du président burkinabè, Blaise Compaoré. «Compaoré a tué son ancien président», rappelle Mme Barry Baud, en référence au coup d'État de 1987 au cours duquel Thomas Sankara a été tué. «Il a fait deux mandats à la tête du Burkina Faso et est en train de modifier la Constitution pour pouvoir en obtenir un troisième.»
Hier, Compaoré a proposé à la junte au pouvoir et à l'opposition de se rencontrer «très rapidement» à Ouagadougou.
- Avec l'AFP
Guinée Conakry : Mission "compliquée" pour Blaise Compaoré
Mission difficile, pour ne pas dire impossible. S’il est convenu dans les milieux diplomatiques qu’il faut toujours être optimiste lorsqu’on parle de règlement de conflit, le médiateur burkinabé de la crise guinéenne, le président Blaise Compaoré, a du pain sur la planche. A bien des soucis à se faire. Et pour cause.
Aux chevets de la Guinée Conakry depuis hier lundi, l’homme fort du " pays des hommes intègres " doit faire face à une équation compliquée. Dans son cahier de charge, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, entend de lui qu’il fasse " baisser la tension " qui règne dans ce pays depuis une semaine. Disons plus précisément, depuis que la junte au pouvoir a maté dans le sang, un meeting de l’opposition au Stade de Conakry. Avec au décompte. " 56 morts ", côté officiel. " 157 morts et 1200 blessés ", vu par l’opposition et la Ligue guinéenne des droits de l’homme. Pendant que l’ONU évoque le chiffre de " plus de 150 morts ". A cet effet, le président du Faso est appelé à faire le tour de ce que l’on appelle également en Guinée. Les " forces vives de la Nation". Pris sous l’angle de tous les acteurs de la crise. La junte au pouvoir. L’opposition. Ainsi que la société civile. Des acteurs de la vie sociopolitique guinéenne en divorce quasi-consommé. En cela que le pouvoir tente de rejeter la responsabilité des massacres du 28 septembre sur l’opposition. Dans une interview diffusée dimanche sur Radio France internationale, RFI, le président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara, n’a reconnu " aucune responsabilité " dans ce massacre. Il n’a pas hésité à parler de " complot " ourdi, fomenté par les chefs de l’opposition. Aux fins de " ternir " son image.
Faux ! Rétorquent l’opposition, de même que les organisations de défense des droits de l’homme. Pour eux, il n’y a pas de mystère autour de ce dossier macabre. Les putschistes du 23 décembre 2008 portent l’entière responsabilité des événements du 28 septembre. Une position également soutenue par la Communauté internationale qui ne porte pas de gants pour accuser le capitaine Moussa Dadis Camara et ses camarades du camp Alpha-Yaya Diallo d’avoir systématiquement violé les droits de l’homme. L’ancienne puissance coloniale, la France, est d’ailleurs la première a tiré la sonnette d’alarme. Par le biais du Quai D’Orsay. Le ministère des Affaires étrangères. Au lendemain du scandale de Conakry. Avec à la clé, la suspension de la coopération militaire avec la Guinée et une redéfinition de la coopération bilatérale globale. Pour le patron de la diplomatie française, Bernard Kouchner, reconnu pour son engagement en faveur des droits de l’homme, " …on ne peut plus travailler avec Dadis Camara ". D’où la complexité de la mission du médiateur Blaise Compaoré. Comment ramener autour de la même table, un pouvoir qui semble ne plus être prêt à respecter sa parole consistant à se retirer au terme de la transition. Qui doit prendre fin à l’issue de la présidentielle du 31 janvier 2009. Et une opposition et un peuple, qui accuse la junte militaire de " haute trahison ". Une junte qui de surcroît, s’offre le luxe de tirer à balles réelles sur des populations civiles sans défense. Humilier et Violer des mères et futures mères de famille. Passer à tabac des dirigeants politiques. En un mot, mettre en veilleuse les droits élémentaires du peuple.
Face à une situation politique où l’ " irréparable " est fait, peut-on espérer autre porte de sortie pour la junte militaire que l’abandon de l’ambition présidentielle à l’échéance 2010. Donc, le départ du pouvoir. Avec en contrepartie et au nom de la paix, peut-être la grâce de ne pas avoir à répondre devant les juridictions compétentes pour " haute trahison " ? Le dix huit septembre dernier, c’est-à-dire dix jours avant que la situation politique guinéenne ne tourne au cauchemar. L’Union africaine avait donné un ultimatum d’un mois aux membres de la junte. Pour s’engager par écrit, à ne pas se porter candidats à la présidentielle du 31 janvier 2009. Sous peine de sanctions. Aujourd’hui, les données sont tellement si compliquées qu’au meilleur des cas, on ne peut qu’espérer que les Guinéens consentent à une sortie en douceur à la junte. A mon humble, agir autrement. C’est jeter les bases d’un embrasement certain de la Guinée Conakry. Un pays habitué aux promesses jamais tenues des dirigeants successifs depuis 1958. Autant répéter après le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Qu’en Guinée, " le danger de guerre intercommunautaire est immense. " En fin négociateur, le président Blaise Compaoré sait qu’il marche sur des œufs. A lui d’éviter qu’ils se cassent.
6-10-2009, Héribert-Label ADJOVI
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