08.10.2009

CNDD GROUPE SANGLATE ASSASSIN DE LA REPUBLIQUE

Guinée: une commission d'enquête indépendante va être mise en place, selon le capitaine Camara

AP | 08.10.2009 | 14:01

Le chef de la junte au pouvoir en Guinée a affirmé qu'une commission indépendante allait enquêter sur la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition organisée la semaine dernière dans le principal stade de Conakry.

Le capitaine Moussa "Dadis" Camara, qui s'est emparé du pouvoir il y a neuf mois à la faveur d'un coup d'Etat, a déclaré que la commission de 31 membres comprendrait sept magistrats du ministère de la Justice.

Il a assuré dans un entretien accordé mercredi soir à la télévision d'Etat qu'il répondait aux appels de la communauté internationale, de l'oppposition politique et de groupes locaux qui ont réclamé l'arrestation des auteurs des tirs meurtriers et des poursuites à leur encontre.

Selon une organisation de défense des droits de l'Homme, au moins 157 personnes ont été tuées et plus de 1.000 autres blessées lorsque l'armée a ouvert le feu sur la foule de 50.000 personnes rassemblées dans le stade national le 28 septembre pour une manifestation contre le capitaine Camara. La junte avance, elle, un bilan de 57 morts.

Après avoir affirmé lors de son accession au pouvoir qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle prévue le 31 janvier, le leader de la junte entretient désormais le flou sur une éventuelle candidature. AP

Guinée: RSF appelle à protéger les journalistes menacés par les ...
Le Monde
L'AFP a pu constater le 5 octobre à Conakry que les "bérets rouges" (garde présidentielle) mobilisés le jour de la visite du président burkinabè, ...

Les Etats-Unis demandent aux militaires de quitter le pouvoir

"Les viols et les meurtres commis par des troupes gouvernementales sont une terrible violation des droits des citoyens de ce pays", a déclaré la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, outragée par la violence qui a éclaté à Conakry le 28 septembre dernier. Cent cinquante sept personnes avaient été tuées lors d'un rassemblement de l'opposition dans un stade de la ville. Hillary Clinton a demandé le départ des militaires à la tête du pays, dont celui de Dadis Camara, président de la junte. L'oposition guinéenne lui a emboîté le pas.

Guinée: le junte doit « de profondes excuses » au peuple

 Les Etats-Unis ne cessent de s’indigner au sujet des sanglants événements du Stade du 28 Septembre à Conakry. Les auteurs de ces meurtres et viols contre les manifestants de la capitale guinéenne doivent être traduits en justice, a déclaré la secrétaire d’Etat américaine. La junte au pouvoir doit des excuses au peuple guinéen, estime Mme Hillary Clinton.

Guinée2La secrétaire d’Etat Clinton a exprimé la position américaine lors d’une conférence de presse conjointe, mardi, en compagnie du chef de la diplomatie pakistanaise, Shah Mehmood Qureshi, à Washington. Elle s’est dite scandalisée et consternée par ce qu’elle a décrit comme étant le massacre indiscriminé et le viol des manifestants par les troupes gouvernementales dans le stade de Conakry.

Selon Mme Hillary Clinton, ces préoccupations ont été directement exprimées aux principaux responsables gouvernementaux de la Guinée par le secrétaire d’Etat-adjoint américain aux Affaires africaines, Johnie Carson. Ce dernier a clairement expliqué que les Etats-Unis entendent prendre « les mesures appropriées » contre la junte qui s’est emparé du pouvoir en Guinée en décembre dernier, a souligné la chef de la diplomatie américaine.

« Les dirigeants guinéens doivent de profondes excuses aux gens qui s’étaient rassemblés en vue de manifester pacifiquement contre le coup de force des militaires. Ils doivent non seulement des excuses verbales, mais aussi l’admission qu’ils ne peuvent pas demeurer au pouvoir, qu’ils doivent restituer au peuple le droit de choisir librement ses dirigeants », a déclaré la secrétaire d’Etat américaine.

Selon des organisations locales des droits de l’Homme, les soldats guinéens – y compris les éléments de la garde présidentielle du capitaine Camara – ont abattu au moins 157 personnes. Le gouvernement situe le bilan à moins d’un tiers de ce total.

Les manifestants ont fait état d’actes de violences contre eux, y compris des viols, violences et autres formes d’humiliation. Certains ont fourni des photos prises à l’aide leur téléphone cellulaire montrant ce qui semblait être des actes de violence des militaires contre les femmes.
Pour la secrétaire d’Etat américaine – qui, la semaine dernière, a mené les efforts au Conseil de sécurité pour condamner la violence contre les femmes et les filles en zone de conflit – les informations relatives aux violences sexuelles en Guinée sont particulièrement troublantes.

« Cela ne vous surprendra pas d’entendre que je suis particulièrement scandalisé par la violence contre les femmes, en plein jour, dans un stade. C’était la criminalité au plus haut degré. Et les auteurs de tels actes ne doivent aucunement avoir l’illusion qu’ils échapperont à la justice », a déclaré Mme Hillary Clinton, ajoutant qu’il ne saurait y avoir d’impunité et que des efforts doivent être déployés pour faire juger, dans les meilleurs délais, les cerveaux et les auteurs de ces meurtres et viols.

Le département d’Etat américain a appelé à un retour, dès que possible, à un régime civil en Guinée, insistant, par ailleurs, que les membres de la junte guinéenne s’en tiennent à leur promesse de ne pas se porter candidats aux prochaines élections.

De leur côté les Forces vives, qui regroupent les partis d’opposition, les syndicats et associations de la société civile posent de nombreux préalables à leur venue à Ouagadougou.

Massacre en Guinée : l'ONU a dépêché un enquêteur

PARIS — La Haut-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU a annoncé mercredi à Paris avoir envoyé un "conseiller spécial" en Guinée pour enquêter sur le massacre par des militaires le 28 septembre de plus de 150 manifestants réunis à Conakry à l'appel de l'opposition.

"Nous avons envoyé un conseiller spécial pour les droits de l'Homme, qui est là-bas, sur le terrain, en train d'enquêter pour nous", a déclaré Navanethem Pillay à la presse.

La responsable onusienne, qui avait déjà qualifié de "bain de sang" la violente répression orchestrée par les forces de l'ordre guinéennes, a affirmé que son bureau avait "reçu des informations sur de nombreux meurtres", notamment de jeunes hommes et sur le viol de femmes.

Mme Pillay a précisé que "la question des récentes atrocités en Guinée" avait notamment été abordée lors de ses entretiens à Paris, successivement avec le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner et avec le secrétaire général de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf.

"J'ai été exhortée, à la fois par le ministre des Affaires étrangères et par l'OIF, à user des pouvoirs de mon organisation pour lancer une enquête (...) et établir si des crimes graves ont été commis", a-t-elle dit.

Selon l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme, 157 personnes ont été tuées et 1.200 blessées dans un stade de Conakry le 28 septembre lors de la répression d'une manifestation contre l'éventuelle candidature du chef de la junte à la présidentielle de janvier. L'ONU parle de "plus de 150 morts". La junte au pouvoir maintient un bilan officiel de "56 civils tués".

La France, qui a fortement condamné les violences et suspendu sa coopération militaire avec la Guinée, a encore haussé le ton mercredi en déclarant qu'elle suspectait le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, d'avoir "participé à la décision" qui a conduit au massacre.

Guinée : Bernard Kouchner accuse le chef de la junte

Bernard Kouchner accuse le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, d'avoir décidé de la répression qui a conduit au massacre, le 28 septembre dans le stade de Conakry. "Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on soupçonne fortement le président intérimaire d'avoir (...) participé à la décision" de la répression sanglante, a dit le ministre lors d'une audition devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale

Ce jour-là, les opposants manifestaient pour s'opposer à la candidature éventuelle du chef de la junte à l'élection présidentielle prévue à la fin 2009 ou au début 2010 en Guinée. Jusqu'à présent, le capitaine Moussa Dadis Camara a multiplié les déclarations contradictoires quant à sa candidature ou non à l'élection.

Pour Bernard Kouchner, il reste "très difficile" de dire si le chef de la junte est responsable de l'intervention de l'armée, qui a fait plus de cent cinquante morts lors de la manifestation. "Evidemment il s'en défend (...). Pourtant, ce sont des bérets rouges, des forces qui entourent l'auteur du coup d'Etat" qui ont perpétré le massacre, a relevé Bernard Kouchner. Il a remarqué que le capitaine Dadis Camara "habite toujours dans un camp militaire" dans la banlieue de la capitale "et pas au palais" de la présidence. Il "est toujours entouré de ces forces militaires-là, composées en particulier de 'forestiers', qui ont été renforcées, dit-on, par des troupes venues du Liberia, d'anciens mercenaires", a indiqué le ministre.

De leur côté, les proches du chef de la junte dénoncent un "lynchage politique et médiatique" de la part du chef de la diplomatie française. "Ce n'est pas digne de la grande France que nous connaissons", a déclaré Idrissa Chérif sur la chaîne d'information France 24. "Nous demandons à la plus haute autorité française de demander à Bernard Kouchner de faire de la retenue. C'est très, très important", a-t-il ajouté.

Guinée – États-Unis : « Possibilité de bloquer les visas pour les membres du CNDD et leurs familles »

Le sous-secrétaire d'état adjoint américain aux Affaires africaines, W. Fitzgerald, vient d'annoncer à Conakry que les États-Unis vont « bientôt » envisager des « sanctions ciblées contre les membres du CNDD - junte au pouvoir - ainsi que leurs familles.»


« Nous allons essayer de cibler les sanctions, nous n'avons aucun problème avec le peuple guinéen...Les sanctions que nous envisageons seront ciblées contre les membres du CNDD, les officiers militaires, les acteurs dans le gouvernement - ministres ndlr - », explique-t-il.

Pour le diplomate américain en mission à Conakry depuis le 4 octobre, cette sanction va consister d'abord à " bloquer les visas" à ces personnalités citées haut ainsi que leurs familles.

" On va voir s'il faut coordonner cette sanction avec nos partenaires comme la France, l'Union Européenne, le Canada, le Groupe de Contact international," ajoute Fitzgerald.

Le Sous-secrétaire d'Etat adjoint pour le Bureau des Affaires africaines du Département d'Etat quitte ce soir conakry après avoir effectué une mission dont l'objectif était de " discuter de la situation politique actuelle" en Guinée.

Lors de sa rencontre avec le chef de la junte, Capitaine Dadis, Fitzgerald affirme qu'il a fait part de la " préoccupation et l'inquiétude " du gouvernement américain quant aux problèmes des droits de l'homme, la répression vigoureuse des évènements du 28 septembre, l'impunité dont jouissent les forces armées.

Aux journalistes, il a dit que le capitaine Dadis lui a signifié qu'il y a " un problème de contrôle des militaires".

" Mais pour nous, souligne le diplomate américain, la faute est de lui, en tant que chef de la junte...Oui, les militaires -incontrôlés - ont fait des exactions, mais en tant que chef, il en est responsable".

" J'ai dit aussi que les États-Unis exigent à ce qu'il ( capitaine Dadis ) ne soit pas candidat en 2010 car les Guinéens ont trop duré pour bénéficier d'un système démocratique", analyse le conférencier du jour.

M. Fitzgerald dit avoir posé au capitaine Dadis la question de sa voir si oui ou non il sera candidat en 2010.

« Je ne vais pas répondre à cette question », aurait répondu le président du CNDD.

En donnant ses impressions sur l'homme qu'il a rencontré le lundi dernier, le diplomate américain témoigne que " Dadis n'est pas très clair dans ses réponses, difficile de d'avoir de lui une réponse et c'est important de connaître son back ground, il est militaire".

Ecrire un commentaire