20.10.2009
DADIS CLAN "Comment concilier des positions inconciliables" ?RISQUE DE DICTURE PURE ET DURE QUE SEKOU TOURRE
CONAKRY — L'opposition guinéenne a critiqué mardi à Conakry la signature d'un important contrat minier entre une entreprise privée chinoise et la junte au pouvoir, y voyant une manière de "profiter des circonstances pour réaliser en Guinée des affaires obscures et juteuses".
La Guinée a signé le 10 octobre un accord de partenariat dans le secteur minier avec le China International Fund (CIF) prévoyant des investissements de plus de 7 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros) dans des projets d'infrastructures.
Le forum "des forces vives" (partis d'opposition, syndicats et société civile) a appelé à éviter le "bradage des ressources du pays", dans un communiqué transmis mardi à l'AFP.
Il a mis "en garde tous ceux qui, faisant fi des procédures légales de passation et de ratification des marchés publics, en particulier dans les secteurs stratégiques, s'obstinent à vouloir profiter des circonstances pour réaliser en Guinée des affaires obscures et juteuses".
"Les contrats d'exploitation conclus avec la junte" au pouvoir depuis décembre 2008, "seront réexaminés par les futures autorités démocratiquement élues, dans le but de protéger les intérêts du peuple", a assuré le forum, faisant allusion aux élections normalement prévues début 2010.
Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, est soumis à de très fortes pressions internationales depuis la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre à Conakry, qui a fait plus de 150 morts selon l'ONU.
Le chef de la junte, le capitaine Dadis Camara est soumis à de fortes pressions internationales depuis la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre à Conakry, qui a fait plus de 150 morts selon l'ONU.
La semaine dernière, une organisation panafricaine basée à Dakar, la rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), s'était déclarée "scandalisée par le soutien concret de la Chine à des gens soupçonnés de crimes contre l'humanité".
Mais l'ambassadeur de Chine à Conakry, Huo Zhengde, interrogé mardi par l'AFP à Conakry, a fait valoir que ce projet "n'engage que cette entreprise privée et non le gouvernement chinois".
"L'initiative vient de l'entreprise elle-même. Ni l'ambassade, ni le gouvernement chinois n'ont été tenus au courant de cet partenariat", a déclaré M. Zhengde, affirmant avoir été contacté par ses homologues occidentaux à ce sujet.
"La Chine a été accusée à tort par la presse internationale de soutenir la junte au pouvoir, a déploré le diplomate chinois, mettant en avant "la neutralité totale" de son gouvernement au sujet de la situation en Guinée.
Pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, la Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite et détient plus de 40% des réserves mondiales de ce minerai servant à la fabrication de l'aluminium, ainsi que des gisements encore largement inexploités de fer, d'or, d'uranium et de pétrole.
GUINEE CONAKRY : Comment concilier des positions inconciliables ?
Face à l’injonction de l’Union africaine (UA) de déclarer par écrit sa non-canditature et celle des autres membres de la junte à la présidentielle de 2010,
le capitaine Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir en Guinée Conakry, a proposé que ce point soit inscrit dans l’agenda du facilitateur. L’opposition guinéenne n’ a vu en cette proposition qu’une fuite en avant dont la finalité est de pouvoir gagner du temps. Et si ce n’est le cas, cela ressemble fort à une stratégie qui cache bien des desseins inavoués. Car la junte se sait désormais prise entre divers désavoeux dont le dénominateur commun est son départ du pouvoir. Seuls les procédés diffèrent. Alors que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décrété un embargo sur les armes à destination du pays, les nouvelles forces démocratiques de Guinée ont exigé son départ immédiat, et la Cour pénale internationale a exprimé son intention de se saisir du dossier sur les crimes commis au stade de Conakry, le 28 septembre dernier.
Tout se passait comme si la médiation, qui est généralement une démarche de conciliation volontaire des protagonistes, n’était plus possible. La communauté internationale semblait être allée vite en besogne en brandissant une batterie de sanctions, à ce stade de la crise, sans se concerter avec la CEDEAO. Il faut donc laisser le président Blaise Compaoré mettre en branle sa machine de facilitation, avant de prendre quelque décision que ce soit, en fonction des résultats qu’auront donnés les premières négociations. Le dossier guinéen était déjà coriace après le massacre le 28 septembre dernier de plus de 150 manifestants. Les menaces de sanctions qui pèsent sur les présumés coupables de ce drame risquent de le compliquer davantage. Le pouvoir apparaît maintenant comme le seul moyen pour Dadis Camara de se prémunir contre toute poursuite judiciaire. Serait-il prêt à organiser une élection à laquelle il ne serait pas candidat, sans toutes les garanties d’amnistie ou d’immunité nécessaires pour son avenir ?
L’actuel homme fort de Conakry a en tout cas remis son destin entre les mains du facilitateur. En attendant les résultats de l’enquête de la commission internationale que les Nations unies ont promis de mettre en place, le président du Faso a donc la lourde tâche de concilier des positions apparemment inconciliables. Certes, les criminels doivent répondre de leurs actes. Mais comment rendre justice tout en préservant la paix sociale ? A force de vouloir se servir sans discernement de l’arme des sanctions pour faire plier l’échine à une armée qui a fait la preuve de ses tristes prouesses dans la répression de ses concitoyens, l’on risque de la pousser à un repli défavorable à tout compromis. Il serait donc plus judicieux de rechercher d’abord le départ des militaires en douceur du pouvoir. Viendront ensuite les sanctions éventuelles pour que les crimes du 28 septembre ne restent pas impunis.
Une année blanche pour l'Afrique noire
23:05 Publié dans Dernier Nouvelle de Guinée Conakry Par Mountagha B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












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