04.01.2010

Le MUSTERIEUX GUINEE CONAKRY (TERRE BENI) ET VACHEMENT RICHE "ET SES HOMMES........ VEUX LANCER LE PAYS DANS LE SAOS

Guinée: L'état de Dadis Camara est 'désespéré'

Santé capitaine Dadis Camara - Presque tout le monde le sait maintenant: ses médecins disent qu’ils ont fait pour Dadis tout ce qui était cliniquement possible.

Le président officiel du CNDD est hors de danger, mais la balle de Toumba lui laisserait des séquelles irréversibles. Il souffrira pour le reste de sa vie, assurent les indiscrétions voulues, d’une dépression mentale aux conséquences imprévisibles, pouvant aller du meurtre au suicide.

C’est pourquoi, dit-on de source médicale, que le capitaine Dadis est « maintenu dans un état de sommeil la plupart de la journée ». Ses réveils sont dits douloureux pour les rares témoins qui y ont assisté, tels que le Général Sekouba Konaté et ses proches. Le nouvel homme fort de Conakry a vu la victime de Toumba deux fois en deux jours avant d’entrer lui-même en soins dans la capitale marocaine. « On ne peut plus rien tirer de Dadis » avait déploré un proche du Général et il savait de quoi il parlait. Dadis reste volubile, mais de moins en moins coordonné, entre des crises de nerfs et une inquiétante capacité d’autosuggestion qui le fait tantôt apparaître dans le box d’accusé de la Cpi et tantôt dénoncer des attentats contre lui de la part de ses camarades d’armes.

La visite à Rabat, le weekend, aura permis, en tout cas, à ses amis de se convaincre que l’homme du Camp Alpha Yaya ne pourra plus revenir au pouvoir. Y compris Idrissa Chérif dont le dernier coup de bluff, à savoir que Dadis est favorable à la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition, semble viser deux objectifs : premièrement, maintenir la guerre de clan larvée au sein de l’armée, entre ceux qui veulent tourner la page Dadis et ceux qui estiment que celui-là reste le chef légitime de la Guinée tant qu’il est vivant.

Deuxièmement, rallumer la sympathie des Forces vives pour le capitaine. Mais l’inarrêtable ministre de la communication de Dadis sait que les vrais soucis sont ailleurs : les Marocains sont gentils mais le traitement médical de leur hôte est fini. Ils souhaiteraient donc le voir rentrer chez lui maintenant. Le seul ennui, c’est que les Américains et les Français disent qu’il n’en est pas question. Dadis vivant à Conakry, et même irréversiblement dépressif resterait un enjeu et peut-être une hypothèque pour la poursuite du processus de transition.

La Libye est une option. Mais elle a besoin de l’aval de Kadhafi. Dadis l’appelle Papa Kadhafi, c’est vrai. Mais non seulement, le Guide n’oubliera pas que le fils impétueux a préféré Ouaga pour la médiation au lieu de Tripoli. Mais en plus, l’ancien chef de la junte ne peut plus avoir, pour personne, le même intérêt qu’avant le 3 décembre.

Un affrontement entre Pivi et le Général Sékouba Konaté serait inévitable dans les prochaines semaines….

Dans la course vers le contrôle du pouvoir en Guinée, une chose inattendue va se produire dans les prochaines semaines à Conakry si toutefois, on refuse à Dadis de rentrer et reprendre son fauteuil ou si son état sanitaire se détériore : c’est l’affrontement entre le capitaine Jean Claude Pivi alias Coplan et le Général Sekouba Konaté.

Claude Pivi est le très craint ministre en charge de la garde présidentielle. Il a pesé très lourd pour imposer Dadis lors de la prise du pouvoir par la junte, le 23 décembre 2008. Le général Sékouba Konaté qui n’est plus à présenter tout comme Pivi, assure actuellement par intérim le rôle de chef de la junte et de président de la république, tout en conservant son portefeuille de ministre de la Défense.

La mise à l’écart du capitaine Moussa Dadis Camara semble donc être la principale cause de cet affrontement. Affrontement devenu surtout inévitable après les rapports accablants de « Human Rights Watch » et des enquêteurs des Nations Unies. Un affrontement qui compte être féroce si l’on tient compte des méthodes utilisées par Pivi et son entourage depuis les évènements de janvier 2007.

En plus de cela, la fermeture des camps de formation de milices purement ethniques dans les environs de la capitale et la tentative de libération des membres de la garde rapprochée de Conté ne sont pas de nature à plaire à Pivi Coplan. Les bérets rouges de Conté ne pardonneront jamais à Pivi et à Dadis les mauvais traitements et l’emprisonnement. Ils vont constituer sans aucun nul doute une véritable menace pour Pivi, Dadis et consorts et trouver en Sékouba et même Toumba des alliés.

Avec Dadis, Pivi était assuré de ne jamais être livré et faire face ni à une justice guinéenne, ni à une juridiction internationale. En contrepartie, Dadis était assuré d’une protection sans faille de la part de son puissant protecteur Pivi.

Depuis la nomination de Lansana Kouyaté comme Premier ministre, toutes les tentatives de mener une enquête sur ces tragiques évènements de 2007 avaient échouées. A la prise du pouvoir par la junte, le dossier sur l enquête a été oublié de façon délibérée.

Quand le CNDD a pris le pouvoir, les deux hommes étaient devenus plus puissants. Konaté était devenu le vrai numéro 2 du régime tandis que Pivi a réclamé et obtenu le poste de ministre chargé de la Sécurité présidentielle. Un poste ministériel qui n’existe presque tel dans aucun pays du monde. En obtenant ce poste, Pivi est aussi monté en grade en brûlant toutes les étapes pour aller d adjudant chef à celui de commandant aujourd’hui.
Durant les 10 premiers mois de leur arrivée au pouvoir, Konaté n’a pas réellement manifesté d’appétit pour le pouvoir bien qu’apparaissant toujours en public avec son ami de président autoproclamé. Pendant ce temps, Pivi cherchait à asseoir les fondations du régime Dadis en recrutant parmi seulement les siens et en ouvrant des centres de formation de miliciens entièrement voués à sa cause. Les centres de formation ainsi crées par Pivi échappaient totalement du contrôle du ministère de la Défense. Le général Konaté s’est plutôt occupé de ses affaires avec l’octroi du marché des uniformes militaires d’une valeur de 33 millions de dollars à Roda Fawaz devenu depuis lors consul de la Guinée au Maroc, à négocier des marchés pour rénover les casernes, à voyager dans des pays qui recevaient rarement d’officiels guinéens : Turquie, Liban, Ukraine, etc.

Au début du mois de décembre tout a cependant brusquement changé. Le président autoproclamé a reçu une balle dans la tête de la part de celui qui était censé le protéger. Le reste des événements est connu : évacuation sur le Maroc, retour précipité de Sekouba Konaté du Liban, publication des rapports accablants sur la responsabilité directe de la junte et de son chef durant les massacres du 28 septembre dernier.

Depuis la publication des rapports des organisations de défense des droits de l’Homme, chacun cherche au niveau de la junte à sauver sa tête. Ce qui fait que Pivi ne peut plus avoir de garantie de ne pas faire l’objet de futures poursuites judiciaires et de jouir de la même protection comme au temps de Moussa Dadis Camara. Le médiateur dans la crise guinéenne Blaise Compaoré a récemment affirmé sa crainte de voir Pivi faire un coup. Compaoré croit que Pivi ferait pire que Dadis si ce dernier reste au Maroc.

Avec le voyage de Sékouba au Maroc, les choses vont se précipiter pour le contrôle du pouvoir en Guinée. Sekouba pourra constater de lui même l’état dans lequel se trouve son ami Dadis et tirera les conclusions. Il sait d’ores et déjà qu il pourrait compter sur l’appui extérieur et notamment celui de la France et des États-Unis si de retour, il décidait de garder le pouvoir pour lui même. Et c’est la que tout va basculer et il y a des risques majeurs.

Ceux qui observent la situation politique de la Guinée savent que les chances de Konaté pour obtenir l’appui de Pivi en cas de vacance du pouvoir sont très réduites ou inexistantes. Konaté sait que la première condition pour devenir président est de s’engager à rompre avec la manière dont Dadis gérait les affaires du pays. C’est sur cette base seulement que les Guinéens assoiffés de liberté et de bonheur pourront l’accepter et cela même pour une courte durée de transition. L’autre condition étant d’accepter une collaboration étroite avec la Cour Pénale Internationale qui sera bientôt saisie et qui demandera des comptes à tous ceux qui sont de près ou de loin impliqués dans les massacres au stade du 28 septembre.

Pour un petit rappel historique, il faut noter que Sékouba et Pivi ont tous été les protégés de Lansana Conté qui est mort le 21 décembre 2009.

Conté a assuré la formation militaire de Sékouba dont il connaissait bien le défunt père qui était lui même militaire de son état. Quant a Pivi, c’est à travers le fils ainé Ousmane Conté très impliqué dans les affaires de drogue que l’amitié avec Conté a vu le jour. Et cette amitié ne fera que se renforcer quand Pivi avait promis à l’ex-président de mâter avec la dernière énergie toute forme de manifestations contre son pouvoir. C’est ainsi que le nom de Pivi avait fait surface en janvier-fevrier 2007 lors d’autres massacres restés impunis.

Malade et vieillissant, le président Conté avait porté confiance en cette catégorie de jeunes militaires donc pour rétablir l’ordre. Dès le début, ces jeunes militaires s étaient fait illustrés par l’indiscipline, la consommation abusive de drogue. Ils avaient tous courtisés Ousmane Conté.

Ce sont ces militaires qui fréquentaient Conté et qui connaissaient tout de lui qui ont pris le pouvoir, tout juste quelques heures après son décès.

Les nouveaux maitres de Conakry n’ont pas hésité dès leur arrivée au pouvoir à utiliser des méthodes et des relations de leur prédécesseur. Et parmi les relations de Conté, le nom d’une dame mérite d’être mentionné : Aicha Conneh. Cette dame cruelle est actuellement à la fois une intime et à Sékouba et à Pivi. Pour avoir servi sur les fronts au Liberia et en Sierra Leone, Sekouba connait bien cette joueuse de cauris qui recrute des rebelles à Macenta, Guéckedou et Kissidougou. C’est cette femme là même qui avait fourni des rebelles à Conté pour abattre les manifestants. Quand les massacres ont eu lieu en janvier 2007, de nombreux Guinéens avaient cru en la présence des forces venues de Guinée - Bissao comme renforts. Ces Guinéens étaient loin de penser que les tueurs et violeurs étaient des ex-rebelles de l’Ulimo et du LURD vivant à Macenta et Gueckedou. Ils savaient seulement que ceux-ci parlaient une langue différente et étaient d une extrême férocité.

A la fin de la guerre au Liberia et en Sierra Leone, ces rebelles étaient restés sur le sol guinéen et ne comptaient que sur Dame Aicha Conneh pour leur trouver des marchés pour faire leur sale besogne.

Deux mois après l’avènement du CNND, Aicha Conneh sent qu’elle ne bénéficie pas de la même attention comme au temps de son parrain, feu général Lansana Conté, dont elle a su tant manipuler avec ses cauris.

Aicha Konneh dit être victime de vol. La population croit en elle surtout avec l’insécurité qui règne à Conakry.

De nos jours, personne ne peut dire avec certitude si elle voulait manipuler, si elle disait la vérité ou si c’était un coup monté. Ce qui reste clair cependant, c’est que la junte avait besoin de ses services et que tout allait lui être remboursé. La junte ou les régimes précédents n’avaient jamais auparavant remboursé ou dédommagé des citoyens pour les vols commis. Et ils sont pourtant nombreux ceux qui ont été dépouillés de leurs véhicules, de leurs avoirs y compris des diplomates du Ghana et du Mali pour ne citer que ces deux cas.

Dans sa plainte aux autorités, Dame Aicha se plaint d avoir perdu des milliers de dollars et d’Euros (environ 50.000), du vol de bijoux et de diamants. Dans les heures qui suivent, le capitaine Dadis, le général Sékouba et Pivi se rendent à tour de rôle à son domicile pour la rassurer.

Comme promis donc, le CNDD rembourse tout ce qui est déclaré perdu à la mystérieuse femme.

Dans les semaines qui suivent, Aicha met de jeunes éléments au service de Pivi. Ceux-ci sont envoyés à Conakry pour être gérés par Pivi. Dans la capitale, les rumeurs commencent à faire état de la présence de jeunes uniquement venus de la Fôret et le 28 septembre 2009 au stade du même nom, ces jeunes drogués commettent les atrocités indescriptibles parmi les manifestants. Armés de fusils, de couteaux, ils ont tué, violé et égorgé.

Le 28 septembre 2009, ni Pivi, ni Konaté n’étaient au stade. Des informations qui restent à vérifier font état de la présence des deux à Faranah, Gueckédou, Macenta et ailleurs. Ils n’étaient pas ensemble, mais avaient profité de leur présence pour calmer certains recruteurs de la place qui n’avaient pas reçu les sous promis.

Le contrôle de cette dame et des miliciens qu’elle peut mobiliser va jouer un rôle déterminant pour le contrôle du pouvoir politique en Guinée entre Konaté et Pivi.

Pour Pivi la présence des éléments à Conakry constitue un réservoir pour le recrutement de gens capables de toutes sortes d’atrocités. Et il a déjà prouvé que rien ne l’arrêtera sur son chemin.

L’avenir nous dira jusqu’où cela va le mener.

 Dadis Camara "se porte bien", selon le porte-parole de la junte

Hospitalisé depuis plus de trois semaines à Rabat, le chef de la junte guinéenne "va bien", a affirmé son porte-parole sur l'antenne de FRANCE 24. Mercredi, le dirigeant par intérim, Sékouba Konaté, se voulait pourtant moins rassurant.
Par FRANCE 24 (texte)
 

Le dirigeant guinéen, Moussa Dadis Camara, hospitalisé à Rabat, au Maroc, depuis plus de trois semaines après avoir été blessé à la tête par son aide de camp, se porte bien, a confié à FRANCE 24 le porte-parole de la junte, Idrissa Chérif.

"Très bientôt, il sera parmi nous à Conakry", a-t-il expliqué sur notre antenne, ce jeudi matin.

Mercredi pourtant, le président par intérim, Sékouba Konaté, qui s'était rendu au chevet de Moussa Dadis Camara, avait affirmé que ce dernier n'avait pas "conscience de ce qui l'entourait".

Des propos fermement démentis par Idrissa Chérif. "Il demande ses amis, il va nettement mieux que les allégations qui ont été dites" rapporte le porte-parole, qui s'est engagé à rentrer "avec un film" témoignant de cette amélioration.

La diplomatie guinéenne en 2009

2009 aura été une année charnière entre la 2ème République et l’enfantement douloureux d’une 3ème République encore en gestation dans cette phase de transition. Et la réaction de la communauté internationale face à la prise du pouvoir par les forces armées guinéennes, appuyée des mesures de suspension qui frappent notre pays ont véritablement affecté cette année nos relations de coopération bilatérale avec les bailleurs de fonds et autres partenaires au développement, ainsi que l’action diplomatique de la Guinée.

Toutefois, en terme de visites d’amitié et de travail à Conakry, les Présidents Libyen Mouammar Kadhafi, Sénégalais Maitre Abdoulaye Wade, Malien Amadou Toumani Touré (ATT), Burkinabé Blaise Compaoré, libérien Mme Ellen Johnson Searlef, Sierra Léonais Ernest Bai Koroma et le premier ministre Bissau guinéen ont séjourné en 2009 dans notre pays pour apporter leur solidarité aux nouvelles autorités guinéennes. Il en va de même des ministres des affaires étrangères des Emirats Arabes Unis, de la Cote d’Ivoire Youssouf Bakayogo, du Mali Mouctar Ouane, de la Sierra Léone Mme Zénab Hawa Bangoura, le secrétaire d’Etat français à la coopération et à la francophonie Alain Yohandet et d’une délégation de parlementaires allemands.

En revanche sur le plan bilatéral, les membres du CNDD et du gouvernement ont effectué des missions d’information, de sensibilisation et de travail dans près d’une trentaine de pays du monde. C’est le cas au Ghana, en Gambie, au Sénégal, en Cote d’Ivoire, au Gabon, au Nigeria, au Maroc, en France, en Allemagne, à la Haye, en Belgique, en Syrie et entre autres aux Etats Unis d’Amérique où le chef de la diplomatie guinéenne a dirigé la délégation de notre pays aux travaux de la 64ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York. Séjour à la faveur duquel, son Excellence Alexandre Cécé Loua a eu plusieurs entretiens fructueux avec ses homologues du monde entier dans la capitale de la diplomatie mondiale, des consultations au Département d’Etat et au congrès américain à Washington.

Il faut d’ailleurs dire que nonobstant les restrictions imposées à la Guinée en 2009, notre diplomatie a pris une part active à certaines rencontres sur la scène internationale, comme au conseil permanent de la Francophonie sur la Guinée à Paris, la 36ème Conférence Islamique des Ministres des Affaires Etrangères (la CIMAE) à Damas, le forum mondial sur la migration et le développement à Athènes, l’atelier sur les enjeux et perspectives de la justice pénale internationale à Dakar ; bref, à plus d’une quinzaine d’autres rencontres multilatérales hors de nos frontières. Et dans le cadre de la gestion du processus de transition, le ministère des affaires étrangères a activement pris part aux 9 sessions du Groupe International de Contact sur la Guinée et aux 3 rounds de négociations avec le médiateur dans la crise guinéenne à Ouaga.

Au total donc à l’actif de 2009, l’action diplomatique guinéenne a permis le lancement du programme de coopération tripartite ‘’Afrique du Sud-Viet Nam-Guinée’’ pour le développement de la riziculture et des légumes, de même que les négociations avec Pretoria pour le projet de stabilisation de l’électricité à Conakry et la réalisation du musée de la liberté au camp Kèmè Boureima, à Kindia. Les Emirats Arabes Unis ont aussi consenti un prêt de 5 millions de dollars à notre pays pour le financement de la route Labé-Sériba-Madina Gounas, une aide alimentaire d’un million de dollars a été également octroyée par la Russie, le Japon a, de son coté, donné une assistance non remboursable d’un million 300 mille dollars pour le processus électoral guinéen.

En fin les efforts diplomatiques de notre pays cette année ont encore favorisé l’obtention de bourses d’études et de perfectionnement pour des étudiants et cadres guinéens en Turquie, en Thailande, à Singapour, en Chine, en Israël, en Malaisie, en Inde, au Nigeria, au Ghana, en Tunisie, au Sénégal, à Cuba, en Afrique du Sud et en Egypte sans oublier la participation efficace de la Guinée aux troupes de maintien de la paix des Nations Unies à travers le monde.

Tiken JAH FAKOLY : ‘ Je suis contre la célébration du cinquantenaire ! 

Le Reggaeman Ivoirien nous a reçu chez lui après son méga concert du 2 janvier 2010 au Stade Omnisports Modibo Keita de Bamako. Interview Exclusive !

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Le Reggaeman Ivoirien nous a reçu chez lui après son méga concert du 2 Janvier 2010 au Stade Omnisports Modibo Keita, un concert parrainé Malamine Koné, le PDG d'AIRNESS. Avec Tiken Jah, on a évoqué son retour sur scène à Bamako, le nouvel album à venir "African Revolution", son engagement pour l'éducation, le cinquantenaire de l'indépendance, mais aussi la crise en politique en Guinée et en Côte d'Ivoire son pays d'origine. Avec Tiken, c'est une interview agréable, sans langue de bois et en toute véracité

JournalduMali.com : Comment Tiken se sent après un tel show ?

Je me sens bien, parce que le public était là, ils ont chanté, ils ont dansé jusqu ‘à la fin du concert et c’était super. Chanter avec nous ça fait plaisir, ça donne beaucoup d’énergie.

Journaldumali.com : Sous quel signe Tiken place ce dernier concert ?

Tiken Jah : Je dirais sous le signe de l’éducation, parce qu’il n’y a pas de développement sans éducation. On a fait ce concert Malamine Koné et moi pour construire une école à Banconi. J’ai envie d’expliquer à la jeunesse africaine que c’est l’Ecole qui va sauver l’Afrique. Il faut que le peuple se réveille et c’est à travers l’éducation. J’écris des chansons, mais j’ai eu envie de poser des actes pour que les gens se disent Tiken n’a pas envie d’acheter des instruments de musique ou de construire une salle de spectacle ou s’il construit des écoles, ça veut dire qu’il est conscient en fait. Nos pays ont fait 50 ans d’Indépendance, nous sommes dans un processus de développement. Nous ne sommes pas un continent qu’on prend de la main droite ou de la main gauche parce que ceux qui sont développés aujourd’hui, avant 50 ans d’Indépendance, ils étaient dans la même situation. Il y avait la guerre civile, des coups d’Etat. Les derniers dictateurs sont tombés il y a seulement 10 ans en Europe, en Roumanie, etc., aujourd’hui, quand tu vas du côté de la Russie. Donc il est important que la jeunesse africaine se réveille. Donc ce concert, il est placé sous le signe de l’éducation.

Il faut que le peuple se réveille et c’est à travers l’éducation
Tiken Jah


Journaldumali.com : Ca fait combien de temps qu’on avait pas vu Tiken sur scène au Palais Omnisport ?

Tiken Jah Ca fait deux ans. On peut dire que c’est un retour, car on avait l’habitude de faire des concerts au Palais Omnisport tout le temps. Parce que j’étais en tournée mondiale. J’ai fait deux ans avec l’album « l’Africain« . L’album l’Africain m’a amenée à un autre niveau. J’ai fait des concerts en France, mais j’ai fait des concerts en Hongrie, en Norvège, en Allemagne, au Portugal, en Espagne, en Pologne. Donc je suis allé pas mal dans des pays chaque fois très loin d’ici. Et quand tu entends des gens chanter : « ils ont partagé la monde » , ça fait plaisir. Donc là, j’ai un peu de temps, je suis en train de préparer le prochain album qui d’ailleurs s’appellera « African révolution » et donc voilà j’en ai profité pour organiser ce concert.

JournalduMali.com : Alors comment tu as trouvé tes fans, ton public ce soir ?

Tiken Jah : Il était chaud ! Ils étaient là, ils ont chanté, dansé. Ils ont reçu le message. C’est le message qui est important. Vous savez en Afrique on a tous peur. Tout le monde dit non, il y a beaucoup de gens qui pensent des choses. Il faut des gens pour dire les choses. Il faut des gens pour faire avancer et poser des actes. Si les autres pays se sont développés, c’est parce qu’il y a des gens qui ont pris position par rapport à la situation. Si tout le monde traînait dans son salon pour critiquer et que personne ne veut reconnaître personne ne va bouger. Les gens s’inquiètent pour moi c’est vrai. Je sais aussi qu’un jour ou l’autre je vais avoir des problèmes, parce que les gens me laisseront tomber comme ils ont laissé tomber Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Hailé Sélassié. Ca fait partie du processus de révolution des peuples. Pour moi, ça prend un peu de temps. Je suis sûr de ce que je dis, je suis sûr de ce que je fais et je pense qu’il y a que comme ça que la société peut bouger. Donc si tu attends que quelqu’un vienne nous sauver, le Malien est croyant, plus que les Arabes. Dieu on ne peut pas l’attendre tout le temps. On dit « Aide-toi, Dieu t’aidera ». Parce que Dieu est très occupé. Il doit s’occuper des Maliens, des Polonais. Donc souvent, il faut que l’on se bouge. Les peuples se sont bougés sans bouger de chez eux, car le Peuple, c’est le Peuple c’est le pouvoir et le peuple ne sait pas que s’il prend la direction, ils sont obligés de venir dans le peuple. Il faut que l’on arrive à ce que le peuple africain prenne le pouvoir. Ca c’est ma position.
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b Journaldumali.com : Par rapport à ton nouvel album, c’est African Revolution, la sortie est prévue pour quand ? Le mixage va se passer ici, à Londres ou en Jamaïque ? ]

Tiken Jah : L’album « African Revolution » va se faire surtout à Paris. Vous voulez que je vous donne quelque chose ? « Quand l’Afrique va se réveiller , ça va faire mal mal mal mal, quand le peuple va se réveiller, ça va faire mal mal mal mal ». On va constituer la maquette en Jamaïque. Le reste se fera à Bamako. On va demander les services de Toumani Diabaté, de beaucoup de chanteurs et d’instrumentistes traditionnels maliens qui vont ajouter leur piment et leur sel. Après on va aller au Tchad.

Journaldumali.com : En dehors du titre générique « African Revolution » , l’album va constituer combien de titres ?

Tiken Jah : L’album au niveau de la France, il y aura 12 titres. Au niveau de l’Afrique, on va en mettre 16. 16 c’est pour la Panafrique parce que j’ai beaucoup de choses à dire à la jeunesse africaine. Le prochain album va s’adresser à eux. Le résumé c’est : « Personne ne viendra changer l’Afrique à votre place ». Si on dort, nos enfants connaîtront la même situation que nous on connaît aujourd’hui. Y a eu des gens qui se sont battus, qui se sont rebellés. L’esclavage a été aboli il y a presque 400 ans. Après, ils ont créé la colonisation.

Donc il a fallu que nos parents se battent. Ils se sont battus, ils y en a qui sont morts, y en a qui ont été humiliés. Et nous on a eu l’Indépendance. Voilà la question que l’Afrique doit se poser. Qu’est ce que nous nous avons fait, qu’est ce que nous faisons pour que nos enfants connaissent un avenir meilleur. Ca c’est la question que tout jeune africain doit se poser. C’est la question que je vais poser à la jeunesse africaine dans « African révolution ».

Journaldumali.com : 10e Album, est-ce qu’on peut dire que Tikken est au sommet de son art ?

Tiken Jah : Je dis que beaucoup reste à faire, parce que je ne suis pas un artiste qui oublie le peuple. Je me dois par respect au peuple de dire la vérité. Je pense que je n’ai pas encore bien attaqué le marché américain. C’est vrai que je suis allé au Brésil, au Venezuela. Y a encore du boulot, c’est pour cela d’ailleurs que dans le prochain album, il y aura trois ou quatre titres en anglais. Ca sera le départ pour les Etats Unis et je suis sûr que le message va plaire. On a aujourd’hui l’obligation de créer un fonds pour les Noirs américains. Nos ancêtres ont été vendus. Le même système qui a dit ça, existe aujourd’hui. Parce que le même truc se passe aujourd’hui. On oublie une chose, mais les choses se passent la nuit. Donc il faut que l’on crée ce pont et que l’on se rapproche de nos frères. Les gens qui ont maintenant atteint un certain niveau de développement et qui peuvent maintenant assainir la situation de l’Afrique. Donc aux dirigeants africains de faire face vers les dirigeants américains. A nos dirigeants de faire face vers nos frères des Antilles. Et à ceux qui attendent que ce mot viennent d’elles, qu’ils viennent expliquer pleinement comment les choses se sont passées. On a vu qu’avec les Occidentaux, on a élevé nos politiques. Ils ont voulu démocratiser. C’est comme ça qu’ils se comportaient au temps même de l’esclavage ou de la colonisation, quand ils arrivaient dans un village et que le chef de village était hostile à leur manière de faire des choses. D’ailleurs, en ce temps là, y avait pas d’autopsie, y avait rien. Il faut qu’on arrive à démonter cela, ceux qui ont été arrachés à ce continent et qui ont leur place ici, j’espère.

Le Cinquantenaire, moi je vous dis sincèrement, je suis contre. Dans toute société, quand on fête quelque chose, quand il y a eu une histoire, des résultats...
Tiken Jah

JournalduMali.com : On fête le Cinquantenaire de l’Indépendance cette année, dans beaucoup de pays, quel bilan tires-tu des cinquante dernière années qui viennent de s’écouler et des cinquante prochaines années, quelle est ton espoir, notamment pour la Côte d’Ivoire, on sait qu’on est en train d’organiser des élections qui sont reportées, reportées, le Président a parlé d’instaurer véritablement la démocratie, quel est ton espoir par rapport au Cinquantenaire ?

Le Cinquantenaire, moi je vous dis sincèrement, je suis contre. Dans toute société, quand on fête quelque chose, quand il y a eu une histoire, il y a des résultats. Je dis c’et vrai, dans beaucoup de pays africains qui sont à féliciter. Mais on ne pourra pas le fêter tant que tous nos enfants n’iront pas à l’école, à l’heure où nous parlons, il ya des gens qui ont des problèmes, car leurs malades sont dans les hôpitaux et il n’y a pas d’argent pour payer leurs ordonnances. Si on fait le bilan, le bilan est négatif. Donc on doit encore plus continuer à se battre pour que nos enfants puissent fêter le Centenaire de l’Indépendance et avec des résultats positifs. Parce qu’aujourd’hui, ce qui m’inquiète, c’est qu’on dépense beaucoup d’argent pour fêter alors que dans ce beaucoup d’argent, il y a place pour construire et investir dans l’éducation, dans la santé, dans des trucs qui peuvent changer nos conditions de vie qui nous permettent de fêter le Centenaire. Je fais partie de ceux qui estiment que tant que le bilan n’est pas positif, on ne devra pas fêter. Mais je suis sûr que les Occidentaux vont le faire, parce qu’ils ont donné beaucoup d’argent. Il faudrait le mettre dans un compte là.

JournalduMali.com : Est-ce que d’ici trente ans les choses vont changer, est-ce que d’ici trente ans, on aura la démocratie ?

Tiken Jah : Si on se bat, les choses vont changer. Nous sommes dans un processus de développement. La France, en 1804, elle avait les mêmes problèmes que nous nous avons aujourd’hui, les gens qui se tirent dessus, les coups d’état, y a eu des guerres, des rois qui se sont fait massacrer. C’était atroce, mais ça faisait partie du processus. Aujourd’hui quand il y a des pauvres ici, les Occidentaux qui voient à la télé, c’est des sauvages ou aux guignols comme on les appelle les bougnouls. Donc, nous sommes considérés comme des extraterrestres. Moi, je crois en ce continent. Je pense simplement que si on se bat, si on se mets au dessus des histoires des gens, des histoires d’ethnie, des histoires de richesse, alors que quelque soit la région d’où tu viens, il y a le même problème, il y a des Peuls, il y a des Bambaras, y a des Khassonkés, y a la même réalité. Que vous soyez chrétien ou musulman, vous avez le même problème. Donc il faut essayer d’effacer les histoires de religion. En Côte d’Ivoire, c’est la même chose à cause des histoires de religions, on a la même situation. Par rapport à la Côte d’Ivoire, je fais partie des Ivoiriens qui sont partis dire au peuple ivoirien de laisser rejeter la candidature. Mais ce n’est pas à vous de rejeter la candidature. Ma conscience est intacte et je ne me reproche rien parce que s’ils m’avaient écouté, depuis les élections de 95, les Ivoiriens auraient accepté ou rejeté Alassane Ouattara et ceux qui sont morts seraient vivants aujourd’hui. C’est pour cela d’ailleurs que j’ai répondu sur la situation en Guinée. Il faut tout faire pour sauter l’étape de la guerre en Guinée. Aujourd’hui, on a un problème. Le problème c’est que le Président guinéen, les opposants, ils n’en veulent pas. Si on les fait pas asseoir autour d’une table pour les faire discuter maintenant, ça sera à nouveau 500 000 morts.

Tiken Jah Fakoly Capitaine Moussa Dadis Camara chef de la Junte.jpg
JournalduMali.com : On a essayé de la faire à Ouagadougou avec le médiateur

Tiken Jah : Il faut les obliger à le faire. Le problème aussi c’est que les Chefs des Etats Africains ne veulent pas s’impliquer. Quand la guerre va se déclarer, tu vas les voir à Marcoussis, on va voir de l’argent qui va atterrir ici. C’est pour cela que j’ai dit aux Français tout à l’heure et je demande à tous les chefs de l’Etat africains, si on intervient pas maintenant, si il y a la guerre civile, vous allez trouver ça bon ? Il faut sauter l’étape de la guerre en Guinée et ça passera par un Gouvernement d’union nationale, un Premier Ministre de consensus qui est libre et qui n’est pas candidat. Le scénario ivoirien est un exemple notable aujourd’hui. Guillaume Soro, chef de la rébellion est Premier Ministre, il n’est pas candidat et celui-ci réclame même des élections. Donc on peut bien trouver quelqu’un d’honnête en Guinée qui va organiser les élections et que tout le monde soit intéressé. Je fais partie des gens qui sont allés voir Dadis Camara et qui lui ont donné des conseils. Il n’a pas écouté mes conseils, car il a été pris dans un piège parce que lui il a dit qu’il ne voulait pas se présenter. Il a dit qu’il ne pouvait pas se présenter, mais il n’a pas demandé l’avis des militaires. Il n’a plus qu’à attendre que les militaires soient seuls au pouvoir et toi tu arrives et tu dis Dadis moi je m’en vais. Donc voilà un peu comment la situation est. Je pense qu’aujourd’hui il faut les asseoir autour d’une table pour demander des élections, mettre la barre au milieu et celui qui la prend le plus vite, il devient le président de la commission.
Je fais partie des gens qui sont allés voir Dadis Camara et qui lui ont donné des conseils mais il n’a pas écouté mes conseils...
Tiken Jah


JournalduMali.com : Les militaires sont en Guinée depuis trente quatre ans, mais est-ce que la Guinée peut s’en sortir ? Est-ce qu’on a besoin du CNDD ? On a été en Guinée Conakry au mois de juillet et on a vu les exactions, les gens qui se font arrêter. Est-ce qu’on peut s’en sortir avec les militaires ?

Tiken Jah : Je pense que chaque peuple, chaque pays a ses réalités. Donc ce n’est pas un choix du CNDD ou un choix de toutes les façons. C’est un choix de tout faire pour qu’il n’y ait pas une guerre civile. Donc il faut trouver les solutions et les solutions, c’est le dialogue. L’armée guinéenne et l’administration ont besoin d’être organisés. C’est un pays vierge où il y a un foutoir pas possible. Donc on a besoin de créer une période de transition et pendant la transition qui va être dirigée par un Premier Ministre de consensus, il faut en profiter pour organiser l’armée, organiser l’administration, et puis après, au bout d’un an ou deux, organiser des élections et tenir les élections. Nicolas Sarkozy est Hongrois d’origine et pendant les élections, les Français n’ont posé aucun problème. Donc le pouvoir a été donné au Peuple. On a un autre exemple flagrant, les Etats Unis. Quand un Noir devient Président des Etats Unis. Si tu avais dit aux gens, il y a trois ans, il y a un Noir qui va être élu aux Etats-Unis, ils auraient dit « arrête tes conneries, laisse-moi dormir ». Yes we can ! Donc tout le monde peut. Tout ce qu’on peut faire, c’est pousser ces gens à aller autour de la table. Je ne soutiens personne. Les artistes qui soutiennent tout le monde, ils vont au Palais de La Culture et on te donne l’argent. Mais je pense que ça ne fait pas partie du reggae et donc ça ne fait pas partie de ma mission. Et je souhaite simplement qu’on évite les futurs morts. Donc j’ai envie qu’on assoit les gens autour d’une table pour discuter et sans rejeter qui que ce soit.

30.12.2009

LE MYSTERE DADIS............

Le mystère toujours à propos de l’état de santé du capitaine Dadis Camara…

Depuis qu’il a été blessé, semble-t-il à la tête, le 4 décembre dernier, le capitaine Dadis Camara n’a plus donné signe de vie. Aucune déclaration, aucune interview, aucune image… Les autorités guinéennes se bornent à répéter qu’il va mieux et qu’il a l’intention de retourner le plus vite possible à Conakry. Et ce ne sont pas les déclarations réelles ou supposées du général Sékouba Konaté qui vont lever le doute, bien au contraire. Ce mardi 29 décembre en effet, le chef de la junte par intérim est venu rendre visite à Dadis à l’hôpital militaire de Rabat. Et il aurait ensuite affirmé à son entourage : « on ne peut rien tirer de Dadis. Il n’est pas conscient (…). Il n’y a plus rien à faire pour lui. »
Des propos relayés par l’AFP et qui sont bien sûr largement repris dans la presse guinéenne, notamment sur le site d’information
Aminata , qui n’apporte aucun commentaire. Il faut dire que le ministre de la Communication, Idrissa Chérif, a démenti ces propos du général Konaté. Au contraire, assure-t-il sur RFI, « les deux compagnons d’armes ont eu des entretiens fructueux. »

Dadis : « la Guinée a besoin de savoir ! »

Alors, la presse guinéenne est toujours dans l’expectative. « A quand le retour de Dadis ? », s’interroge le site Guinée Conakry Infos qui reconnaît que « le silence du capitaine ne fait que raviver davantage les rumeurs sur son état de santé. La confidentialité qui entoure le séjour du général Sékouba Konaté au Maroc et le secret-défense imposé à sa rencontre ce mardi 29 décembre 2009 avec le président ne sont pas de nature à rasséréner les analyses des observateurs les plus pointus. Le doute s'est installé et chacun semble vouloir donner sa langue au chat», affirme Guinée Conakry Infos.
Le Pays , au Burkina, parle de « silence de plus en plus assourdissant. (…) Sekouba Konaté, celui-là même qui assure son intérim, s’est rendu à son chevet, constate le journal. Ramènera-t-il des nouvelles de Rabat, et lesquelles ? Ou, au contraire, se réfugiera-t-il derrière un mutisme insoutenable ? En tout état de cause, affirme Le Pays, la Guinée a besoin de savoir. Elle a besoin de clarification sur l’état de santé du jeune capitaine d’autant qu’elle ne peut continuer à s’accommoder d’un si grave silence à un niveau aussi élevé de l’Etat. »
Toutefois, quelques lignes plus loin, le quotidien burkinabé répond en partie aux questions qu’il se pose : « ce serait vouloir faire prendre aux Guinéens, des vessies pour des lanternes, que de vouloir laisser croire que le jeune capitaine peut encore se porter comme un charme, après avoir reçu une balle dans la nuque. (…) Il est tout de même curieux, poursuit Le Pays, que les Guinéens n’aient eu droit à aucun témoignage de vie, sonore ou visuel, qui leur permette de se fixer définitivement sur ce que devient le chef du CNDD. (…) Le mystère Dadis va-t-il s’éclaircir ? Tout repose entre les mains du n°2 de la Guinée, conclut le quotidien burkinabé. De sa volonté dépendra la fin du black-out total qui continue à être fait sur le sort de Dadis.»

Guinée-France-Troubles

Manifestations anti- français à Conakry

APA-Conakry, (Guinée) Plus d’une centaine de jeunes manifestants guinéens hostiles à la France ont fustigé mercredi, ce qu’ils ont appelé l’ingérence de la France dans les affaires intérieures de la Guinée, devant les locaux de l’ambassade de France, située à Kaloum, au centre ville de la capitale guinéenne, Conakry, en brandissant des slogans nationalistes.

Depuis le Port Autonome de Conakry jusqu’au siège de la Banque Centrale de Guinée, en passant par les locaux de l’ambassade de la France, il y avait un impressionnant dispositif sécuritaire qui veillait sur les lieux.

Les manifestants, en majorité des jeunes désœuvrés, se sont investis devant les locaux de l’ambassade de France située à Kaloum, en scandant des slogans anti- français, avec des pancartes en l’air sur lesquelles on lisait ceci :

« La Guinée est un pays souverain », « la Guinée n’est pas à vendre », « la Guinée n’est pas une sous- préfecture de la France », « l’Afrique, libérateur de la France, aujourd’hui torpillée par la France », « Ma Patrie m’est chère », « la Guinée aux guinéens, la France aux français » « le néocolonialisme ne marchera pas », « la Patrie ou la Mort, nous vaincrons » lisait- on sur les pancartes et autres banderoles.

Dans son discours, le porte- parole des manifestants s’en est violemment pris à la France, à ses médias et à son ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner.

Il a indiqué que sa marche de protestation est une réponse aux récents propos de Bernard Kouchner qui a souhaité que le chef de la junte militaire, capitaine Dadis Camara, aujourd’hui alité au Maroc, garde son lit, de peur que son retour en Guinée ne déclenche la guerre civile en Guinée.

Poursuivant son discours, Mr Bailo, a dénoncé ce qu’il a qualifié de « lynchage » dont se livrent les médias français envers la Guinée et ses dirigeants.

« Notre marche d’aujourd’hui est une réponse aux propos provocateurs de Bernard Kouchner et au tapage médiatique de la France et de la communauté internationale envers la Guinée. Depuis octobre dernier, la France manifeste son mécontentement contre la Guinée. Alors, nous disons « Non » à la France, car trop, c’est trop » a-t-il confié.

Des manifestations pro- Dadis Camara, mais hostiles à la France ont été récemment enregistrées, dans la capitale ivoirienne, Abidjan.

Depuis les douloureux événements du 28 septembre dernier au cours desquels 156 civils de l’opposition radicale ont été froidement abattus par la garde rapprochée du chef de la junte militaire, les relations entre Paris et Conakry sont tendues menant même vers la brouille diplomatique, caractérisées par la méfiance, la suspicion et les accusations.

Le sort de Mouktar Diallo, défenseur des droits de l'homme incarcéré, illustre l'arbitraire en Guinée

Les étages supérieurs du "PM3" émergent au-dessus du mur d'enceinte de la caserne de la gendarmerie d'apparence anodine en plein coeur de Conakry. "C'est dans les sous-sols que ça se passe. La nuit, il n'est pas rare d'entendre des pleurs, des cris", nous confie un voisin du PM3, un centre de détention extrajudiciaire. De la fenêtre, on assiste au ballet des hommes en treillis et des 4 x 4 couvrant le bruit des vagues de l'océan qui viennent mourir sur les plages jonchées d'ordures de la corniche sud de cette capitale-presqu'île.

Mouktar Diallo, 58 ans, membre de l'Observatoire national des droits de l'homme (ONDH), arrêté fin novembre, a sans doute échappé aux sinistres sous-sols du PM3. Mais cet homme souffrant de diabète et d'hypertension croupit depuis la mi-décembre dans une cellule, sans inculpation, ni avocat.

"Le PM3, rappelle Mamadou Aliou Barry, président de l'ONDH, était l'antichambre du camp Boiro", où périrent dans des conditions terribles des dizaines de milliers de personnes durant la dictature d'Ahmed Sékou Touré (1958-1984).

Le camp Boiro n'est plus, depuis longtemps, un centre de détention. Lansana Conté (1984-2008) puis le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir depuis le 23 décembre 2008, s'attachèrent à effacer toutes les traces rappelant ce passé sanglant, quitte à priver le pays d'un lieu de mémoire. "Tout a été rasé, nettoyé", regrette le professeur Faudé Marega, président de l'association des familles victimes du camp Boiro. Le camp est aujourd'hui en grands travaux, comme tant de casernes depuis l'arrivée de Dadis Camara qui entendait choyer les militaires, centre de gravité du pouvoir guinéen. La blancheur des murs tranche avec la pauvreté des bicoques environnantes dans ce Conakry mité par les bidonvilles.

Les temps ont changé depuis Sékou Touré et Lansana Conté. On n'y torture plus avec la même vigueur. Mais l'arbitraire est toujours la règle, et le PM3, tout comme le centre de détention et d'interrogatoire des "32 marches" du camp Alpha Yaya Diallo, poursuivent leurs sinistres activités.

Depuis la tuerie d'au moins 1 56 opposants, le 28 septembre à Conakry, par des hommes de la garde présidentielle, puis après la tentative d'assassinat contre le capitaine Dadis, le 3 décembre, par son aide de camp Aboubakar Sidiki Diakité dit "Toumba", des dizaines de personnes sont passées, ou croupissent toujours dans ces lieux, loin des yeux. "Aucune des personnes détenues depuis les violences du 28 septembre, y compris Mouktar Diallo, n'a été traduite devant un juge pour des accusations formelles", dénonçait récemment l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW).

C'est aussi le cas des personnes tombées en 2009 dans le cadre de la lutte contre les narcotrafiquants ou la corruption. Mouktar Diallo, lui, a été arrêté le 26 novembre à Conakry par des hommes de l'unité d'élite de la gendarmerie chargée de la lutte contre la grande criminalité et le trafic de drogue dirigée par le capitaine (et ministre) Moussa Tiégboro Camara. "Il a été interpellé sur ordre direct de Tiégboro, envoyé aux "32 marches" et enfin au PM3", affirme Mamadou Aliou Barry. Le directeur du PM3 nie la présence de Mouktar Diallo dans ses murs, où il y a pourtant été brièvement visité par sa famille ses derniers jours.

Le tort de Mouktar Diallo ? Son cursus professionnel et ses accointances avec certains militaires à un moment où Dadis "voyait des complots partout, ourdis par la France et les Etats-Unis", avance M. Barry. Mouktar Diallo fut, durant de longues années, employé à l'ambassade des Etats-Unis de Conakry, où il tissa des liens avec les militaires envoyés se former en Amérique.

Peu de temps avant son arrestation, il avait rencontré Aboubakar Sidiki Camara, dit "Idi Amin", ancien chef d'état-major de la gendarmerie respecté par les siens. Dadis s'appliqua à le mettre hors circuit et le plaça quasiment en résidence surveillée. Ce rendez-vous semble avoir provoqué cette arrestation.

Les autorités reprocheraient à Mouktar Diallo des actes relevant de "l'atteinte à la sûreté de l'Etat", selon une bonne source, mais sans qu'aucun élément ne vienne appuyer ces accusations. "Le ministre de la justice nous a dit que cela ne relève pas de ses compétences. Selon lui, Mouktar est un dossier Tiégboro. Lui seul peut décider", s'étonne Mamadou Aliou Barry.

Problème, le ministre chargé de la lutte contre la grande criminalité a disparu ! Le 3 décembre, peu de temps après la tentative d'assassinat contre Dadis, le capitaine Tiégboro a été grièvement blessé dans l'explosion d'une grenade à bord de sa voiture au camp Alpha Yaya, dans des circonstances confuses.

Transporté au Maroc avec le chef de la junte, il y serait toujours hospitalisé. Mais, depuis ce 4 décembre, silence. Son nom a totalement disparu des colonnes des journaux et des conversations de Conakry. L'espoir de la famille Diallo repose dorénavant sur le président par intérim, Sékouba Konaté, un militaire lui aussi un peu rude mais que l'on dit plus respectueux de certaines règles.

21.12.2009

SITUATION EN GUINEE

Guinée : Portrait du Tigre de la junte

Guinée : Portrait du Tigre de la junte
« Notre président a échappé à un attentat. C’est une honte pour notre nation. C’est une honte pour notre armée. Ce n’est pas le capitaine qu’il faut voir, mais ce qu’il représente. […] Il faudrait qu’on arrive à instaurer la discipline au sein de notre armée. » Le 9 décembre, six jours après l’attaque qui a failli coûter la vie au capitaine Moussa Dadis Camara, le Tigre rugit. « Enfin ! » s’exclament en chœur la population, les leaders politiques et les représentants de la société civile. La radio et la télévision nationales viennent de diffuser le premier message du général Sékouba Konaté. Le ton est ferme. Connu pour sa réticence à s’exprimer en public, le ministre de la Défense, qui faisait le tour des garnisons, a dû se faire violence. Ses nouvelles responsabilités ne lui laissent guère le choix.

Source : Jeune Afrique

Le 4 décembre, à son retour du Liban, où il était en voyage, la confusion la plus totale régnait à Conakry. C’est pourtant tout naturellement que le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et le gouvernement ont confié l’intérim du chef de la junte, en convalescence au Maroc, à Konaté, qui est aussi le numéro trois du CNDD et son second vice-président.

Toto avant lui

Un choix logique, pour au moins trois raisons. D’abord, parce que c’est grâce à lui que Dadis a pu accéder au pouvoir, le 23 décembre 2008. Ensuite, parce que le général Mamadouba Toto Camara, numéro deux du CNDD, venait de subir une opération chirurgicale au royaume chérifien (comme Dadis !) et n’était pas en mesure d’assurer l’intérim. S’il a été préféré à Konaté il y a un an pour devenir numéro deux de la junte, c’est qu’il était beaucoup plus âgé et plus gradé que lui (le Tigre a été promu général après le 23 décembre). Enfin, parce que Konaté, dont on vante la loyauté et les faits d’armes, a davantage d’influence sur la troupe.

Mère d’origine libanaise

Ce fils de commandant, qui a suivi plusieurs formations et a été au front, est, avec l’armée, en terrain de connaissance. Né à Conakry en 1964 d’un père malinké musulman, originaire de Kankan (dans l’Est), et d’une métisse libano-guinéenne chrétienne, Konaté a grandi dans un milieu plutôt privilégié. Il obtient son baccalauréat en 1983, entre dans l’armée deux ans plus tard, puis, admis à l’Académie royale militaire de Meknès, part pour le Maroc. En 1990, il rentre au pays. En 1992, il fait un stage à l’École d’application de l’infanterie de Montpellier et suit une formation à l’École des troupes aéroportées de Pau, dans le sud de la France. Plus tard, en 1995, il intègre l’Ecomog, la force d’interposition de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), chargée d’assurer la sécurité au Liberia et en Sierra Leone. Il reste à Freetown jusqu’en 1999. Après une nouvelle formation en Chine, il regagne la Guinée en 2000. Il est alors nommé à la tête des « Rangers » (combattants) de Macenta, à la frontière libérienne, qui deviendra le théâtre de violents affrontements entre l’armée guinéenne et des rebelles venus du Liberia et de la Sierra Leone. Son ardeur au combat lui vaut alors le surnom de « Tigre ». Il quitte la zone en 2007, appelé à la rescousse par Lansana Conté : le président guinéen veut mater les mutineries périodiquement fomentées par Moussa Dadis Camara et Claude Pivi, l’actuel ministre de la Sécurité présidentielle, avec qui Konaté entretient aujourd’hui de bonnes relations. En 2008, Conté le nomme commandant du Bataillon autonome des troupes aéroportées (Bata), une unité d’élite basée au camp Alpha-Yaya-Diallo. Le 23 décembre 2008, au lendemain de la mort de Conté, c’est au Bata que Sékouba Konaté et Moussa Dadis Camara décident de prendre le pouvoir. C’est le début d’une camaraderie sans histoire jusqu’à la tuerie du 28 septembre 2009. Si, depuis plusieurs mois, des rumeurs faisaient état de désaccords profonds entre les deux hommes en raison de la volonté de Dadis de se présenter à l’élection présidentielle et de conserver le pouvoir, les faits ont montré que le Tigre lui est longtemps resté fidèle. Le 29 mars 2009, lors du premier grand meeting de soutien à la junte organisé au stade du 28-Septembre, il était à ses côtés. Lorsque militaires, policiers et gendarmes, genou à terre, juraient sur le Coran et sur la Bible « fidélité au capitaine Moussa Dadis Camara », il était là, encore et toujours. Et il se rendait régulièrement dans les grandes villes pour y faire l’apologie du CNDD et de son chef. Allant jusqu’à déclarer, le 5 septembre, à Fria (à 160 km de la capitale) : « Si le capitaine s’est présenté à cette élection, c’est parce que vous l’avez réclamé. Il entend respecter la volonté du peuple et le verdict des urnes. » Il avait « Toumba » à l’œil À Conakry, son domicile de Taouyah ne désemplissait jamais. Selon des voisins, des groupes de jeunes et de femmes en ressortaient systématiquement avec des paquets de tee-shirts à l’effigie de Dadis. Ces allées et venues ont cessé après le massacre du stade et l’arrestation avortée du lieutenant Aboubacar « Toumba » Diakité, à laquelle Dadis s’est opposée. Selon une source proche du camp Alpha-Yaya-Diallo, cela faisait des mois que le Tigre avait à l’œil le jeune lieutenant. Sa méfiance avait redoublé lorsque, au début de septembre, des militaires avaient accusé Toumba d’avoir emprisonné et torturé des éléments censés être hostiles à Dadis. Ce même mois de septembre, moins de quinze jours avant le drame du stade, le général Konaté défendait encore la cause de son ami Dadis hors des frontières guinéennes. Comme à Paris, où, après quelques réticences, sa délégation avait été reçue par Alain Joyandet, le secrétaire d’État à la Coopération, ainsi que par des conseillers de l’Élysée et du ministère des Affaires étrangères. Outre ce voyage officiel, il en a fait beaucoup d’autres, à titre parfois personnel. Des amis controversés Depuis la mi-juillet, il s’est rendu plusieurs fois au Maroc pour y passer des examens médicaux. Aucune information officielle n’a jamais été donnée sur son état de santé. Il souffrirait d’une maladie du foie liée à un abus d’alcool. Quant au Liban, son autre destination privilégiée, il y a fait plusieurs voyages d’affaires, organisés par ses amis Roda Fawaz et Ali Saadi, qui y sont consuls honoraires. Malgré leurs fonctions, ces derniers passent la majeure partie de leur temps à Conakry et fréquentent assidûment Konaté. À en croire certaines sources, ils chercheraient ensemble des fournisseurs en riz, en produits pétroliers et en équipements divers. Fawaz a déjà été accusé de trafic d’armes, ce qu’il dément. Saadi et lui passent aussi pour des proches de Lansana Kouyaté, l’ancien Premier ministre, que l’on soupçonne de soutenir Dadis. Konaté s’est également rendu en Turquie et en Ukraine pour y négocier la fourniture de matériels militaires, ainsi qu’au Sénégal et au Gabon. Aux commandes depuis le 4 décembre, Sékouba Konaté engage une partie périlleuse. La Guinée attend désormais de découvrir la « méthode Sékouba ». Ses proches jurent qu’il mettra toute son énergie à assurer la sécurité du pays et conduire une transition apaisée. « C’est un homme simple, qui n’aime ni le pouvoir ni les honneurs. Ce qu’il veut, c’est recommencer à aller tranquillement dans les maquis avec ses amis », disent-ils…

Exclusivité RFI / L'ex-aide de camp du président Dadis Camara, Toumba Diakité, s'explique sur son geste

Par RFI

toumba_15122009_0.jpgLe 3 décembre 2009, Toumba Diakité a tiré sur le président Camara au camp Koundara de Conakry en Guinée. Aboubacar Sidiki Diakité dit «Toumba» Diakité qui est en fuite et que RFI a pu joindre au téléphone, nous explique le pourquoi de son geste.

Le 3 décembre 2009, Toumba Diakité a tiré sur le président Camara au camp Koundara de Conakry. Depuis Dadis Camara qui a reçu une balle au niveau de la nuque côté droit (selon Toumba) est soigné à Rabat au Maroc.

Le Lieutenant Toumba : "pourquoi j'ai tiré"
 
15/12/2009
 
Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba » Diakité qui est en fuite et que RFI a pu joindre au téléphone, nous explique que le président voulait le trahir en lui faisant porter l'entière responsabilité des événements du stade le 28 septembre où les forces armées guinéennes ont massacré entre 150 et 200 manifestants. Mais entre les deux hommes il y avait un pacte de « non-trahison ».
Toumba se dit innocent des événements du 28 septembre
 
16/12/2009
 
Toumba Diakité affirme qu'il n'est en rien l'instigateur et l'organisateur de cette répression qui selon lui a été conduite par les Bérets rouges, l'armée, la police et la gendarmerie ainsi que des centaines de jeunes éléments infiltrés parmi les manifestants. Selon lui, ces éléments avaient été envoyés par le président en personne et étaient dirigés par certains de ses adjoints. Toumba dit, ce qui est corroboré par les leaders de l'opposition, que c'est lui au contraire qui a exfiltré les politiques pour leur éviter d'être tué par les soldats.

Le lieutenant Toumba explique que Dadis Camara avait ordonné à son adjoint, le lieutenant Marcel Guilavogui, de diriger les opérations contre les leaders politiques présents à la manifestation. L'opération de répression avait été planifiée, selon lui, par la présidence et le ministre en charge de la Sécurité présidentielle, Claude Pivi. Il explique aussi que la junte avait infiltré plusieurs centaines de jeunes recrues en civils parmi les manifestants.

Le lieutenant Toumba raconte les événements de la journée du 3 décembre
 
Le lieutenant Toumba revient sur cette journée tragique du 3 décembre où il a tiré sur Dadis Camara. Celui-ci voulait, dit-il, le faire arrêter dans son camp, le camp Koundara.
L'opposition guinéenne confirme les dires de Toumba Diakité sur RFI
 
Par RFI

Toumba Diakité qui s’est exprimé mercredi 16 décembre 2009 en exclusivité sur notre antenne affirmait qu'il avait tiré sur Moussa Dadis Camara parce que celui-ci voulait lui faire porter le chapeau du massacre perpétré le 28 septembre à Conakry. L'opposition confirme les propos de l'ancien aide du camp du capitaine Camara, les autorités guinéennes les réfutent fermement.

Toumba Diakité affirmait dans l’interview à RFI qu'il n'y était pour rien dans le massacre du 28 septembre et qu'il avait au contraire sauvé la vie des principaux responsables de l'opposition qui participaient à la manifestation. Une version que confirme le président des Nouvelles forces démocratiques Mouctar Diallo.

Mouctar Diallo, opposant guinéen, président des Nouvelles forces démocratiques (NFD),

L'ancien Premier ministre guinéen François Lonsény Fall raconte comment le lieutenant Toumba Diakité a sauvé lui et trois autres leaders de l'opposition ce fameux jour du 28 septembre 2009 au stade de Conakry.

François Lonseny Fall, ancien Premier ministre de Guinée, aujourd'hui dirigeant du parti d'opposition, le FUDEC (Front uni pour la démocratie et le changement)

Toumba Diakité serait-il donc comme il l'affirme victime d'un complot de Moussa Dadis Camara pour lui faire porter à sa place la responsabilité de la tuerie du 28 septembre ? Le ministre guinéen de la Communication réfute fermement la version soutenue par Toumba et ses partisans.

Idrissa Chérif, ministre guinéen de la Communication

La junte au pouvoir en Guinée interdit toute manifestation jusqu'à nouvel ordre. Une mesure annoncée à une semaine du premier anniversaire du coup d'Etat, deux semaines après la tentative de meurtre du chef de la junte.

Idrissa Chérif, ministre guinéen de la Communication
Pour l'instant, les autorités guinéennes rechechent activement le lieutenant Toumba Diakité. Par ailleurs, le capitaine Moussa Dadis Camara est toujours hospitalisé au Maroc.

tags : Guinée - Moussa Dadis Camara

17.12.2009

GUINEE QUELLE AVENIR?

Guinée/tuerie: "33 cas de suspicion de viols", selon l'enquête nationale

a commission nationale indépendante d'enquête chargée de faire la lumière sur le massacre d'opposants guinéens le 28 septembre à Conakry a annoncé mercredi avoir enregistré "33 cas de suspicion de viols" et mis en doute les témoignages de victimes, a constaté l'AFP.

 "Jusqu'ici, nous avons (compté) 33 cas de suspicion de viol. La plupart de ces cas ont été enregistrés deux mois après les évènements du 28 septembre, ce qui laisse beaucoup de doutes sur la véracité des témoignages", a déclaré son président, Siriman Kouyaté, lors d'une conférence de presse.

Selon lui, la commission nationale d'enquête mise sur pied début novembre (bien début novembre), a eu "des difficultés à auditionner les témoins parce qu'ils refusent de venir témoigner" sur les évènements.

Selon des témoins et plusieurs Ong, des viols collectifs ont été perpétrés le 28 septembre à Conakry des bérets rouges de la garde présidentielle.

"Nous avons été informés que la plupart des femmes qui ont témoigné devant la commission internationale d'enquête mise en place par l'ONU sont des femmes corrompues qui selon nos informations ont chacune reçu 400.000 francs guinéens (50 euros)" pour leurs témoignages, a indiqué M. Kouyaté.

"La commission nationale d'enquête n'a rencontré aucune des ces femmes", a poursuivi le président de la commission nationale d'enquête qui s'exprimait en présence de membres du gouvernement guinéen dont les ministres de la Sécurité et de la protection civile, le général Mamadouba "Toto" Camara, ainsi que des représentants des partis politiques et de la société civile.

Une commission internationale d'enquête a été instituée mi-octobre par l'Onu mais n'a pas encore rendu son rapport après une mission de dix jours récemment en Guinée.

La commission nationale n'a pas donné de chiffres sur le nombre de victimes le 28 septembre.

Selon diverses ONG, "150 à 200 personnes" avaient été tuées par les forces de sécurité, tandis que la junte avance un bilan officiel de 56 civils tués et 934 blessés.

Ces chiffres de la commission nationale sont rendus publics plus de dix jours après la tentative d'assassinat du chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara.

Porté au pouvoir par l'armée guinéenne il y a près d'un an, le capitaine a été blessé à la tête par son propre aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba qui a ouvert le feu sur lui, le 3 décembre. Il reste hospitalisé au Maroc et n'a fait aucune déclaration depuis l'attaque.

Guinée Conakry : Le lieutenant Toumba Diakité est sorti de son silence ce jour

Le fugitif guinéen et ex aide de camp de Moussa Dadis Camara s'explique sur son geste

 

CH/Matériel de guerre: les ventes à la Guinée interdites

Berne (awp/ats) - La Suisse prend des sanctions contre la Guinée. Le Conseil fédéral a arrêté mercredi plusieurs mesures de coercition, notamment l'interdiction de la vente de matériel de guerre à ce pays. Berne se rallie ainsi aux sanctions adoptées par l'Union européenne.

Les mesures ont été prises en réaction à la répression sanglante par l'armée guinéenne d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre dernier. Elles visent à inciter les membres du gouvernement, au pouvoir à la suite d'un coup d'état, à respecter les droits de l'homme et l'Etat de droit.

L'ordonnance adopté par le Conseil fédéral interdit la fourniture, la vente, le transit et le courtage de biens d'armement de toutes sortes destinés à la Guinée. Quarante-deux membres du Comité guinéen pour la démocratie et le développement se voient aussi interdire l'entrée sur le territoire suisse.

Renforcement de l'axe Conakry Moscou: la Russie accorde 2 millions de dollars à la Guinée

De retour de Ouagadougou où il a participé à la 9ème session des travaux du Groupe International de Contact sur la Guinée, le chef de la diplomatie guinéenne s'est entretenu le mardi avec Monsieur Dimitri Malev ambassadeur de la Fédération de Russie dans notre pays.

Au cours de cette audience, ce dernier a dit à Alexandre Cécé Loua que" la Russie est prête à poursuivre la ligne pondérée au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies et du Groupe international de contact sur l'évaluation de la situation en Guinée et pour le réglement pacifique des problèmes guinéens par les guinéens eux memes avec l'assistance constructive de la communauré internationale." C'est la position du Kremlin a souligné le diplomate russe au ministre guinéen des affaires étrangères.

Dimitri Malev a aussi annoncé au ministre Alexandre l'accord de son pays pour l'octroi d'une aide humanitaire de 2 millions de dollars à la Guinée à travers le Programme Alimentaire Mondial (PAM).

L'ambassdeur de la Russie a, d'autre part , dit qu'une délégation de GAZPROM arrivera dans les prochaines semaines à Conakry pour des négociations avec la partie guinéenne.

Le ministre des Affaires étrangères qui a vivement remercié le diplomate russe pour ces bonnes dispositions de coopération avec Moscou, sétait au préalable entretenu avec l'ambassadeur de la Libye en Guinée. Alexandre Cécé Loua a, à cette occasion, exprimé sa gratitude à Dr. Goma Biloud Hazarzour et au gouvernement de Tripoli pour la prise de position ouverte de ce pays ami en faveur de la paix et de la stabilité en Guinée.

En fin de journée, le ministre guinéen des affaires étrangères a reçu en audience Mr. Long Ling, conseiller politique et chargé d'affaitres de l'ambassade de Chine en Guinée. Les deux personnalités ont discuté des derniers développements de l'actualité socio-politique dans notre pays et de questions spécifiques de coopération sino-guinéenne.

Depuis Conakry, une dépêche de Cissé Aboubacar, directeur de communication du ministère des Affaires étrangères à Conakry

Chronologie de la Guinée (1952-2009)

Depuis son indépendance en 1958, la Guinée est soumise au fléau des régimes autoritaires et des coups d'états militaires.

1952 : le syndicaliste Ahmed Sékou Touré prend la tête du mouvement nationaliste dans ce qui est alors une colonie française.
1958 : le Guinée proclame l'indépendance. Sékou Touré met en place un régime autoritaire.
1965 : Sékou Touré rompt les relations avec la France qu'il accuse de comploter contre lui.
1961 : la Guinée forme avec l'Union des Etats africains avec le Mali et le Ghana.
1975 : Conakry se rapproche de la France.
1984 : mort de Sékou Touré. Coup d'Etat du colonel Lansana Conté et de Diarra Traore.
1985 : coup d'état avorté de Diarra Traore qui a été écarté de son poste de ministre de l'éducation.
1990 : une nouvelle constitution met fin au régime militaire et introduit le multipartisme.
1991 : le parti de Lansana Conté emporte 71 des 114 sièges de l'Assemblée.
1993 : élection présidentielle pluraliste remportée par Lansana Conté.
1996 : 30 personnes sont tuées à l'occasion d'une mutinerie de l'armée.
1998 : réélection de Lansana Conté.
2000 :
Alpha Condé, dirigeant de l'opposition, est condamné à 5 ans de prison pour avoir fomenté une rébellion. Il sera libéré en mai 2001.
Début d'incursions des groupes armés
en provenance du Libéria et du Sierra Leone voisins, en guerre civile
Novembre 2001 : 98 % de "oui" à la proposition de réforme de la constitution visant à prolonger de cinq à sept ans le
mandat présidentiel, sans limite d'âge et sans limitation du nombre de mandats.
Juin 2002 : victoire, avec 85 sièges, du Parti de l'unité et du progrès (PUP) du président Lansana Conté aux élections législatives, qualifiées de "farce électorale" par l'opposition.
Novembre 2003 : adoption d'un loi d'amnistie. Elle concerne notamment des sympathisants du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), arrêtés en 1999, et son dirigeant Alpha Condé, qui recouvre ses droits civiques.
Décembre 2003 : Lansana Conté est réélu au premier tour de scrutin avec 95,6 % des suffrages à l'occasion d'un scrutin boycotté par l'opposition.
Avril 2004 : démission du Premier ministre François Lonseny Fall, en désaccord avec le président Lansana Conté sur les pratiques en cours ainsi que la persistance du manque de dialogue.
Janvier 2005 : Lansana Conté fait l'objet d'une tentative d'assassinat.
Juillet 2005 : Alpha Condé rentre en Guinée après deux ans d'exil en France.
Avril 2006 : limogeage du premier ministre Cellou Dalein Diallo.
Juin 2006 : grève générale et manifestations pour le pouvoir d'achat sont réprimées par l'armée, faisant une quinzaine de morts.
Janvier-février 2007 : grève générale illimitée. Des manifestations réprimées par les forces de l'ordre font plus de 100 morts. La nomination par le chef de l'Etat d'un proche, le ministre Eugène Camara au poste de Premier ministre, déclenche la colère des syndicats et de l'opposition qui exigent la démission du président Conté. L'état de siège est décrété.
Mars 2007 : nommé sous la pression des syndicats et des médiateurs internationaux, le Premier ministre
Lansana Kouyaté forme un gouvernement de consensus.
Mai 2007 : mutinerie de soldats pour une hausse de leur solde.
Janvier 2008 : le limogeage du ministre de l'information et son remplacement par un proche du chef de l'Etat, considéré par l'opposition comme un affront à l'autorité du Premier ministre Lansana Kouyaté provoque des émeutes.
Mai 2008 : le Premier ministre Lansana Kouyaté est limogé.
22 décembre 2008 : décès de
Lansana Conté.
24 décembre 2008 : le capitaine Moussa Dadis Camara
s'autoproclame chef de l'Etat. Il promet de rendre le pouvoir aux civils, de s'attaquer à la misère, à la corruption et au narcotrafic.
Janvier 2009 : nomination d'un gouvernement constitué de 29 membres parmi lesquels les civils sont majoritaires. Seuls neuf ministres appartiennent à l'armée, selon le souhait de la
communauté internationale.
Août 2009 : la junte annonce la tenue d'élections en janvier 2010.
Septembre 2009 : repoussant la probable candidature de
Dadis Camara à la présidentielle de janvier 2010 et sa dérive autocratique, le Forum des forces vives, regroupant partis d'opposition, syndicats et organisations de la société civile, organise un rassemblement dans le stade de Conakry. Celui-ci est violemment réprimé par l'armée. On compte plus de 150 morts. La France annonce la suspension de sa coopération militaire et le réexamen de son aide bilatérale.
Octobre 2009 : l'Union européenne et l'
Union africaine décrètent des sanctions contre la junte.
L'ONU entame une
enquête sur le massacre de civils du 28 septembre à Conakry.
Décembre : le chef de la junte, Dadis Camara, est victime d'une
tentative d'assassinat de la part de son aide de camp, dans un camp militaire de la capitale.

 

Toumba soupçonnait Dadis Camara de trahison

Les habitués des programmes africains de Radio France Internationale (RFI) ont eu la belle occasion après plusieurs jours d’interrogation, de suivre en exclusivité du Lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité alias «Toumba», qui le 3 décembre dernier a tenté d’assassiner le chef de la junte militaire en Guinée Conakry Moussa Dadis Camara. Ancien aide de camp aujourd’hui en fuite de Moussa Dadis Camara, il dit dans un entretien avoir tiré sur le chef de la junte guinéenne parce que ce dernier voulait lui faire porter seul la responsabilité des massacres du 28 septembre à Conakry. «Dadis voulait me trahir en me faisant porter le chapeau des carnages survenus le 28 septembre dernier», a déclaré Toumba Diakité. Il a aussi dégagé sa responsabilité sur les tueries du 28 septembre dernier au stade 28 septembre à Conakry, faisant savoir qu’il n'est en rien l'instigateur et l'organisateur de cette répression qui selon lui a été conduite par les Bérets rouges, l'armée, la police et la gendarmerie ainsi que des centaines de jeunes éléments infiltrés parmi les manifestants.

Le chef de la junte impliqué dans les massacres de septembre dernier

Moussa Dadis Camara le chef de la Junte, avait été blessé à la tête, le 3 décembre, par son aide de camp qui avait ouvert le feu sur lui, dans un camp militaire de Conakry. C'est actuellement important parce que les événements du 28 septembre ont été montés, affirme le militaire, qui rajoute que le massacre ce jour-là de plus de 150 personnes et le viol de dizaines de femmes, selon l'ONU, lors d'un rassemblement de l'opposition au stade de Conakry avait été planifié par le chef de la junte. Il jure notamment que Dadis Camara a fait venir au stade des "hommes infiltrés par le pouvoir", dont "250 recrues" d'une école militaire "qui ont été habillées en tenue civile, armées en armes blanches et qui ont causé d'énormes massacres". Sur les circonstances de l’incident avec son ancien chef, ses explications sont parues un peu plus confuses. Il (Dadis Camara) est venu me chercher à Koundara (un camp militaire) dans l'intention de m'arrêter, affirme Toumba, qui dit avoir tiré au moment où le chef des opérations de Camara se dirigeait vers lui avec une arme.

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© Jacques Leclerc

Confusion toujours présente en Guinée

Il affirme par ailleurs se cacher, pour permettre à la vérité d’être dite au grand jour. Après ce coup médiatique, la confusion n’a pas baissé d’un cran à Conakry. La presse guinéenne, et plus largement la presse de la sous-région Afrique de l’ouest, n’ont pris connaissance de cette interview que ce matin comme tout le monde. Donc pas de commentaires pour l’instant, mais toujours autant d’interrogations. Interrogé sur le point de savoir comment il avait pu s'enfuir dans des circonstances qu’il a présentées comme étant celles où il s’était retrouvé seul contre plusieurs personnes il répond: c'est eux qui ont fui. Moi, j'ai réagi, sans donner plus d'explications. Selon la version officielle qui n'expliquait pas non plus comment Toumba était parvenu à s'enfuir, un des gardes du corps du président s'était jeté sur ce dernier pour le sauver. Toumba l'aurait alors cru mort et n'aurait pas de nouveau fait feu.

En attendant, Toumba est aujourd'hui en fuite, et activement recherché par les partisans du président Moussa Dadis Camara. Quant à ce dernier, son Etat de santé fera certainement dans les prochains jours, l’objet d’un scoop, tant le secret est bien gardé. Le capitaine Moussa Dadis Camara, porté au pouvoir par un coup d'Etat fin 2008, est hospitalisé au Maroc où il aurait été opéré pour un "traumatisme crânien" et serait depuis conscient et capable de parler, selon certaines sources.

13.12.2009

Crainte de tensions ethniques en Guinée après l'attentat

Crainte de tensions ethniques en Guinée après l'attentat

 Par Richard Valdmanis et Saliou Samb

CONAKRY, 13 décembre (Reuters) - L'attentat qui a visé le 3 décembre le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, premier membre de l'ethnie des Guerzés à prendre le pouvoir à Conakry, alimente les craintes de voir les divisions ethniques et régionales s'aggraver en Guinée.

Blessé à la tête par son aide de camp Aboubacar "Toumba" Diakité, de l'ethnie Malinké, le capitaine Camara a été hospitalisé à Rabat, au Maroc.

"Je crains que si Camara revient et décide de reprocher à d'autres ethnies d'avoir soutenu la tentative d'assassinat, cela n'entraîne bien des problèmes", déclare Mohamed Lamine Soumah, un habitant de la capitale.

La Guinée, premier producteur mondial de bauxite, est une ancienne colonie française indépendante depuis 1958. Les groupes ethniques les plus nombreux sont les Malinkés, les Peuls et les Soussous. Une dizaine d'autres ethnies vivent dans le pays, dont les Guerzés, des forestiers du Sud-Est.

Camara a pris le pouvoir il y a un an lors d'un coup d'Etat consécutif à la mort de l'ancien homme fort du pays, Lansana Conté, un Soussou.

Son arrivée à la tête de la junte a été saluée par les membres des ethnies forestières qui s'estimaient jusqu'alors être les laissés pour compte du régime de Conakry.

"Dadis a été choisi par Dieu pour diriger la Guinée. Il faut qu'il revienne", affirme Balla Dopavogui, un forestier qui répare des pneus à Dixxin, un quartier de la capitale.

Le 28 septembre, la répression par la junte d'une manifestation de l'opposition à Conakry a fait plus de 150 morts, des Peuls en majorité. Parmi les forces de l'ordre qui ont ouvert le feu figuraient de nombreux forestiers, selon des témoins.

"CHOISI PAR DIEU"

Jusqu'ici, la junte s'est gardée d'attiser les tensions ethniques et a préféré accuser la France d'être derrière l'attentat du 3 décembre - une accusation ensuite abandonnée par le ministre des Affaires étrangères Alexandre Cécé Loua.

"Même si ce n'est pas à exclure, il est quand même peu probable que Camara cherche à alimenter les tensions ethniques. La junte semble plus tentée de mettre en cause des puissances étrangères", dit l'analyste politique Madani Dia.

Les Guerzés ne représentent qu'un pour cent des dix millions de Guinéens, et l'ensemble des tribus forestières seulement 10% de la population.

Dans la plupart des cas, les violences ethniques qui ont secoué le pays ont concerné les Peuls, qui représentent environ 40% de la population et n'ont jamais été au pouvoir.

En 1993, de violents affrontements ont opposé les Soussous aux Peuls, accusés de vouloir renverser le président Sékou Touré, dont les parents étaient Soussou et Malinké.

Des troubles éventuels pourraient dépasser les frontières du pays et atteindre le Liberia, la Sierra Leone et la Côte d'Ivoire, selon des spécialistes de la région.

"La question ethnique ne doit pas être négligée", confirme un diplomate occidental.

Les Guerzés sont apparentés aux Kpelle, le principal groupe ethnique du Liberia.

Avant la tentative d'assassinat de Camara, des informations circulaient sur l'existence d'un camp militaire où des mercenaires blancs formaient des soldats guinéens, en majorité des Guerzés, pour entourer le chef de la junte d'une garde prétorienne.

"Il faut tenir compte de la dimension ethnique, il faudrait savoir comment réagiraient les forestiers s'ils apprenaient que le capitaine Dadis Camara avait succombé", dit Alpha Barry, un habitant de Conakry.

Le numéro deux de la junte et ministre de la Défense, Sekouba Konaté, un Malinké, assure l'intérim de la présidence. Il semble avoir ramené l'ordre et ravivé l'espoir d'un retour à la stabilité.

Il a entamé une purge dans les cercles supposés favorables à cette tentative de meurtre et a effectué une tournée des bases militaires pour rappeler ses hommes à leur devoir d'obéissance.

(Version française Guy Kerivel)

((Service Informations générales. Tél 01 49 49 53 34. Paris.newsroom@reuters.com; Reuters Messaging: guy.kerivel.reuters.com@reuters.net))

Idrissa Chérif, un authentique bandit « ministre » de Dadis

La Guinée est un pays « merveilleux », je vous dis. Lansana Conté meurt. Son « fils »préféré, Moussa Dadis CAMARA ramasse dans la rue, un pouvoir qui n’en était plus un. Il charge son « frère » Ousmane CONTE (fils biologique de son père) de tous les maux de la terre. Il l’embastille, quelque part, que nous profanes, nous ignorons.

Dans sa fureur du pouvoir, il désigne Claude PIVI, pourtant son subordonné, Coupable et Responsable de tous les massacres, même ceux auxquels il n’a pas participé comme par exemple celui du 28 septembre. PIVI est un soldat discipliné. Il ne sait pas s’expliquer, alors on lui met tout sur son dos très large.

Il faut dire qu’entre temps, notre Dadis CAMARA a décidé de conserver le pouvoir, par tous les moyens. Certains l’ont intronisé en « MOÏSE », le « sauveur » d’on ne sait quoi. Lui-même s’est mis à y croire. Il s’en donne donc les moyens.

Premier moyen : à l‘armée nationale, il substitue rapidement des milices ethniques presque privées, qui n’obéissent qu’à lui et seulement à lui. L’armée républicaine est contrainte de subir la loi des milices armées, déguisées en militaires. Le nombre de miliciens ethniques peut être aisément estimés entre 3et 4 mille personnes.

Deuxième moyen : contre l’opposition politique, une répression sanglante inimaginable, même par une armée coloniale d’occupation. Des massacres et des viols d’une rare barbarie. Des femmes sont enlevées et séquestrées au camp Alpha Yaya pour servir d’objet sexuel à la milice ethnique militarisée de capitaine Moussa Dadis CAMARA.

Le 28 Septembre 2009, au stade du même nom, les milices militarisées, commandées par M. Toumba DIAKITE, mais sur ordre de capiataine Moussa Dadis CAMARA, feront voir au pays leur capacité de violence et d’ignominie.

Et c’est là qu’intervient un Ivoirien du nom de Idrissa CHERIF. ( Je suis redevable à la Côte d’Ivoire et à beaucoup d’Ivoiriens. Ils sont chez eux en Guinée). Mais, M. Idrissa CHERIF est un Ivoirien d’un genre particulier, plutôt inquiétant. D’abord membre des « Forces Nouvelles » de Guillaume SORO, il en est expulsé pour des raisons encore inexpliquées. Il embrasse alors le métier d’escroc . En effet, il y a quelques années, se faisant passer pour l’émissaire de Lansana Conté alors affaibli, il réussit à se faire introduire auprès de feu Eya DEMA du TOGO. Il prétend être porteur d’un message de Lansana Conté malade, qui solliciterait auprès de son homologue TOGOLAIS une aide financière. Attendri, le président EYA DEMA lui donne plusieurs dizaines de millions de francs CFA. Il prend soin d’en avertir tout de même Lansana CONTE qui, très surpris, fera arrêter l’escroc, Idrissa CHERIF. Libéré, il s’en retourne dans son pays. Il met à profit ses liens incontestés avec M.Blaise COMPAORE pour se faire nommer auprès de Dadis comme « Conseiller » très spécial. Il devient donc « ministre », vraisemblablement à la demande de M. Blaise COMPAORE dont il défend les intérêts en Guinée., tout en étant la courroie de transmission entre celui-ci et le capitaine Dadis. Il devient donc l’homme fort de l’ombre.

A ce titre, il prépare minutieusement avec Dadis et Toumba DIAKITE, les massacres et viols du 28 septembre dernier. Mais, il a son projet personnel : s’enrichir très rapidement. Les évènements du 28 septembre lui en donnent l’occasion. Ses hommes surarmés se livrent au pillage. On peut même dire qu’à partir du 28 septembre, il créé pratiquement sa petite entreprise de brigandage. Il fait ratisser toutes les belles demeures de Conakry. Ses hommes ramassent tout ce qui est objet de valeur, sans oublier l’argent, les bijoux, mais surtout les véhicules neufs (4X4 ). Les personnalités politiques de l’opposition et certains commerçants sont sa cible préférée. Mais de simples citoyens ne sont pas non plus épargnés, s’ils sont propriétaires d’un véhicule 4X4.

Il faut reconnaître que la petite, ou plutôt la Moyenne entreprise de brigandage de M. Idrissa CHERIF est prospère et sans risque pour lui. Exemple : à l’heure où ces lignes paraissent, 3 véhicules provenant de Conakry, ils en ont l’immatriculation, sont stationnés dans sa cour à Angré, un nouveau quartier résidentiel d’Abidjan, du côté de l’université. Autre indice qui témoigne de la prospérité de la société de brigandage de M. Idrissa CHERIF : il est en train de construire un pavillon à Angré dont la valeur peut être estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros. Or, avant sa rencontre avec Dadis, personne ne lui connaissait une activité économique susceptible de lui procurer des revenus lui permettant d’avoir plusieurs véhicules et construire dans le même temps un ou peut être des pavillons d’une telle valeur. C’est en cela où je dis que la Guinée est un pays « merveilleux », sauf pour ses propres enfants.

Dernier rappel : dès le départ du malheureux capitaine Dadis, son bureau et ses armoires ont été visités. Il semblerait que de l’argent, de l’or et des diamants y ont été dérobés. J’émets l’hypothèse que notre inquiétant Idrissa CHERIF n’est vraisemblablement pas étranger à cette visite. Je suis sûr de mon hypothèse.

Mais au delà du caractère sulfureux de M. Idrissa CHERIF, je suis intrigué par les mille et une précautions de langage que le gouvernement a cru devoir prendre à son endroit. M.Idrissa CHERIFest avant tout un criminel de droit commun. Il est en réseau avec un certain Sidiki KONATE qui, selon moi, écoule ou recycle les biens volés en Guinée. Alors, un certain nombre de questions me taraudent :

1°. Pourquoi MM. KOMARA et Alexandre Cécé LOUA se contentent-il de démentir en termes diplomatiques, les propos d’un délinquant de droit commun, en l’occurrence M. Idrissa CHERIF ? Que veulent-ils ménager ?

2°. Pourquoi le truand Idrissa CHERIF, alors qu’il a bafoué nos compatriotes, continue-t-il de narguer impunément ses victimes ?

3°. Pourquoi s’en prendre aux parents innocents M. de Toumba DIAKITE, alors que le criminel avéré, Idrissa CHERIF se promène tranquillement ?

J’en appelle à tous nos compatriotes. Idrissa CHERIF doit être incarcéré jusqu’à ce qu’on sache exactement ce qu’il est venu faire en Guinée et sur ordre de qui. Si le général Sékouba KONATE n’engage rien contre le bandit Idrissa CHERIF, alors nos compatriotes devraient s’en charger immédiatement. Il ne s’agirait que de légitime défense.

NB : j’assume bien évidemment l’ensemble de ce document.

Compatriotes Guinéens ! Lisez, faites lire ce document et discutez- en entre vous. Il y va de notre intérêt.

Mamadou Billo Sy Savané
Mon contact :
mamadoulinsan@wanadoo.fr

Guinée: Mohamed Ibn Chambas propose une force de protection des civils

Le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao), Mohamed Ibn Chambas, a proposé dimanche le "déploiement d'une force de protection des civils" en Guinée où selon lui, la situation sécuritaire était "préoccupante".

 

"Je propose un déploiement préventif d'une force de protection des civils et d'assistance humanitaire" afin de contribuer "à l'instauration d'un climat de sécurité pour la population guinéenne", a déclaré M. Chambas à l'ouverture de la 9è session du Groupe international de contact sur la Guinée.

La situation en Guinée est devenue "préoccupante". Elle "risque non seulement de déstabiliser à long terme ce pays" mais "compromettrait également tous nos efforts de consolidation de la paix dans les pays post-conflits que sont le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée-Bissau et la Côte d'Ivoire", a dit M. Chambas.

"Tous les ingrédients d'une situation explosive sont aujourd'hui réunis en Guinée", a-t-il ajouté.

Le Groupe international de contact sur la Guinée regroupe outre la Cédéao, l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE, les Nations unies, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la France, les Etats-unis ou encore la Grande-Bretagne.

Il se réunit pour la première fois depuis la tentative d'assassinat le 3 décembre du chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, porté au pouvoir par un coup d'Etat fin 2008.

Le capitaine Camara a été blessé à la tête par son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba qui a ouvert le feu sur lui, dans un camp militaire de Conakry. Il reste hospitalisé au Maroc.

Des exactions d'hommes en uniformes contre des civils ont été notées ces derniers jours en Guinée sous prétexte de rechercher Touba et des personnes qui lui sont proches, selon plusieurs sources à Conakry.

"Le Groupe de contact international sur la Guinée tient à rappeler la nécessité de mise en place rapide sur les bases de la médiation en cours à Ouagadougou, d'une nouvelle entité de la transition apaisée de courte durée devant conduire le pays à l'organisation d'élections démocratiques et transparentes", a poursuivi le président de la Commission de la Cédéao.

Selon le représentant de l'Union africaine (UA) Ibrahima Fall, coprésident de la rencontre, le Groupe de contact devait écouter les Forces vives de Guinée (opposition, syndicale, société civile) puis les délégués du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte) avant de rencontrer le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré dans son palais.

Le président Compaoré avait été nommé médiateur Cédéao après le massacre d'opposants par l'armée, le 28 septembre à Conakry.

Guinée: le retour du Général Mamadouba Toto Camara

Général Mamadouba Toto Camara.jpgLe général Mamadouba Toto Camara, Ministre de la sécurité en séjour médical à Rabat (Maroc) depuis plusieurs semaines, revient dimanche 13 décembre à Conakry, a appris GUINEE24.

En effet, à en croire des informations à notre portée le général de division Camara se trouve au royaume chérifien pour des raisons de santé, bien avant le 03 décembre, date de la tentative d'assassinat du commandant en chef des forces armées guinéennes, capitaine Moussa Dadis Camara.

A rappeler que le vendredi 4 décembre, jour d'évacuation sanitaire du Président de la République, capitaine Moussa Dadis Camara et du commandant Moussa Tiegboro Camara, Ministre à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte anti drogue et du grand banditisme, c'est le général Toto Camara qui est venu accueillir les prestigieux patients guinéens à l'aéroport international Rabat Salé.

Si l'on en croit des sources proches du CNDD, "son retour au pays précède celui imminent du Chef de l'Etat et de sa suite".

Focus de GUINEE24

11.12.2009

DADIS SHOW AU DADIS TOMBEAU

Guinée : Les humeurs tragiques de la poudrière

Dadis 2 octobre 2009 à Conakry.jpgDadis, chef tristement original, fort en mots tonitruants et aux actes spectaculaires sur fonds d’humiliations colériques, avait le choix cornélien entre ATT, le malien qui se retira en 1992 après une transition réussie, Guéi, l’ivoirien qui s’accrocha au trône pour finir balayé en un premier temps et liquidé au second, Aziz, le mauritanien qui opta pour une stratégie d’échelle en démissionnant pour se présenter en candidat des pauvres pour finir par rafler la mise.

La saison de la terreur se confond actuellement à Conakry au marché des fétiches,Dadis et Toumba son aide de camp.jpg des marabouts quand l’imaginaire populaire prête à Toumba, la terreur terrée quelque part, des pouvoirs mystiques lui permettant de disparaître. Même s’il risque de tomber entre les mains de ses frères d’armes d’hier qui le traquent aujourd’hui, l’on se demande comment celui qui a tiré à bout portant sur le chef de la junte a pu s’en sortir sans risques mortels alors qu’il y a eu une riposte des dadistes et des morts ?

Et bien Montesquieu n’a pas toujours raison quand il écrit que chaque peuple mérite ses dirigeants. La Guinée ne mérite pas ses dirigeants actuels. Défendre le contraire pour apporter caution à l’idée de l’auteur de l’esprit des lois, c’est insulter l’esthétique de la résistance du peuple guinéen à tous les régimes qui l’auront brimé avec leur mécanique implacable. Un peuple qui résiste ne peut mériter l’insulte suprême de la passivité. C’est bien les dirigeants guinéens qui ne méritent ni ce peuple ni ce pays à la richesse enviée.

La Guinée est fardeau trop lourd pour les épaules d’un homme aussi agité et imprévisible que Dadis. L’on pourra certes évoquer la dialectique organiciste de l’enfantement et soutenir que Dadis même n’est que le produit d’une déliquescence sociétale mais c’est s’incliner vers la facilité du dédouanement des diables qui, usant de l’appareil de l’Etat, l’utilisent à des fins « léviathanesques » par dé là l’éthique et le patriotisme.

La Guinée, pays phare de la réappropriation de la dignité africaine à travers son NON historique à la France coloniale, n’en finit pas de souffrir comme si elle devait, après l’exploit de la pionnière rebelle, s’illustrer par l’horreur d’une gestion catastrophique où les joutes dictatoriales, « satrapiques » le disputent aux Ubu rois déclinés sous leur macabre version tropicale. Moussa Dadis Camara sera-t-il le dernier avatar d’une odyssée de tragédie et de gâchis contrastant avec la richesse fabuleuse de ce pays béni par la nature ? A défaut d’y croire, osons espérer au sens obamaien (l’audace d’espérer n’est-il pas le titre d’un livre écrit par Obama en 2006 avant son élection historique ?) Il ne faut pas désespérer de la capacité des Guinéens à surmonter ce moment tant périlleux qu’ardu !

En effet, ce pays frère aura souffert un peu plus de deux décennies durant de la chape de plomb sékoutouréienne, dictateur, suprême régent d’une pseudo- révolution dont l’affiche incandescente offrait tant une logorrhée pédante que le sinistre camp Boiro où périrent tant de guinéens dont l’illustre Diallo Telli, 1er secrétaire général de l’O.U.A.

Le règne du dictateur Touré, malgré une relative popularité en raison de ses relents anti- impérialistes, céda la place à celui de Lassana Conté, président militaire, au style chef de village autoritaire, ayant opté pour un isolationnisme tempéré (tant il abhorrait les voyages même dans la sous région) et un parler cru que Dadis adoptera mais avec plus de véhémence, d’arrogance voire d’immaturité explosive. Au commencement n’était pas seulement le verbe, l’homme est aussi dans le verbe !

Dadis aura inauguré la présidence médiatique, sans ce mystère mitterrandien où le recul et l’ombre cultivée garantissaient un admirable charme sémiotique, quand tout, sauf les affaires de gros sous, se passait sous l’avidité des médias de Conakry et les yeux amusés d’une opinion guinéenne ayant mordu, au début et seulement au début, à l’appât comique de ce sauveur autoproclamé dont les colères homériques et les frasques du show à son effigie auguraient pourtant d’une saison d’orage que même Seydou Badian Kouyaté, auteur malien du célèbre « sous l’orage », de passage pendant ce qu’on pouvait qualifier de printemps de Conakry, n’a pas su déceler.

L’auteur de l’hymne national du Mali que j’admire personnellement se réjouissait que ces jeunes de la junte se réclament de l’héritage révolutionnaire sékoutouréien ! Ce n’est pourtant pas la faute de Seydou Badian Kouyaté si Dadis a déçu par la suite au dé là des frontières de ce pays où le fleuve Niger, charriant l’Histoire, dépositaire de tant de faits et secrets de nos peuples aux destins liés, par dé là la mémoire épique de nos admirables griots, prend sa divine source.

Les coups de feu dont cet Ubu roi vient d’être victime de la part de son aide de camp, Aboubacar Diakité, alias Toumba, n’est qu’une séquence d’une descente aux enfers dont le peuple guinéen paie sans nul doute le prix fort. Toumba, par ce geste tragique et désespéré relevant plus de l’instinct de survie, semble signifier qu’il ne sera pas la victime expiatoire d’un massacre majuscule dont il a déclaré aux enquêteurs internationaux qu’il ne fut que le bras exécuteur. N’est ce pas que chaque trône à son tribut sacrificiel, son mouton noir, animal exutoire !

Toumba, dont le père fut aide de camp de Sékou Touré, n’entend pas être le mouton noir d’une junte dont il n’était que le gardien des vies avant d’inspirer crainte aux siens et de fusiller « le roi » à bout portant. Aujourd’hui recherché, celui qu’on disait brillant, repu aux arts martiaux, se terre quelque part en Guinée et dit, lui-même, être en lieu sûr  avec le dernier carré des fidèles! Claude Pivi, alias Complan, ministre de la sécurité de la junte, est à ses trousses sous la bénédiction du général Sékouba Konaté, actuel patron d’une junte fissurée à l’image du vacillement de tout un peuple éprouvé.

Cette junte minée de l’intérieur depuis son talon d’Achille originel (un triumvirat qui empêche toute autorité appuyée) a certainement encore des soubresauts à étaler au grand jour tant la guerre des clans connaît son acmé en son sein. En effet, entre le clan Dadis, l’excentrique aux éruptions volcaniques, actuellement dans les mains de Dieu et des médecins marocains, Sékouba Konaté, l’officier respecté au calme olympien et aux desseins jusqu’ici énigmatiques et Claude Pivi, alias Complan, l’homme des troupes et des gris gris affichés en guirlande, (communication du corps dans la mystique d’un imaginaire populaire acquis à ce qui gît dans les abysses non de la physique mais de l’inexpliqué) il est difficile de diviser la poire surtout que ce n’est point en deux parties.

La saison de la terreur se confond actuellement à Conakry au marché des fétiches, des marabouts quand l’imaginaire populaire prête à Toumba, la terreur terrée quelque part, des pouvoirs mystiques lui permettant de disparaître. Même s’il risque de tomber entre les mains de ses frères d’armes d’hier qui le traquent aujourd’hui, l’on se demande comment celui qui a tiré à bout portant sur le chef de la junte a pu s’en sortir sans risques mortels alors qu’il y a eu une riposte des dadistes et des morts ?

Il est vrai que c’est bien Dadis, en imprudent sûr de lui, qui avait fait le déplacement dans le guêpier de celui sensé veiller sur sa vie alors que le chef de la junte n’ignorait plus rien du climat de désamour et de méfiance réciproque de plus en plus perceptibles entre son aide de camp et lui-même ! Et quid du rôle souterrain prêté à la France, accusée, à travers son ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, aux déclarations musclées contre la junte, de vouloir la faire tomber? Le marigot guinéen est loin d’avoir dévoilé tous ses secrets surtout quand il bouillonne de plusieurs caïmans qui se disent tous males aux relents virils quand la kalachnikov est symbole de phallus pour se faire obéir !

Quant à Dadis, chef aux traits tirés, un brin provocateur ostentatoire, un tantinet désopilant, il est passé depuis, du Dadis Show au Dadis tombeau, non pas le sien mais celui d’un peuple riche en fosses communes. Méthode fantasque et gouvernance en direct via la magie de la télé nationale et presque allergique au protocole classique, voulait-il expérimenter un style original de gouvernance révolutionnaire ?

Dadis, chef tristement original, fort en mots tonitruants et aux actes spectaculaires sur fonds d’humiliations colériques, avait le choix cornélien entre ATT, le malien qui se retira en 1992 après une transition réussie, Guéi, l’ivoirien qui s’accrocha au trône pour finir balayé en un premier temps et liquidé au second, Aziz, le mauritanien qui opta pour une stratégie d’échelle en démissionnant pour se présenter en candidat des pauvres pour finir par rafler la mise. 

Plus un secret de polichinelle ! Tout semble indiquer que Dadis, hospitalisé au Maroc et qui n’est plus sûr de retrouver son fauteuil même s’il se relevait de sa blessure crânienne, avait opté pour le schéma Guéi tout en espérant finir comme Aziz, se faire élire sans démissionner. Cette stratégie antinomique à une promesse vite reniée était-elle partagée par le junte ou Dadis serait-il un assoiffé solitaire ?

L’histoire avec son agenda sibyllin nous dira un jour, peut-être plutôt que prévu, si Dadis lui-même n’était que l’otage d’une junte affamée du pouvoir et de ses attributs. Les appétits de pouvoir, les ors des ministères et autres retombées juteuses semblaient tenter déjà une grande partie de la junte au point que Dadis s’était permis de prophétiser : « Après Dadis, ce sera un autre Dadis », une manière claire et péremptoire de signifier au monde que la clique militaire est loin de céder la place à une transition civile ou un président civil.

En attendant que l’avenir fasse tomber ses voiles, éclairer l’horizon guinéen, c’est le peuple qui vit la « soufrière », nom d’un volcan, sous les humeurs de la poudrière d’une armée à l’indiscipline reconnue. Cette armée qui jadis était altière et fière de voler au secours de pays frères en lutte contre le colonisateur, une contribution positive du dictateur Sékou Touré au recouvrement de la dignité africaine, se déshonore aujourd’hui par la répression des siens aux mains nues et à la soif démocratique légitime au point de faire des viols collectifs en plein air une redoutable et affreuse méthode de torture des corps et des esprits dans ses relents plus qu’affermis du contrôle et de la préservation d’un pouvoir ramassé à terre après la mort de Conté.

Ainsi sous les feux de l’Etat wébérien et son monopole de l’exercice de la violence légitime, le monstre « léviathanesque » au sens hobbesien dévore sa cible guinéenne.

Aider le peuple de Guinée contre les humeurs d’une armée poudrière et la division d’une classe politique même si l’ampleur des massacres du 28 Octobre dernier l’a momentanément soudée, c’est oser quelques pistes de propositions :

- Une force d’interposition composée de troupes de pays africains non impliqués ou soupçonnés d’être de connivence avec une partie des protagonistes de la crise guinéenne pour protéger la population, servir de moyen de pression psychologique au profit de la médiation en cours et peut-être celles à venir au cas où la méthode Compaoré venait à être récusée.

- Opter pour une transition apaisée avec une refonte institutionnelle, constitutionnelle à travers une conférence nationale ou une commission vérité justice et réconciliation.

- Ne surtout pas écarter totalement la junte, ce qui parait d’ailleurs impossible, mais surtout s’appuyer sur le charisme d’un Sékouba Konaté, officier respecté et qui fut le premier à présenter ses excuses au peuple et qui le premier demanda l’arrestation de Toumba à la suite des massacres au stade, pour conduire la refonte difficile de l’armée guinéenne sans que lui aussi ait la possibilité d’être candidat.

- Organiser un procès juste et équitable à la suite des résultats des enquêtes en cours pour punir les responsables des massacres, (le devoir de réconciliation ne peut se passer de l’impératif de justice si elle veut être durable et garante de la paix future.)

- Organiser enfin des élections ouvertes, démocratiques sous l’égide de la force d’interposition, des institutions africaines et internationales.

Il n’est pas exclu que de bonnes volontés soient disponibles au sein de la junte surtout avec la pression internationale qui sévit sur elle pour faciliter la mise en place de solutions réalistes. Demander un départ total de la junte semble un schéma irréaliste qui risque de la durcir ou de conduire à un nouveau coup d’Etat. L’opposition guinéenne doit donc se montrer à la fois vigilante mais réaliste. Ce sera la preuve d’un patriotisme visionnaire et pragmatique. Toute proposition extrémiste risque de faire passer le pouvoir dans les mains de l’aile dure de la junte, celle des faucons qui ne veulent pas du tout entendre parler d’une mise à l’écart totale des militaires. Si tous les familiers du dossier guinéen convergent sur la nécessité de la refonte de l’armée, peut-on la faire sans y impliquer des officiers guinéens?

Ce peuple mérite soutien dans son combat pour la liberté, la démocratie et la dignité ! Le soutenir, c’est l’aider à des solutions opérationnelles, réalistes et surtout capables d’éviter les deux scénarios du pire : une explosion généralisée ou une junte endurcie repliée sur elle-même et instaurant pour des années une autre dictature sanglante!

Dans une passe difficile, le meilleur moyen d’éviter l’impasse et le pire est d’opter pour la stratégie du moindre mal ! Aidons la Guinée à s’aider et à s’élever. Son humiliation est celle de toute l’Afrique. Elle a donné hier le ton à la saga des indépendances africaines dans l’espace francophone colonial et n’a pas manqué de voler au secours de pays encore sous la joute coloniale. Elle peut être demain, avec sa nature bénie et le sursaut de conscience et de patriotisme de ses femmes et de ses hommes, une puissance émergente ! Plus que « l’audace d’espérer », l’impératif du succès !

Une contribution de Yaya TRAORE

- Doctorant en sciences politiques, Paris II Assas
- Président du Conseil National de la Jeunesse Malienne de France, CNJM-F
- Auteur du livre « Barack Obama raconté aux enfants de 8 à 88 ans » aux éditions de Passy, Paris

Guinée: le PM appelle à la poursuite des négociations et à des "concessions"

11.12.09 | 14h18

Le Premier ministre guinéen Kabiné Komara a déclaré vendredi à Conakry, plus d'une semaine après la tentative d'assassinat du chef de la junte, que les négociations interguinéennes devaient "continuer" à Ouagadougou mais que les deux parties devaient faire des "concessions".

Mousa dadis Camara et Toumba Diakité à dr le 2 octobre dernier à Conakry.jpg"Les négociations doivent continuer dans un esprit qui tienne compte du contexte actuel (...), a déclaré le chef du gouvernement, alors que le N°1 du régime, le capitaine Moussa Dadis Camara, est toujours hospitalisé au Maroc.

 

Selon M. Komara, "il doit y avoir des concessions de part et d'autres sinon c'est tout le peuple de Guinée qui restera tenu en otage".

Il faut "faire en sorte que chacun comprenne que c'est l'intérêt supérieur de la nation qui doit prévaloir (...)", a-t-il insisté devant des journalistes, à la sortie d'un entretien avec le général Sékouba Konaté, ministre de la Défense et chef de l'Etat par intérim, à l'état-major de la gendarmerie.

"On ne doit pas aller à la négociation avec la volonté absolue de n'imposer que son point de vue", a ajouté M. Komara, semblant s'adresser à la coalition d'opposition des Forces vives (partis, syndicats, société civile).

Le chef du gouvernement, nommé il y a un an par les militaires putschistes, a affirmé que son entretien avec le général Konaté avait porté sur la composition de la délégation qui participera, dimanche à Ouagadougou, à la réunion du groupe international de contact sur la Guinée.

"Je voudrais que la Guinée réaffirme (durant cette réunion) tous ses engagements internationaux", a-t-il dit.

Le Premier ministre a ainsi démenti les propos du ministre secrétaire permanent de la junte, le colonel Moussa Keïta, qui avait affirmé mardi que la junte "suspendait" sa participation aux négociations "jusqu'au retour" au pouvoir de son chef.

Le N°1 du régime avait été blessé à la tête, le 3 décembre, par son aide de camp, qui avait ouvert le feu sur lui, dans un camp militaire de Conakry.

Le Premier ministre a aussi démenti l'idée d'une implication française dans l'attaque contre le chef de l'Etat guinéen.

A la question "Est-ce que vous voyez derrière l'attentat de jeudi la main de la France?", il a répondu: "personne n'a officiellement dit que la main de la France est derrière. Officiellement, ce n'est pas la position de la Guinée".

Il récusait ainsi les propos du ministre chargé de Communication à la présidence, Idrissa Chérif, qui avait accusé, dans différents médias, le chef de la diplomatie française et des "services français" d'avoir voulu "préparer un coup d'Etat" en Guinée.

08.12.2009

DEPECHE ACTUALITE GUINEE

Arrestation musclée de certains compagnons présumés de Toumba Diakité par la junte:Vidéo

Aboubacar Sidiky Diakité dit Toumba.jpg

Depuis la tentative d'assassinat contre le chef de la junte, par son aide camp, Aboubacar Toumba Diakité, un important dispositif de sécurité a été déployé à travers le pays.Dans une traque infernale, la junte s'est lancée aux trousses de Toumba Diakité et de ses compagnons, accusés de complot contre le régime du Capitaine Dadis.Quelques heures après la tentative d'assissinat contre le chef de la junte, certains compagnons "présumés" d'Aboubacar Toumba Diakité, sont tombés aux mains des fidèles du Capitaine Dadis.Voici une vidéo exclusive sur leurs conditions de détention à Conakry....
Africaguinee.com

Clic ici pour voir les arrestations musculeux de pivi et son groupe

Refermons la parenthèse Dadis Camara

Victime d'un attentat le 3 décembre, le chef de la junte au pouvoir à Conakry est soigné au Maroc dans le plus grand secret. Pour le quotidien burkinabé Le Pays, il est temps de tourner cette page sinistre de l'histoire nationale.

Le capitaine Moussa Dadis Camara, Conakry.jpg

Si l'on en croit les dires du ministre guinéen des Affaires étrangères, Dadis Camara, le chef de la junte, opéré dans un hôpital militaire marocain, après avoir été blessé à la tête par son aide de camp, "reconnaît son entourage", mais "ne peut pas encore communiquer". Si la volonté du pouvoir en place est manifestement de minimiser la gravité des blessures de l'homme fort de Conakry, il n'en demeure pas moins qu'elle n'arrive pas à conjurer les divers sentiments de malaise, d'incertitude et de peur qui se sont emparés de tous les Guinéens. Le nouveau maître des lieux que l'on présente volontiers comme un modéré, saura-t-il fédérer autour de sa personne toute l'armée guinéenne dont tout le monde connaît à présent les insuffisances et les tares ? De nombreuses questions, sans doute, auxquelles se greffe une grosse interrogation : Dadis peut-il revenir au pouvoir ? N'en déplaise à la junte qui s'efforce de donner toutes les assurances pour apaiser l'opinion, on ne se relève pas d'une blessure par balle à la tête, avec une telle promptitude et surtout, sans en traîner la plus petite séquelle handicapante. A supposer que Dadis sorte "guéri" un de ces prochains jours, quelle sera sa capacité réelle à gouverner la Guinée ? Sera-t-il en pleine possession des capacités physiques et intellectuelles qu'on lui connaissait avant l'altercation de jeudi dernier ? On peut se permettre d'en douter. Et pourtant, la Guinée est là, bien empêtrée dans des difficultés réelles dont elle peine vraiment à se libérer. Et cette Guinée-là, doit survivre à Dadis Camara.

Les Guinéens seraient sans doute bien inspirés de voir dans la tragédie du 3 décembre, comme un doigt divin leur indiquant la nouvelle voie à suivre. Quelque "deus ex-machina" aura peut-être décidé de leur venir en aide en leur apportant un bien précieux coup de main. Ils seraient sages de ne pas "cracher" sur ce "présent" que leur offre la providence, puisque la présence de Dadis au pouvoir était la pomme de discorde qui opposait les membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) aux Forces vives, la coalition d'opposition guinéenne. A tel point d'ailleurs que nul ne s'essayait à présager comment les intransigeances des uns et des autres pouvaient un jour trouver une aire d'entente. Le capitaine, s'il devait s'éclipser, ferait disparaître une grosse épine de l'imbroglio guinéen. De plus, le général Sékouba Konaté, patron intérimaire de la junte depuis la date du 5 décembre, semble avoir le bon physique et le bon mental pour l'emploi qu'il est amené à occuper, par la force des choses. On lui reconnaît un certain sens du compromis ainsi que de la mesure et de la pondération. Son illustre prédécesseur ne s'était pas fait une renommée en la matière. Les qualités personnelles d'un homme peuvent aider à sauver tout un peuple.

En tout état de cause, c'est la Guinée entière qui devra survivre, même à Dadis. Et pour cela, le processus de sortie de crise est condamné à reprendre sa marche. Avec, il faut l'espérer, une nouvelle chance, celle qu'apporte un nouveau "chef". Tout semble indiquer que plus vite les Guinéens se résoudront à la fermeture de la parenthèse Dadis, et mieux cela pourrait aller pour la suite des événements.

En Guinée, l'heure de l'après-Dadis a sonné

Les portraits du putschiste Moussa Dadis Camara ne resteront peut-être plus très longtemp sur les murs de la capitale guinéenne Conakry. Blessé, Dadis est contraint de sortir de scène, définitivement?

Grièvement blessé par son aide de camp, le chef de la junte guinéenne Moussa Dadis Camara est soigné dans un hôpital marocain. Provisoire ou définitive, sa sortie de scène ouvre une nouvelle période d'incertitude dans un pays meurtri.

Soyons francs. La tentative d'assassinat perpétrée le 3 décembre dans un camp militaire de Conakry à l'encontre du capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte guinéenne, n'aura  pas plongé le "village" franco-africain dans une affliction sans fond. Les plus cyniques reprochent moins à son aide de camp, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, d'avoir attenté à ses jours que d'avoir manqué de précision. Blessé à la tête, "Dadis" a été acheminé à Rabat puis opéré selon la version officielle d'un "traumatisme crânien" dans un hôpital des Forces armées royales marocaines.

Temporaire ou définitif, le retrait de la scène de Moussa Dadis Camara pourrait replonger la Guinée dans le chaos

Ce mardi, l'état de santé réel de ce putschiste fantasque et vindicatif relève encore du mystère. A en croire son ministre des Affaires étrangères, le blessé, désormais "hors de danger",  "reconnaît son entourage" mais "ne peut encore communiquer." Soit deux scoops en une phrase: trahi par l'un des siens, "MDC" aurait donc depuis lors gagné en discernement; et l'on ignorait qu'il ait jamais su maîtriser sa communication. Sinon au gré des "Dadis shows", happenings télévisés au cours desquels le capitaine se plaisait à humilier ses collaborateurs et à sermonner les visiteurs étrangers.

Soyons clairs. Ceux qui imaginent que le seul trépas de l'irascible officier suffirait à solder les malheurs de la Guinée-Conakry se bercent d'illusions. L'homicide manqué de Toumba-Brutus, toujours en fuite ce 8 décembre, jette une lumière crue sur les profondes divisions qui déchirent l'armée. Ambitions rivales, certes, mais aussi contentieux ethniques anciens et tenaces, notamment entre les "forestiers" -tel le guerzé "MDC"- et les autres coteries, voire au sein même des fils de la Guinée forestière. Au demeurant, les initiés suggèrent que le malinké Toumba Diakité, qui redoutait de porter le képi du carnage du 28 septembre -158 civils tués dans un stade de la capitale, théâtre d'un meeting de l'opposition-, aurait ainsi pris les devants, tentant de supplanter celui qui s'apprêtait à le sacrifier..

.Tout indique que l'heure de l'après-Dadis a sonné. "L'idéal, confie un expert français, serait qu'il reste à Rabat le plus longtemps possible. Voire qu'il ne rentre jamais au pays. " En l'absence de son chef, qui dirige la junte, parvenue aux commandes voilà près d'un an, au lendemain de la mort du vieil autocrate Lansana Conté? En apparence, le ministre de la Défense Sékouba Konaté assure l'intérim. "Un moindre mal, avance un proche d'Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération. Lui semble respecté dans l'armée et n'est pas détesté au sein de la société civile."

Formé à l'école militaire de Meknès (Maroc), Konaté peut en dépit d'une santé défaillante tabler sur la loyauté d'un clan de fidèles, dont le commandant du Bataillon autonome des transports aéroportés (Bata), unité d'élite, le chef d'état-major et le patron de l'armée de terre. La Lettre du Continent précise en outre qu'il contrôle le renseignement militaire. Reste à savoir ce qui adviendra, dans cette période d'incertitude, de la médiation conduite par le président burkinabé Blaise Compaoré entre les putschistes et l'opposition. Et quelle sera la posture du "Groupe international de contact", qui se réunira le 13 décembre -dimanche prochain- à Ouagadougou.

Soyons lucides. Temporaire ou définitif, le retrait de la scène de Moussa Dadis Camara pourrait replonger la Guinée dans le chaos. A la tête d'une bande de Bérets rouges, le très brutal capitaine Claude Pivi, dit "Coplan", ministre de la Sécurité présidentielle, a semé la terreur lundi dans la banlieue frondeuse de Cosa, peuplée pour l'essentiel de peuls. Le commando aurait notamment raflé un marabout ainsi que l'imam de la grande mosquée du quartier, emmenés l'un et l'autre manu militari au camp Alpha Yaya Diallo, siège de la junte. "Sale ambiance en ville, admet une source française. On nous signale une recrudescence des vols de 4X4 et un regain de tension aux check-points."

Pour Mohamed Ibn Chambas (Président de la Commission de la Cedeao) : Il faut ostraciser la junte guinéenne

Le président de la commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) appelle à un isolement total des membres de la junte militaire au pouvoir en Guinée. Dans un entretien qu’il a accordé à l’agence de presse Reuters, depuis Londres, et envoyé en communiqué par le responsable de la communication communautaire de développement, Mamadou Khoulé, Mohamed Ibn Chambas déclare : ‘Nous devons leur rendre la vie difficile. Ils doivent être ostracisés dans la région, en Afrique et sur la scène internationale’.Le chef de la junte, le Capitaine Moussa Dadis Camara, évacué au Maroc après une tentative d'assassinat jeudi soir, est ‘partie intégrante du problème, et non la solution’, ajoute le président de la commission de l’institution d’intégration qui regroupe quinze Etats ouest africains. Déjà, la Cedeao avait mis les militaires guinéens devant leurs responsabilités face aux risques d’une plus grande instabilité à Conakry. ‘L’instabilité en Guinée, exacerbée par l’indiscipline et les querelles intestines qui minent l’armée, déjà profondément divisée, constitue une sérieuse entrave aux efforts visant à relancer l’économie guinéenne. Mais aussi à établir l’Etat de droit et à répondre aux préoccupations fondamentales des populations’, avertit la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Elle met ainsi en garde les membres de l’armée guinéenne contre tout dérapage pouvant mener à une plus grande instabilité dans ce pays.

L’institution d’intégration sous régionale, qui dit suivre avec une vive préoccupation l’évolution de la situation sécuritaire à Conakry, adresse aussi une mise en garde solennelle au Conseil national pour la démocratie et le développement (Cndd). Et c’est pour lui faire prendre conscience du fait que la Cedeao et la communauté internationale ne sauraient laisser perdurer la situation d’impunité et assister sans réagir à la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays, qui a un impact négatif sur la paix et la sécurité dans la région.

 Les "bérets rouges" du capitaine Pivi sèment la terreur en Guinée

Des militaires guinéens "conduits par le capitaine Claude Pivi" ont de nouveau semé la terreur, lundi 7 décembre en banlieue de Conakry, où ils ont "fusillé un marabout" et arrêté plusieurs personnes, dont un imam âgé, ont affirmé de nombreux témoins présents sur place. 

Jean Claude Pivi dit Coplan.jpg

Dans le quartier populaire et frondeur de Cosa, surtout habité par des Peuls, le habitants ont raconté à des journalistes étrangers que les "bérets rouges" de la garde présidentielle étaient arrivés en trombe vers 14 heures. "Un marabout a été fusillé", a affirmé un chauffeur de 32 ans, sous couvert de l'anonymat. "Ils sont venus le trouver chez lui ; dès qu'il les a vus, il a voulu fuir, ils l'ont pourchassé et ils ont tiré deux fois sur lui. Ils l'ont emmené dans leur véhicule, on ne sait même pas s'il est mort", a-t-il dit. Selon des habitants, une rumeur disait que ce marabout était "un féticheur de Toumba" – le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba – en fuite depuis qu'il a tiré, jeudi, sur le chef de la junte, Moussa Dadis Camara.

Un autre jeune homme, Amadou, 24 ans, a assuré que "l'imam de la grande mosquée de Cosa, El Hadj Djoubaïrou Bah, avait été arrêté" : "Ils l'ont pris ici, alors qu'il revenait de la mosquée, et ils l'ont emmené, lui et son frère, sans raison". "C'est l'imam du quartier, il est apolitique ! Il n'a aucun lien avec Toumba", a protesté un autre habitant, témoin de l'arrestation. Un coiffeur de 24 ans a également été arrêté et les militaires ont bastonné des habitants, selon des témoins.

Selon Amadou, "les militaires étaient des bérets rouges. Claude Pivi lui-même était là et il criait 'venez, venez, attaquez !'", a-t-il ajouté. Les violences, "c'était une façon de nous intimider, nous les Peuls. Ils viennent de nouveau nous chasser comme si nous étions des chiens", a protesté Amadou, plus de deux mois après le massacre d'opposants le 28 septembre à Conakry.

Peu avant 15 heures, un témoin a assisté à l'arrivée en trombe de Claude Pivi et de ses hommes au camp militaire Alpha Yaya Diallo où siège la junte. "Pivi vociférait. Les militaires amenaient au moins deux prisonniers : un jeune homme au teint clair, pieds nus, torse nu, et un vieil homme à la barbe blanche, vêtu d'une djellabah noire, d'un turban vert, avec un chapelet", a-t-il relaté. Ces détenus correspondaient apparemment au signalement de l'imam et du jeune coiffeur arrêtés plus tôt à Cosa.

Connu pour sa brutalité, le capitaine Pivi, alias Coplan, est le ministre de la sécurité présidentielle de la junte qui avait pris le pouvoir le 23 décembre 2008, au lendemain du décès du dictateur Lansana Conté (1984-2008).

Les troubles de lundi interviennent alors que l'incertitude se prolonge en Guinée sur l'état de santé réel du chef de la junte qui, selon la version officielle, a été opéré avec succès au Maroc mais restait lundi dans l'incapacité de communiquer, quatre jours après avoir été blessé par son aide de camp.

05.12.2009

GUINEE AMBUSCADE ENTRE ARMEE BERET ROUGE

Guinée: l'aide de camp ayant tiré sur Camara affirme être "libre"

000_Par2824422_0.jpgLe lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba, l'aide de camp ayant tiré sur le chef de la junte guinéenne, a affirmé samedi être "libre" et en "lieu sûr en Guinée", lors d'un contact téléphonique avec l'AFP à Dakar.

 "Je suis en lieu sûr. On attend de voir l'évolution des choses. J'ai une bonne partie des hommes avec moi", a-t-il indiqué.

Interrogé pour savoir s'il était toujours à Conakry, l'aide de camp a répondu: "je suis en Guinée, je suis libre de mes mouvements".

Sur sa tentative de meurtre jeudi soir du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, blessé à la tête et hospitalisé au Maroc, il a lancé: "je préfère ne pas parler de ça. On attend de voir clair, ensuite on fera les déclarations qu'il faudra".

Peu après la tentative d'assassinat, des informations officielles avaient fait état de l'arrestation de Toumba, mais avaient rapidement été démenties.

 Guinée-Conakry: doutes sur l'état de santé de Camara

Le doute régnait vendredi sur l'état de santé de Moussa "Dadis" Camara, le chef de la junte au pouvoir en Guinée-Conakry, blessé par balle jeudi par le chef de la garde présidentielle qui a tenté de le tuer.

Le porte-parole du gouvernement Idrissa Cherif a rapporté qu'il était soigné par un groupe de médecins venus du Sénégal. Il a par ailleurs démenti les affirmations de plusieurs proches de la junte selon lesquels Camara avait été blessé à la tête et se trouvait dans un état grave. Selon lui, Dadis Camara, âgé de 45 ans, "marche, parle et va très bien". "Les médecins sont là pour un simple check-up". Il a précisé qu'il avait une légère blessure à l'épaule.

Mais un haut fonctionnaire a cité des militaires selon lesquels Camara est effectivement dans un état grave. Un diplomate guinéen à la retraite a déclaré qu'il s'était entretenu avec des collaborateurs du dirigeant qui lui ont confirmé qu'il saignait à la tête.

Le président Camara s'était rendu au camp Koundara dans le centre de Conakry, quand la fusillade a éclaté, a rapporté Idrissa Cherif. Le président a été visé par des tirs de son aide de camp Abubakar "Toumba" Diakite, le commandant de la garde présidentielle, ainsi que par ses hommes. Toumba est en fuite.

Ces tirs illustrent les profondes divisions au sein de la junte qui a pris le pouvoir lors d'un putsch le 23 décembre dernier, au lendemain de la mort du président autoritaire Lansana Conté. Ce dernier avait dirigé ce petit pays de 10 millions d'habitants pendant près d'un quart de siècle.

Camara avait initialement promis d'organiser rapidement des élections pour céder le pouvoir avant de changer d'avis et de laisser entendre qu'il comptait se présenter, provoquant une grande manifestation de protestation qui s'était terminée dans le sang le 28 septembre dernier. "Toumba" est accusé d'avoir commandé la garde présidentielle qui a ouvert le feu sur les manifestants pacifiques qui s'étaient rassemblés au stade national de Conakry. AP

La Général Sékouba Konaté assure l'intérim du pouvoir à Conakry

Sekouba conaté.jpgLe ministre guinéen de la défense,Général Sékouba Konaté est rentré vendredi soir à Conakry pour assurer l'intérim du pouvoir suite à l'évacutation du chef de la junte, Capitaine Moussa Dadis Camara,pour le Maroc.

Le Général Konaté qui est également vice-président du CNDD, a été accueilli à l'aéroport international de Conakry-Gbessia, par un important dispositif militaire, près de 400 soldats, selon une source aéroportuaire.

Selon le porte-parole du gouvernement, Idrissa Chérif, c'est le Général Sékouba Konaté qui va assurer l'intérim, en l'absence du Capitaine Dadis Camara."Sekouba Konaté est rentré vers minuit. C'est lui qui va coordonner les actions" de la junte,a déclaré M.Chérif.

Vendredi soir, le médiateur Burkinabè, le Président Blaise Compaoré avait déclaré que l'état de santé du chef de la junte était "difficile mais pas désespérée", suite à son hospitalisation dans un hôpital militaire de Rabat.

Nous y reviendrons.

Abdoul Aziz Bah
Depuis Conakry
Pour Africaguinee.com

04.12.2009

GUINEE PERTIRBATION PANIQUE APRES AVOIR TIRE SUR DADIS

UNE BALLE DANS LA TÊTE
Moussa Dadis Camara hospitalisé au Maroc en état difficile
UNE BALLE DANS LA TÊTE
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Moussa Dadis Camara et son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba, le 7 octobre 2009.
AFP/Seyllou
Par RFI

Le capitaine Moussa Dadis Camara, hospitalisé ce vendredi à Rabat, est dans un état grave, après la tentative de meurtre dont il a été la cible jeudi soir. Son aide de camp, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba », qui lui a tiré dessus jeudi soir, est toujours en fuite.

Le chef de la junte guinéenne est dans un état « difficile, mais pas désespéré », a déclaré vendredi soir le président burkinabè, Blaise Compaoré, médiateur dans la crise. «Je crois qu’il va subir probablement une opération parce qu’il a reçu effectivement des balles et cela nécessite des opérations», a ajouté le chef d’Etat burkinabé. Le capitaine Moussa Dadis Camara avait été admis dans l’après-midi à l'hôpital militaire de Rabat, après avoir été transporté par avion de Conakry. Un médecin sénégalais l'a accompagné.

La grande question est de savoir quel est l'état de santé exact du chef de la junte. Selon son conseiller en communication Idrissa Chérif, «il va bien, il parle et il marche normalement». Les Guinéens ont même refusé l'avion médicalisé fourni par le Sénégal, au profit d'un avion classique affrété par le médiateur burkinabè Blaise Compaoré. Cependant, si Dadis Camara se porte bien, on peut se demander pourquoi les Guinéens refusent l'avion médicalisé du Sénégal mais acceptent le médecin mis à disposition par Dakar. De plus, s'il n'a eu qu'une éraflure à la tête, pourquoi n'a-t-il fait aucune déclaration publique depuis les évènements de jeudi ?

Personne, en effet, ne semble avoir pu lui parler. Enfin, si Dadis Camara n'est que légèrement atteint, pourquoi n'est-il pas allé se faire soigner à l'hôpital Donka, à Conakry, comme les centaines de manifestants blessés par balles lors des événements du 28 septembre dernier. Bref, pour l'heure, la thèse officielle ne dissipe pas les zones d'ombre concernant l'état de santé du numéro de la junte guinéenne.

En attendant, à Conakry, le pouvoir n'a pas perdu de temps. Le numéro trois de la junte, le général Sekouba Konaté, doit rentrer de voyage dans la soirée. Actuellement, la junte et l'état-major affirment que «la situation est normale». L’armée et la gendarmerie sont à la poursuite du lieutenant «Toumba», l'aide camp de Dadis Camara et chef de la garde présidentielle. Plusieurs proches de Toumba Diakité ont été arrêtés. Les deux camps occupés par la garde présidentielle - laquelle dépendait directement du chef de la junte et de son aide de camp - seraient actuellement sous le contrôle de l'armée, d'après un membre de l'état-major guinéen.

UNE BALLE DANS LA TÊTE
Dadis Camara, hospitalisé au Maroc, est dans un état "difficile mais pas désespéré"
Le chef de la junte guinéenne est au Maroc pour effectuer des examens de santé. Il a été victime hier soir d'une tentative de meurtre par son aide de camp. D'après le président burkinabé, Dadis Camara est dans un état "difficile mais pas désespéré".
Par FRANCE 24 avec dépêches (texte)
Damien COQUET / Marina BERTSCH (vidéo)

Victime d'une tentative de meurtre par son aide de camp à Conakry, le chef de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara, a été admis vendredi après-midi à l'hôpital militaire de Rabat, au Maroc. Moussa Dadis Camaras était "conscient" au moment de son admission, selon l'AFP.

De son côté, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, qui est en contact avec le médecin personnel de Camara, affirme que l’état de santé du chef de la junte guinéenne est "difficile mais pas désespéré". D’autres sources se veulent plus rassurantes : le ministre guinéen de l'Information et conseiller de Camara, Idrissa Chérif assure qu'il ne souffre que "d'une éraflure à la tête". 

Jeudi, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, dit "Toumbal", "a tiré" sur le chef de la junte et l'a blessé "à la tête", aux dires d’une source militaire à Conakry citée par l’AFP. L'homme a été placé en détention, selon des responsables de la junte, mais son entourage affirme qu'il est libre et qu'il se trouve "dans un lieu sûr".

Massacre du 28 septembre

Le conseiller spécial du chef de la junte, Idrissa Chérif, interrogé par FRANCE 24, assure qu'il n'existe "aucun problème à Conakry" et que "les auteurs de ce complot contre le chef de l'État sont en train d'être interrogés". Dans un communiqué officiel, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) appelle le peuple "au calme" et assurent que "la situation est à présent sous contrôle".

Le différend entre les deux hommes pourrait être lié à l'enquête sur le massacre du 28 septembre. Ce jour-là, à Conakry, un rassemblement organisé pour protester contre la possible candidature de Moussa Dadis Camara à la présidentielle de janvier avait été dispersé dans le sang, faisant au moins 150 morts selon les opposants.

Plusieurs témoins accusent le commandant Toumba toumba.jpgd’avoir donné l’ordre d’ou vrir le feu sur la foule ce jour-là. Selon un diplomate en poste à Conakry, Camara chercherait à faire accuser son ancien allié afin de se dégager de toute responsabilité dans la tuerie.
 
Dissensions au sein de la junte
 
Cette tentative d'assassinat est l’illustration des dissensions qui règnent au sein de la junte au pouvoir en Guinée. Le capitaine Camara, qui avait pris le pouvoir il y a un an à la faveur d'un coup d'État sans effusion de sang, s’était engagé à ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. Mais, depuis, l'homme fort de Conakry est  revenu sur sa parole, provoquant la colère de l’opposition mais aussi de son propre camp.
 
Depuis le massacre de septembre, la communauté internationale fait, elle aussi, pression sur le leader guinéen. L’Union africaine et l’Union européenne ont pris des sanctions ciblées contre des membres de la junte au pouvoir.

Reportage :

Guinée-Conakry: Camara, blessé, au Maroc pour s'y faire soigner

AP | 04.12.2009 | 18:41

Le capitaine Moussa "Dadis" Camara, chef de la junte militaire au pouvoir en Guinée-Conakry, a été transporté au Maroc vendredi après avoir été blessé par balle jeudi par son aide de camp, près d'un an après son putsch du 23 décembre 2008.

L'agence de presse marocaine MAP a confirmé son arrivée dans l'après-midi à Rabat pour y subir des soins médicaux. Un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères a fait savoir que Camara avait été accepté sur le territoire du royaume "pour des considérations strictement humanitaires".

Le fait que l'homme fort du régime guinéen, âgé de 45 ans, ait accepté de quitter son pays, ce qu'il n'avait pas encore osé faire depuis son accession au pouvoir, semblait confirmer la gravité de ses blessures. Camara avait bien envisagé de se rendre à l'étranger à diverses occasions ces derniers mois, mais il avait à chaque fois annulé son déplacement à la dernière minute, de crainte d'être renversé à son tour.

Le ministre guinéen de la Communication Idrissa Cherif, également porte-parole du gouvernement, a refusé de préciser l'état de santé de Camara, se contentant d'affirmer que sa vie n'était pas en danger et qu'il subirait des examens complémentaires au Maroc.

Selon Idrissa Cherif, le chef de la junte guinéenne, qui n'est officiellement blessé qu'à une épaule, a pu prendre un petit-déjeuner avec ses principaux conseillers et "marche, parle et va très bien".

"Il nous a réunis en audience juste avant de partir", a-t-il ajouté, assurant que "tout est sous contrôle".

Plusieurs autres sources militaires et diplomatiques faisaient pourtant état de blessures graves à la tête et au cou, des informations démenties par le porte-parole.

Bien que le Sénégal ait proposé de l'accueillir, après avoir dépêché des médecins à Conakry, c'est au Maroc que le capitaine Camara a choisi de se rendre à bord d'un avion mis à sa disposition par le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne.

La junte avait annoncé plus tôt que son chef avait essuyé jeudi des tirs provenant de son aide de camp Abubakar "Toumba" Diakite, commandant de la garde présidentielle. Les deux hommes étaient en conflit depuis le massacre, en septembre, d'au moins 157 civils au stade national de Conakry, imputé aux bérets rouges de ce corps d'élite par les organisations de défense des droits de l'Homme.

Camara s'était rendu au camp Koundara, dans le centre de Conakry, quand la fusillade a éclaté, a expliqué Idrissa Cherif. Le chef de la junte souhaitait rencontrer Toumba, après que celui-ci eut fait libérer plusieurs de ses hommes détenus dans un poste de police de la capitale.

Le porte-parole a ajouté qu'une enquête avait été ouverte sur les circonstances de la fusillade, mais n'a pas précisé s'il y avait eu des arrestations. Il a simplement confirmé que Toumba était en fuite avec un contingent de sa garde.

Les événements de jeudi illustrent les profondes divisions existant au sein de la junte, qui a pris le pouvoir fin 2008 au lendemain de la mort du président Lansana Conté, dictateur aux commandes de la Guinée depuis près d'un quart de siècle.

Camara s'était engagé à organiser rapidement des élections pour céder le pouvoir, avant de changer d'avis et de laisser entendre qu'il comptait se présenter. Cette perspective avait provoqué une grande manifestation de protestation qui s'était achevée dans le sang le 28 septembre dernier.

Ce massacre, ainsi que le viol de dizaines de femmes dont est accusée la garde présidentielle, ont entraîné des sanctions de l'Union européenne et de l'Union africaine, notamment l'interdiction de voyage à l'étranger imposée aux chefs de la junte. Une mission d'enquête de l'ONU est actuellement à pied d'oeuvre et certains responsables risquent d'être poursuivis pour crimes contre l'humanité. AP

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Guinée. Des preuves font état d'arrestations, de harcèlements et ...
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... nationale se trouvaient au stade de Conakry le 28 septembre 2009. La France a suspendu sa coopération militaire avec la Guinée depuis le 28 septembre. ...

26.11.2009

GUINEE - POLITIQUE - ARMEE - OPOSITION - FORCE VIVES ?

Guinée : arrivée d'une mission de l'ONU

Les membres de la commission internationale d'enquête de l'Onu sur le massacre du 28 septembre en Guinée sont arrivés ce soir à Conakry pour une mission de dix jours.

Les trois commissaires, Mohamed Bedjaoui, Françoise Kayiramirwa et Pramila Patten, sont arrivés à Conakry où ils ont été accueillis par le ministre guinéen de la Justice, le colonel Siba Lohalamou. Les commissaires, dont la mission s'achève le 4 décembre, doivent rencontrer jeudi le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, et le Premier ministre guinéen, Kabiné Camara, en plus d'autres membres de la junte qui a pris le pouvoir en Guinée le 23 décembre après la mort du président Lansana Conté.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait approuvé fin octobre la création de
cette commission d'enquête sur le massacre d'opposants perpétré fin septembre dans le plus grand stade de Conakry. Elle doit "travailler de manière indépendante pour établir les faits et faire des recommandations sur les mesures à prendre pour déterminer les responsabilités", selon l'ONU.

Selon de très nombreux témoignages, les forces de défense et de sécurité guinéennes, commandées par des officiers proches du chef de la junte, avaient mis en oeuvre une "violence inouïe" pour réprimer un rassemblement d'opposants.

La présidentielle guinéenne "techniquement impossible"

Le chef de la jungle Moussa Keita
L'élection présidentielle en Guinée, dont le premier tour est théoriquement prévu le 31 janvier 2010, est "techniquement impossible à tenir" à cette date, a annoncé mercredi à l'AFP le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Ben Sékou Sylla.
 
"Il est techniquement impossible de tenir les élections à la date prévue à cause de plusieurs facteurs imprévus", a-t-il indiqué par téléphone depuis Conakry. Un éventuel deuxième tour était prévu le 14 février.
 
A ce jour, "nous n'avons même pas fait la commande du matériel électoral, pas de liste des électeurs à cause de la suspension du financement par les bailleurs de fonds" à la suite du massacre par les forces de sécurité de la junte au pouvoir de dizaines d'opposants fin septembre à Conakry, a-t-il ajouté.
 
"Nous attendons qu'on nous demande de faire une nouvelle proposition de date et peut-être que les négociations en cours à Ouagadougou (entre la junte et l'opposition) entre les autorités guinéennes et les Forces vives aboutiront à cela", a-t-il expliqué. (belga/acx)
 
 
Guinée: la junte menace d'exclure les ex-Premiers ministres de l'élection présidentielle

OUAGADOUGOU — Le porte-parole de la junte au pouvoir en Guinée a menacé mercredi à Ouagadougou d'exclure les anciens Premiers ministres de l'élection présidentielle, théoriquement prévue le 31 janvier, les accusant d'avoir "pillé" ou "bradé" le pays.

"Tous ceux qui ont géré le pays, qui ont +goûté+ au poste de Premier ministre ne peuvent être candidats (à l'élection présidentielle) en Guinée", a déclaré à l'AFP, Idrissa Chérif, le ministre en charge de la Communication du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara.

"Le pays a été pillé, bradé par ces gens-là, on ne peut pas accepter ça. Ces personnes sont +poursuivables+ sur le territoire guinéen parce qu'ayant géré et dilapidé les fonds publics", a-t-il insisté.

"C'est la nouvelle Constitution que nous allons mettre en place qui dira qui peut être candidat (et) qui ne doit pas l'être. Mais on ne peut pas permettre à des gens qui ne sont pas propres de diriger encore notre pays", a indiqué à Ouagadougou le ministre. Il n'a cité aucun nom.

Trois anciens Premiers ministres devenus leaders de l'opposition : Sidya Touré (juillet 1996-mars 1999), François Lonsény Fall (février 2004-avril 2004) et Cellou Dalein Diallo (décembre 2004-avril 2006), membres des Forces vives (opposition, syndicats, société civile) s'opposent farouchement au maintien du capitaine Camara à la tête de la Guinée.

Ils réclament également la non-candidature du capitaine Camara à la présidentielle et la dissolution du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte).

"Certains ont vendu des usines, des sociétés d'Etat, d'autres ont pillé l'économie du pays. Ceux qui ont amassé des sommes colossales et qui ont acheté des maisons et des buildings, nous les avons tous recensés", a affirmé M. Chérif.

"L'Etat a toutes les preuves nécessaires, ils vont nous démontrer où et comment ils ont eu cet argent", a-t-il insisté soulignant que c'est un problème "interne" guinéen qui ne peut être soumis à la médiation du président burkinabè Blaise Compaoré.

M. Chérif s'exprimait quelques heures avant la remise des propositions de la junte au médiateur pour sortir la Guinée de la crise dans laquelle elle est plongée depuis le massacre, selon l'ONU, de 150 opposants, le 28 septembre dans un stade à Conakry.

Dans ses nouvelles propositions, la junte, arrivée au pouvoir par un coup d'Etat le 23 décembre 2008, réclame la désignation d'un Premier ministre de "consensus" contrairement aux propositions de M. Compaoré qui avait demandé qu'il vienne des Forces vives.

"Nous sommes prêts à discuter sur tout ce qui semble être bon pour la Guinée, mais le départ de Dadis n'est pas à l'ordre du jour pour nous. S'il devait partir un jour, ce serait de la volonté du peuple de Guinée à ne pas voter pour lui", a pour sa part déclaré le ministre-secrétaire permanent du CNDD, le colonel Keïta, chef de délégation de la junte.

25/11/09 15h43

 Trafic de drogue au Mali : les responsables restent inconnus

A la mi-novembre, on apprenait des médias étrangers le crash d’un Boeing 727 à Gao et qui aurait déchargé une importante quantité de drogue. De nouveaux éléments dans l'affaire.

En réalité, l’affaire remonte au début du mois, mais l’information n’a filtrée qu’à la mi-novembre. Le nord du Mali est une vaste zone d’insécurité. Des trafics en tous genre s’y passent puisqu’il n’existe aucun radar couvrant la zone

C’est donc un terrain propice aux trafics d’armes, de drogues, et parfois même de personnes. Il est ouvert sur le Niger, l’Algérie et la Mauritanie. Et ces régions sont réputées favorables aux islamistes armés. C’est le manque de contrôle qui encourage certainement les nombreux trafics qu’elle enregistre ces derniers temps. Signalons que l’Afrique de l’Ouest est un important point de transit et d’ouverture vers les marchés occidentaux. En témoigne les sites de fabrications de drogues multiples telles l’héroïne et la cocaïne, en Guinée Conakry.

Rappel des faits

Le 16 novembre denier, on apprenait la découverte d’un Boeing 727 à Tarkint, situé à 200 Km de Gao. Selon l’ONUDC, l’agence des nations unies pour la lutte contre la drogue, le cargo aurait quitté le Venezuela avec comme destination, le Mali. Il faut dire que cet avion était déjà trop fatigué, très vieux. Après l’atterrissage donc, la dizaine de tonnes de cocaïnes qui s’y trouvait, a été déchargée par les trafiquants, pour les mettre dans cinq 4x4 immatriculés au Niger. Une fois l’opération terminée, les véhicules auraient pris la route vers le Niger. Et, l’avion qui avait des problèmes techniques, refusa de repartir. L’unique solution était d’y mettre le feu, afin d’effacer toute trace. La drogue se trouverait en ce moment, entre le Mali et le Niger.

Deux versions de l'affaire

Il était prévu dans un premier, de larguer la marchandise avant de poser l’avion. Mais, ce plan n’ayant pas marché, la seconde option a été adoptée par les trafiquants.

Cependant, deux versions ont été exposées par les experts de l’ONU. D’une part, l’avion aurait explosé au moment de son redécollage et d’autre part, le feu y aurait été mis volontairement. Et, c’est la seconde version qui paraît la plus plausible, puisque des bidons d’essence ont été retrouvés près de l’épave.

Tout compte fait, la drogue n’était pas destinée au Mali. Le pays a juste servi de passage pour les assaillants. Le terminus est de toute vraisemblance, l’Europe. La crise au nord Mali a certainement joué un rôle important dans l’audace des trafiquants ; Car c’est la Guinée-Bissau qui servait de plaque tournante pour le cartel Sud-américain. Parmi les moyens utilisés jusqu’alors, c’est bien la première fois qu’un cargo est employé pour l’Afrique de l’Ouest.
Les pays Ouest africains les plus connus et propices au trafic de drogues, étaient le Nigéria (plus grand trafiquant) et la Guinée Conakry. Le Mali sert d’ouverture sur le marché extérieur avec l’Algérie, la Libye, la Mauritanie, ensuite le Maroc et l’Egypte, qui sont des voies d’accès sur l’Europe.

Enquête en cours

Depuis le début de l’affaire, des enquêteurs américains, libyens, européens et maliens, travaillent activement sur les lieux. Les enquêtes ont permis de connaitre le lieu de fabrication du Boeing, et de préciser qu’il aurait déjà appartenu à un Etat africain.

En début de semaine, trois hommes avaient été arrêtés. Ils ont été pris, entrain de découper une épave de l’avion. Selon toute vraisemblance, il s’agirait de simples ferrailleurs en quête de fer à revendre, histoire de se faire un peu de sous. L’un d’eux, se serait même blessé pendant le découpage.

Silence au sommet de l’Etat

15 jours après l’affaire de Boeing, l’Etat malien n’a fait aucune déclaration sur la question. Les Maliens se posent de nombreuses questions sur ce silence qui paraît ridicule pour certains. Un haut fonctionnaire explique sur le signe de l’anonymat : « Des déclaration officielles compliqueraient la résolution de l’affaire. Des preuves pourraient disparaitre et le processus de paix dans la zone qui est bien parti, risquerait d’être touché à cause de ce nouveau problème. »

Cependant, est-ce une raison valable pour que personne n’ose en parler ? La question suscite en tout cas, de nombreuses interrogations. Même si des cadres du pays sont directement ou non, concernés par l’affaire, ce n’est pas une raison pour le gouvernement d'agir comme s’il ne s’était rien passé.

L’enquête suit son cours, et de nouveaux éléments seront bientôt trouvés par les multiples services de renseignements sur place.

Réédition ratée 

Il y a trente neuf ans que la Guinée de Sékou Touré écrasait ses agresseurs composés, à majorité, de ses propres enfants. Leur but, nous disaient-ils, était la libération de la Guinée d'un régime qu'ils avaient, eux-mêmes, rendu sanguinaire.

 

A quelques semaines de la date anniversaire de cette victorieuse réponse aux mercenaires, ceux qui les ont régentés ont essayé de rééditer en essayant de salir la célébration de cette autre historique date du 28 septembre 1958. Tout avait été planifié, mais avec méconnaissance du profond patriotisme des Guinéens. Le 28 septembre 2009 fut choisi pour réaliser ce qui avait été conçu à Paris et dont l'odeur parfumait, quelque peu, les différentes réunions publiques organisées par les cerveaux du mal guinéen.

Comme toujours, ils avaient embobiné quelques compatriotes en affirmant leur union pour créer un gouvernement parallèle. Celui-ci violerait, à sa création, les rues de Conakry pour asseoir son pouvoir. Mais faut-il rappeler que ce plan était établi par des fuyards dont certains avaient commandité l'assassinat de deux gendarmes guinéens avant de trouver refuge à Paris ou ailleurs?

Ce premier crime les fit croire à une quelconque influence sur le cours de notre histoire et surtout sur la population qui les maudit aujourd'hui. Comme l'ivrogne de la brousse de l'auteur africain dont j'oublie le nom, cet essai criminel les rendit ivres. Ils fomentèrent un coup plus meurtrier pour déstabiliser la Guinée en conquête d'un vrai souffle à sa démocratie.
Ils devinrent des autistes à l'appel à la raison à la fois de l'organisation des femmes guinéennes, mais surtout de celui du Président Dadis, le patriote. Tout était ficelé, même s'ils le nient. Cependant, « Ne voulaient-ils pas montrer leur poids politique selon certains dans leur rang » ?

De quel poids peut se référer un politique lorsque la sécurité de la nation  et des citoyens est en jeu ?  

Non, le plan était suffisamment préparé pour faire marche arrière ! Il fallait s'assembler au stade du 28 septembre puis se ruer vers le camp Alpha Yaya si les Guinéens avaient répondu à l'appel. La preuve ? Ils n'avaient ni micro, ni haut parleur pour s'adresser aux manifestants.

D'ailleurs ceux qui étaient sortis n'étaient-ils pas majoritairement des jeunes des quartiers ci-après cités? Les petits cireurs de Madina, les désœuvrés, mais fanatiques de Cosa, Enco5, Hamadallaye et Bambéto. Eux-mêmes appellent leur fief : Gaza, Bagdad…., etc ?

Ce sont ces islamo-politiquement manipulés qui ont constitué la troupe et envahi le stade du 28 septembre au cri d'Allah Akbar, Allah Akbar. Ce refrain guerrier des fanatiques des pays du golf avait fini par une prière, celle qui précède la rencontre avec Dieu. Voilà une des réalités qui ont sous-tendu le malheur qui nous a frappés à travers notre jeunesse. Un des leaders, disqualifié par ses pairs à Ouga, avait dit être maître de 10 000 jeunes, ses « soldats de rue » avec lesquels il avait promis de
chasser le CNDD. Les vieillards de l'opposition guinéenne avaient cru à cette chansonnette irréaliste.
Le résultat est connu de nous tous. L'analyse du film autorise quelques observations :

1)        - Moins de femmes parmi les manifestants. Où a-t-on trouvé ces nombreuses femmes violées dont quelques leaders malhonnêtes avaient déclaré avoir suivi le viol ? Comme ces déclarants sont non seulement des hommes politiques, mais aussi les organisateurs de la manifestation, ils sont coupables à mes yeux de non assistance à personne en danger pour n'être pas intervenus. Alors je les dénonce et porte plainte contre eux !

2)        Le photographe qui a photographié le « présupposé militaire violeur et sa victime » est complice pour n'avoir pas pris le militaire en commission de l'acte de viol et de ne l'avoir pas dévisagé avec son appareil.  Lui aussi est coupable pour non assistance à la violée et surtout pour avoir caché le visage du militaire.

3)        Aussi surprenant que cela apparaît, le film ne montre aucun, pas un seul militaire tirant. L'on commence à entendre les coups de feu dès que le véhicule bleu des anti-gangs s'arrête. L'on ne voit pas d'où viennent les tirs, mais le crépitement des balles s'entend distinctement à l'intérieur du stade.

4)        Brutalement, c'est l'alignement abominable des corps, déjà et aussi rapidement des corps au milieu de paires de chaussures entassées. Par qui ? La mise en scène n'est pas loin de transparaître. Tout cela est ignoble et indigne dans une nation ! Bien sûr, il y a des blessés dont d'autres auraient pu survivre si le spectacle n'avait pris le dessus sur le sauvetage de la vie humaine. Ainsi voyons-nous un jeune blessé que les autres trainent sous l’œil de la caméra au lieu de le conduire à l'hôpital Donka qui
n'était pas pourtant loin.

5)        Une autre surprise : tous les leaders blessés ne l'ont été que sur la tête. Mais quelques jours plus tard la plaie est guérie sans la moindre cicatrice. Quelle prouesse de la médecine ?

6)        Nous attendons la liste des morts et des blessés. Elle lèvera sûrement un voile sur la vraie intention des organisateurs des crimes du 28 septembre 2009.

De tout ce qui précède, il ressort que notre histoire a besoin de la lumière de la vérité, celle des faits et non celle des Hommes.

Le 28 septembre 2009 va être le début de la fin des mensonges pour la seule VERITE HISTORIQUE  en Guinée? En tout cas le 22 novembre ne se répétera pas.

Paris 24 septembre 2009

Négociations de Ouagadougou:réactions des acteurs politiques...

 




Jean-Marie Doré, porte-parole des forces vives:

« La Guinée est une et indivisible. Mais cela n’empêche pas que de temps en temps qu’il y ait des problèmes entre ses éléments de la même famille, de la même entité. Donc quand le problème se pose, on se rapproche les uns aux autres pour trouver une solution nationale à nos préoccupations. C’est ce qui nous amené ici. Dans un débat, on ne dit pas toujours oui ou non. Il y a des moments ou des arguments se rencontrent. Il y a d’autres moments où les arguments s’éloignent les uns des autres. Ne prenez pas cela pour la fin de l’étape. C’est une contribution à l’approfondissement des arguments développés par les uns et par les autres. Je suis convaincu qu’on arrive à s’entendre sur l’égide de l’excellent président du Faso. Tous les jours que Dieu fait, toutes mes pensées vont vers les Guinéens. Qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur. Nous sommes dans ce beau pays du Faso qui est un exemple dans la sous région par la propreté, l’organisation, la rigueur de son administration. Je félicite les ressortissants du Faso et je souhaite que la Guinée aussi puisse un jour marquer des points. Pour qu’elle soit citée en exemple de la rigueur, de la bonne gouvernance où la presse fait son travail et écrit dans un langage intelligible ».

Colonel Moussa Keita, Chef de la délégation de la junte (CNDD)




« Depuis le début des pourparlers, le CNDD et le gouvernement n’ont eu pour ambition que d’aider le peuple de Guinée. En faisant en sorte que la nation puisse se sortir de l’ornière. Nous, nous avions mis au devant de tout, l’intérêt national. Donc nous estimons que le négociateur est de bonne foi. Puisque, malgré la distance qui sépare le Burkina de la Guinée, le président Blaise a accepté la médiation. Et ce, malgré la difficile conjoncture économique que traversent nos Etats en ce moment. C’est un sens panafricaniste qui le guide. Certes, de notre côté, nous œuvrerons d’une toute autre manière en tout cas, en ce qui concerne les pourparlers, pour que ces dialogues puissent aboutir à des résultats probants. Nous avons reçu le document de synthèse du président Compaoré. Nous avons-nous aussi des réserves vis-à-vis du document. Mais ce qui ne voudrait pas dire que nous rejetons en bloc la proposition du médiateur. Cela ne voudrait non plus signifier que nous récusons le facilitateur. Puisqu’il est de bonne foi. Il n’a pas d’intérêt particulier à défendre en Guinée. Il veut plutôt assister les guinéens à traverser cette étape difficile de leur histoire. Il mérite encouragement et remerciement. Rien qu’à cause de cela nous devons accepter de dialoguer. Car on peut prétendre être patriote et doubler de démocrate et refuser la culture du dialogue, le sens de l’écoute de l’autre. Le premier signe d’une démocratie, c’est le dialogue, l’ouverture, l’acceptation de la différence. Si nous, nous avons accepté de dialoguer, de nous asseoir à la table des négociations en tant que pouvoir central actuellement en place avec les gens qui se disent Forces Vives et qui n’ont aucune représentativité légitime et légale exercée au nom du peuple. Parce que quelque part, nous nous sommes dit que nous voulons contribuer positivement à l’histoire et à son épanouissement. Donc l’esprit d’exclusion n’est vraiment pas notre slogan. Nous sommes ouverts au dialogue avec tous les guinéens. Qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur mais qui sont réellement animés par la volonté d’apporter positivement quelque chose si petite qu’elle soit à l’édification de la Guinée. Mais une fois de plus, ces soit- disant Forces Vives viennent de témoigner à la face de l’opinion nationale et internationale que tout ce qui les préoccupe, c’est leur intérêt égoïste au détriment de celui du peuple. Parce qu’ils sont venus avec l’intention qu’il doit se passer à Ouaga le partage du pouvoir comme un gâteau où chacun allait s’approprier une partie. Ils n’œuvrent pas dans le sens du bien-être de leurs compatriotes en dépit des souffrances qu’ils ont connues depuis l’indépendance. Et ils ne pensent même aux nombreux jeunes qui ont récemment trouvé la mort. Cela veut dire que les jeunes qui sont morts, sont morts pour rien. Et pourtant si ces jeunes innocents sont morts, ils sont morts à cause d’eux, rien que pour assouvir leur soif du pouvoir. C’est regrettable. Donc nous encourageons et félicitons le président Blaise à œuvrer davantage pour la réussite de la mission difficile qu’il vient de commencer. Parce que sur le chemin du bonheur, il y a toujours des embûches. Si ce n’est pas que nous sommes animés par la volonté et le souci du bien être du peuple, pensez vous que nous n’avons pas de griefs sur le même document que le facilitateur nous a remis. Par exemple c’est la question du choix d’un premier ministre qui sera proposé par seulement les Force Vives. Chose que nous, nous contestons. Les Forces vives ne sont pas mandatées par le peuple de Guinée tout entier. En Guinée, actuellement on compte au moins 96 partis politiques. Nous ne sommes certes pas opposés au choix d’un Premier ministre qui émanera des partis politiques. Cependant, nous souhaiterions que le choix du futur nouveau premier ministre associe l’ensemble des 96 formations politiques agréées que comporte le paysage politique Guinéen, les syndicats, la société civile et les représentants des organisations de la jeunesse et des femmes. C’est ce qui est notre souhait. Il faudrait que le nouveau Premier ministre soit l’émanation de la volonté de toute la classe politique au lieu de celle exclusive des soi-disant Forces Vives.

Une fois encore comme le président Dadis l’a toujours réitéré, nous tendons la main franche à l’ensemble de la classe politique guinéenne, aux personnes de bonne volonté, surtout à la jeunesse qui est le symbole et l’incarnation du présent et de l’avenir. Nous invitons tout le monde à revenir autour de la table des négociations en ne privilégiant que l’avenir de ce pays qui a été déjà longtemps martyrisé durant un demi-siècle. Il est donc temps qu’on se réveille maintenant de cette longue torpeur pour faire face aux grands défis de la mondialisation, aux besoins de développement de notre pays. Ces vieux politiciens ne nous mèneront en rien qu’à l’échec. Parce que la plupart ont été Premiers ministres ou occupé de hautes fonctions au sein de l’Administration publique. C’est pourquoi ils sont soient habités et constamment par la peur d’être rattrapés par les audits ou par l’âge. Soyez toutefois rassurés d’une chose, c’est que les audits vont continuer sans relâche. En tout cas, nous ferons de tout notre mieux pour que la Guinée puisse enfin sortir grandie de ces dures épreuves qu’elle est en train de traverser ».





François Loucény Fall, Président du FUDEC

« La position des Forces Vives est bien connue maintenant. Puisque nous avons publié un communiqué qui est largement diffusé. Nous avons tenu compte du fait que les préoccupations essentielles des populations guinéennes exprimées dans notre mémorandum n’ont pas été prises en compte. Nous avons également pris en compte que les résolutions des différentes institutions à savoir la CEDEAO, l’Union Africaine, le Groupe international de contact sur la Guinée, le Conseil de Sécurité qui avaient déjà pris préalablement des dispositions et fait des recommandations, tout cela n’a pas été pris en compte. Donc pour toutes ces raisons, nous avons purement et simplement rejeté des propositions qui ont été faites par le médiateur. Puisque nous avons dit que nous rejetons, il appartient maintenant au médiateur et à la CEDEAO de voir ce qu’ils doivent faire pour que les deux parties puissent maintenir le dialogue. Le dialogue n’est pas rompu. Mais nous tenons que les choses soient revues correctement et qu’on tienne compte des réalités du terrain. Je crois que la communauté internationale toute entière, sur l’engagement du capitaine Dadis lui-même, le CNDD a promu de ne pas présenter de candidature aux élections, ni le président, ni un membre du CNDD, ni le gouvernement ni le Premier ministre. Et si le médiateur propose qu’un membre du CNDD prenne la tête du CNT et devienne le chef d’Etat, cela est contraire aux recommandations et résolutions de ces institutions (CEDEAO, Conseil de sécurité de l’ONU, EU UA…), Première chose. Deuxième chose, vous savez que le CNT est un organe législatif et non exécutif, le chef de l’Etat donc ne peut pas être président du CNT. A notre avis, le CNT est un organe législatif ou consultatif, peu importe son appellation. Il faut séparer les fonctions de président et les fonctions législatives. Ensuite la composition du gouvernement, vous avez vu qui sera composé de 30 membres, 10 aux Forces Vives, 10 aux CNDD et 10 à autres forces que nous considérons comme étant des forces proches du CNDD. Ce qui fait que nous n’avons que le tiers. Et nous représentons une grande force pour toutes ces raisons, nous avons estimé que c’est comme si on donnait une prime aux événements du 28 septembre pour dire que qui s’est passé au 28 septembre, il faut leur donner une prime.
C’est ce qui a fait que nous avons purement et simplement rejeté les propositions et nous voulons que les propositions qu’on devrait faire tiennent compte de la réalité et puissent amener les paries à la collaboration. Nous sommes tous pour la paix en Guinée. Je tiens à le dire nous ne voulons pas enflammer ce pays. Il a déjà suffisamment souffert, pas seulement le 28 septembre, mais toute l’histoire de notre pays, nous avons connu beaucoup de problèmes. Ce que nous cherchons, c’est d’amener la paix, l’entente entre les guinéens, le développement qui ne peuvent passer que par la démocratie. C’est la raison pour laquelle nous maintenons notre position.
Personne dans notre délégation n’a été expulsé. Vous savez qu’une délégation de 12 membres a été désignée à Conakry. Ce sont les douze membres qui sont venus de Conakry et qui ont pris part à la réunion. Nous n’avons expulsé aucun membre des Forces Vives. C’est de la confusion. Les 12 membres sont bel et bien ici et ce sont eux qui ont participé à la réunion ».




Alexandre Cécé Loua, Ministre des affaires étrangères

« Actuellement nous sommes en pourparlers. Dans cet exercice politique, le seul gagnant, c’est le peuple de Guinée. Il faut dire Dieu merci. Parce que nous travaillons dans un contexte de l’unicité du territoire. Il n’y a pas de conflit armé, le territoire est resté unique avec une seule autorité à la tête. Le message que les Guinéens doivent comprendre, c’est qu’aujourd’hui aucun leader politique, même dans une coalition de partis politiques, ne peut prétendre parler au nom et pour le compte du peuple de Guinée. Ça c’est un vrai faux débat. Nous ne sommes pas dans un système de parti unique et chaque leader politique représente la voix de ses sympathisants, mais pas la voix de tout le peuple de Guinée. Donc, je pense qu’il faut redescendre sur terre et renégocier, aller sur la base des réalités pour que le peuple de Guinée sorte victorieux de cette situation qui n’honore pas notre pays. C’est entre les fils du pays. Donc nous sommes conscients que nous sommes dans une difficulté, il faut sortir de cette difficulté sans exclusion. Toutes les fois qu’on va tenter d’aller vers l’exclusion, c’est là que les positions vont se durcir. De cette situation comme celle là, nous avons besoin d’en sortir victorieux. Puis qu’enfin de compte, nous sommes tous guinéens. La situation est donc telle qu’il faille aller avec l’esprit de compromis. Je dis bien dans l’esprit du compromis constructif. C’est dans ce sens que la délégation du CNDD s’inscrit et s’emploiera à faire valoir cette philosophie durant tout le long des pourparlers ».




Sidya Touré, Président de l’UFR

« Nous avons reçu du médiateur un document qui a été diffusé par d’autres personnes que nous et partout. Nous avons examiné ce document, nous en avons tiré les conclusions comme quoi il n’était pas conforme au mémorandum que nous avons déposé au niveau des Forces vives et nous avons en conséquence décidé de rejeter ce document et de proposer que les nouvelles discussions s’engagent sur la base d’un document beaucoup plus consensuel qui partage les points de vue des uns et des autres. Voilà notre position au jour d’aujourd’hui. Le médiateur a fait des propositions qui devraient contenir les desideratas des Force Vives et les desideratas du CNDD. Je crois que c’est que le rapprochement de tout cela qui devait permettre d’aboutir à un document qui pourrait être considéré comme un document consensuel. Donc ce que nous avons rejeté. Ce sont les premières propositions, il faut que ce soit très clair, ce qui nous a été remis comme document, ce n’est pas un document final, c’est une première proposition du médiateur. Et c’est cette première proposition que nous avons rejetée. Nous sommes cependant bien prêts à poursuivre le dialogue sous l’égide du médiateur Compaoré. D’autant que ce n’est pas nous qui désignons le médiateur. Ce sont les chefs d’Etat de la CEDEAO. Nous avons dit comme nous sommes la deuxième partie de cette discussion, que devons y prendre autrement. Les 12 représentants des Forces Vives sont là, nous d’accord à 100% sur le rejet de la proposition. Le rejet strict du document n’a rien à voir avec la personne du médiateur ».

Propos recueillis par Amara Moro Camara
Source:L’Indépendant

Guinée-Conakry : les forces vives disent non aux propositions du médiateur Blaise Compaoré

Appelé pour servir de médiateur à la crise guinéenne qui oppose opposition, société civile et la junte au pouvoir, le président burkinabè Blaise Compaoré se heurte à une fin de non-recevoir des forces vives guinéennes.

mardi 24 novembre 2009, par Staff Culturefemme

Depuis la mort de Lansana Conté, la Guinée-Conakry, dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara après un coup d’Etat sans effusion de sang le 23 décembre 2008, a connu de graves violences ces derniers mois. En cause, le désir de Dadis Camara de briguer la présidentielle, alors que lors de sa prise de pouvoir, il avait promis de ne pas se présenter à un tel scrutin. 28 septembre dernier, l’Onu a estimé à au moins 150 morts, le nombre de manifestants tués dans un stade de Conakry, alors qu’ils participaient pacifiquement à un rassemblement de l’opposition. Ces violences caractérisées par des morts et viols en série, ont été attribués à des éléments de l’armée et les forces vives, loin d’abandonner la partie, continuent toujours de dire non à une probable candidature de dais Camara.

Un document de synthèse du médiateur accusé de faire la part belle à la junte

Blaise Compaoré, qui a aidé entre autres à réconcilier les frères ivoiriens, a été envoyé en Guinée-Conakry par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), pour tenter de trouver une issue politique à la crise. Parmi ses propositions, la possibilité de maintenir la junte (et donc Dadis Camara) au pouvoir pour une période transitoire de 10 mois ; la mise en place d’un Conseil national de transition avec à sa tête le capitaine Moussa Dadis Camara. Le chef de l’actuelle junte, selon ce document remis par le médiateur, conserverait aussi le statut de chef de l’Etat et de chef suprême des armées. C’est aussi le Conseil national de transition qui devra organiser la prochaine élection présidentielle (courant septembre-octobre 2010). Il sera possible, pour Dadis Camara ou pour tout autre membre du Conseil national transitoire, de briguer la présidentielle, à condition de quitter son poste quatre mois avant la date du vote.

Les Forces vives jugent sévèrement les propositions de Blaise Compaoré

Via un communiqué, le Forum des Forces vives qui regroupe partis d’opposition, syndicats et société civile, a rejeté cette proposition du médiateur, affirmant que « Les préoccupations fondamentales du peuple guinéen n’ont pas été prises en compte dans le projet d’accord politique » présenté par Blaise Compaoré. Pour le forum des forces vives, un des préalables est le départ de Dadis Camara et de la junte militaire au pouvoir. Pour le forum, le document remis par le médiateur n’a pas pris en compte les recommandations de la CEDEAO ou de l’ONU, à savoir qu’aucun membre de la junte ne soit candidat aux prochaines élections, et qu’une nouvelle autorité de transition soit mise en place pour remplacer la junte. ©Culturefemme.com


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Guinée: le plus important groupe de presse menacé par les militaires

Le plus important groupe de presse en Guinée, Le Lynx-La Lance, est actuellement "menacé par les militaires" à Conakry, a assuré mardi Reporters sans frontières (RSF) qui tiendra la junte au pouvoir "pour responsable de toute agression" contre ce groupe.

 

"Le groupe de presse Lynx-Lance et plusieurs de ses journalistes sont actuellement dans le collimateur des militaires", assure, dans un communiqué, l'organisation de défense de la presse, qui dit l'avoir appris "auprès d'une source au sein de la junte au pouvoir".

 

"Alors qu'un climat de peur règne toujours au sein des médias guinéens, nous tiendrons la junte pour responsable de toute agression contre le groupe de presse Lynx-Lance et ses employés", ajoute RSF.

L'organisation appelle de nouveau "le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabé Blaise Compaoré, à demander à la junte de respecter la liberté des médias".

De son côté, l'administrateur général du groupe Le Lynx-La Lance, Souleymane Diallo, a assuré à l'AFP que "des militaires du camp Alpha Yaya Diallo (siège de la junte, ndlr) envisageaient d'attaquer" son groupe. Selon lui, "l'opération consiste à organiser un raid nocturne sur la rédaction et monter des embuscades contre un certain nombre de journalistes" et "l'attaque sera mise au compte d'éléments +incontrôlés+".

Dans une autre affaire, Reporters sans frontières déplore la convocation à l'état-major de la gendarmerie du rédacteur en chef du groupe L'Indépendant, Talibé Barry, "inquiété pour la publication d'un article sur la disparition d'un militaire".

L'organisation rappelle que depuis le massacre d'opposants le 28 septembre par les forces de sécurité, de nombreux journalistes guinéens vivent dans la peur et que plusieurs correspondants de la presse étrangère ont dû fuir le pays pour échapper aux menaces de mort.

Le 28 septembre, plusieurs journalistes avaient été passés à tabac, blessés ou soumis à des simulacres d'exécution, durant la répression sanglante d'un rassemblement d'opposants.

Selon diverses ONG, "150 à 200 personnes" ont été tuées ce jour-là, tandis que la junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara avance un bilan officiel de 56 civils tués et 934 blessés.

Moussa Dadis Camara - Le combat d`un nationaliste

Pour Comprendre ce qui se passe en Guinée depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara, il faut remonter à l'année 1984.
En 1984, trois ans après l'arrivée du français Mitterrand au pouvoir en France, Sékou Touré meurt. Ses héritiers se disputent la succession à la tête de la Guinée. Des officiers excédés s'emparent du pouvoir et nomment à leur tête l'officier le plus ancien dans le grade le plus élevé, le Colonel Lansana Conté. La Guinée sort alors de 26 années d'embargo et se dote de tout l'arsenal institutionnel d'une économie libérale aux potentialités énormes et se développe à son rythme. Lansana Conté qui incarne l'ordre historique de Sékou Touré avec son "non" historique et légendaire du 26 septembre 1958 est aimé par son peuple qui rêve d’une Guinée libre et économiquement indépendante. C'est la Présidentielle du 14 décembre 1998 qui doit attirer l'attention de tous les guinéens sur le complot d'une partie de la communauté internationale contre la Guinée. Aujourd’hui, un des adversaires de Lansana Conté cette année là s'appelle Alpha Condé et vivait jusque là en exil en France, condamné par Sékou Touré à la peine capitale. A la veille de cette présidentielle, le discours de la France en dit long : "Si le scrutin est honnête, Condé gagne. Mais comme il ne sera pas honnête, mieux vaut prendre toutes les dispositions dès à présent pour éliminer ce général qui est en train de prendre goût au pouvoir et réaliser cette alternance qui nous permettra enfin de manger le gâteau Guinéen". Voici l'origine du complot contre la Guinée depuis Lansana Conté jusqu’aujourd’hui. Ce que la France n'a pas pu faire du vivant de Sékou Touré, elle pense pouvoir le faire avec ses successeurs. Selon des sources, Alpha Condé arrive en retard après le démarrage de la campagne électorale. Sa candidature, bien que forclose, est tout de même acceptée par la commission électorale guinéenne. C'est que l'homme était surmédiatisé à l'extérieur de la Guinée et soutenu par la France. Un refus de sa candidature risquerait de compromettre l'image des autorités guinéennes. Lansana Conté laisse donc faire. Alpha Condé bat campagne et multiplie des provocations à l'encontre du Président Lansana Conté qui se calme et laisse faire toujours. Pourtant à la veille du scrutin, Alpha Condé disparaît sans avoir accompli son devoir de citoyen. Il est surpris à la frontière Ivoiro - Guinéenne à près de 2000 Km de Conakry par un soldat de 2eme classe qui refusa de se faire acheter par le candidat à coût de 2 millions de Francs guinéens. Alpha Condé est alors arrêté pour infraction mineure, au regard des autres qui seront découvertes ultérieurement. En fait, Alpha Condé s'apprêtait à traverser la frontière ivoiro-guinéenne illégalement alors que cette frontière était fermée pour la sécurité de la Guinée en période électorale. La question qui mérite d'être posée est de savoir pourquoi Alpha Condé a voulu coûte que coûte traverser la frontière en cette période électorale particulière ? A cette question, Alpha Condé a répondu sur son procès verbal d'interrogatoire et dans de nombreuses interviewes : "je suis un citoyen libre guinéen et je peux me rendre librement sur toute l'étendue du territoire guinéen". Mais il faut souligner que c'est la fouille du sac de cet opposant soutenu par la France qui lèvera le lièvre. En effet, des effets vestimentaires, des passeports, un permis de conduire, des cartes d'identité attestant sa nationalité plurielle guinéenne et française, des chèques et cartes de crédit, des clés de ses appartements à l'étranger, des devises étrangères ont été découvertes. Puis un bloc-notes intitulé M2 et un document compromettant qui révèle que Alpha condé avait dégagé la somme de 60 000 dollars US pour acheter des armes. En outre des nombreuses et concordantes sources, avait révélé qu'une opération dénommée ''opération Koweït'' se préparait contre la Guinée, en dehors de la Guinée et que Alpha Condé en serait le pilier central. Le signal de l'attaque devrait être la nouvelle répandue par la presse de la traversée de la frontière par Alpha Condé. Mais ce signal ne viendra jamais. Le général Lansana Conté, digne successeur de Sékou Touré tenait la barre à la tête de la guinée. Mais une campagne médiatique alimentée depuis la France condamne les dirigeants guinéens. Un peu comme Dadis Camara est condamné par la presse occidentale aujourd'hui. Les mêmes acteurs sont en scène avec à leur tête Alpha condé contre le nationaliste Moussa Dadis Camara. Ces acteurs regroupés au sein de l'opposition sont aux ordres des impérialistes qui lorgnent les richesses minières de la guinée. Le seul péché de Dadis c'est qu'il est nationaliste et refuse de brader l'économie de son pays aux impérialistes. Une histoire qui ressemble à celle qui a provoqué la crise en Côte d'Ivoire quand les refondateurs ont tenté de donner l’indapendance économique au pays. Personne ne peut nier le fait. Le capitaine Moussa Dadis Camara aime son pays Il l'a démontré en faisant sauter le verrou des narco trafiquants. Cet homme de poigne qui n'a pas la langue dans la poche demeure le seul espoir du peuple guinéen en dépit des tergiversations des comploteurs et autres rapaces qui guettent les richesses guinéennes. Le peuple a besoin d’un homme fort pour garantir la dignité et la souveraineté de la Guinée. Cet homme fort c’est Moussa Dadis Camara.
La source de cette crise qui mine aujourd'hui la Guinée, remonte depuis le temps de Lansana Conté. C'est un complot contre la guinée libre et digne comme l'avait longtemps rêvé Sékou Touré, premier Président de la Guinée. C'est bien de cela qu'il s'agit : La France qui voulait avoir une mainmise sur les immenses richesses de la Guinée depuis les indépendances s’est toujours heurtée au nationalisme des fils dignes de la Guinée.
Ce qui effraie toujours les nations impérialistes c'est le réveil d'un nationalisme dans les pays du tiers monde surexploités. Or tous ceux qui ont succédé à feu Sékou Touré ont maintenu le cap sur le nationalisme. L'amour pour la Guinée demeure au cœur du combat de Lansana Conté et de Dadis Camara aujourd'hui. C'est pourquoi dès son accession à la tête de la Guinée, les complots des plus diaboliques sont montés contre lui pour l'affaiblir. Mais qu'on ne se trompe pas ! Ce que les médias européens montrent au monde entier pour ternir l'image de Dadis Camara est un mensonge contre les fils dignes de l'Aftique. Le vrai peuple nationaliste est avec ce Président charismatique qui ne veut pas brader son pays aux impérialistes. Son élan révolutionnaire, qui a dévoilé les corrompus et les trafiquants de drogues continue de séduire et l'élève jusqu’à la dignité du révolutionnaire Burkinabé Thomas Sankara. Moussa Dadis Camara l'a promis. Et peut- être qu'il le réalisera s'il réussit à surmonter les complots internationaux. Il fera entrer la Guinée dans le concert des nations appartenant à l'Afrique Nouvelle, libre, digne et prospère.

N'Guessan Antoine
colbert_rma@yahoo.fr
00225 04562447
00225 02669319

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