26.11.2009

GUINEE - POLITIQUE - ARMEE - OPOSITION - FORCE VIVES ?

Guinée : arrivée d'une mission de l'ONU

Les membres de la commission internationale d'enquête de l'Onu sur le massacre du 28 septembre en Guinée sont arrivés ce soir à Conakry pour une mission de dix jours.

Les trois commissaires, Mohamed Bedjaoui, Françoise Kayiramirwa et Pramila Patten, sont arrivés à Conakry où ils ont été accueillis par le ministre guinéen de la Justice, le colonel Siba Lohalamou. Les commissaires, dont la mission s'achève le 4 décembre, doivent rencontrer jeudi le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, et le Premier ministre guinéen, Kabiné Camara, en plus d'autres membres de la junte qui a pris le pouvoir en Guinée le 23 décembre après la mort du président Lansana Conté.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait approuvé fin octobre la création de
cette commission d'enquête sur le massacre d'opposants perpétré fin septembre dans le plus grand stade de Conakry. Elle doit "travailler de manière indépendante pour établir les faits et faire des recommandations sur les mesures à prendre pour déterminer les responsabilités", selon l'ONU.

Selon de très nombreux témoignages, les forces de défense et de sécurité guinéennes, commandées par des officiers proches du chef de la junte, avaient mis en oeuvre une "violence inouïe" pour réprimer un rassemblement d'opposants.

La présidentielle guinéenne "techniquement impossible"

Le chef de la jungle Moussa Keita
L'élection présidentielle en Guinée, dont le premier tour est théoriquement prévu le 31 janvier 2010, est "techniquement impossible à tenir" à cette date, a annoncé mercredi à l'AFP le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Ben Sékou Sylla.
 
"Il est techniquement impossible de tenir les élections à la date prévue à cause de plusieurs facteurs imprévus", a-t-il indiqué par téléphone depuis Conakry. Un éventuel deuxième tour était prévu le 14 février.
 
A ce jour, "nous n'avons même pas fait la commande du matériel électoral, pas de liste des électeurs à cause de la suspension du financement par les bailleurs de fonds" à la suite du massacre par les forces de sécurité de la junte au pouvoir de dizaines d'opposants fin septembre à Conakry, a-t-il ajouté.
 
"Nous attendons qu'on nous demande de faire une nouvelle proposition de date et peut-être que les négociations en cours à Ouagadougou (entre la junte et l'opposition) entre les autorités guinéennes et les Forces vives aboutiront à cela", a-t-il expliqué. (belga/acx)
 
 
Guinée: la junte menace d'exclure les ex-Premiers ministres de l'élection présidentielle

OUAGADOUGOU — Le porte-parole de la junte au pouvoir en Guinée a menacé mercredi à Ouagadougou d'exclure les anciens Premiers ministres de l'élection présidentielle, théoriquement prévue le 31 janvier, les accusant d'avoir "pillé" ou "bradé" le pays.

"Tous ceux qui ont géré le pays, qui ont +goûté+ au poste de Premier ministre ne peuvent être candidats (à l'élection présidentielle) en Guinée", a déclaré à l'AFP, Idrissa Chérif, le ministre en charge de la Communication du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara.

"Le pays a été pillé, bradé par ces gens-là, on ne peut pas accepter ça. Ces personnes sont +poursuivables+ sur le territoire guinéen parce qu'ayant géré et dilapidé les fonds publics", a-t-il insisté.

"C'est la nouvelle Constitution que nous allons mettre en place qui dira qui peut être candidat (et) qui ne doit pas l'être. Mais on ne peut pas permettre à des gens qui ne sont pas propres de diriger encore notre pays", a indiqué à Ouagadougou le ministre. Il n'a cité aucun nom.

Trois anciens Premiers ministres devenus leaders de l'opposition : Sidya Touré (juillet 1996-mars 1999), François Lonsény Fall (février 2004-avril 2004) et Cellou Dalein Diallo (décembre 2004-avril 2006), membres des Forces vives (opposition, syndicats, société civile) s'opposent farouchement au maintien du capitaine Camara à la tête de la Guinée.

Ils réclament également la non-candidature du capitaine Camara à la présidentielle et la dissolution du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte).

"Certains ont vendu des usines, des sociétés d'Etat, d'autres ont pillé l'économie du pays. Ceux qui ont amassé des sommes colossales et qui ont acheté des maisons et des buildings, nous les avons tous recensés", a affirmé M. Chérif.

"L'Etat a toutes les preuves nécessaires, ils vont nous démontrer où et comment ils ont eu cet argent", a-t-il insisté soulignant que c'est un problème "interne" guinéen qui ne peut être soumis à la médiation du président burkinabè Blaise Compaoré.

M. Chérif s'exprimait quelques heures avant la remise des propositions de la junte au médiateur pour sortir la Guinée de la crise dans laquelle elle est plongée depuis le massacre, selon l'ONU, de 150 opposants, le 28 septembre dans un stade à Conakry.

Dans ses nouvelles propositions, la junte, arrivée au pouvoir par un coup d'Etat le 23 décembre 2008, réclame la désignation d'un Premier ministre de "consensus" contrairement aux propositions de M. Compaoré qui avait demandé qu'il vienne des Forces vives.

"Nous sommes prêts à discuter sur tout ce qui semble être bon pour la Guinée, mais le départ de Dadis n'est pas à l'ordre du jour pour nous. S'il devait partir un jour, ce serait de la volonté du peuple de Guinée à ne pas voter pour lui", a pour sa part déclaré le ministre-secrétaire permanent du CNDD, le colonel Keïta, chef de délégation de la junte.

25/11/09 15h43

 Trafic de drogue au Mali : les responsables restent inconnus

A la mi-novembre, on apprenait des médias étrangers le crash d’un Boeing 727 à Gao et qui aurait déchargé une importante quantité de drogue. De nouveaux éléments dans l'affaire.

En réalité, l’affaire remonte au début du mois, mais l’information n’a filtrée qu’à la mi-novembre. Le nord du Mali est une vaste zone d’insécurité. Des trafics en tous genre s’y passent puisqu’il n’existe aucun radar couvrant la zone

C’est donc un terrain propice aux trafics d’armes, de drogues, et parfois même de personnes. Il est ouvert sur le Niger, l’Algérie et la Mauritanie. Et ces régions sont réputées favorables aux islamistes armés. C’est le manque de contrôle qui encourage certainement les nombreux trafics qu’elle enregistre ces derniers temps. Signalons que l’Afrique de l’Ouest est un important point de transit et d’ouverture vers les marchés occidentaux. En témoigne les sites de fabrications de drogues multiples telles l’héroïne et la cocaïne, en Guinée Conakry.

Rappel des faits

Le 16 novembre denier, on apprenait la découverte d’un Boeing 727 à Tarkint, situé à 200 Km de Gao. Selon l’ONUDC, l’agence des nations unies pour la lutte contre la drogue, le cargo aurait quitté le Venezuela avec comme destination, le Mali. Il faut dire que cet avion était déjà trop fatigué, très vieux. Après l’atterrissage donc, la dizaine de tonnes de cocaïnes qui s’y trouvait, a été déchargée par les trafiquants, pour les mettre dans cinq 4x4 immatriculés au Niger. Une fois l’opération terminée, les véhicules auraient pris la route vers le Niger. Et, l’avion qui avait des problèmes techniques, refusa de repartir. L’unique solution était d’y mettre le feu, afin d’effacer toute trace. La drogue se trouverait en ce moment, entre le Mali et le Niger.

Deux versions de l'affaire

Il était prévu dans un premier, de larguer la marchandise avant de poser l’avion. Mais, ce plan n’ayant pas marché, la seconde option a été adoptée par les trafiquants.

Cependant, deux versions ont été exposées par les experts de l’ONU. D’une part, l’avion aurait explosé au moment de son redécollage et d’autre part, le feu y aurait été mis volontairement. Et, c’est la seconde version qui paraît la plus plausible, puisque des bidons d’essence ont été retrouvés près de l’épave.

Tout compte fait, la drogue n’était pas destinée au Mali. Le pays a juste servi de passage pour les assaillants. Le terminus est de toute vraisemblance, l’Europe. La crise au nord Mali a certainement joué un rôle important dans l’audace des trafiquants ; Car c’est la Guinée-Bissau qui servait de plaque tournante pour le cartel Sud-américain. Parmi les moyens utilisés jusqu’alors, c’est bien la première fois qu’un cargo est employé pour l’Afrique de l’Ouest.
Les pays Ouest africains les plus connus et propices au trafic de drogues, étaient le Nigéria (plus grand trafiquant) et la Guinée Conakry. Le Mali sert d’ouverture sur le marché extérieur avec l’Algérie, la Libye, la Mauritanie, ensuite le Maroc et l’Egypte, qui sont des voies d’accès sur l’Europe.

Enquête en cours

Depuis le début de l’affaire, des enquêteurs américains, libyens, européens et maliens, travaillent activement sur les lieux. Les enquêtes ont permis de connaitre le lieu de fabrication du Boeing, et de préciser qu’il aurait déjà appartenu à un Etat africain.

En début de semaine, trois hommes avaient été arrêtés. Ils ont été pris, entrain de découper une épave de l’avion. Selon toute vraisemblance, il s’agirait de simples ferrailleurs en quête de fer à revendre, histoire de se faire un peu de sous. L’un d’eux, se serait même blessé pendant le découpage.

Silence au sommet de l’Etat

15 jours après l’affaire de Boeing, l’Etat malien n’a fait aucune déclaration sur la question. Les Maliens se posent de nombreuses questions sur ce silence qui paraît ridicule pour certains. Un haut fonctionnaire explique sur le signe de l’anonymat : « Des déclaration officielles compliqueraient la résolution de l’affaire. Des preuves pourraient disparaitre et le processus de paix dans la zone qui est bien parti, risquerait d’être touché à cause de ce nouveau problème. »

Cependant, est-ce une raison valable pour que personne n’ose en parler ? La question suscite en tout cas, de nombreuses interrogations. Même si des cadres du pays sont directement ou non, concernés par l’affaire, ce n’est pas une raison pour le gouvernement d'agir comme s’il ne s’était rien passé.

L’enquête suit son cours, et de nouveaux éléments seront bientôt trouvés par les multiples services de renseignements sur place.

Réédition ratée 

Il y a trente neuf ans que la Guinée de Sékou Touré écrasait ses agresseurs composés, à majorité, de ses propres enfants. Leur but, nous disaient-ils, était la libération de la Guinée d'un régime qu'ils avaient, eux-mêmes, rendu sanguinaire.

 

A quelques semaines de la date anniversaire de cette victorieuse réponse aux mercenaires, ceux qui les ont régentés ont essayé de rééditer en essayant de salir la célébration de cette autre historique date du 28 septembre 1958. Tout avait été planifié, mais avec méconnaissance du profond patriotisme des Guinéens. Le 28 septembre 2009 fut choisi pour réaliser ce qui avait été conçu à Paris et dont l'odeur parfumait, quelque peu, les différentes réunions publiques organisées par les cerveaux du mal guinéen.

Comme toujours, ils avaient embobiné quelques compatriotes en affirmant leur union pour créer un gouvernement parallèle. Celui-ci violerait, à sa création, les rues de Conakry pour asseoir son pouvoir. Mais faut-il rappeler que ce plan était établi par des fuyards dont certains avaient commandité l'assassinat de deux gendarmes guinéens avant de trouver refuge à Paris ou ailleurs?

Ce premier crime les fit croire à une quelconque influence sur le cours de notre histoire et surtout sur la population qui les maudit aujourd'hui. Comme l'ivrogne de la brousse de l'auteur africain dont j'oublie le nom, cet essai criminel les rendit ivres. Ils fomentèrent un coup plus meurtrier pour déstabiliser la Guinée en conquête d'un vrai souffle à sa démocratie.
Ils devinrent des autistes à l'appel à la raison à la fois de l'organisation des femmes guinéennes, mais surtout de celui du Président Dadis, le patriote. Tout était ficelé, même s'ils le nient. Cependant, « Ne voulaient-ils pas montrer leur poids politique selon certains dans leur rang » ?

De quel poids peut se référer un politique lorsque la sécurité de la nation  et des citoyens est en jeu ?  

Non, le plan était suffisamment préparé pour faire marche arrière ! Il fallait s'assembler au stade du 28 septembre puis se ruer vers le camp Alpha Yaya si les Guinéens avaient répondu à l'appel. La preuve ? Ils n'avaient ni micro, ni haut parleur pour s'adresser aux manifestants.

D'ailleurs ceux qui étaient sortis n'étaient-ils pas majoritairement des jeunes des quartiers ci-après cités? Les petits cireurs de Madina, les désœuvrés, mais fanatiques de Cosa, Enco5, Hamadallaye et Bambéto. Eux-mêmes appellent leur fief : Gaza, Bagdad…., etc ?

Ce sont ces islamo-politiquement manipulés qui ont constitué la troupe et envahi le stade du 28 septembre au cri d'Allah Akbar, Allah Akbar. Ce refrain guerrier des fanatiques des pays du golf avait fini par une prière, celle qui précède la rencontre avec Dieu. Voilà une des réalités qui ont sous-tendu le malheur qui nous a frappés à travers notre jeunesse. Un des leaders, disqualifié par ses pairs à Ouga, avait dit être maître de 10 000 jeunes, ses « soldats de rue » avec lesquels il avait promis de
chasser le CNDD. Les vieillards de l'opposition guinéenne avaient cru à cette chansonnette irréaliste.
Le résultat est connu de nous tous. L'analyse du film autorise quelques observations :

1)        - Moins de femmes parmi les manifestants. Où a-t-on trouvé ces nombreuses femmes violées dont quelques leaders malhonnêtes avaient déclaré avoir suivi le viol ? Comme ces déclarants sont non seulement des hommes politiques, mais aussi les organisateurs de la manifestation, ils sont coupables à mes yeux de non assistance à personne en danger pour n'être pas intervenus. Alors je les dénonce et porte plainte contre eux !

2)        Le photographe qui a photographié le « présupposé militaire violeur et sa victime » est complice pour n'avoir pas pris le militaire en commission de l'acte de viol et de ne l'avoir pas dévisagé avec son appareil.  Lui aussi est coupable pour non assistance à la violée et surtout pour avoir caché le visage du militaire.

3)        Aussi surprenant que cela apparaît, le film ne montre aucun, pas un seul militaire tirant. L'on commence à entendre les coups de feu dès que le véhicule bleu des anti-gangs s'arrête. L'on ne voit pas d'où viennent les tirs, mais le crépitement des balles s'entend distinctement à l'intérieur du stade.

4)        Brutalement, c'est l'alignement abominable des corps, déjà et aussi rapidement des corps au milieu de paires de chaussures entassées. Par qui ? La mise en scène n'est pas loin de transparaître. Tout cela est ignoble et indigne dans une nation ! Bien sûr, il y a des blessés dont d'autres auraient pu survivre si le spectacle n'avait pris le dessus sur le sauvetage de la vie humaine. Ainsi voyons-nous un jeune blessé que les autres trainent sous l’œil de la caméra au lieu de le conduire à l'hôpital Donka qui
n'était pas pourtant loin.

5)        Une autre surprise : tous les leaders blessés ne l'ont été que sur la tête. Mais quelques jours plus tard la plaie est guérie sans la moindre cicatrice. Quelle prouesse de la médecine ?

6)        Nous attendons la liste des morts et des blessés. Elle lèvera sûrement un voile sur la vraie intention des organisateurs des crimes du 28 septembre 2009.

De tout ce qui précède, il ressort que notre histoire a besoin de la lumière de la vérité, celle des faits et non celle des Hommes.

Le 28 septembre 2009 va être le début de la fin des mensonges pour la seule VERITE HISTORIQUE  en Guinée? En tout cas le 22 novembre ne se répétera pas.

Paris 24 septembre 2009

Négociations de Ouagadougou:réactions des acteurs politiques...

 




Jean-Marie Doré, porte-parole des forces vives:

« La Guinée est une et indivisible. Mais cela n’empêche pas que de temps en temps qu’il y ait des problèmes entre ses éléments de la même famille, de la même entité. Donc quand le problème se pose, on se rapproche les uns aux autres pour trouver une solution nationale à nos préoccupations. C’est ce qui nous amené ici. Dans un débat, on ne dit pas toujours oui ou non. Il y a des moments ou des arguments se rencontrent. Il y a d’autres moments où les arguments s’éloignent les uns des autres. Ne prenez pas cela pour la fin de l’étape. C’est une contribution à l’approfondissement des arguments développés par les uns et par les autres. Je suis convaincu qu’on arrive à s’entendre sur l’égide de l’excellent président du Faso. Tous les jours que Dieu fait, toutes mes pensées vont vers les Guinéens. Qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur. Nous sommes dans ce beau pays du Faso qui est un exemple dans la sous région par la propreté, l’organisation, la rigueur de son administration. Je félicite les ressortissants du Faso et je souhaite que la Guinée aussi puisse un jour marquer des points. Pour qu’elle soit citée en exemple de la rigueur, de la bonne gouvernance où la presse fait son travail et écrit dans un langage intelligible ».

Colonel Moussa Keita, Chef de la délégation de la junte (CNDD)




« Depuis le début des pourparlers, le CNDD et le gouvernement n’ont eu pour ambition que d’aider le peuple de Guinée. En faisant en sorte que la nation puisse se sortir de l’ornière. Nous, nous avions mis au devant de tout, l’intérêt national. Donc nous estimons que le négociateur est de bonne foi. Puisque, malgré la distance qui sépare le Burkina de la Guinée, le président Blaise a accepté la médiation. Et ce, malgré la difficile conjoncture économique que traversent nos Etats en ce moment. C’est un sens panafricaniste qui le guide. Certes, de notre côté, nous œuvrerons d’une toute autre manière en tout cas, en ce qui concerne les pourparlers, pour que ces dialogues puissent aboutir à des résultats probants. Nous avons reçu le document de synthèse du président Compaoré. Nous avons-nous aussi des réserves vis-à-vis du document. Mais ce qui ne voudrait pas dire que nous rejetons en bloc la proposition du médiateur. Cela ne voudrait non plus signifier que nous récusons le facilitateur. Puisqu’il est de bonne foi. Il n’a pas d’intérêt particulier à défendre en Guinée. Il veut plutôt assister les guinéens à traverser cette étape difficile de leur histoire. Il mérite encouragement et remerciement. Rien qu’à cause de cela nous devons accepter de dialoguer. Car on peut prétendre être patriote et doubler de démocrate et refuser la culture du dialogue, le sens de l’écoute de l’autre. Le premier signe d’une démocratie, c’est le dialogue, l’ouverture, l’acceptation de la différence. Si nous, nous avons accepté de dialoguer, de nous asseoir à la table des négociations en tant que pouvoir central actuellement en place avec les gens qui se disent Forces Vives et qui n’ont aucune représentativité légitime et légale exercée au nom du peuple. Parce que quelque part, nous nous sommes dit que nous voulons contribuer positivement à l’histoire et à son épanouissement. Donc l’esprit d’exclusion n’est vraiment pas notre slogan. Nous sommes ouverts au dialogue avec tous les guinéens. Qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur mais qui sont réellement animés par la volonté d’apporter positivement quelque chose si petite qu’elle soit à l’édification de la Guinée. Mais une fois de plus, ces soit- disant Forces Vives viennent de témoigner à la face de l’opinion nationale et internationale que tout ce qui les préoccupe, c’est leur intérêt égoïste au détriment de celui du peuple. Parce qu’ils sont venus avec l’intention qu’il doit se passer à Ouaga le partage du pouvoir comme un gâteau où chacun allait s’approprier une partie. Ils n’œuvrent pas dans le sens du bien-être de leurs compatriotes en dépit des souffrances qu’ils ont connues depuis l’indépendance. Et ils ne pensent même aux nombreux jeunes qui ont récemment trouvé la mort. Cela veut dire que les jeunes qui sont morts, sont morts pour rien. Et pourtant si ces jeunes innocents sont morts, ils sont morts à cause d’eux, rien que pour assouvir leur soif du pouvoir. C’est regrettable. Donc nous encourageons et félicitons le président Blaise à œuvrer davantage pour la réussite de la mission difficile qu’il vient de commencer. Parce que sur le chemin du bonheur, il y a toujours des embûches. Si ce n’est pas que nous sommes animés par la volonté et le souci du bien être du peuple, pensez vous que nous n’avons pas de griefs sur le même document que le facilitateur nous a remis. Par exemple c’est la question du choix d’un premier ministre qui sera proposé par seulement les Force Vives. Chose que nous, nous contestons. Les Forces vives ne sont pas mandatées par le peuple de Guinée tout entier. En Guinée, actuellement on compte au moins 96 partis politiques. Nous ne sommes certes pas opposés au choix d’un Premier ministre qui émanera des partis politiques. Cependant, nous souhaiterions que le choix du futur nouveau premier ministre associe l’ensemble des 96 formations politiques agréées que comporte le paysage politique Guinéen, les syndicats, la société civile et les représentants des organisations de la jeunesse et des femmes. C’est ce qui est notre souhait. Il faudrait que le nouveau Premier ministre soit l’émanation de la volonté de toute la classe politique au lieu de celle exclusive des soi-disant Forces Vives.

Une fois encore comme le président Dadis l’a toujours réitéré, nous tendons la main franche à l’ensemble de la classe politique guinéenne, aux personnes de bonne volonté, surtout à la jeunesse qui est le symbole et l’incarnation du présent et de l’avenir. Nous invitons tout le monde à revenir autour de la table des négociations en ne privilégiant que l’avenir de ce pays qui a été déjà longtemps martyrisé durant un demi-siècle. Il est donc temps qu’on se réveille maintenant de cette longue torpeur pour faire face aux grands défis de la mondialisation, aux besoins de développement de notre pays. Ces vieux politiciens ne nous mèneront en rien qu’à l’échec. Parce que la plupart ont été Premiers ministres ou occupé de hautes fonctions au sein de l’Administration publique. C’est pourquoi ils sont soient habités et constamment par la peur d’être rattrapés par les audits ou par l’âge. Soyez toutefois rassurés d’une chose, c’est que les audits vont continuer sans relâche. En tout cas, nous ferons de tout notre mieux pour que la Guinée puisse enfin sortir grandie de ces dures épreuves qu’elle est en train de traverser ».





François Loucény Fall, Président du FUDEC

« La position des Forces Vives est bien connue maintenant. Puisque nous avons publié un communiqué qui est largement diffusé. Nous avons tenu compte du fait que les préoccupations essentielles des populations guinéennes exprimées dans notre mémorandum n’ont pas été prises en compte. Nous avons également pris en compte que les résolutions des différentes institutions à savoir la CEDEAO, l’Union Africaine, le Groupe international de contact sur la Guinée, le Conseil de Sécurité qui avaient déjà pris préalablement des dispositions et fait des recommandations, tout cela n’a pas été pris en compte. Donc pour toutes ces raisons, nous avons purement et simplement rejeté des propositions qui ont été faites par le médiateur. Puisque nous avons dit que nous rejetons, il appartient maintenant au médiateur et à la CEDEAO de voir ce qu’ils doivent faire pour que les deux parties puissent maintenir le dialogue. Le dialogue n’est pas rompu. Mais nous tenons que les choses soient revues correctement et qu’on tienne compte des réalités du terrain. Je crois que la communauté internationale toute entière, sur l’engagement du capitaine Dadis lui-même, le CNDD a promu de ne pas présenter de candidature aux élections, ni le président, ni un membre du CNDD, ni le gouvernement ni le Premier ministre. Et si le médiateur propose qu’un membre du CNDD prenne la tête du CNT et devienne le chef d’Etat, cela est contraire aux recommandations et résolutions de ces institutions (CEDEAO, Conseil de sécurité de l’ONU, EU UA…), Première chose. Deuxième chose, vous savez que le CNT est un organe législatif et non exécutif, le chef de l’Etat donc ne peut pas être président du CNT. A notre avis, le CNT est un organe législatif ou consultatif, peu importe son appellation. Il faut séparer les fonctions de président et les fonctions législatives. Ensuite la composition du gouvernement, vous avez vu qui sera composé de 30 membres, 10 aux Forces Vives, 10 aux CNDD et 10 à autres forces que nous considérons comme étant des forces proches du CNDD. Ce qui fait que nous n’avons que le tiers. Et nous représentons une grande force pour toutes ces raisons, nous avons estimé que c’est comme si on donnait une prime aux événements du 28 septembre pour dire que qui s’est passé au 28 septembre, il faut leur donner une prime.
C’est ce qui a fait que nous avons purement et simplement rejeté les propositions et nous voulons que les propositions qu’on devrait faire tiennent compte de la réalité et puissent amener les paries à la collaboration. Nous sommes tous pour la paix en Guinée. Je tiens à le dire nous ne voulons pas enflammer ce pays. Il a déjà suffisamment souffert, pas seulement le 28 septembre, mais toute l’histoire de notre pays, nous avons connu beaucoup de problèmes. Ce que nous cherchons, c’est d’amener la paix, l’entente entre les guinéens, le développement qui ne peuvent passer que par la démocratie. C’est la raison pour laquelle nous maintenons notre position.
Personne dans notre délégation n’a été expulsé. Vous savez qu’une délégation de 12 membres a été désignée à Conakry. Ce sont les douze membres qui sont venus de Conakry et qui ont pris part à la réunion. Nous n’avons expulsé aucun membre des Forces Vives. C’est de la confusion. Les 12 membres sont bel et bien ici et ce sont eux qui ont participé à la réunion ».




Alexandre Cécé Loua, Ministre des affaires étrangères

« Actuellement nous sommes en pourparlers. Dans cet exercice politique, le seul gagnant, c’est le peuple de Guinée. Il faut dire Dieu merci. Parce que nous travaillons dans un contexte de l’unicité du territoire. Il n’y a pas de conflit armé, le territoire est resté unique avec une seule autorité à la tête. Le message que les Guinéens doivent comprendre, c’est qu’aujourd’hui aucun leader politique, même dans une coalition de partis politiques, ne peut prétendre parler au nom et pour le compte du peuple de Guinée. Ça c’est un vrai faux débat. Nous ne sommes pas dans un système de parti unique et chaque leader politique représente la voix de ses sympathisants, mais pas la voix de tout le peuple de Guinée. Donc, je pense qu’il faut redescendre sur terre et renégocier, aller sur la base des réalités pour que le peuple de Guinée sorte victorieux de cette situation qui n’honore pas notre pays. C’est entre les fils du pays. Donc nous sommes conscients que nous sommes dans une difficulté, il faut sortir de cette difficulté sans exclusion. Toutes les fois qu’on va tenter d’aller vers l’exclusion, c’est là que les positions vont se durcir. De cette situation comme celle là, nous avons besoin d’en sortir victorieux. Puis qu’enfin de compte, nous sommes tous guinéens. La situation est donc telle qu’il faille aller avec l’esprit de compromis. Je dis bien dans l’esprit du compromis constructif. C’est dans ce sens que la délégation du CNDD s’inscrit et s’emploiera à faire valoir cette philosophie durant tout le long des pourparlers ».




Sidya Touré, Président de l’UFR

« Nous avons reçu du médiateur un document qui a été diffusé par d’autres personnes que nous et partout. Nous avons examiné ce document, nous en avons tiré les conclusions comme quoi il n’était pas conforme au mémorandum que nous avons déposé au niveau des Forces vives et nous avons en conséquence décidé de rejeter ce document et de proposer que les nouvelles discussions s’engagent sur la base d’un document beaucoup plus consensuel qui partage les points de vue des uns et des autres. Voilà notre position au jour d’aujourd’hui. Le médiateur a fait des propositions qui devraient contenir les desideratas des Force Vives et les desideratas du CNDD. Je crois que c’est que le rapprochement de tout cela qui devait permettre d’aboutir à un document qui pourrait être considéré comme un document consensuel. Donc ce que nous avons rejeté. Ce sont les premières propositions, il faut que ce soit très clair, ce qui nous a été remis comme document, ce n’est pas un document final, c’est une première proposition du médiateur. Et c’est cette première proposition que nous avons rejetée. Nous sommes cependant bien prêts à poursuivre le dialogue sous l’égide du médiateur Compaoré. D’autant que ce n’est pas nous qui désignons le médiateur. Ce sont les chefs d’Etat de la CEDEAO. Nous avons dit comme nous sommes la deuxième partie de cette discussion, que devons y prendre autrement. Les 12 représentants des Forces Vives sont là, nous d’accord à 100% sur le rejet de la proposition. Le rejet strict du document n’a rien à voir avec la personne du médiateur ».

Propos recueillis par Amara Moro Camara
Source:L’Indépendant

Guinée-Conakry : les forces vives disent non aux propositions du médiateur Blaise Compaoré

Appelé pour servir de médiateur à la crise guinéenne qui oppose opposition, société civile et la junte au pouvoir, le président burkinabè Blaise Compaoré se heurte à une fin de non-recevoir des forces vives guinéennes.

mardi 24 novembre 2009, par Staff Culturefemme

Depuis la mort de Lansana Conté, la Guinée-Conakry, dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara après un coup d’Etat sans effusion de sang le 23 décembre 2008, a connu de graves violences ces derniers mois. En cause, le désir de Dadis Camara de briguer la présidentielle, alors que lors de sa prise de pouvoir, il avait promis de ne pas se présenter à un tel scrutin. 28 septembre dernier, l’Onu a estimé à au moins 150 morts, le nombre de manifestants tués dans un stade de Conakry, alors qu’ils participaient pacifiquement à un rassemblement de l’opposition. Ces violences caractérisées par des morts et viols en série, ont été attribués à des éléments de l’armée et les forces vives, loin d’abandonner la partie, continuent toujours de dire non à une probable candidature de dais Camara.

Un document de synthèse du médiateur accusé de faire la part belle à la junte

Blaise Compaoré, qui a aidé entre autres à réconcilier les frères ivoiriens, a été envoyé en Guinée-Conakry par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), pour tenter de trouver une issue politique à la crise. Parmi ses propositions, la possibilité de maintenir la junte (et donc Dadis Camara) au pouvoir pour une période transitoire de 10 mois ; la mise en place d’un Conseil national de transition avec à sa tête le capitaine Moussa Dadis Camara. Le chef de l’actuelle junte, selon ce document remis par le médiateur, conserverait aussi le statut de chef de l’Etat et de chef suprême des armées. C’est aussi le Conseil national de transition qui devra organiser la prochaine élection présidentielle (courant septembre-octobre 2010). Il sera possible, pour Dadis Camara ou pour tout autre membre du Conseil national transitoire, de briguer la présidentielle, à condition de quitter son poste quatre mois avant la date du vote.

Les Forces vives jugent sévèrement les propositions de Blaise Compaoré

Via un communiqué, le Forum des Forces vives qui regroupe partis d’opposition, syndicats et société civile, a rejeté cette proposition du médiateur, affirmant que « Les préoccupations fondamentales du peuple guinéen n’ont pas été prises en compte dans le projet d’accord politique » présenté par Blaise Compaoré. Pour le forum des forces vives, un des préalables est le départ de Dadis Camara et de la junte militaire au pouvoir. Pour le forum, le document remis par le médiateur n’a pas pris en compte les recommandations de la CEDEAO ou de l’ONU, à savoir qu’aucun membre de la junte ne soit candidat aux prochaines élections, et qu’une nouvelle autorité de transition soit mise en place pour remplacer la junte. ©Culturefemme.com


 article numéro 981 sur 2985 dans cette rubrique 

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Guinée: le plus important groupe de presse menacé par les militaires

Le plus important groupe de presse en Guinée, Le Lynx-La Lance, est actuellement "menacé par les militaires" à Conakry, a assuré mardi Reporters sans frontières (RSF) qui tiendra la junte au pouvoir "pour responsable de toute agression" contre ce groupe.

 

"Le groupe de presse Lynx-Lance et plusieurs de ses journalistes sont actuellement dans le collimateur des militaires", assure, dans un communiqué, l'organisation de défense de la presse, qui dit l'avoir appris "auprès d'une source au sein de la junte au pouvoir".

 

"Alors qu'un climat de peur règne toujours au sein des médias guinéens, nous tiendrons la junte pour responsable de toute agression contre le groupe de presse Lynx-Lance et ses employés", ajoute RSF.

L'organisation appelle de nouveau "le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabé Blaise Compaoré, à demander à la junte de respecter la liberté des médias".

De son côté, l'administrateur général du groupe Le Lynx-La Lance, Souleymane Diallo, a assuré à l'AFP que "des militaires du camp Alpha Yaya Diallo (siège de la junte, ndlr) envisageaient d'attaquer" son groupe. Selon lui, "l'opération consiste à organiser un raid nocturne sur la rédaction et monter des embuscades contre un certain nombre de journalistes" et "l'attaque sera mise au compte d'éléments +incontrôlés+".

Dans une autre affaire, Reporters sans frontières déplore la convocation à l'état-major de la gendarmerie du rédacteur en chef du groupe L'Indépendant, Talibé Barry, "inquiété pour la publication d'un article sur la disparition d'un militaire".

L'organisation rappelle que depuis le massacre d'opposants le 28 septembre par les forces de sécurité, de nombreux journalistes guinéens vivent dans la peur et que plusieurs correspondants de la presse étrangère ont dû fuir le pays pour échapper aux menaces de mort.

Le 28 septembre, plusieurs journalistes avaient été passés à tabac, blessés ou soumis à des simulacres d'exécution, durant la répression sanglante d'un rassemblement d'opposants.

Selon diverses ONG, "150 à 200 personnes" ont été tuées ce jour-là, tandis que la junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara avance un bilan officiel de 56 civils tués et 934 blessés.

Moussa Dadis Camara - Le combat d`un nationaliste

Pour Comprendre ce qui se passe en Guinée depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara, il faut remonter à l'année 1984.
En 1984, trois ans après l'arrivée du français Mitterrand au pouvoir en France, Sékou Touré meurt. Ses héritiers se disputent la succession à la tête de la Guinée. Des officiers excédés s'emparent du pouvoir et nomment à leur tête l'officier le plus ancien dans le grade le plus élevé, le Colonel Lansana Conté. La Guinée sort alors de 26 années d'embargo et se dote de tout l'arsenal institutionnel d'une économie libérale aux potentialités énormes et se développe à son rythme. Lansana Conté qui incarne l'ordre historique de Sékou Touré avec son "non" historique et légendaire du 26 septembre 1958 est aimé par son peuple qui rêve d’une Guinée libre et économiquement indépendante. C'est la Présidentielle du 14 décembre 1998 qui doit attirer l'attention de tous les guinéens sur le complot d'une partie de la communauté internationale contre la Guinée. Aujourd’hui, un des adversaires de Lansana Conté cette année là s'appelle Alpha Condé et vivait jusque là en exil en France, condamné par Sékou Touré à la peine capitale. A la veille de cette présidentielle, le discours de la France en dit long : "Si le scrutin est honnête, Condé gagne. Mais comme il ne sera pas honnête, mieux vaut prendre toutes les dispositions dès à présent pour éliminer ce général qui est en train de prendre goût au pouvoir et réaliser cette alternance qui nous permettra enfin de manger le gâteau Guinéen". Voici l'origine du complot contre la Guinée depuis Lansana Conté jusqu’aujourd’hui. Ce que la France n'a pas pu faire du vivant de Sékou Touré, elle pense pouvoir le faire avec ses successeurs. Selon des sources, Alpha Condé arrive en retard après le démarrage de la campagne électorale. Sa candidature, bien que forclose, est tout de même acceptée par la commission électorale guinéenne. C'est que l'homme était surmédiatisé à l'extérieur de la Guinée et soutenu par la France. Un refus de sa candidature risquerait de compromettre l'image des autorités guinéennes. Lansana Conté laisse donc faire. Alpha Condé bat campagne et multiplie des provocations à l'encontre du Président Lansana Conté qui se calme et laisse faire toujours. Pourtant à la veille du scrutin, Alpha Condé disparaît sans avoir accompli son devoir de citoyen. Il est surpris à la frontière Ivoiro - Guinéenne à près de 2000 Km de Conakry par un soldat de 2eme classe qui refusa de se faire acheter par le candidat à coût de 2 millions de Francs guinéens. Alpha Condé est alors arrêté pour infraction mineure, au regard des autres qui seront découvertes ultérieurement. En fait, Alpha Condé s'apprêtait à traverser la frontière ivoiro-guinéenne illégalement alors que cette frontière était fermée pour la sécurité de la Guinée en période électorale. La question qui mérite d'être posée est de savoir pourquoi Alpha Condé a voulu coûte que coûte traverser la frontière en cette période électorale particulière ? A cette question, Alpha Condé a répondu sur son procès verbal d'interrogatoire et dans de nombreuses interviewes : "je suis un citoyen libre guinéen et je peux me rendre librement sur toute l'étendue du territoire guinéen". Mais il faut souligner que c'est la fouille du sac de cet opposant soutenu par la France qui lèvera le lièvre. En effet, des effets vestimentaires, des passeports, un permis de conduire, des cartes d'identité attestant sa nationalité plurielle guinéenne et française, des chèques et cartes de crédit, des clés de ses appartements à l'étranger, des devises étrangères ont été découvertes. Puis un bloc-notes intitulé M2 et un document compromettant qui révèle que Alpha condé avait dégagé la somme de 60 000 dollars US pour acheter des armes. En outre des nombreuses et concordantes sources, avait révélé qu'une opération dénommée ''opération Koweït'' se préparait contre la Guinée, en dehors de la Guinée et que Alpha Condé en serait le pilier central. Le signal de l'attaque devrait être la nouvelle répandue par la presse de la traversée de la frontière par Alpha Condé. Mais ce signal ne viendra jamais. Le général Lansana Conté, digne successeur de Sékou Touré tenait la barre à la tête de la guinée. Mais une campagne médiatique alimentée depuis la France condamne les dirigeants guinéens. Un peu comme Dadis Camara est condamné par la presse occidentale aujourd'hui. Les mêmes acteurs sont en scène avec à leur tête Alpha condé contre le nationaliste Moussa Dadis Camara. Ces acteurs regroupés au sein de l'opposition sont aux ordres des impérialistes qui lorgnent les richesses minières de la guinée. Le seul péché de Dadis c'est qu'il est nationaliste et refuse de brader l'économie de son pays aux impérialistes. Une histoire qui ressemble à celle qui a provoqué la crise en Côte d'Ivoire quand les refondateurs ont tenté de donner l’indapendance économique au pays. Personne ne peut nier le fait. Le capitaine Moussa Dadis Camara aime son pays Il l'a démontré en faisant sauter le verrou des narco trafiquants. Cet homme de poigne qui n'a pas la langue dans la poche demeure le seul espoir du peuple guinéen en dépit des tergiversations des comploteurs et autres rapaces qui guettent les richesses guinéennes. Le peuple a besoin d’un homme fort pour garantir la dignité et la souveraineté de la Guinée. Cet homme fort c’est Moussa Dadis Camara.
La source de cette crise qui mine aujourd'hui la Guinée, remonte depuis le temps de Lansana Conté. C'est un complot contre la guinée libre et digne comme l'avait longtemps rêvé Sékou Touré, premier Président de la Guinée. C'est bien de cela qu'il s'agit : La France qui voulait avoir une mainmise sur les immenses richesses de la Guinée depuis les indépendances s’est toujours heurtée au nationalisme des fils dignes de la Guinée.
Ce qui effraie toujours les nations impérialistes c'est le réveil d'un nationalisme dans les pays du tiers monde surexploités. Or tous ceux qui ont succédé à feu Sékou Touré ont maintenu le cap sur le nationalisme. L'amour pour la Guinée demeure au cœur du combat de Lansana Conté et de Dadis Camara aujourd'hui. C'est pourquoi dès son accession à la tête de la Guinée, les complots des plus diaboliques sont montés contre lui pour l'affaiblir. Mais qu'on ne se trompe pas ! Ce que les médias européens montrent au monde entier pour ternir l'image de Dadis Camara est un mensonge contre les fils dignes de l'Aftique. Le vrai peuple nationaliste est avec ce Président charismatique qui ne veut pas brader son pays aux impérialistes. Son élan révolutionnaire, qui a dévoilé les corrompus et les trafiquants de drogues continue de séduire et l'élève jusqu’à la dignité du révolutionnaire Burkinabé Thomas Sankara. Moussa Dadis Camara l'a promis. Et peut- être qu'il le réalisera s'il réussit à surmonter les complots internationaux. Il fera entrer la Guinée dans le concert des nations appartenant à l'Afrique Nouvelle, libre, digne et prospère.

N'Guessan Antoine
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23.11.2009

GUINEE TRANSITION SAN ARMEE ?

A la une : les négociations inter-guinéennes font du surplace

C’est un véritable tollé sur les sites internet guinéens d’information : les dernières propositions du médiateur de la crise, Blaise Compaoré, soulèvent incompréhension et colère. « Personne n’imaginait que Compaoré soumettrait des propositions aussi favorables à la junte, fulmine GuinéeNews  : maintien de Dadis Camara au pouvoir, candidature (donc élection) du chef de la junte à la fin de la transition, etc. C’est comme si le président burkinabé ignorait que c’est contre cette candidature du putschiste au pouvoir en Guinée que ce même Dadis Camara a fait tuer plusieurs dizaines de nos compatriotes », s’exclame GuinéeNews.
 
Complicité entre Blaise et Dadis ?
 
« Transition : Blaise Compaoré propose la junte, l’opposition dit non ! », titre Guinée Conakry Infos, autre site d’information guinéen qui estime que « le dialogue de sourds semble avoir atteint son paroxysme en Guinée. »

Le site Aminata, pour sa part, constate que « la classe politique, les syndicalistes, ainsi que les acteurs du Conseil national des organisations de la société civile ont rejeté en bloc les propositions du médiateur. Les Forces vives estiment que le départ de la junte du pouvoir est un point non négociable. » Et Aminata d’affirmer qu’il y aurait une forme de « complicité entre Blaise et Dadis, sinon, explique-t-il, l’absurdité des points proposés par le médiateur est telle que si les Forces vives avaient accepté, c’est tout le peuple de Guinée qui aurait refusé. »

Dans la presse burkinabé, le ton est plus mesuré. Toutefois, L’Observateur  reconnaît que le projet d’accord politique global concocté par le président Compaoré s’avère être « du miel pour le CNDD et du fiel pour les Forces vives. »

« Les Forces vives qui vont remettre leurs contre-propositions aujourd’hui », souligne Le Pays, toujours au Burkina. Parmi ces contre-propositions : « la non-candidature du capitaine Dadis Camara et de tout autre membre du CNDD aux élections, ne pas mettre à la tête de la transition un chef de l’Etat, et revoir la composition du futur gouvernement d’union nationale, qui ne se composerait que d’un tiers des Forces vives. »
 
Comment arriver à un compromis ?
 
« La Guinée à la croisée des chemins », constate le site d’information burkinabé Fasozine. Fasozine qui s’interroge : « Blaise Compaoré saura-t-il redistribuer les cartes pour arracher un compromis de sortie de crise ? (…) En endossant, a priori, la disqualification de Moussa Dadis Camara et de la junte dans la conduite de la transition, la communauté internationale avait pour ainsi dire donné caution et espoir aux revendications de l’opposition guinéenne, constate Fasozine. Mais comment à présent obtenir un compromis politique (…) ? Il est clair que les tenants actuels du pouvoir ne lâcheront pas le morceau (…), d’autant que le premier mémorandum du facilitateur les conforte dans leur position. »
 
Et ça continue…
 
Algérie-Egypte… Le match se poursuit dans les coulisses médiatiques et diplomatiques, avec toujours la même intensité. Les médias algériens tirent à boulets rouges encore ce lundi sur leurs confrères égyptiens, les accusant d’entretenir la polémique et de relayer les accusations du pouvoir. « Après le fils qui a traité les Algériens de – mercenaires – et de – terroristes –, s’indigne Le Quotidien d’Oran, c’est au tour d’Hosni Moubarak d’apporter sa contribution publique à la troisième mi-temps médiatique que les Egyptiens veulent imposer après la défaite de leur équipe sur le terrain. »

Dans un discours avant-hier devant les députés, le président égyptien, sans jamais citer l’Algérie, a notamment affirmé que « l’Egypte ne fera pas preuve de laxisme envers ceux qui portent atteinte à la dignité de ses citoyens. » Un discours qui a suscité les foudres donc des journaux algériens. El Watan parle « d’hystérie politico-médiatique égyptienne. (…) En parfait stratège, le président Moubarak tente par tous les moyens de faire accepter l’idée d’imposer son fils comme successeur légitime. Une qualification de l’Egypte pour le Mondial 2011 aurait certainement favorisé cette entreprise, affirme El Watan. Et c’est sans doute la raison pour laquelle le président égyptien, poursuit-il, a vécu cette défaite comme un drame personnel. »

De son côté, le quotidien Liberté adresse un coup de chapeau aux Algériens dans leur ensemble, qui, écrit-il, « se sont bien défendus face à l’agression égyptienne. Avec des excès parfois, certes, reconnaît-il, mais excusables parce que sans commune mesure avec la vulgarité de la campagne injurieuse coordonnée par les autorités égyptiennes et leurs réseaux audiovisuels. »
 
Kadidia à l’honneur !
 
Enfin, d’après le portail d’information malien Maliweb,  l’article le plus lu et le plus commenté ces derniers jours est une simple dépêche sur… l’élection de Miss Mali ! Les concours de beauté sont toujours très suivis par les journaux du continent, car apparemment, ils sont appréciés des lecteurs. Ce concours de Miss Mali, organisé par l’ORTM, l’Office des radios et télévision du Mali, ne fait pas exception. Ainsi on apprend que la lauréate 2010 s’appelle Kadidia : 19 ans, 1,75 m, 50 kilos. Elle a reçu un chèque d’un million et demi de FCFA et divers cadeaux. Et bien évidemment, sa photo est dans de nombreux journaux. Là aussi, il y a fort à parier que c’est en ce moment la photo la plus regardée…

Crise en Guinée : Projet d’accord politique global interguinéen

Guinée3Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et le Forum des Forces vives de la Guinée. Accueillant favorablement la désignation de Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, comme Médiateur du processus de paix en Guinée, par le Président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en concertation avec l’Union africaine

Projet d’accord politique global interguinéen

Préambule

Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), représenté par (…), et le Forum des Forces vives de la Guinée, représenté par (…) ;

1. Accueillant favorablement la désignation de Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, comme Médiateur du processus de paix en Guinée, par le Président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en concertation avec l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies ;

2. Fermement attachés au passé glorieux de la Guinée, à sa souveraineté, à son indépendance et à son intégrité territoriale ;

3. Déplorant les événements intervenus à Conakry le 28 septembre 2009 qui ont entraîné de nombreuses victimes, causé un profond traumatisme au sein de la population guinéenne et provoqué une vive émotion de la communauté internationale ;

4. Déterminés à établir en République de Guinée un Etat de droit démocratique, respectueux des libertés individuelles et collectives et des principes de la bonne gouvernance ;

5. Soucieux de préserver les valeurs fondamentales de justice, de liberté, de tolérance et de dignité, héritées de leurs ancêtres ;

6. Réaffirmant l’engagement de la République de Guinée en faveur de l’unité du continent africain et son attachement aux idéaux des organisations régionales et sous régionales africaines ;

7. Prenant note des communiqués finaux du Sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO et de la 207e réunion au niveau des chefs d’Etat et de Gouvernement du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, tenus à Abuja, respectivement, les 17 et 29 octobre 2009 ;

8. Ayant à l’esprit la visite effectuée à Conakry par le facilitateur, le 5 octobre 2009 aux fins de rétablir le dialogue politique entre les différentes composantes de la société guinéenne en vue de la normalisation de la situation politique ;

9. Déterminés à œuvrer solidairement pour créer en République de Guinée les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel normal et d’une transition démocratique consensuelle et apaisée ;

10. Après des consultations fructueuses et des rencontres directes sous l’égide de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise en Guinée ; Sont convenus de ce qui suit :

I. DES MESURES D’URGENCE HUMANITAIRE ET SECURITAIRE

Les deux parties reconnaissent que les événements du 28 septembre 2009 ont causé de profondes souffrances à la population guinéenne et que la sécurité des personnes et des biens est un facteur indispensable au retour à une situation politique normale en République de Guinée. En conséquence, elles s’accordent sur les mesures urgentes, d’ordre humanitaire et sécuritaire, suivantes proposées par le Médiateur :

1.1. Soins aux victimes

Les deux parties conviennent que le Gouvernement prendra les mesures idoines pour assurer aux personnes victimes des événements du 28 septembre 2009 des soins médicaux appropriés à la charge de l’état guinéen.

1.2. Libération des personnes interpellées, enlevées ou maintenues de force

Dans un souci de respect des droits humains et des libertés publiques et individuelles, les deux Parties conviennent, en outre, que le Gouvernement veille à ce qu’aucune personne interpellée à la suite des événements du 28 septembre 2009 ne soit maintenue illégalement en détention par les Forces de défense et de sécurité.

1.3. Restitution des corps
Dans le même esprit, le Gouvernement prendra les dispositions utiles pour la restitution des corps des victimes à leurs familles.

1.4. Recherche des personnes disparues

Les deux Parties conviennent, par ailleurs, que le Gouvernement engagera, immédiatement, des recherches sur les personnes disparues. A cet effet, elles décident de la création, dans les meilleurs délais, d’un Bureau spécial chargé des personnes disparues et invitent les familles de ces personnes à saisir ce Bureau afin de faciliter les recherches.

1.5. Indemnisation des victimes et des familles des victimes

Les deux parties invitent le Gouvernement à prendre les dispositions nécessaires pour indemniser les victimes et/ou les familles des victimes des événements du 28 septembre 2009.

1.6. Protection et libre circulation des personnes et des biens

Le Gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour assurer, sur l’ensemble du territoire national, la protection des populations civiles, en particulier des responsables politiques, syndicaux et de la société civile, ainsi que des ressortissants étrangers et des membres du Corps diplomatique et consulaire. Cette protection doit s’étendre aux biens des personnes et aux locaux diplomatiques et consulaires.

Le Gouvernement garantira, sur l’ensemble du territoire national, la libre circulation des personnes et des biens et prendra des mesures énergiques pour mettre fin aux actes d’indiscipline des éléments des Forces de défense et de sécurité, ainsi qu’aux exactions et aux rackets commis sur les populations civiles.

1. 7. Démantèlement des unités irrégulières
Le Gouvernement procédera au désarmement et au démantèlement des unités irrégulières sur l’ensemble du territoire national.

1.8. Réintégration des armes dans les magasins
Afin de rassurer les populations guinéennes, d’éviter tout abus, incident ou accident du fait des armes circulant sans contrôle dans le pays, le Gouvernement fera procéder à la réintégration immédiate dans les magasins des corps militaires de toutes les armes de guerre, à l’exception de celles utilisées dans le cadre du service.

1.9. Commission d’enquête internationale

Les deux parties souscrivent pleinement à la création, par l’Organisation des Nations unies, d’une Commission d’enquête internationale chargée de faire la lumière sur les événements du 28 septembre 2009 et s’engagent à faciliter le traitement judiciaire des actes de violence ayant entraîné des morts, des blessés et des destructions de biens. Elles s’engagent à coopérer sans réserve avec la Commission d’enquête internationale.

1.10. Accès aux médias

Afin de promouvoir la paix, le dialogue politique et la réconciliation nationale en Guinée, les deux parties demandent instamment au Gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour garantir l’accès aux médias d’Etat des partis d’opposition, des syndicats et des organisations de la société civile.

II. DE LA REORGANISATION ET DE LA REFORME DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE (FDS)

Les deux parties reconnaissent que la désorganisation des Forces de défense et de sécurité, ainsi que l’indiscipline et le non-respect de la hiérarchie en leur sein constituent une menace sérieuse à la sécurité des personnes et des biens et à la paix sociale. En conséquence et afin de redonner aux Forces de défense et de sécurité une dimension républicaine, elles conviennent de mettre en œuvre les mesures suivantes de réorganisation et de réforme des Forces de Défense et de Sécurité.

2.1. Réorganisation des Forces de défense et de sécurité

Les deux parties s’engagent à conjuguer leurs efforts en vue de la réorganisation urgente des Forces de défense et de sécurité. A cet effet, elles conviennent que le Gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer le retour des militaires dans les casernes, restaurer la discipline et le respect de la hiérarchie au sein des FDS et réorganiser les FDS sur une base républicaine.

2.2. Réforme des Forces de défense et de sécurité

Les parties au présent Accord, conscientes que les Forces de défense et de sécurité doivent être le reflet de l’unité et de la cohésion nationales et les garantes de la stabilité des institutions républicaines, se sont engagées à procéder à leur restructuration et à leur refondation en vue de la mise en place de nouvelles Forces de défense et de sécurité attachées aux valeurs d’intégrité et de moralité républicaines. A cet effet, un mécanisme spécial de restructuration et de refondation des Forces armées et des Forces de police sera adopté par ordonnance pour fixer le cadre général de leur organisation, composition et fonctionnement et pour les doter de statuts spécifiques, avec l’assistance et l’expertise de la communauté internationale.

III. DE LA TRANSITION POLITIQUE

Les parties au présent Accord politique global, conscientes que la stabilité politique et le fonctionnement régulier des institutions républicaines sont des facteurs indispensables à un développement durable et déterminés à conjuguer leurs efforts pour l’instauration en République de Guinée d’un Etat de droit démocratique, respectueux des droits humains et de la bonne gouvernance, s’engagent à assurer une transition politique apaisée. A cette fin, elles conviennent des mesures de transition ci-après :

3.1. Objectif de la transition politique

La transition politique en Guinée a pour objectif d’assurer le retour à l’ordre constitutionnel normal à travers l’organisation d’élections libres, transparentes et démocratiques, gage de stabilité politique et d’émergence d’un Etat de droit démocratique.

3.2. Modalités de la transition politique

Afin d’assurer une transition politique apaisée et consensuelle, garantissant la cohésion sociale et l’unité nationale, il sera procédé au rétablissement de la Loi fondamentale de la République de Guinée et à sa révision. La révision constitutionnelle sera parachevée au plus tard dans un délai de quatre (04) mois à compter de la date d’entrée en vigueur du présent Accord politique global, soit fin avril 2010.

3.3. Institutions de la transition politique

La Transition politique sera assurée par les institutions suivantes : le Conseil national de transition, le président du Conseil national de transition et le gouvernement d’Union nationale dirigé par un Premier ministre.

3.3.1. Le Conseil national de transition (CNT)

Le Conseil national de transition est un organe politique délibérant chargé d’orienter, de superviser l’ensemble du processus de transition politique jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions républicaines et de contrôler l’action du Gouvernement.

Il est dirigé par un Président, chef de l’Etat. Dans ce cadre, le Conseil national de transition est chargé, notamment, de définir les grandes orientations politiques de la transition, de procéder à la révision de la Constitution et à la relecture des lois organiques nécessaires à la normalisation politique et de superviser la restructuration et la réforme des Forces de défense et de sécurité.

Le CNT comprend une Assemblée générale de cent cinquante (150) membres représentant les composantes de la société guinéenne. Il est dirigé par un Bureau exécutif de vingt (20) membres. Il est assisté, dans l’exécution de sa mission, d’un Secrétariat général chargé d’assurer la permanence de son action. Il peut créer, en son sein, des commissions de travail.

La composition du Bureau exécutif de l’Assemblée générale et du Secrétariat général du CNT, ainsi que leurs attributions respectives sont fixées dans l’Annexe 1 au présent Accord politique global qui en est partie intégrante.

3.3.2. Le Président du Conseil national de Transition

Le Président du Conseil national de transition est le chef de l’Etat. Il incarne l’unité nationale. Il est garant de l’indépendance et de l’intégrité du territoire national. Il est le Chef suprême des armées. Il veille au respect des traités et accords internationaux.

Il nomme le Premier ministre. Sur proposition du Premier ministre et sur la base des dispositions du présent accord, il nomme les membres du Gouvernement. Il nomme les ambassadeurs et reçoit les accréditations des ambassadeurs et Envoyés spéciaux étrangers. Il nomme aux hautes fonctions de l’Administration publique, sur proposition du Premier ministre, après délibération en Conseil des ministres. Il signe les ordonnances adoptées par le Conseil national de transition et signe les décrets pris en Conseil des ministres et co-signés par le Premier ministre.

3.3.3. Le Gouvernement d’Union nationale

Le Gouvernement d’Union nationale est l’organe exécutif chargé de conduire la politique de la Nation et de mettre en œuvre les mesures nécessaires à la transition politique, notamment :

- l’application des mesures humanitaires et sécuritaires prévues dans le présent Accord politique global ;

- l’appui à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour l’organisation des élections ;

- l’élaboration et la mise en œuvre des politiques utiles au redressement [relèvement] de l’économie nationale et à la réconciliation entre guinéens ;

- le fonctionnement des services publics, y compris l’administration du territoire ;

- la supervision de l’action des Forces de sécurité publique ;

- la gestion transparente et le contrôle des ressources économiques et financières du pays durant la transition.

Le Gouvernement d’Union nationale est conduit par un Premier ministre proposé par le Forum des Forces vives. Le Premier ministre de transition doit être une personnalité compétente, intègre et de moralité irréprochable.

Il a pour principale mission l’exécution des programmes de la Transition tel que contenu dans la feuille de route annexée au présent Accord, la mise en œuvre rigoureuse des mesures humanitaires et sécuritaires ci-dessus visées et l’appui à l’organisation des élections.

II préside le Conseil des ministres. Il co-signe les décrets pris en Conseil des ministres, assure l’exécution des lois et règlements. Le Gouvernement d’Union nationale comprendra un effectif de trente (30) membres nommés par le Président du Conseil national de transition, chef de l’Etat, sur proposition du Premier ministre. Les membres du Gouvernement d’Union nationale doivent être des personnalités compétentes, intègres et de bonne moralité.

La fonction de membre du Gouvernement est incompatible avec celle de membre du CNT et avec l’exercice de toute autre fonction, publique ou privée. La composition du Gouvernement d’Union Nationale est déterminée par l’Annexe II au présent Accord politique global qui en est partie intégrante.

3.4. Durée de la transition politique

Les deux parties au présent Accord politique global conviennent que la période de la transition politique sera contenue dans un délai maximum de dix (l0) mois à compter du mois de janvier 2010.

3.5. Chronogramme de la transition politique

Les parties décident que la transition politique se déroulera selon le chronogramme suivant :

- Mise en place des institutions de la transition : décembre 2009 ;

- Révision de la Constitution : janvier – février 2010 ;

- Révision du code électoral : mars 2010 ;

- Révision de la liste électorale : avril 2010 ;

- Elections législatives : mai 2010 ;

- Election présidentielle : octobre 2010.

IV. DES ELECTIONS

Les parties au présent Accord politique global reconnaissent que des élections libres et transparentes sont le gage de l’émergence d’un Etat de droit démocratique en République de Guinée. Par conséquent, elles conviennent des mesures suivantes :

4.1. Commission électorale nationale indépendante (CENI)

Les deux parties s’engagent à apporter leur plein soutien à la Commission électorale nationale indépendante dans l’accomplissement de sa mission d’organisation des élections, dans le respect de son indépendance.

4.2. Conditions d’éligibilité

Pour être éligibles, les candidats à l’élection présidentielle devront être de nationalité guinéenne, jouir de leurs droits civils et politiques et être âgés d’au- moins trente-cinq (35) ans révolus.

Les membres du Conseil national de Transition, les membres du Gouvernement de transition et les membres des Forces de défense et de sécurité qui souhaiteraient se présenter à l’élection présidentielle, devront, au préalable, démissionner de leurs fonctions au moins quatre (04) mois avant la date prévue pour le scrutin, soit au plus tard le 31 mai 2010.

V. DU CODE DE BONNE CONDUITE

Conscientes de l’impérieuse nécessité d’apaiser le climat social, de moraliser la vie publique, d’instaurer un nouvel environnement politique et de préserver les droits humains en République de Guinée, les parties s’engagent à observer le code de bonne conduite ci-après.

5.1. Interdiction des propagandes nuisibles à la cohésion nationale

Les Parties conviennent de s’abstenir de tout propos belliciste de nature à entretenir la haine et la violence entre guinéens. Elles s’interdisent en outre toute propagande, notamment médiatique, tendant à nuire à la cohésion et à l’unité nationales. Elles lancent un appel à la presse nationale et internationale, afin qu’elle les accompagne, de manière constructive, dans leurs efforts communs de consolidation de la paix et de l’esprit de tolérance en République de Guinée.

5.2. Dialogue et concertation permanente

Les parties s’engagent à entretenir entre elles un esprit de dialogue et la concertation permanente basés sur la confiance mutuelle et appellent tous les citoyens guinéens à adopter des comportements empreints de civisme et de retenue. Les parties s’engagent, en outre, à s’abstenir de toute attitude de nature à entraver le dialogue et à remettre en cause le processus de transition politique en cours.

5.3. Ethique et moralité républicaines

Elles conviennent de conjuguer leurs efforts en vue de renforcer l’éthique et la moralité républicaines au sein de la classe politique guinéenne, de la société civile et des Forces de défense et de sécurité, dans le respect de la dignité et des droits individuels et collectifs. VI. DU MECANISME D’EVALUATION ET D’ACCOMPAGNEMENT

Aux fins du suivi du présent Accord politique global, les deux parties conviennent de créer un Comité de suivi et d’évaluation et de solliciter l’accompagnement de la Communauté internationale.

6.1. Comité de suivi et d’évaluation (CSE)

Le Comité de suivi et d’évaluation est un organe consensuel chargé, sous l’autorité morale du Médiateur, du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre des dispositions contenues dans le présent Accord politique global. Il est composé ainsi qu’il suit :

- Président : le Médiateur ou son représentant ;

- Membres : cinq (05) représentants issus du CNDD, cinq (05) représentants du Forum des Forces vives de la Guinée, deux (02) représentants des autorités religieuses ;

- Le Représentant spécial du Médiateur en République de Guinée ;

- Les représentants du Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G), à savoir : le Président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine et le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest.

Le Médiateur peut inviter aux réunions du Comité de Suivi et d’Evaluation d’autres représentants de la communauté internationale, en tant que de besoin, en qualité d’observateurs. Dans le cadre de l’exécution de sa mission, le Comité de suivi et d’évaluation se réunit une fois par mois et en tant que de besoin, sur convocation de son Président. Il est assisté, sur le terrain, d’un Groupe d’observateurs internationaux.

6.2. Accompagnement de la Communauté internationale

Les deux parties conviennent de travailler en étroite collaboration avec la communauté internationale. A cet effet, elles invitent la communauté internationale, en particulier le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G), à les accompagner dans la mise en œuvre et le suivi des dispositions et engagements prévus dans le présent Accord politique global.

A cette fin, elles lancent un appel pressant à l’ensemble des partenaires de la République de Guinée pour soutenir, de manière constructive, le processus de normalisation politique, notamment à travers un appui technique, logistique, financier et autre, en particulier pour faire face aux besoins urgents de la transition.

VII. DISPOSITIONS FINALES

7.1. Arbitrage du Médiateur
Les parties conviennent de s’en remettre à l’arbitrage en cas de difficulté de mise en œuvre de toute disposition contenue dans le présent Accord.

7.2. Entrée en vigueur
Le présent Accord politique global entre en vigueur dès sa signature par les parties.

Fait à Ouagadougou, le (…) novembre 2009
Pour le Comité national pour la démocratie et le développement

Pour le Forum des Forces vives de la Guinée

Le Médiateur dans la crise en Guinée

Nous vous proposons in extenso le document de travail de base du facilitateur Blaise Compaoré, un outil qui a provoqué l’ire des Forces vives et son rejet par ces dernières.

Déclaration n°13 rejetant les propositions du facilitateur A l’invitation de SEM Blaise Compaoré, Président du Faso et médiateur dans la crise guinéenne, une délégation du Forum des Forces vives de Guinée s’est rendue à Ouagadougou (Burkina Faso) du 18 au 20 novembre 2009.

A cette occasion, la délégation a reçu du médiateur, un projet d’accord politique global inter-guinéen. Après un examen approfondi dudit projet, la délégation a relevé avec un grand étonnement que :

1. Les préoccupations fondamentales des populations guinéennes exprimées par le Forum des Forces vives dans le mémorandum remis au facilitateur, pour une transition apaisée en République de Guinée, n’ont pas été prises en compte dans le projet d’accord politique.

2. Les recommandations, résolutions et communiqués finaux de la CEDEAO, du Groupe international de contact sur la Guinée, de l’Union africaine, de l’Union européenne, ainsi que le Conseil de sécurité des Nations unies, ont été purement et simplement ignorés, notamment, ceux relatifs à la non-candidature aux prochaines élections nationales, des membres du CNDD, de son président, du Premier ministre et des membres du gouvernement, ainsi que la mise en place, sur la base du retrait du CNDD, de nouvelles autorités de transition.

En conséquence, la délégation du Forum des Forces vives a pris la décision de rejeter le projet d’accord politique, tel qu’il lui a été soumis. En outre, elle se réserve le droit, après consultation de sa base en Guinée, de se prononcer quant à sa position par rapport à la médiation.

Au demeurant, le Forum des Forces vives lance un appel solennel au peuple de Guinée pour qu’il reste mobilisé, afin de défendre ses droits légitimes pour l’avènement de la démocratie, de la justice et du progrès économique et social.

Ouagadougou, le 20 novembre 2009

L’Observateur

Disqualifier et dénoncer le « médiateur »      
Samedi, 21 Novembre 2009 13:10

Par Dominique BANGOURA, Docteur d’Etat en Science politique,
auteur de plusieurs ouvrages sur la Guinée

Le couperet vient de tomber à Ouagadougou ce vendredi 20 novembre 2009, plus tranchant que jamais, comme pour exterminer les représentants des Forces vives de Guinée, pourtant les seuls corps organisés, les seuls détenteurs de la légalité et de la légitimité, face à une junte criminelle et aux abois.

 

C’est en ce jour que le prétendu « médiateur » Blaise Compaoré  a livré  sa « synthèse » à la fois très attendue et redoutée : un projet d’accord politique global sur la crise en Guinée. De quoi s’agit-il ?

1. Les origines et les fondements de la médiation

Chacun se souvient de la répression sanglante, des massacres  à grande échelle et des viols collectifs commis le 28 septembre à ciel ouvert durant de longues heures dans l’enceinte du Stade à Conakry. Ces crimes ont été commis au vu et au su de tous, par les proches du capitaine Moussa Dadis Camara, Chef suprême des armées,  en particulier les Bérets rouges et les troupes du BATA. Ces actes de la plus haute barbarie ont soulevé une indignation sans précédent parmi les populations guinéennes et à l’extérieur. Les condamnations les plus vives ont été prononcées tant par les dirigeants occidentaux qu’africains, que par tous les citoyens épris de paix, de justice et de démocratie dans le monde.

A la suite des massacres, le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G)  s’est réuni le 12 octobre 2009 à Abuja au siège de la CEDEAO. Après avoir entendu l’exposé des Forces vives, il a adopté la feuille de route pour la sortie de crise qui consiste notamment : «  (à) la mise en place de nouvelles autorités de la Transition, sur la base du retrait du CNDD » afin de « favoriser une Transition apaisée de courte durée au cours de laquelle seront organisées des élections crédibles et transparentes ».
Le 15 octobre à Addis Abeba, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a réitéré sa décision du 17 septembre 2009 d’imposer des sanctions à l’encontre du CNDD et de son Président si « d’ici le 17 octobre 2009, Moussa Dadis Camara ne confirme pas par écrit qu’il se sera pas candidat à la prochaine présidentielle en Guinée ».
Le 17 octobre 2009, la CEDEAO s’est réunie à son tour en Sommet extraordinaire et a exhorté le médiateur : à « mettre en place une nouvelle autorité de Transition pour assurer une transition courte et pacifique vers l’ordre constitutionnel par des élections libres, crédibles et transparentes », ainsi qu’à s’assurer que « ni le Président, ni les membres du CNDD ni le Premier Ministre et autres autorités civiles et militaires ne seront candidats  aux prochaines élections présidentielles ». De plus, la CEDEAO  a décidé d’imposer un embargo sur les armes.
Le 29 octobre, n’ayant reçu aucune confirmation écrite du capitaine Camara, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a pris, comme prévu, des sanctions ciblées contre la junte et les dirigeants au pouvoir à Conakry.

Entre-temps, la communauté internationale dont l’ONU, l’Union Européenne, les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la Guinée ont condamné solennellement les massacres, ont suspendu leur coopération militaire, demandé le départ de la junte, exigé une enquête internationale et indépendante sur les tueries, les viols et exactions des forces armées à l’encontre des populations civiles. Le Procureur de la Cour Pénale Internationale a confirmé que la situation en Guinée fait l’objet d’un « examen préliminaire ».

C’est dans ce contexte que Blaise Compaoré a été nommé médiateur et mandaté par la CEDEAO.

2. Les prémices de la médiation et les premiers signes d’inquiétude

Une semaine après les événements, le 5 octobre, Blaise Compaoré s’est rendu à Conakry où il a rencontré les deux parties. A cette occasion, les Forces vives lui ont adressé un Mémorandum dans lequel elles demandaient  notamment  « la dissolution du CNDD et la mise en place d’un organe de Transition ». Le 12 octobre à Abuja, devant le GIC-G, les Forces vives ont demandé « une claire définition des objectifs de la mission de facilitation » afin de ne pas être embarquées dans l’inconnu. Elles ont réaffirmé leur « rejet de toute négociation politique  avec la junte militaire qui s’est totalement disqualifiée ».

Ensuite, dans un premier temps, Blaise Compaoré a rencontré les Forces vives à Ouagadougou, les 3 et 4 novembre 2009. Ces dernières lui ont remis un Document de référence dans lequel elles définissent l’architecture de la future Transition. Elles maintiennent leurs exigences : la dissolution du CNDD, le départ de la junte et de son Président ; la non candidature du capitaine Camara.

Dans un second temps, le médiateur a invité la délégation du CNDD dans la capitale burkinabé les 10 et 11 novembre 2009. Les représentants de la junte campent sur leurs positions et réaffirment leur volonté de maintenir le capitaine Camara à la tête de la Transition. Quant à la question de la candidature, ils ne l’évoquent pas… laissant le soin à Blaise Compaoré d’examiner ce problème !

Les premiers signes d’inquiétude ne tardent pas. Au sortir de ces deux réunions, le médiateur se dit « satisfait » d’avoir réuni les propositions  des uns et des autres (comment peut-on l’être dans pareil cas, alors que les plaies restent ouvertes en Guinée) et déclare que les deux parties devront lâcher du lest. Il ajoute que « personne ne doit être exclu ». Ces quelques mots sont immédiatement interprétés par certains observateurs comme une preuve de partialité.

3. Trois scénarios possibles

Avant que le couperet ne tombe en ce jour, trois scénarios se dessinaient :
- premièrement une Transition avec une autorité civile et consensuelle à sa tête, avec le départ de Moussa Dadis Camara (MDC), la dissolution de la junte ainsi que l’annulation des actes de nomination aux postes de préfets et de gouverneurs : ce serait le « scénario idéal », souhaité par les Forces vives, pour assurer l’organisation d’élections libres, crédibles et transparentes, afin de permettre le retour à l’ordre constitutionnel, réaliser l’alternance et l’avènement de la IIIe République  avec un Président légitimement élu au suffrage universel sur la base de son Projet de société ; mais ce schéma idyllique semble aussi le plus difficile à réaliser voire le plus improbable, compte tenu de la difficulté de faire partir une junte qui dispose de la force armée et qui brandit l’argument de la « souveraineté nationale » ;
- deuxièmement, une Transition avec une autorité civile et consensuelle mais  flanquée de Moussa Dadis Camara, ce dernier ne disposant que de pouvoirs honorifiques. L’autorité civile serait un Premier Ministre de Transition aux pouvoirs forts (appuyé par un Gouvernement de Transition) qui aurait pour mission fondamentale d’organiser l’élection présidentielle ; les membres de la Transition ne seraient pas candidats. Ce « scénario probable » ou qui apparaissait comme tel, comporte une part de risques pour le retour à l’ordre constitutionnel mais, s’il est bien négocié par le médiateur, et compte tenu des sanctions ainsi que de la pression interne et internationale sur la junte, il peut aboutir. Tout dépend des différents sous-scénarios et du mode de désignation du Premier Ministre : serait-il  choisi par les Forces vives ou par Dadis Camara  et quel serait  le degré d’autonomie de l’autorité de la Transition par rapport au Chef de l’Etat ?
- troisièmement : une Transition avec une autorité militaire : le capitaine Camara restant à la tête de la Transition et se présentant à l’élection présidentielle. Ce « scénario catastrophe » est le plus redouté par les Forces vives car c’est la négation même de leurs doléances légitimes. Or, c’est celui que Blaise Compaoré a choisi. Le principe de non candidature de Moussa Dadis Camara pourtant unanimement recommandé, en particulier par l’Union africaine, n’apparaît pas. De même, celui d’une nouvelle autorité civile de la Transition, a disparu.

A première vue, c’est l’incompréhension totale. Comment en est-on arrivé à ce retournement de situation en faveur de la junte et de son chef ?  Comment le médiateur a-t-il pu faire d’emblée de telles propositions ?

Conclusion : disqualifier et dénoncer le médiateur

Par ses choix, par un tel comportement, le médiateur vient lui-même de se disqualifier, de se  mettre hors jeu. Les règles de toute médiation sont pourtant sans équivoque: elles exigent la neutralité, la pondération, l’honnêteté.
Or, Blaise Compaoré vient de montrer qu’il n’est pas neutre, qu’il a choisi de prendre fait et cause pour le CNDD et son Président. Il n’est pas non plus arbitre ou pondéré, il offre d’emblée à la junte sur un plateau doré les deux options les plus prisées par elle : le maintien de MDC à la tête de l’Etat et sa candidature à la présidentielle.

Mais plus qu’une erreur d’appréciation, de jugement ou d’analyse, Blaise Compaoré vient de commettre une faute lourde en matière de prévention, gestion et résolution d’un conflit. Par essence, la mission de médiateur est aussi  d’œuvrer en faveur de la prévention d’un conflit en Guinée. La crise politique est déjà suffisamment grave pour ne pas avoir à en rajouter, au risque de basculer dans la guerre civile. Il appartient au médiateur de trouver les voies et moyens de conduire le pays sur le chemin de la paix civile en favorisant de vraies élections. Au lieu d’adopter une attitude responsable et juste, Blaise Compaoré s’implique en faveur des bourreaux.

Ce « médiateur » est-il cynique à ce point ? A-t-il été corrompu ? Est-il guidé  par des forces de l’ombre, économiques ou autres ? Quels sont les intérêts cachés ? On sait que la politique est par essence l’art de gérer les contradictions, mais il y a là une perversion insupportable du politique.

Le peuple de Guinée peut-il admettre cette piètre prestation qui le mène à la violence politique et à l’impasse ? S’il fallait tirer une leçon de cette situation, ce serait tout d’abord que Blaise Compaoré n’était pas la personne idéale pour mener cette tâche sensible : il est lui-même arrivé au pouvoir par la force et il s’est toujours appliqué à  faire en sorte que la lumière ne jaillisse pas sur l’assassinat de Thomas Sankara ; en toute honnêteté, il n’est donc pas à la hauteur de l’enjeu. Il ne peut pas, face à la junte, être crédible en demandant à M.D. Camara de partir. N’oublions pas non plus qu’avant la signature des Accords de Ouagadougou en 2007, il ne s’est pas toujours distingué par son sens de la paix en Côte d’Ivoire, bien au contraire. En outre, son rôle de facilitateur au Togo n’a guère fait progresser la démocratie et le respect des droits de l’homme dans ce pays. Avant d’accepter une médiation, sans doute faut-il être plus vigilant sur les capacités et la personnalité du médiateur.
Douminique Bangoura
Docteur d'Etat en Science politique, auteur de plusieurs ouvrages sur la Guinée

Guinée: Camara prêt à des élections auxquelles il ne participerait pas

LAGOS — Le chef de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, s'est dit prêt à organiser des élections auxquelles il pourrait ne pas participer en raison de l'opposition de la communauté internationale, dans une déclaration publiée samedi par un journal nigérian.

"Je ne peux pas participer à une élection car la communauté internationale est contre ... Je suis prêt à tout moment pour cette élection s'ils (les acteurs politiques) le sont", a-t-il déclaré au quotidien privé Saturday Sun.

A la question de savoir s'il serait candidat, le président autoproclamé guinéen répond: "Non".

Née du coup d'Etat du 23 décembre 2008, qui a porté au pouvoir le capitaine Camara, la crise en Guinée s'est dramatiquement aggravée avec le massacre par les forces de sécurité de plus de 150 opposants, selon l'ONU, le 28 septembre dans un stade de Conakry.

Guinée : Dadis Camara fait appel à des mercenaires sud-africains et israéliens pour former ses milices

Le chef de la junte militaire guinéenne, le Capitaine Moussa Dadis Camara, continue de recruter des milices pour défendre son régime. Ces nouvelles recrues sont en train de subir une formation militaire avec l’aide des mercenaires israéliens et sud-africains dans un ancien camp de réfugiés sierra léonais, situé non loin de la ville de Forécariah, à environ 100 Km au sud-ouest de Conakry.

Le chef de la junte militaire, Capitaine Moussa Dadis Camara, ne semble guère faire confiance en son armée. En effet, malgré le semblant d’unité qu’affichent les militaires guinéens, depuis la prise du pouvoir le 23 décembre dernier, l’homme fort de Conakry continue de recruter des milices pour protéger son régime. Ces jeunes recrues qui sont issues, pour l’essentiel, des Guerzés, son groupe ethnique, subiraient en ce moment une formation militaire à Kaliah par des mercenaires sud-africains et israéliens. Cette localité, qui est située à une dizaine de Km de Forécariah (environ 100 Km au sud-ouest de Conakry), abritait entre 1996 et 2002, un camp de réfugiés sierras léonais qui avaient fui leur pays à cause de la rébellion du Ruf (Front uni révolutionnaire).

Des témoins contactés sur place par l’Agence France presse font état de la présence de 30 à 40 mercenaires israéliens et sud-africains. ‘Vous pouvez les reconnaître grâce à leurs uniformes qui disent formateur, sur le dos’, a déclaré un policier en service à Forécariah, joint par téléphone par l’Afp et qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat. ‘Le Capitaine Moussa Dadis Camara est en train de les former pour sauver son régime en cas de trouble’, renchérit un autre policier qui a également requis l’anonymat pour des raisons de sécurité.

On note, par ailleurs que l’Ong américaine Human Right Watch avait dénoncé récemment, dans un rapport, sur la situation politique en Guinée, le recrutement des milices par le chef de la junte militaire. Ces milices, qui seraient à la solde de Moussa Dadis Camara, auraient également participé au massacre survenu au Stade du 28 Septembre 2009 à Conakry.

Un porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères a déclaré, mardi dernier, que le gouvernement va ouvrir une enquête pour vérifier les allégations, selon lesquelles, des mercenaires en provenance d’Afrique du Sud participent à la formation des milices en Guinée. ‘Il y a des informations vraies et fausses dans cette histoire, alors nous vérifions avec beaucoup de prudence leur véracité’, a ainsi déclaré Ayanda Ntasaluba, directeur général du ministère des Affaires étrangères.

Des milliers d’armes de guerre circulent actuellement dans la région de Nzérékoré (située environ à 1 200 Km au sud-est de Conakry), frontalière avec le Libéria et la Sierra Léone. Le président Lansana Conté, qui craignait un débordement de la guerre civile au Libéria, avait en son temps armé et entraîné près de six mille jeunes de la région de Mancenta pour aider l’armée guinéenne à défendre le territoire contre les infiltrations des rebelles de l’ancien président libérien Charles Taylor. La plupart de ces jeunes furent ensuite enrôlés parmi les combattants du Mouvement uni de libération du Libéria (Ulimo). Ces derniers utilisaient le territoire guinéen pour lancer des attaques contre le Libéria. A la fin du conflit libérien, la plupart de ces milices devenus ensuite chômeurs, n’ont jamais restitué les armes qu’ils détenaient par-devers eux. C’est dire que la crise guinéenne constitue, pour nombre d’entre eux, une véritable aubaine.

 

Guinée: la junte dément la présence de mercenaires et critique les Etats-Unis

OUAGADOUGOU — Un membre de la junte au pouvoir en Guinée a démenti la présence de mercenaires dans le sud du pays pour former des recrues favorables au président autoproclamé Moussa Dadis Camara, et déploré une "accusation sans fondement" de la part des Etats-Unis.

"Nous avons une armée qui est formée et qui est en formation. Nous allons faire quoi avec des mercenaires? Est-ce que nous sommes dans une période de guerre? C'est une accusation contre la Guinée", a déclaré jeudi soir à la presse le ministre de la Communication Idrissa Chérif, présent à Ouagadougou dans le cadre de la médiation menée par le président burkinabè Blaise Compaoré.

"Nous avons un ministère de la Défense. Il y a des recrues qui ont été sélectionnées dans l'armée pour une formation, ce n'est pas une milice. Qu'on n'essaie pas de jeter le discrédit sur l'Etat de Guinée", a-t-il ajouté.

Des témoins en Guinée avaient indiqué lundi à l'AFP que des instructeurs militaires sud-africains mais aussi israéliens, embauchés par la junte qui a pris le pouvoir en décembre en Guinée, entraînaient des recrues dans un camp de Forecariah, à 100 km au sud de la capitale, Conakry.

Les Etats-Unis sont "profondément préoccupés" par des informations "selon lesquelles 40 à 50 instructeurs militaires sud-africains entraînent des miliciens en Guinée, dont certains ont moins de 18 ans", avait réagi jeudi un responsable américain sous condition d'anonymat.

"Il n'est pas intéressant que des pays que nous respectons comme les Etats-Unis s'aventurent dans des diktats en accusant la Guinée de prendre des mercenaires pour former des miliciens. Contre qui et pour faire quoi?", a répliqué M. Chérif.

"C'est une accusation sans fondement contre la Guinée", a-t-il poursuivi.

Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a indiqué mardi qu'il enquêtait sur les allégations concernant la présence de mercenaires sud-africains auprès de la junte guinéenne.

Déclaration attribuable à la Porte-parole du Secrétaire général

La commission d’enquête internationale sur les événements du 28 septembre 2009 en Guinée a commencé son travail Le Secrétaire général s’est entretenu aujourd’hui avec M. Mohamed Bedjaoui, Mme Françoise Ngendahayo Kayiramirwa et Mme Pramila Patten, les trois commissaires qu’il a nommés pour diriger l’enquête internationale sur les violations des droits de l’homme commises le 28 septembre 2009 à Conakry, Guinée.

Lors de la rencontre, le Secrétaire général a rappelé que la commission devrait travailler de manière indépendante pour établir les faits et faire des recommandations sur les mesures à prendre pour déterminer les responsabilités.

Les commissaires se rendront en Guinée du 25 novembre au 4 décembre. Le secrétariat de la commission d’enquête internationale, soutenu par le Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, est arrivé à Conakry le 15 novembre et a commencé le travail sur le terrain. Le Secrétaire général a reçu l’engagement écrit du Président Dadis Camara et du Premier Ministre Komara que les autorités guinéennes coopéreront et faciliteront le travail de la commission d’enquête internationale.


New York, le 18 novembre 2009

28.10.2009

MESSAGE A MOUSSA DADIS CAMARA

TOUTE UNE NATION ENTRE TES MAINS

ALORS REFLECHIE "SOUFLE ENCORE" REFLECHIE

QUAND L'ELEVEUR LANCE SES CHIENS DANS SON PROPRE TROUPAUX DE BOEUF ?

ET QU'IL NON PAS DES DENTS de LEURS COTE pour MORDRE

LAISSE LE POUVOIR AUX CIVIL ET DEBARASSE TOI DES TES MAUVAIS COSEILLERS et ENTOURAGE

CHOISIE A SORTIR PAR LA GRANDE PORTE ET TETE HAUTE

prend ton temps et li ses mots / Ecrit par ton confrère

Hitler ! c’est

un enfant

d’école !!! je

n’ai jamais

pensé que la

vérité pouvait

être manipuler

à ce point je

suis "Bush"

bée

L’ELITISME =

NAZISME =

racisme

un seul dirigent

une seule terre

une seule race

soyer

HUMAIN

 

------------------

 

AHMED SEKOU TOURE = Camboiro véritable boucherie de son peuple (1958-1984)

------------------------

Lansana Conté = événement de janvier et février 2008 aussi bien ten d’autres incomptable, tuerie et arnaque … (1984-2008).

-----------------------------------

Moussa DADIS CAMARA = massacre de septembre  2009, Le 28 septembre 2009, à la suite d'un meeting organisé dans l'enceinte du plus grand stade de Conakry, l'armée guinéenne tire à balles réelles sur les manifestants, occasionnant  plus de157 morts. (du 24 décembre 2008, a nos jours "octobre 2009")

 

dix (10) mois

il est président auto-proclamé de la Guinée

des

centaines de

mort des

milliers de

blessées

des portés

disparu à

dieu des

femmes

violées

moyen d’une année

 

jusqu’où irons nous au fil du temps

------------------

 A TOI FRERE DADIS

-----------

empêcher

l’histoire d’être

manipuler !!!

je déclare la

guerre à la

guerre !!

Jamais, dans

ma vie

j’utiliserais la

force contre

une autre vie

C’EST

ILLUSOIRE

DE CROIRE

QUE L’ON

PEUT SE

BATTRE

POUR LA

PAIX

leur modus

operendu c’est

de créer un fort

sentiment d’

appartenance

en général à

un parti plus

qu’un autre

(genre, nation,

pays) ensuite

ils financent

les 2 partis!

un plus que

l’autre, bien

sur leurs choix

s’arrêtent

selon

la capacité à

rembourser et

à la capacité à

vous contrôler !

une fois la

guerre finie ils

ramassent

tout…

votre seul

combat c’est

de refuser tout

combat !!!

MERCI ! de

Mountagha Baldé

mountmane@yahoo.fr

20.10.2009

DADIS CLAN "Comment concilier des positions inconciliables" ?RISQUE DE DICTURE PURE ET DURE QUE SEKOU TOURRE

Guinée: contrat minier avec la Chine critiqué par l'opposition à Conakry

CONAKRY — L'opposition guinéenne a critiqué mardi à Conakry la signature d'un important contrat minier entre une entreprise privée chinoise et la junte au pouvoir, y voyant une manière de "profiter des circonstances pour réaliser en Guinée des affaires obscures et juteuses".

La Guinée a signé le 10 octobre un accord de partenariat dans le secteur minier avec le China International Fund (CIF) prévoyant des investissements de plus de 7 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros) dans des projets d'infrastructures.

Le forum "des forces vives" (partis d'opposition, syndicats et société civile) a appelé à éviter le "bradage des ressources du pays", dans un communiqué transmis mardi à l'AFP.

Il a mis "en garde tous ceux qui, faisant fi des procédures légales de passation et de ratification des marchés publics, en particulier dans les secteurs stratégiques, s'obstinent à vouloir profiter des circonstances pour réaliser en Guinée des affaires obscures et juteuses".

"Les contrats d'exploitation conclus avec la junte" au pouvoir depuis décembre 2008, "seront réexaminés par les futures autorités démocratiquement élues, dans le but de protéger les intérêts du peuple", a assuré le forum, faisant allusion aux élections normalement prévues début 2010.

Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, est soumis à de très fortes pressions internationales depuis la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre à Conakry, qui a fait plus de 150 morts selon l'ONU.

Le chef de la junte, le capitaine Dadis Camara est soumis à de fortes pressions internationales depuis la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre à Conakry, qui a fait plus de 150 morts selon l'ONU.

La semaine dernière, une organisation panafricaine basée à Dakar, la rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), s'était déclarée "scandalisée par le soutien concret de la Chine à des gens soupçonnés de crimes contre l'humanité".

Mais l'ambassadeur de Chine à Conakry, Huo Zhengde, interrogé mardi par l'AFP à Conakry, a fait valoir que ce projet "n'engage que cette entreprise privée et non le gouvernement chinois".

"L'initiative vient de l'entreprise elle-même. Ni l'ambassade, ni le gouvernement chinois n'ont été tenus au courant de cet partenariat", a déclaré M. Zhengde, affirmant avoir été contacté par ses homologues occidentaux à ce sujet.

"La Chine a été accusée à tort par la presse internationale de soutenir la junte au pouvoir, a déploré le diplomate chinois, mettant en avant "la neutralité totale" de son gouvernement au sujet de la situation en Guinée.

Pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, la Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite et détient plus de 40% des réserves mondiales de ce minerai servant à la fabrication de l'aluminium, ainsi que des gisements encore largement inexploités de fer, d'or, d'uranium et de pétrole.

GUINEE CONAKRY : Comment concilier des positions inconciliables ?

Face à l’injonction de l’Union africaine (UA) de déclarer par écrit sa non-canditature et celle des autres membres de la junte à la présidentielle de 2010,

le capitaine Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir en Guinée Conakry, a proposé que ce point soit inscrit dans l’agenda du facilitateur. L’opposition guinéenne n’ a vu en cette proposition qu’une fuite en avant dont la finalité est de pouvoir gagner du temps. Et si ce n’est le cas, cela ressemble fort à une stratégie qui cache bien des desseins inavoués. Car la junte se sait désormais prise entre divers désavoeux dont le dénominateur commun est son départ du pouvoir. Seuls les procédés diffèrent. Alors que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décrété un embargo sur les armes à destination du pays, les nouvelles forces démocratiques de Guinée ont exigé son départ immédiat, et la Cour pénale internationale a exprimé son intention de se saisir du dossier sur les crimes commis au stade de Conakry, le 28 septembre dernier.

Tout se passait comme si la médiation, qui est généralement une démarche de conciliation volontaire des protagonistes, n’était plus possible. La communauté internationale semblait être allée vite en besogne en brandissant une batterie de sanctions, à ce stade de la crise, sans se concerter avec la CEDEAO. Il faut donc laisser le président Blaise Compaoré mettre en branle sa machine de facilitation, avant de prendre quelque décision que ce soit, en fonction des résultats qu’auront donnés les premières négociations. Le dossier guinéen était déjà coriace après le massacre le 28 septembre dernier de plus de 150 manifestants. Les menaces de sanctions qui pèsent sur les présumés coupables de ce drame risquent de le compliquer davantage. Le pouvoir apparaît maintenant comme le seul moyen pour Dadis Camara de se prémunir contre toute poursuite judiciaire. Serait-il prêt à organiser une élection à laquelle il ne serait pas candidat, sans toutes les garanties d’amnistie ou d’immunité nécessaires pour son avenir ?

L’actuel homme fort de Conakry a en tout cas remis son destin entre les mains du facilitateur. En attendant les résultats de l’enquête de la commission internationale que les Nations unies ont promis de mettre en place, le président du Faso a donc la lourde tâche de concilier des positions apparemment inconciliables. Certes, les criminels doivent répondre de leurs actes. Mais comment rendre justice tout en préservant la paix sociale ? A force de vouloir se servir sans discernement de l’arme des sanctions pour faire plier l’échine à une armée qui a fait la preuve de ses tristes prouesses dans la répression de ses concitoyens, l’on risque de la pousser à un repli défavorable à tout compromis. Il serait donc plus judicieux de rechercher d’abord le départ des militaires en douceur du pouvoir. Viendront ensuite les sanctions éventuelles pour que les crimes du 28 septembre ne restent pas impunis.

Une année blanche pour l'Afrique noire

L’info n’aura guère fait de vagues. Diffusée hier lundi, une dépêche AFP annonce sobrement que la Fondation Mo Ibrahim s’abstient cette année de décerner son « prix de la bonne gouvernance en Afrique. » Faute de lauréat jugé digne d’un tel honneur, le comité compétent, que préside le Ghanéen Koffi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, a préféré à juste titre ne pas brader un trophée attribué en 2007 à l’ex-président du Mozambique Joaquim Chissano -aujourd’hui médiateur inlassable de l’imbroglio malgache-, l’année suivante à son homologue botswanais Festus Mogae, ou encore au Sud-Africain Nelson Mandela pour l’ensemble de son œuvre.

Cette abstention n’a rien d’un non-événement. Au contraire : elle en dit plus long sur la spirale régressive dans laquelle s’aventure le continent africain qu’un rayonnage entier de thèses et de sermons. Si, plutôt que d’honorer la vertu, le Britannique d’origine soudanaise Mohamed Ibrahim, richissime magnat des télécoms, s’amusait à récompenser le vice, il ne manquerait pas de prétendants 2009.

Sont nominés :

-pour la palme de la sauvagerie, le Guinéen Moussa Dadis Camara ;

-pour le grand prix du putsch sanctifié par les urnes, le Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz ;

-pour le glaive d’or du bricolage constitutionnel, le Nigérien Mamadou Tandja ;

-pour l’isoloir d’argent de la fraude électorale, le Gabonais Ali Bongo Ondimba ;

-pour le hochet de bronze du meilleur espoir dynastique, le Sénégalais Karim Wade et le Libyen Seif al-Islam Kadhafi.

Qui l’eut cru ? Outrageusement dominé par l’Afrique francophone, ce palmarès imaginaire reflète aussi la reddition, sur le front de la « rupture » tant promise, de Nicolas Sarkozy, plus attentif aux oracles de ses sorciers blancs -Claude Guéant et Robert Bourgi en tête- qu’aux appels des démocrates africains.

A défaut de ceindre de lauriers un front méritant, la Fondation Mo Ibrahim a publié pour la troisième fois son indice annuel de la Gouvernance africaine. Instructif. Sur 53 pays classés, le Tchad figure au 52e rang. Le Congo-Kinshasa est 50e, la République centrafricaine 48e, la Côte d’Ivoire 47e, la Guinée-Conakry 44e, le Congo-Brazzaville 41e… Qui dit pire ?

La mue de Moussa Dadis Camara, homme providentiel de Guinée devenu autocrate

En l'espace de dix mois, depuis sa prise de pouvoir, le statut de Moussa Dadis Camara a beaucoup changé. D'homme providentiel promettant de sortir du néant un pays saigné par la lente agonie du régime de Lansana Conté (1983-2008), il est dorénavant perçu comme un dangereux chef de clan, responsable moral, voire direct, de la mort de plus 150 opposants lors de la manifestation pacifique du 28 septembre à Conakry. Il en répondra devant la commission d'enquête internationale qui a commencé son travail, lundi 19 octobre.

Extérieurement, le capitaine Dadis est resté le même. Même treillis, même béret rouge vissé de travers sur sa tête, même visage tendu par sa prochaine colère. Dadis Camara n'a pas non plus déménagé du camp militaire Alpha Yaya Diallo, où il a greffé le coeur du pouvoir, refusant d'emménager dans le palais présidentiel. "Le peuple m'aime parce que je suis l'un des leurs. Je suis né dans une hutte", aime-t-il à répéter.

Mais, au-delà des apparences, la nature profonde du capitaine s'est révélée : autocratique et manipulateur. Avant même le 28 septembre, l'opposition guinéenne et une partie de la communauté internationale lui demandaient déjà de quitter le pouvoir. Mais Dadis Camara, originaire de Nzérékoré, dans une Guinée forestière qui n'avait jamais donné de dirigeant au pays, s'accroche à un pouvoir auquel il n'avait sans doute jamais rêvé.

A la mort de Lansana Conté, le 22 décembre 2008, Dadis Camara a pris de vitesse les autres groupes et clans placés en embuscade. Et ramassé un pouvoir déliquescent. Les Guinéens découvrent alors leur nouvel homme fort, chef d'un Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et président autoproclamé de la Guinée. La veille encore, il n'était que l'obscur chef de l'approvisionnement en hydrocarbure de l'armée, formé en partie en Allemagne.

La population l'accueille avec enthousiasme. Les institutions sont discréditées. Le militaire est jeune et dit les mots que tout le monde veut entendre : "châtier les profiteurs" et les narcotrafiquants, restaurer l'ordre.

Certes, le propos n'est pas toujours cohérent et la mise en scène déroutante. Le secrétaire d'Etat français à la coopération, Alain Joyandet, venu début janvier à Conakry pour arracher un calendrier de transition démocratique, en fit l'expérience. Loin des lambris des salons présidentiels, le ministre français fut tardivement reçu à Alpha Yaya par "Dadis" dans une ambiance de mess de sous-officiers. Le "tête-à-tête" se déroule devant un bruyant parterre de militaires en treillis, certains ronflant. Avec des accents quasi mystiques, le capitaine se disait "investi d'une mission divine", prêt au "sacrifice" pour nettoyer les écuries guinéennes. Mais surtout, il s'engageait à rendre rapidement le pouvoir aux civils. Parole de militaire, sur le bureau duquel trônent la Bible et le Coran.

Puis le capitaine semble avoir pris goût aux responsabilités, persuadé d'être le seul capable de tenir une armée clanique, source d'insécurité plutôt que de stabilité. Progressivement, il est apparu que sa conception de la transparence et de la concertation ne dissimulait rien d'autre qu'un féroce appétit pour l'exercice personnel du pouvoir.

Le gouvernement fantoche du premier ministre technocrate Kabinet Komara - sans budget depuis le début de l'année - était réduit à de la figuration, ou à servir de punching-ball lors de ces désormais célèbres séances télévisées improvisées que les Guinéens eurent tôt fait de qualifier de "Dadis show". En direct, Dadis y démet les dirigeants qui lui déplaisent, ordonne des arrestations, humilie l'opposition.

Tant et si bien qu'en quelques mois Dadis Camara réussit la prouesse d'unir contre lui, au sein du Forum des forces vives, un très large front syndical et politique jusqu'alors fortement désuni.

Car le folklore du "Dadis show" cache une stratégie. Est-il inspiré par son "homologue" mauritanien Mohammed Ould Abdel Aziz, ancien militaire putschiste légitimé, cet été, par les urnes ? Toujours est-il que, reniant ses engagements, Dadis Camara prépare "son" élection de janvier 2010. Et cadenasse son pouvoir. Il nomme ses préfets, court-circuite les juges, met la Banque nationale à ses pieds, place ses hommes ou ceux de ses proches à la douane, au port, dans les grandes entreprises... Une dizaine de ministres sont, comme lui, des "Forestiers".

Et dans l'armée, Dadis s'appuie sur une poignée de militaires sulfureux. Il y a le "Forestier" Claude Pivi, dit "Coplan", mouillé dans la répression sanglante des manifestations de 2007. Ce chef des bérets rouges de la garde présidentielle aurait perdu de son influence ces dernières semaines au profit de Toumba Diakité, un Malinké.

Cet aide de camp de "Dadis", médecin militaire de formation, conduisait les bérets rouges au stade pour la tuerie du 28 septembre. Le troisième homme est le ministre de la défense, numéro deux de la junte, le colosse taiseux Sékouba Konaté, dit "Parousky" - sans doute en référence à son père formé en ex-Union soviétique au temps de la dictature de Sékou Touré (1958-1984). Son autre surnom : "El Tigre", pour sa férocité éprouvée dans les guerres du Liberia et de Sierra Leone. L'avenir de la junte dépend des relations complexes et opaques qui unissent ces hommes. "Un équilibre de la terreur", précise Aliou Barry, spécialiste des questions de défense.

Cet équilibre a été mis à mal le 28 septembre. Qui, en effet, portera le chapeau du massacre ? Aujourd'hui, placé sous la pression internationale, Dadis Camara temporise. Et s'il parvient à passer au travers de la tempête, Conakry craint le pire. A l'image de Mamadi Kaba, du Réseau africain de défense des droits de l'homme (Raddho) : "S'il reste, il se vengera des hommes politiques, des humanitaires, des journalistes. Il sera pire que Sékou Touré", redoute M. Kaba.

Des centaines de Français quittent la Guinée mais "pas pour trop longtemps"

CONAKRY — "Je pars pour quelque temps", lance le proviseur du lycée français de Conakry, Rodolphe Ratoreté, en franchissant le dernier cordon de sécurité de l'aéroport de la capitale guinéenne pour s'envoler vers Paris.

Quelques centaines des 2.500 Français présents en Guinée se sont, comme lui, résolus au départ.

Le ministère français des Affaires étrangères avait, il y a une semaine, "recommandé aux Français présents sur place de quitter" ce pays d'Afrique de l'Ouest, en raison de la détérioration de la situation dans la capitale, après le massacre d'opposants le 28 septembre par les forces de sécurité.

Cette décision a occasionné la fermeture du lycée français dont la quasi-totalité du corps enseignant est partie.

Un sac en bandoulière, le proviseur espère être absent "pas trop longtemps". Trois secrétaires gèrent les affaires courantes dans son établissement, en attendant une fermeture totale prévue dans quelques jours et jusqu'en janvier.

"La semaine écoulée, les vols à destination de Paris ont affiché complet", assure l'adjudant Diawara Sirima, du service de l'immigration à l'aéroport.

"Quelque centaines de personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, ont déjà quitté le pays" ajoute-t-il.

Pour le ministère français des Affaires étrangères, "il n'y a pas de perspective d'amélioration à court terme". Selon les termes de son communiqué, "la situation sécuritaire s'est détériorée à Conakry" et "des actes de banditisme se sont multipliés, en particulier des attaques à main armée", après la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre, qui a fait au moins 150 morts selon l'ONU.

Certains candidats au départ, bien qu'optimistes quant à leur prochain retour, critiquent cette décision de Paris.

"On n'a pas le choix, tous les Français veulent rester, le souci c'est qu'on nous a donné l'ordre de rentrer", assure Sonia, tenant seulement une valisette. "On m'a forcée à partir", renchérit Sylvie, une coopérante qui ne voit pourtant pas de "menace xénophobe" contre la communauté française.

Plus mesurée, soeur Brigitte Busch, du monastère de Fringabé, proche de Kindia (nord), dit qu'on lui a "conseillé de partir".

"Je compte revenir, soyez tranquille, nous ne sommes pas dégoûtés de la Guinée", s'empresse de souligner la religieuse vêtue d'une robe kaki, tandis que Gilbert Belloz, un retraité, part retrouver sa région de Bordeaux (sud-ouest de la France) avec "un pincement au coeur".

Bien d'autres Français, "inconditionnels amoureux" de la Guinée, se refusent au départ.

"Il n'a pas d'ordre d'évacuation, nous avons donc décidé de rester. J'ai mon travail ici", explique Sophie. Elle et son compagnon ne sont venus à l'aéroport que pour assister au départ d'une amie.

André, propriétaire d'une pâtisserie à Conakry, y vit depuis plus de 25 ans. Il a connu le régime du défunt Lansana Conté (1984-2008) puis celui de la junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara depuis décembre. Et il n'est pas disposé à laisser sa petite entreprise pour une "aventure" en France.

"Il n'y a pas de départ massif de Français de la Guinée", tranche le commissaire Bangaly Kourouma, responsable de la sécurité aéroportuaire, rattachée à la présidence guinéenne.

Pour lui, "l'histoire ne se répétera pas, après le +non historique+ de 1958" du leader nationaliste Ahmed Sékou Touré au général de Gaulle, qui avait poussé les Français à partir en masse, au lendemain de l'indépendance de cette ancienne colonie.

"Nous vivons en parfaite intelligence avec nos amis français en Guinée" assure le commissaire, convaincu que son pays vit "une crise passagère".

19.10.2009

EN PRENANT LE TAUREAU PAR LES CORNES EN GUINEE

L’Editorial : Conakry, Niamey…Abidjan

Trois capitales, une même sous région, un même cauchemar pour les populations. Entre Conakry, Niamey et Abidjan, les réalités politiques ont tout l’air d’être taillées dans le même roc de violence et parfois de sang. La continuité du barbare mélange politico militaire qui, jusqu’à la tuerie du 28 septembre 2009 au stade du 28 septembre de Conakry sévissait dans cette sous région en laissant les populations à la merci des pouvoirs en place semblait une fatalité. Heureusement un pas dans la bonne direction a été franchi le lundi 12 octobre 2009 dans la capitale fédérale nigériane. Ce jour là, lors de la réunion de la communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest, la CEDEAO, le diplomate ghanéen Mohammed Ibn Chambas a tenu des propos de nature a redonner confiance aux peuples africains et installer un début de doute chez les monarques à la tête de nos états. Rompant avec la complaisance habituelle des instances africaines, le président de la commission de la CEDEAO au sujet de la répression sanglante des manifestants de l’opposition par la junte de Moussa Dadis camara a dit avec force : « il y a une militarisation du pays marquée par l’usage arbitraire et irresponsable de la force par le pouvoir pour réprimer la population. Les tueries brutales de civils désarmés et sans défense ne sont que la continuation de la répression qui sévissait sous le régime du président Lansana Conté ». Et la voix et le visage de la politique de l’organisation sous régionale de se faire plus précis et plus incisif sur ce qu’il convient de dire et imposer en Guinée : « si cette junte passe en force, elle va imposer une nouvelle dictature ». En termes sans équivoque, il faut empêcher les militaires voyous à la tête de la Guinée de se maintenir et de réaliser ce que leurs homologues ont réussi en Mauritanie. Organiser des élections sur mesure et confisquer le pouvoir. La position de la CEDEAO tranche avec l’habitude. En effet, les chefs de l’état de l’Afrique en général, et de l’Afrique de l’ouest en particulier entretenaient une espèce de pacte qui voulait que dans le collègue en poste quelle que soit le mode par lequel il est arrivé aux affaires soient soutenu. Mieux, dans la nécessité de se maintenir le prince en poste pouvait tout se permettre. Au besoin, massacrer les populations. Dans tous les cas, il bénéficiait du silence au moins de ses paires. Cette tradition a certainement inspiré les militaires guinéens. Et la journée tragique du 28 septembre 2009, ils assassinaient dans un stade de la capitale au moins cent cinquante personnes par balles. Cette fois, les choses ont pris une tout autre tournure. Certes la pression internationale exercée par les Etats unies, la France et l’Union Européenne ont été pour quelque chose mais la position de la CEDEAO qui a pris fait et cause pour le peuple martyrisé de la guinée est d’un courage salutaire. Il envoie un message dans la bonne direction à tous. Aux habitants de la sous région, la CEDEAO veut dire que l’organisation désormais est la propriété des populations ; et qu’elle cesse d’être un simple lien de solidarité entre présidents. Aux différents pouvoirs en place, c’est le signal que l’heure de l’impunité et du soutien aveugle est à son crépuscule. Les soldats guinéens ont été les premiers à avaler la pilule. Mais le coup de pied de l’organisation va au-delà de ce pays. S’il n’y a pas eu de tuéries massives au Niger, ce pays n’a pas moins vécu ces derniers temps une dérive autocratique. Son président Mamadou Tandja a utilisé tous l’arsenal militaro juridique d’un régime d’exception pour passer outre la constitution et se maintenir. La CEDEA est adopté une attitude de quasi abdication dans ce dossier. C’est comme ça que son manque de réaction dynamique a été perçu par les défenseurs de la démocratie dans le pays et ailleurs. En prenant le taureau par les cornes en Guinée, la CEDEAO montre que tout redevient possible. L’embargo sur les armes décrété contre la junte de Conakry doit commencer à agiter le sommeil de Tandja. En Côte d’Ivoire, des élections sont annoncées pour les mois avenir. Ce pays qui sort péniblement d’une grave crise politico-militaire est encore traumatisée par la répression de mars 2004. Entre cent cinquante et trois cents civils de l’opposition tués selon une enquête de l’ONU. La réaction internationale contre la sauvagerie en Guinée est aussi pour dire aux bouchers de la Côte d’ivoire que plus rien ne sera désormais comme avant. Tout crime sera payé. Au prix fort.

D. Al Seni

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Soldats guinéens près de l'aéroport de Conakry. (Reuteurs).

 

Soldats guinéens près de l'aéroport de Conakry. (Reuteurs).

 

Pour trouver une issue à la crise politique en Guinée , les dirigeants de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), réunis samedi 17 octobre en urgence à Abuja (Nigeria), ont décidé d'un embargo sur les armes à l'encontre de la junte. La commission économique de la CEDEAO veut faire pression pour que le capitaine Moussa Dadis Camara, arrivé au pouvoir lors d'un coup d'Etat en décembre 2008, ne se présente pas à l'élection présidentielle du 31 janvier, comme il l'avait d'ailleurs annoncé initialement, avant de changer d'avis.
L'Union africaine a également déclaré attendre qu'il confirme sa non-candidature et appelé à la libération des opposants arrêtés.

Des mesures pour se procurer des armes


La junte au pouvoir est vivement critiquée par la communauté internationale, après que la garde présidentielle guinéenne a ouvert le feu sur un rassemblement pacifique organisé par l'opposition le 28 septembre. La répression aurait fait 157 morts, selon une organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme, 57 selon la junte. "En regard des atrocités qui ont été commises et des mesures prises par les autorités du CNDD (le gouvernement guinéen) pour se procurer de nouvelles armes, les autorités ont décidé d'imposer un embargo sur les armes à la Guinée", a expliqué Mohammed Ibn Chambas, qui préside la commission économique de la CEDEAO, ajoutant que le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, servirait de médiateur.

Une enquête sur la répression


"Toutes les mesures doivent être prises immédiatement pour stopper la série d'assassinats de Guinéens innocents, qui aspirent à la restauration de l'ordre constitutionnel", avait affirmé un peu plus tôt le président nigérian Umaru Yar'Adua, qui préside aussi la CEDEAO.
Ce sommet intervient au lendemain de la désignation par l'ONU d'une commission internationale d'enquête sur la répression.

Guinée: plusieurs journalistes francais refoulés

DAKAR — Six journalistes français des chaînes de télévision France 2 et France 24, qui souhaitaient couvrir la crise guinéenne, ont été refoulés samedi à l'aéroport de Conakry, a-t-on appris dimanche auprès de leur rédaction.

Trois journalistes de la chaîne publique France 2 ont quitté samedi Dakar, où ils sont basés. "On avait tous les trois des visas. En arrivant à Conakry, des militaires faisant le contrôle des visas nous ont réclamés une lettre d'invitation", a indiqué l'un d'entre eux à l'AFP.

"Les journalistes français n'étaient pas les bienvenus", selon lui. "Les militaires n'étaient pas du tout agressifs mais ils semblaient avoir reçu des instructions très claires. Ils nous ont accompagnés jusqu'à l'avion qui repartait vers Dakar", a-t-il poursuivi.

La même mésaventure est arrivée à une équipe de trois journalistes de la chaîne internationale France 24, partis samedi de Paris, selon leur rédaction. Au moins deux d'entre eux n'avaient pas de visa.

Jeudi, un reporter de l'hebdomadaire français Paris-Match, arrivé à Conakry sans visa, avait été lui aussi refoulé à l'aéroport.

Deux journalistes guinéens, travaillant l'un pour l'Agence France-Presse (AFP) et Radio France Internationale (RFI), l'autre pour la British Broadcasting Corporation (BBC), ont reçu des menaces de mort après le massacre de plus de 150 civils, selon l'ONU, le 28 septembre à Conakry.

Selon Reporters sans frontières (RSF), plusieurs autres journalistes guinéens ont été "accusés" par des militaires de "donner des informations aux étrangers et ont reçu des menaces de mort par téléphone".

L’ombrage se dissipe en Guinée…Fin d’apoplexie

Enfin dans une approche de malintentionné, qui de Dadis Camara (la junte guinéenne) et des leaders Africains aux politiques sociales, économiques, sanitaires etc., dont l’ampleur du désastre expose les multitudes des morts quotidien, de famine, de simple maladie (paludisme, choléra, diarrhée etc.), de non combat de calamité connue (inondation, désertification etc.), sur les eaux internationales dans la fuite du quotidien, sont passible en priorité de poursuites, sanctions ?

L’ombrage se dissipe en Guinée…Fin d’apoplexie Au lendemain de la prise de pouvoir en Guinée Conakry, le 23 décembre 2008, par une frange de militaires, de nombreuses distorsions internes et étrangères se sont fait jour, fulminant en secret d’en découdre d’avec l’irrespectueux Capitaine Moussa Dadis Camara, qui déjoua toutes les prévisions successorales au feu général président Lansana Conté.

Le capitaine en défense se terra dans son camp militaire Alpha Yaya, le plus et mieux équipé en armes et dont la bravoure de ces Hommes fut convainquant pour ne pas l’attaquer sur le terrain militaire, en interne via les brides d’autres corps armés, tel l’ex garde présidentielle du feu général Conté, et les autres formations dont la puissance de feu limitée n’est garantie de victoire en cas l’enlisement de combats ; En externe le désaveu populaire du général Conté, qui s’exprima aux premières heures de l’annonce de la prise de pouvoir de la junte constitua un obstacle à la perfusion de force de la démocratique successorale.
Dès lors le terrain politique et diplomatique s’ouvra comme la voie punitive de la forfaiture du Camp Alpha Yaya et son nouveau chef.

Le combat politique étant l’expression de coup bas assommant voire mortel pour qui n’est suffisamment aguerri, il apparaîtrait que la junte autour du capitaine Camara, se soit assise à la table d’un jeu de poker à l'issue fatale.

Le capitaine autoproclamé président, qui n’avait depuis lors que de quête de s’adjoindre le plus fervent soutien que l’on puisse avoir en démocratie, en la personne du peuple souverain (dénonciation d’intention d’attaques militaires étrangères aux frontières, bain de foule à répétition) aurait pour ainsi dire ouvert son jeu à la merci du joker de ses adversaires.

Les graves événements du 28 septembre 2009, où une manifestation en force de l’opposition contre son interdiction et en défense des droits et libertés publiques fut objet d’une répression terrifiante, sanglante par certains soutien en tenus (police, gendarmerie, militaire) du capitaine autoproclamé président, avec à la sortie un nombre estimé à plus de 150 morts et de nombreuses victimes et disparues, donna force et vitalité de victoire aux adversaires s’agitant de tout horizon, se remuant à grand fracas au nom du devenir de la Guinée.

La portée de ce vent venant en premier de l’étranger avec des énonciations plus que stupéfiantes :

Kouchner (officiel, France) annonçant dès le lendemain de la barbarie, après que le monde entier ait été soigneusement préparé à la consternation généralisée ; La suspension de la coopération militaire et de l’aide bilatérale ; L’impossibilité morale de travailler d’avec le chef de la junte (premier responsable, qui se démêla aussitôt à se dédouaner en arguant du faits d’éléments non contrôlé), comme si Kouchner en appelait à une révolution de palais en guise de gratification avenir ; Puis ne voyant rein germer, la possibilité d’une intervention étrangère.

Les malintentionnés en ont été piqués à l’os, s’étonnant de la poursuite de la coopération d’avec l’Etat d’Israël tout fraîchement accusé d’odieuse tuerie sauvageonne bien plus nombreuse en Palestine (de milliers de morts et centaines de milliers de victimes directes).

Les intances internationales à dominance non africaine, tel que l'ONU qui s'en est allée de sa coutumière désaprobation de routine avec cette fois la particularité qu'elle a d'elle même sollicitée la saisie du procureur de la Cour pénal international (CPI).

Les malintentionnés en ont été piqués de vif, dire que dans d’autres conflits terrifiant à l’exemple de ceux de Palestine, d’Irak et sa célèbre prison abou ghraib, du Liban etc., l’invocation de la CPI est objet d’houleux débats aux interminables enquêtes provisoires.

Le plus belle, pour ne pas dire drôle désapprobation fut la marque du continent africain, qui y envoya après le tempêtement étranger et certainement en complaisance, un médiateur aux qualités de médiations à prouver, en la personne du président Blaise Compaoré, du Burkina-Faso ; Avant dans la foulée par l’entremise de la CEDEAO (organisation régionale économique s’il vous plaît), d’annoncer des pourparlers de paix à Abuja au Nigeria ; Puis en volte face, sur sa lancée, d’annoncer la tenue de la dite négociation de sortie de crise en excluant la présence de la junte à laquelle elle ne reconnaissait plus d’autorité légale ; En finition, à l’issu des dits pourparlers, énonça la sanction d’exclusion de ses instances de la Guinée, suivi d’une invitation à un embargo sur les armes contre la Guinée et la sollicitation des instances internationales à faire droit à ses décisions.

Les malintentionnés en ont été glacés, leurs yeux se remplissant de sang.
La superbe de l’Africain faire valoir s’embellissant au point d’en admettre ouvertement que le prononcé de sanctions de leurs structures d’entente trouve efficacité, exécution, de faits étrangers, extérieurs à eux. Il ne revient donc plus qu’à l’étranger de faire preuve de toutes diligences, pour l’honneur Africain.

La réalité au secours de la junte guinéenne…

Il n’est de doute que l’arrivée surprenante d’audace au pouvoir de la junte guinéenne, suscita de forte rancœur tirée d’une part de l’humiliation de l’entourage dirigeant du feu général Conté, renvoyé pour l’essentiel à faire valoir leurs droits à la retraite (haute hiérarchie militaire, haut responsable administratif politicien) avec l’approbation populaire ; D’autre part de la guerre contre les détenteurs de sinécures économiques et narcotrafiquants (bon nombre étant des étrangers) ; Et enfin contre le voisinage étranger qui n’apprécia de n’être mis au parfum des pauvres hères (odieux, outrecuidant irrespectueux) et africain qui n’y voyait d’un bon œil l’émergence, la consécration d’opportunisme indépendant de prise de pouvoir, ne garantissant pas pour l’avenir les ententes politiques internes de transition (cautionner le cas guinéen serait source de déchirement à l’ivoirienne dans bien d’autres contrées africaines).

Les humiliés de l’ère Conté, ont pu revitaliser les liens amicaux de voisins africains (CEDEAO en priorité), dont les craintes internes de similitude cristallisèrent l’absolu nécessité de marquer les esprits, favorisant par là leur entente d’avec leurs ennemies d’hier (la classe politique d’opposition de l’ère Conté), qui elle y trouva son compte tiré des craintes de renvoi perpétuel à la criée d’opposition par la frustrante appréhension de l’hypothétique participation à l’élection présidentielle du capitaine autoproclamé président (élection que l’on perd par exceptionnalité en Afrique quand t-on l’organise et y participe : Mathieu Kérékou en 1991, Denis Sassou-Nguesso en 1992, Abdou Diouf en 2000 et c’est tout).

Le voisinage étranger lui veut très certainement éviter le piège de la démocratie légitimante, qu’il prône avec insistance pour le devenir africain, et dont ont pu se prévaloir les nombreuses prisent de pouvoir en force, aussitôt légitimées démocratiquement (Burkina Faso, Togo, Tchad, deux Congo, etc., exception faite de la Sierra Leone sous Johnny Paul Corona et en attente de Madagascar d’Andry Rajoelina). Le dernier fait majeur parlant étant l’élection du Général Mohamed Ould Abdel Aziz, le 20 juillet 2009 en Mauritanie.
Et pour mieux imprégner l’assentiment, le soutien, de responsables et peuples Africains, l’étranger se lance en profonde perfidie dans des actions populistes :

Refus d’accorder l’exil à la veuve Agathe Habyarimana (exfiltrée par leurs soins en 1994 vers la France), du défunt président du Rwanda, aux nouvelles autorités en conflit ouvert avec la France sur les responsabilités avant, pendant et après le génocide rwandais de 1994.

Relâchement de la pression sur la Côte d’Ivoire (poids lourd de la CEDEAO), par admission, acceptation explicite via la voix du secrétaire d’Etat à la coopération française, Alain Joyandet, d’une hypothèse de report de l’élection présidentielle attendue depuis 2005, cristallisant l’atteinte à la démocratie.

Accueil médiatique sur leur territoire des opposants guinéens et leurs familles (pis des victimes) et préventif de vendetta non prouvée, de ressortissants (volonté de marquer les esprits du déferlement ivoirien de 2002).

Le voisinage africain (ses membres) à qui la diplomatie reconnaît en finesse le dernier mot, baigne dans un dilemme qui s’entrevoit comme le salut de la junte guinéenne.

En effet sous la bannière d’institutions africaines (CEDEAO, U-A, etc.), et d’ententes étrangères (Conférences d’Etats Arabes etc.), ils s’insurgèrent contre l’agressivité en charge du procureur Moreno Occampo de la CPI, à l’égard des dirigeants et responsables Africains, tout particulièrement contre le général président Omar El Béchir du Soudan, faisant bloc commun.

Et voilà que la félonie de l’étranger agitant de nouveau la CPI, titille, interpelle leur probité. En outre l’évocation d’une intervention militaire parait peu tranquillisant, non pas qu’elle soit irréalisable, la Guinée ayant qu’une armée que de 10.000 Hommes, et qu’il puisse être argué à leur encontre le fait d’arme victorieux à Anjouan aux Comores en mars 2008, contre le colonel Mohamed Bacar avec son armée d’environ 150 Hommes sur son île et forcé à l’exil, quand bien même il s’agissait en l’espèce d’assister l’armée fédérale comorienne ; Il n’en reste pas moins qu’une telle idée d’intervention en Guinée fait germer des sueurs chaudes et gémissement chez ces derniers, face à un avenir proche les concernant tout aussi (les élections démocratiques : Confère le dénouement mortel gabonais à Port-Gentil) et qui pourrait servir de grain à moudre à leurs opposants qui y verraient à coup sûr du pain béni.

Serait-ce alors la conjonction de tout cela qui les conduits à se décharger sur l’étranger ?

Enfin dans une approche de malintentionné, qui de Dadis Camara (la junte guinéenne) et des leaders Africains aux politiques sociales, économiques, sanitaires etc., dont l’ampleur du désastre expose les multitudes des morts quotidien, de famine, de simple maladie (paludisme, choléra, diarrhée etc.), de non combat de calamité connue (inondation, désertification etc.), sur les eaux internationales dans la fuite du quotidien, sont passible en priorité de poursuites, sanctions ?

Evidement l’étranger ne saurait que tempêter et faire preuve de menaces et pressions de toutes sortes. Une intervention militaire en Guinée qui n’est pas dans l’axe du mal, contrairement à l’Irak de Saddam Hussein, l’Afghanistan et probablement l’Iran, bien que souhaitée par les instrumentalisés ne passera apparemment que d’une révolution de palais. La pression internationale est peu être en passe de l’obtenir, au sein de la junte le capitaine Pivi, qui entend mettre aux arrêts les responsables de la tuerie du 28 septembre, semble répondre aux sirènes étrangères.

A défaut, il faudra bien négocier avec la junte. En attendant la horde internationale nous gratifiera certainement de quelques coups d’éclats soporifiques.

Loin de toute admiration de la junte guinéenne, dans son versant 28 septembre 2008, quand bien même il ne soit exclu que la guérilla politique autour d’elle en soit en réel le principal acteur des dits malheureux événements, sans en dénier, réfuter, la responsabilité de la junte qui actionna le feu, il ressort que l’Afrique ne saurait valablement avancée tant qu’elle se pourfendra dans les travers étrangers.

De plus il est franchement Honteux pour l’instruction salutairement efficace de la descendance, de s’en remettre même par tactique politique à l’étranger pour son salut.

Une famille qui ne se déchire pas, ne s’est pas renforcer ses liens et ainsi éloigner les fourberies étrangères à sa superbe.

Tapa Joseph

Guinée: un responsable de l'ONU enquête à Conakry sur le massacre

Le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, en charge d'une enquête onusienne sur le massacre de civils le 28 septembre à Conakry, est arrivé dans la capitale guinéenne. Plus de 150 personnes avaient été tuées, selon l'ONU.

L'émissaire de l'ONU doit d'abord rencontrer le Premier ministre Kabiné Komara, puis les dirigeants de l'opposition, et enfin le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait décidé vendredi de créer une commission internationale d'enquête sur la répression sanglante par les forces de sécurité de la manifestation pacifique de l'opposition le 28 septembre dans un stade de Conakry.

La junte, commandée par le capitaine Moussa Dadis Camara, affirme que 56 civils ont été tués et 934 personnes blessées. L'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme estime quant à elle que plus de 157 personnes ont été tuées et 1200 blessées, dont de nombreuses femmes violées en public. L'ONU évoque de son côté un bilan de "plus de 150 morts".

Guinée: L'opposition satisfaite des sanctions contre la junte

Situation en Guinée Conakry - Le leader des Nouvelles forces démocratiques (NFD- opposition) de Guinée, Mouctar Diallo, a exprimé, samedi, sa satisfaction à la PANA après la mesure d'embargo décrétée à Abuja par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sur les armes à destination de son pays.

La décision prise par le sommet des chefs d'Etat de la CEDEAO, souligne-t-il, est "normale et luminieuse" parce qu'elle va prévenir un conflit latent, parce que "nous savons que notre pays est exposé à une guerre civile".

Le leader des NFD estime que la CEDEAO a pris "une bonne décision préventive" dans la mesure où, selon lui, citant plusieurs sources non identifiées et des rumeurs persistantes, le ministre de la Défense, le général Sékouba Konaté est depuis quelques jours à l'étranger en vue d'acheter des armes.

Pour sa part, le président de l'Organisation guinéenne des droits de l'homme (OGDH), Thierno Maadjou Sow, a salué "la courageuse décision" du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, qui a annoncé la mise en place d'une commission internationale d'enquête sur les récentes tueries enregistrées à Conakry lors d'une manifestation pacifique de l'opposition.

M. Sow, qui estime que cette commission pourrait être plus efficace, a toutefois souhaité qu'elle soit mixte pour aider à faire la lumière sur la mort d'une centaine de personnes au stade du 28 septembre de Conakry où l'opposition souhaitait marquer sa désapprobation dans le cadre d'un meeting à une éventuelle candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à la présidentielle du 31 janvier 2010.

"L'expérience de 2007 après les massacres du 20 janvier de la même année aux abords du Pont du 8 novembre lors d'une manifestation à l'appel des syndicats des travailleurs est encore vivace dans nos esprits (...) La commission nationale d'enquête mise en place n'a jamais pu travailler", déclare le président de l'OGDH.

La décision du secrétaire général des Nations unies, souligne-t-il, est une bonne proposition parce que "chez nous, le judiciaire n'a aucun pouvoir", estimant que seul l'exécutif a tous les pouvoirs entre ses mains.

Le président de l'OGDH salue également la décision du bureau du procureur Louis Moreno Ocampo de la Cour pénale internationale (CPI) qui a annoncé récemment qu'il allait procéder à un examen préliminaire de la situation en Guinée où, selon les Nations unies, plus de 150 personnes ont été froidement abattues au stade du 28 septembre, plus de 1.000 blessés, ainsi que des femmes violées et battues.

On rappelle que l'ultimatum de l'Union africaine (UA) fixé à la junte pour notifier par écrit qu'aucun de ses membres ou du gouvernement ne sera candidat à la prochaine présidentielle expire ce samedi à minuit.

17.10.2009

LES FANFARONS DE LA JUNTE AU POUVOIR SA VA SE SAVOIR

SA VA SE SAVOIR TOUTE LA VERITE, LA VERITE, RIEN QUE LA VERITE

Guinée: embargo sur les armes et incertitude sur les intentions de Camara

ABUJA — Les dirigeants des pays d'Afrique de l'Ouest ont décrété samedi un embargo sur les armes à l'encontre de la Guinée, lors d'un sommet à Abuja à quelques heures de l'expiration d'un ultimatum de l'Union africaine (UA) qui exige des responsables de la junte de ne pas se présenter à la présidentielle de janvier.

Le sommet de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) s'est toutefois achevé sans que l'on sache si le chef de la junte de Conakry, le capitaine Moussa Dadis Camara, a l'intention de se plier avant minuit à l'ultimatum de l'Union africaine.

"Au vu des atrocités commises et des actions menées par le CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, NDLR) pour se procurer de nouvelles armes, la Cédéao a décidé d'imposer un embargo sur les armes à l'encontre de la Guinée", indique le communiqué final du sommet de l'organisation.

La Cédéao demande à son actuel président, le nigérian Umaru Yar'adua, "de prendre toutes les mesures nécessaires pour obtenir le soutien de l'Union africaine, l'Union européenne et les Nations unies pour l'imposition et l'application de cet embargo", selon le document.

Dans son discours d'ouverture, en présence notamment de ses homologues de Sierra leone, du Liberia, du Burkina Faso, du Bénin, du Togo et du président de la commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, Umaru Yar'adua a déclaré que la Cédéao ne pouvait "rester les bras croisés et regarder la situation dégénérer en conflit de proportion monumentale. C'est notre devoir de demander au chef du pouvoir militaire en Guinée de s'engager formellement à ne pas participer à la présidentielle".

"C'est dans l'intérêt de la Cédéao d'éviter une détérioration de la situation car les répercussions pourraient être catastrophiques" pour toute la région, a déclaré à l'AFP le représentant de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest Said Djinnit juste avant le sommet.

La Guinée est déjà suspendue des instances dirigeantes de la Cédéao depuis le 10 janvier suite au coup d'Etat militaire du 23 décembre 2008, peu après le décès du président Lansana Conte.

Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a ordonné une enquête internationale sur la répression d'une manifestation de l'opposition qui a fait plus de 150 morts, selon l'ONU, le 28 septembre à Conakry.

Le 12 octobre, la Cédéao avait fermement condamné ces "tueries brutales", le risque de "nouvelle dictature" et souhaité l'installation d'un régime de transition en lieu et place de la junte actuelle.

La Cour pénale internationale (CPI) procède de son côté à un "examen préliminaire" pour déterminer si des crimes relevant de sa compétence ont été commis le 28 septembre.

Selon un spécialiste, au delà d'une suspension déjà effective, l'organisation régionale de 15 Etats ne disposait pas de nombreux moyens de rétorsion, et il est probable que le médiateur nommé par la Cédéao, le président burkinabè Blaise Compaoré, va continuer ses contacts avec Conakry.

Concernant le Niger, dont le président Mamadou Tandja, au pouvoir depuis 1999, s'est octroyé en août une rallonge de trois ans, malgré une condamnation internationale unanime, la Cédéao lui a "demandé urgemment de suspendre indéfiniment les législatives du 20 octobre afin de favoriser le dialogue" politique.

La Cédéao a pris des sanctions limitées contre Niamey (interdiction de présenter des candidats pour des organisations internationales, d'organiser des réunions de la Cédéao) mais menacé de "sanctions complètes immédiates" en cas de refus du président Tandja d'obtempérer.

La présidente du Liberia et le président de la commission de la Cédéao sont attendus dimanche à Niamey pour une ultime tentative de conciliation.

La Guinée menacée d'une reprise des violences

in de semaine à haut risque à Conakry où l'isolement grandissant de la junte au pouvoir laisse craindre une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire.

L'ultimatum posé aux militaires guinéens par l'Union africaine (UA) arrivait en effet à échéance, samedi 17 septembre. L'organisation régionale demande au capitaine Moussa Dadis Camara de s'engager par écrit à renoncer à se présenter à l'élection présidentielle sous peine de sanctions. Le 28 septembre, la manifestation de l'opposition réunie sur ce même thème avait été noyée dans le sang. L'armée avait tiré sur la foule tuant au moins 150 personnes.

De son côté, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) devait se réunir, samedi à Abuja (Nigeria), au niveau des chefs des Etats membres, pour évaluer la situation, quelques jours après avoir demandé le départ de la junte du pouvoir.

A New York enfin, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a annoncé, vendredi, la création d'une commission d'enquête internationale. Dirigée par l'Erythréen Hailé Menkerios, sous-secrétaire général de l'ONU aux affaires politiques, elle sera chargée de faire la lumière sur les événements du 28 septembre et de "déterminer la responsabilité des personnes impliquées".

Face à ces différentes pressions, la junte se mure dans le silence, recroquevillée sur son quartier général du camp Alpha Yaya Diallo, à Conakry. Contre toutes les apparences, Idrissa Cherif, influent conseiller de Dadis Camara, estimait, vendredi, que "la Guinée va bien, nous subissons plus de pressions extérieures qu'intérieures". Des dissensions apparaissent toutefois au sein du pouvoir. Phénomène inédit en Guinée, où les privilèges liés à la fonction n'ont jamais incité les ministres à démissionner, le gouvernement vient d'enregistrer le départ de son porte-parole ainsi que des détenteurs des portefeuilles de l'agriculture et de la fonction publique, qui protestent contre la tuerie de septembre. Actes individuels essentiellement symboliques au sein d'un gouvernement fantoche, ils illustrent toutefois le divorce entre les militaires et les civils.

Sécurité très dégradée

Malgré cela, plusieurs sources faisaient état de la décision de la junte d'organiser, samedi, une manifestation de soutien, au risque de provoquer des affrontements avec une grande partie de la population qui n'a pas fini d'enterrer ses morts. Dans cet environnement sécuritaire très dégradé, Paris conseille dorénavant à ses ressortissants de quitter le pays.

"Tout est possible en Guinée, puisqu'on ne sait plus très bien qui peut assurer la sécurité des civils", a déclaré, vendredi, le secrétaire d'Etat français à la coopération, Alain Joyandet. Il ne s'agit pas de "rapatriement" ni "d'évacuation " des quelque 2 500 Français de Guinée, a précisé le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valéro, mais d'une "recommandation" conformément à un "principe de précaution". "Nous observons, en particulier dans la capitale, depuis plusieurs jours des actes de vandalisme, des agressions. Des hommes armés circulent sans aucun contrôle. Nous estimons que cela met en cause la sécurité de nos compatriotes", a ajouté M. Valero.

Plus alarmiste encore, le groupe de réflexion indépendant International Crisis Group (ICG) a mis en garde, vendredi, contre le risque pour le pays "de s'enfoncer dans la guerre civile" qui pourrait déstabiliser l'Afrique de l'Ouest, "s'il n'est pas mis rapidement fin au régime militaire". ICG dénonce également "le recrutement de milices ethniques", notamment dans la région déjà instable de la Guinée forestière (sud-ouest).

Christophe Châtelot
Sommet de la CEDEAO sur la Guinée

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a décidé samedi la création d'une commission d'enquête sur les violences du 28 septembre, chargée de déterminer la responsabilité des personnes impliquées. A Conakry, on notait une certaine tension à la veille de l’expiration samedi minuit de l'ultimatum de l'Union africaine. Le Conseil de paix et de sécurité de l'UA a prévenu jeudi les militaires : il y aura des sanctions s'ils ne s'engagent à ne pas participer à l’élection de janvier. Un sommet des Etats de l’Afrique de l'Ouest (CEDEAO) consacré à la situation en Guinée doit aussi se tenir samedi à Abuja.

Signera ou ne signera pas ? C'est la grande question qui agite Conakry depuis 24 heures. Moussa Dadis Camara acceptera-t-il de céder à l'ultimatum lancé par l'Union africaine et de signer une lettre dans laquelle il renonce à toute ambition présidentielle ?

Depuis hier, le président autoproclamé est soumis à deux courants d'influence farouchement opposés. Le premier composé de ministres qui lui sont proches, et de conseillers influents lui conseille de faire le dos rond et de laisser passer la tempête quitte à endurer l'épreuve des sanctions individuelles, quitte aussi à s'aliéner la communauté internationale.

Le second courant où l'on retrouve certains des militaires les plus influents de la junte lui demande, au contraire, d'ouvrir les yeux et d'organiser son départ, en proposant une transition vers un pouvoir civil. Un tel scénario ferait sûrement les affaires des chefs d'Etat de la Communauté ouest-africaine, réunis ce vendredi à Abuja, qui redoutent de voir Dadis Camara entraîner la sous-région dans un nouveau cycle de violence.

Pour l'heure, il est difficile de dire quelle voie empruntera Dadis Camara. Ces derniers jours, le capitaine-président a réuni les principaux chefs militaires, leur demandant de faire preuve de solidarité. Et après la prise de décision du chef de la junte d'autoriser à nouveau les manifestations politiques, ses supporters ont annoncé vouloir organiser samedi 17 octobre des meetings de soutien.

François Lonseny Fall, ancien Premier ministre de Guinée, président du FUDEC, parti d'opposition

« J’attends de ce sommet des décisions courageuses qui pourraient porter sur une condamnation ferme des massacres, viols et autres sévices commis par les forces de défense de la Guinée le 28 septembre. »

16/10/2009 par Christophe Boisbouvier


La France conseille à ses ressortissants de quitter le pays 

Le Ministère français des Affaires étrangères recommande aux ressortissants français de quitter la Guinée. Le ministère invoque la dégradation de la situation sécuritaire notamment à Conakry. Cette recommandation ne signifie pas une évacuation des ressortissants français contrairement à certaines rumeurs qui circulent à Conakry.

Hervé Morin

Ministre français de la Défense

17/10/2009

 

La Chine s'apprête à investir massivement en Guinée

Avec notre correspondant à Pékin, Marc Lebeaupin

La Guinée a signé la semaine dernière un gigantesque contrat avec la Chine pour développer l’exploitation des richesses minières guinéennes.

Depuis plusieurs mois, le ministre guinéen des Mines a passé l'essentiel de son temps à Hong Kong pour négocier la création d'une société pétrolière, associant l'Etat guinéen à deux sociétés chinoises : la China-Sonangol (une société sino-angolaise), et la China-International-fund, un fond d'investissement basé à Hong Kong.

L'objectif est d'accélérer l'exploitation des gigantesques gisements de bauxite, peut-être les plus importants du monde, mais aussi d'or, d'uranium ou de pétrole. Selon le ministre, Mahmoud Thiam, ce contrat pourrait apporter à la Guinée entre 7 et 9 milliards de dollars, investis dans des opérations minières, mais aussi dans de nouvelles infrastructures. Un chiffre presque deux fois supérieur au PIB guinéen.

La Chine consolide ainsi ses approvisionnements en matière première, mais prend le risque une nouvelle fois d'être accusée de soutenir un régime très critiqué par la communauté internationale, depuis la sanglante répression du mois de septembre.

Interrogé à Pékin, le gouvernement chinois a fini par réagir avec quelques jours de retard, sans toutefois confirmer officiellement ces projets. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a expliqué que la coopération avec la Guinée était basé sur l'égalité et le bénéfice mutuel des intéressé. Une coopération en accord avec les normes internationales, et les intérêts fondamentaux des deux peuples.

 La Chine, atout maître de la junte guinéenne

La repression sanglante de son opposition a attiré à la junte des condamnations internationales. Slate.fr décrit comment la Chine pourrait profiter de la situation d'isolement de la Guinée pour s'installer dans ce pays.

Capture d'écran Dailymotion - nsylla

Que s’est-il passé le 28 septembre à Conakry? Des manifestants qui demandaient à la junte de tenir ses promesses, d’organiser des élections et de quitter le pouvoir ont été sauvagement assassinés. L’armée les a rassemblés dans un stade. Les militaires ont commencé à tirer. Ils ont tué plus de 150 manifestants. Des dizaines de femmes ont été battues et violées. " " " " " " " particulièrement atroces ont fait le tour de la planète. Grâce à Internet en particulier, les photos des femmes martyrisées ont été vues par des millions de personnes à travers le monde. Le New York Times, qui s’intéresse peu d’ordinaire à ce pays francophone de dix millions d’habitants, a envoyé des reporters sur place. Ils ont donné la parole aux femmes violées.

Jamais auparavant l’armée guinéenne, pourtant réputée pour sa violence, n’avait eu recours au viol afin de terroriser les opposants. Même les dirigeants des pays voisins, au premier rang desquels le Sénégal, ont dénoncé la junte. De Conakry à Dakar, dans ces sociétés musulmanes, les violences faites aux femmes choquent et écoeurent particulièrement les populations. Il semble bien loin le temps où le Président Abdoulaye Wade faisait preuve d’indulgence à l’égard du capitaine Dadis Camara, le chef de la junte. L’ensemble des puissances régionales se mobilisent pour la faire plier, la forcer à accepter la démocratie et le dialogue avec l’opposition. La CEDEAO (communauté économique et de développement d’Afrique de l’Ouest) va adopter des sanctions à son encontre.

Lisez la suite ce det article sur le site Slate.fr
Crise en Guinée: réunion cruciale de la Cédéao

ABUJA — La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao) se réunit samedi à Abuja pour trouver une issue à la crise en Guinée, où la tension monte avant l'expiration d'un ultimatum de l'UA, qui exige des responsables de la junte de ne pas se présenter à la présidentielle de janvier 2010.

Déjà suspendue des instances dirigeantes de la Cédéao depuis le 10 janvier suite au coup d'état du capitaine Moussa Dadis Camara du 23 décembre 2008, la Guinée s'expose désormais à des sanctions plus ciblées, comme une liste de personnes interdites de voyager à l'étranger ou un gel d'avoirs.

Le sommet des chefs d'Etat s'ouvre alors que le chef de la junte fait face à une pression internationale de plus en plus forte.

Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a décidé de créer une commission internationale d'enquête sur la répression d'une manifestation de l'opposition qui a fait plus de 150 morts selon les Nations unies, le 28 septembre à Conakry.

Lors d'un premier sommet le 12 octobre, la Cédéao avait fermement condamné ces "tueries brutales" et le risque de "nouvelle dictature". Son président en exercice, le Nigérian Umaru Yar'adua, avait déjà réclamé une enquête internationale sur "les graves violations des droits de l'homme incluant le massacre de civils désarmés et des viols", pour "identifier et poursuivre les coupables de ces actes devant des juridications guinéennes ou internationales".

La Cour pénale internationale (CPI) procède de son côté à un "examen préliminaire" de la situation afin de déterminer si des crimes relevant de la compétence de la Cour ont été commis le 28 septembre.

Dans son ultimatum, l'Union africaine a donné jusqu'à samedi minuit aux membres de la junte, notamment au capitaine Dadis Camara, pour s'engager par écrit à ne pas se présenter à la présidentielle de janvier, comme ils l'avaient promis lors du coup d'Etat.

Ces pressions tous azimuts ne semblent pourtant pas émouvoir outre mesure la junte au pouvoir à Conakry. "La Guinée va bien, nous avons plus de pression extérieure qu?intérieure", déclarait ainsi vendredi Idrissa Cherif, le conseiller spécial du capitaine Dadis Camara, à la télévision burkinabè.

Médiateur de la Cédéao dans le conflit, le président du Burkina Faso Blaise Compaoré "va faire (samedi) des propositions à ses homologues pour trouver une solution rapide à la crise", a indiqué à l'AFP l'un de ses conseillers.

Mais, relève un spécialiste, au delà d'une suspension déjà effective depuis janvier dernier, l'organisation régionale de 15 Etats ne dispose pas de beaucoup de moyens de rétorsion contre la junte de Conakry. "C'est un peu un gendarme sans bâton", estime le même spécialiste selon qui le sommet de samedi devrait surtout se traduire par la mise en route d'un processus relayé par l'Union africaine et l'ONU.

La Cédéao a également au menu une autre crise dans un autre de ses Etats membre : le Niger, où contre vents et marées, le président Mamadou Tandja, en place depuis dix ans, s'est octroyé en août dernier une rallonge de trois ans, malgré une condamnation internationale unanime.

Le sommet intervient à trois jours d'élections législatives au Niger. La Cédéao devrait proposer samedi le report de ce scrutin car, selon un responsable de l'organisation, la plupart des partis ont été de facto "mis hors jeu".

La Cédéao, qui a son siège à Abuja, compte quinze pays membres : huit francophones (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal et Togo), cinq anglophones (Gambie, Ghana, Liberia, Nigeria et Sierra Leone) et deux lusophones (Cap Vert et Guinée-Bissau). La Mauritanie s'en est retirée en décembre 2000.

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08.10.2009

CNDD GROUPE SANGLATE ASSASSIN DE LA REPUBLIQUE

Guinée: une commission d'enquête indépendante va être mise en place, selon le capitaine Camara

AP | 08.10.2009 | 14:01

Le chef de la junte au pouvoir en Guinée a affirmé qu'une commission indépendante allait enquêter sur la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition organisée la semaine dernière dans le principal stade de Conakry.

Le capitaine Moussa "Dadis" Camara, qui s'est emparé du pouvoir il y a neuf mois à la faveur d'un coup d'Etat, a déclaré que la commission de 31 membres comprendrait sept magistrats du ministère de la Justice.

Il a assuré dans un entretien accordé mercredi soir à la télévision d'Etat qu'il répondait aux appels de la communauté internationale, de l'oppposition politique et de groupes locaux qui ont réclamé l'arrestation des auteurs des tirs meurtriers et des poursuites à leur encontre.

Selon une organisation de défense des droits de l'Homme, au moins 157 personnes ont été tuées et plus de 1.000 autres blessées lorsque l'armée a ouvert le feu sur la foule de 50.000 personnes rassemblées dans le stade national le 28 septembre pour une manifestation contre le capitaine Camara. La junte avance, elle, un bilan de 57 morts.

Après avoir affirmé lors de son accession au pouvoir qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle prévue le 31 janvier, le leader de la junte entretient désormais le flou sur une éventuelle candidature. AP

Guinée: RSF appelle à protéger les journalistes menacés par les ...
Le Monde
L'AFP a pu constater le 5 octobre à Conakry que les "bérets rouges" (garde présidentielle) mobilisés le jour de la visite du président burkinabè, ...

Les Etats-Unis demandent aux militaires de quitter le pouvoir

"Les viols et les meurtres commis par des troupes gouvernementales sont une terrible violation des droits des citoyens de ce pays", a déclaré la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, outragée par la violence qui a éclaté à Conakry le 28 septembre dernier. Cent cinquante sept personnes avaient été tuées lors d'un rassemblement de l'opposition dans un stade de la ville. Hillary Clinton a demandé le départ des militaires à la tête du pays, dont celui de Dadis Camara, président de la junte. L'oposition guinéenne lui a emboîté le pas.

Guinée: le junte doit « de profondes excuses » au peuple

 Les Etats-Unis ne cessent de s’indigner au sujet des sanglants événements du Stade du 28 Septembre à Conakry. Les auteurs de ces meurtres et viols contre les manifestants de la capitale guinéenne doivent être traduits en justice, a déclaré la secrétaire d’Etat américaine. La junte au pouvoir doit des excuses au peuple guinéen, estime Mme Hillary Clinton.

Guinée2La secrétaire d’Etat Clinton a exprimé la position américaine lors d’une conférence de presse conjointe, mardi, en compagnie du chef de la diplomatie pakistanaise, Shah Mehmood Qureshi, à Washington. Elle s’est dite scandalisée et consternée par ce qu’elle a décrit comme étant le massacre indiscriminé et le viol des manifestants par les troupes gouvernementales dans le stade de Conakry.

Selon Mme Hillary Clinton, ces préoccupations ont été directement exprimées aux principaux responsables gouvernementaux de la Guinée par le secrétaire d’Etat-adjoint américain aux Affaires africaines, Johnie Carson. Ce dernier a clairement expliqué que les Etats-Unis entendent prendre « les mesures appropriées » contre la junte qui s’est emparé du pouvoir en Guinée en décembre dernier, a souligné la chef de la diplomatie américaine.

« Les dirigeants guinéens doivent de profondes excuses aux gens qui s’étaient rassemblés en vue de manifester pacifiquement contre le coup de force des militaires. Ils doivent non seulement des excuses verbales, mais aussi l’admission qu’ils ne peuvent pas demeurer au pouvoir, qu’ils doivent restituer au peuple le droit de choisir librement ses dirigeants », a déclaré la secrétaire d’Etat américaine.

Selon des organisations locales des droits de l’Homme, les soldats guinéens – y compris les éléments de la garde présidentielle du capitaine Camara – ont abattu au moins 157 personnes. Le gouvernement situe le bilan à moins d’un tiers de ce total.

Les manifestants ont fait état d’actes de violences contre eux, y compris des viols, violences et autres formes d’humiliation. Certains ont fourni des photos prises à l’aide leur téléphone cellulaire montrant ce qui semblait être des actes de violence des militaires contre les femmes.
Pour la secrétaire d’Etat américaine – qui, la semaine dernière, a mené les efforts au Conseil de sécurité pour condamner la violence contre les femmes et les filles en zone de conflit – les informations relatives aux violences sexuelles en Guinée sont particulièrement troublantes.

« Cela ne vous surprendra pas d’entendre que je suis particulièrement scandalisé par la violence contre les femmes, en plein jour, dans un stade. C’était la criminalité au plus haut degré. Et les auteurs de tels actes ne doivent aucunement avoir l’illusion qu’ils échapperont à la justice », a déclaré Mme Hillary Clinton, ajoutant qu’il ne saurait y avoir d’impunité et que des efforts doivent être déployés pour faire juger, dans les meilleurs délais, les cerveaux et les auteurs de ces meurtres et viols.

Le département d’Etat américain a appelé à un retour, dès que possible, à un régime civil en Guinée, insistant, par ailleurs, que les membres de la junte guinéenne s’en tiennent à leur promesse de ne pas se porter candidats aux prochaines élections.

De leur côté les Forces vives, qui regroupent les partis d’opposition, les syndicats et associations de la société civile posent de nombreux préalables à leur venue à Ouagadougou.

Massacre en Guinée : l'ONU a dépêché un enquêteur

PARIS — La Haut-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU a annoncé mercredi à Paris avoir envoyé un "conseiller spécial" en Guinée pour enquêter sur le massacre par des militaires le 28 septembre de plus de 150 manifestants réunis à Conakry à l'appel de l'opposition.

"Nous avons envoyé un conseiller spécial pour les droits de l'Homme, qui est là-bas, sur le terrain, en train d'enquêter pour nous", a déclaré Navanethem Pillay à la presse.

La responsable onusienne, qui avait déjà qualifié de "bain de sang" la violente répression orchestrée par les forces de l'ordre guinéennes, a affirmé que son bureau avait "reçu des informations sur de nombreux meurtres", notamment de jeunes hommes et sur le viol de femmes.

Mme Pillay a précisé que "la question des récentes atrocités en Guinée" avait notamment été abordée lors de ses entretiens à Paris, successivement avec le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner et avec le secrétaire général de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf.

"J'ai été exhortée, à la fois par le ministre des Affaires étrangères et par l'OIF, à user des pouvoirs de mon organisation pour lancer une enquête (...) et établir si des crimes graves ont été commis", a-t-elle dit.

Selon l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme, 157 personnes ont été tuées et 1.200 blessées dans un stade de Conakry le 28 septembre lors de la répression d'une manifestation contre l'éventuelle candidature du chef de la junte à la présidentielle de janvier. L'ONU parle de "plus de 150 morts". La junte au pouvoir maintient un bilan officiel de "56 civils tués".

La France, qui a fortement condamné les violences et suspendu sa coopération militaire avec la Guinée, a encore haussé le ton mercredi en déclarant qu'elle suspectait le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, d'avoir "participé à la décision" qui a conduit au massacre.

Guinée : Bernard Kouchner accuse le chef de la junte

Bernard Kouchner accuse le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, d'avoir décidé de la répression qui a conduit au massacre, le 28 septembre dans le stade de Conakry. "Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on soupçonne fortement le président intérimaire d'avoir (...) participé à la décision" de la répression sanglante, a dit le ministre lors d'une audition devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale

Ce jour-là, les opposants manifestaient pour s'opposer à la candidature éventuelle du chef de la junte à l'élection présidentielle prévue à la fin 2009 ou au début 2010 en Guinée. Jusqu'à présent, le capitaine Moussa Dadis Camara a multiplié les déclarations contradictoires quant à sa candidature ou non à l'élection.

Pour Bernard Kouchner, il reste "très difficile" de dire si le chef de la junte est responsable de l'intervention de l'armée, qui a fait plus de cent cinquante morts lors de la manifestation. "Evidemment il s'en défend (...). Pourtant, ce sont des bérets rouges, des forces qui entourent l'auteur du coup d'Etat" qui ont perpétré le massacre, a relevé Bernard Kouchner. Il a remarqué que le capitaine Dadis Camara "habite toujours dans un camp militaire" dans la banlieue de la capitale "et pas au palais" de la présidence. Il "est toujours entouré de ces forces militaires-là, composées en particulier de 'forestiers', qui ont été renforcées, dit-on, par des troupes venues du Liberia, d'anciens mercenaires", a indiqué le ministre.

De leur côté, les proches du chef de la junte dénoncent un "lynchage politique et médiatique" de la part du chef de la diplomatie française. "Ce n'est pas digne de la grande France que nous connaissons", a déclaré Idrissa Chérif sur la chaîne d'information France 24. "Nous demandons à la plus haute autorité française de demander à Bernard Kouchner de faire de la retenue. C'est très, très important", a-t-il ajouté.

Guinée – États-Unis : « Possibilité de bloquer les visas pour les membres du CNDD et leurs familles »

Le sous-secrétaire d'état adjoint américain aux Affaires africaines, W. Fitzgerald, vient d'annoncer à Conakry que les États-Unis vont « bientôt » envisager des « sanctions ciblées contre les membres du CNDD - junte au pouvoir - ainsi que leurs familles.»


« Nous allons essayer de cibler les sanctions, nous n'avons aucun problème avec le peuple guinéen...Les sanctions que nous envisageons seront ciblées contre les membres du CNDD, les officiers militaires, les acteurs dans le gouvernement - ministres ndlr - », explique-t-il.

Pour le diplomate américain en mission à Conakry depuis le 4 octobre, cette sanction va consister d'abord à " bloquer les visas" à ces personnalités citées haut ainsi que leurs familles.

" On va voir s'il faut coordonner cette sanction avec nos partenaires comme la France, l'Union Européenne, le Canada, le Groupe de Contact international," ajoute Fitzgerald.

Le Sous-secrétaire d'Etat adjoint pour le Bureau des Affaires africaines du Département d'Etat quitte ce soir conakry après avoir effectué une mission dont l'objectif était de " discuter de la situation politique actuelle" en Guinée.

Lors de sa rencontre avec le chef de la junte, Capitaine Dadis, Fitzgerald affirme qu'il a fait part de la " préoccupation et l'inquiétude " du gouvernement américain quant aux problèmes des droits de l'homme, la répression vigoureuse des évènements du 28 septembre, l'impunité dont jouissent les forces armées.

Aux journalistes, il a dit que le capitaine Dadis lui a signifié qu'il y a " un problème de contrôle des militaires".

" Mais pour nous, souligne le diplomate américain, la faute est de lui, en tant que chef de la junte...Oui, les militaires -incontrôlés - ont fait des exactions, mais en tant que chef, il en est responsable".

" J'ai dit aussi que les États-Unis exigent à ce qu'il ( capitaine Dadis ) ne soit pas candidat en 2010 car les Guinéens ont trop duré pour bénéficier d'un système démocratique", analyse le conférencier du jour.

M. Fitzgerald dit avoir posé au capitaine Dadis la question de sa voir si oui ou non il sera candidat en 2010.

« Je ne vais pas répondre à cette question », aurait répondu le président du CNDD.

En donnant ses impressions sur l'homme qu'il a rencontré le lundi dernier, le diplomate américain témoigne que " Dadis n'est pas très clair dans ses réponses, difficile de d'avoir de lui une réponse et c'est important de connaître son back ground, il est militaire".

07.10.2009

CNDD

La violence gouvernementale en Guinée est criminelle, selon Hillary Clinton

AP | 07.10.2009 | 00:03

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a qualifié mardi la violence du gouvernement de Guinée de "criminalité au plus haut degré".

Hillary Clinton a déclaré à Washington que le gouvernement du capitaine Moussa "Dadis" Camara devrait s'excuser auprès de son peuple et renoncer au pouvoir. Elle a également annoncé que les Etats-Unis prendront des "actions appropriées" contre le gouvernement guinéen.

"On ne devrait donner à ceux qui ont commis ces actes aucune raison d'espérer qu'ils échapperont à la justice", a-t-elle ajouté.

La junte au pouvoir depuis neuf mois en Guinée a été très critiquée par la communauté internationale après sa répression sanglante d'une manifestation de l'opposition il y a une semaine dans un stade de Conakry. Selon les organisations de défense des droits de l'homme, au moins 157 personnes ont été tuées lorsque l'armée a ouvert le feu sur la foule, estimée à 50.000 personnes. La junte avance, elle, un bilan de 57 morts. AP

« Dadis show » à Conakry

Guinée . Le chef putschiste impose ses caprices à tout un peuple. La récente répression a fait plus de 150 morts.

La junte militaire s’étant emparé du pouvoir en Guinée le 23 décembre 2008 souffre-t-elle de dédoublement de la personnalité ? Elle dit tout et met en pratique le contraire avec une constance qui n’est pas sans évoquer le fantôme de l’ex-« empereur » centrafricain Bokassa, celui qui donnait du « cher parent » à Valéry Giscard d’Estaing, grand amateur de safaris et de cadeaux aux couleurs de diamant. Dans la revue Afrique-Asie, Mamadou Sandé, ministre de l’Économie du gouvernement putschiste, assure sans rire que Moussa Dadis Camara, leader du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), « est fidèle à ce qu’il dit. Il a dit et répété qu’il ne se présentera pas à la présidentielle » (prévue pour janvier 2010)… La cause serait donc entendue ! À ceci près que, désormais, le chef de la junte fait dire par d’autres et insinue lui-même que, cédant à l’affectueuse sollicitation du peuple (des groupes se sont périodiquement manifestés durant cet été avec pour cri de ralliement : « Moussa Dadis doit rester »), il lui faudra bien renier son engagement d’hier. Cette volte-face fut à l’origine du cortège organisé au début de la semaine dernière par l’opposition. Plus de 150 morts et 1 200 blessés dans la répression de cette manifestation pacifique. Répression suivie de rafles aveugles, dont les victimes sont empilées dans des prisons où tortures et viols seraient monnaie courante.

Moussa Dadis Camara manifeste une personnalité indissociablement autoritaire et fantasque. Au point de n’avoir participé qu’une seule fois au Conseil des ministres qu’il a mis en place, rapportait Jeune Afrique. Pourquoi se gêner ? le dit Conseil, n’étant qu’une caisse de résonance des ordres souvent contradictoires diffusés depuis le camp Alpha-Yaya-Diallo, où trône le putschiste en chef. Les questions s’y règlent devant les caméras de la Radiotélévision guinéenne présentes vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le feuilleton quotidien qui en résulte est baptisé « Dadis show » par les citoyens de base et alimente d’interminables discussions et plaisanteries de la rue. Notamment pour les célèbres crises de fureur du dictateur de fraîche date, en particulier à l’encontre de son premier ministre Kabiné Komara promu au rôle de souffre-douleur. S’adressant téléphoniquement au cabinet du premier ministre en titre, Dadis s’emportait : « Il est culotté de recevoir un directeur de zone aurifère sans nous en tenir informés ! Ce n’est pas lui qui a pris le pouvoir ! Il est gonflé, hein ! Il n’a pas affaire à un con ! »

Ce comportement proche de l’hystérie suscite l’effarement des chefs d’État africains. Pas de tous toutefois, si l’on en juge par les voyages réguliers du président sénégalais Abdoulaye Wade, se faisant dérouler le tapis rouge par un Dadis affamé de reconnaissance internationale. La France, elle, vient certes de suspendre sa coopération militaire avec Conakry (difficile de faire moins après le récent massacre) mais il se murmure que deux proches de Sarkozy - Patrick Balkany et Robert Bourgi - travaillent à convaincre l’Élysée qu’une victoire présidentielle de Dadis pourrait être favorable aux intérêts de la « Françafrique ». Après la promotion d’Ali Ben Bongo au Gabon, celle de Moussa Dadis Camara en Guinée ? Comme aime le répéter Sarkozy, la « rupture » est en marche.

Jean Chatain

La Guinée à sang, dégoût à Aubervilliers

Mardi 06/10/2009 | Posté par Aladine Zaiane

Dix jours sont passés depuis la dure répression d’une manifestation de rue contre le capitaine putschiste Moussa Dadis Camara. Rencontre avec Kadiatou.

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« Je ne tolérerai plus le moindre dérapage. Quiconque tentera d’entraver cette transition sera traité comme un ennemi, au sens militaire du terme. » C’est en ces termes, confiés à Jeune Afrique en janvier 2009, quelques semaines après son coup d’Etat du 22 décembre 2008 à la mort de Lansana Conté, que le nouveau « Mangué » (« chef » en langue soussou) et capitaine Moussa Dadis Camara parlait de ses opposants. Pas étonnant, donc, qu’une manifestation « anti Dadis » organisée le 28 septembre à Conakry ait été réprimée dans le sang (entre 150 et 180 morts, beaucoup des corps, « introuvables », n’ont toujours pas été remis aux familles).

Pas étonnant non plus, le mécontentement de la population dans ce pays où Lansana Conté avait érigé le clientélisme et le népotisme au sommet de la crapulerie. A l’origine donc, la prise de pouvoir par Camara et l’armée devait permettre une transition vers des élections « libres et démocratiques », et le capitaine Camara la justifiait, arguant que les personnes au pouvoir étaient incapables « d’enrayer la descente aux enfers de notre pays ». En effet, indépendante depuis 1958, la Guinée-Conakry n’a jamais été un pays démocratique et stable, de Sékou Touré à aujourd’hui.

Kadiatou, Guinéenne d’origine, vit à Aubervilliers. Elle se rappelle de son dernier séjour en Guinée, en 2008, quelques mois avant le décès de Lansana Conté. Le pays vivait alors dans une sorte d’anarchie : « Le pouvoir était présent seulement à travers les militaires dans la rue qui imposaient comme ils le font aujourd’hui leurs propres lois. La police est, là-bas, inexistante. »

En 2008, le Mangué Conté était très gravement malade et cela depuis un bon moment déjà, il ne contrôlait semble-t-il plus rien dans le pays mais s’accrochait encore à son trône. « En réalité c’était son clan, sa famille, qui géraient les affaires », dit Kadiatou. L’insécurité est est une plaie quotidienne : « Il y a des braquages au domicile des gens à visage découvert et en plein jour, témoigne Kadiatou. Même quand tu prends le taxi, c’est chaud, car ils sont de mèche avec les bandits. Mon oncle s’est fait enlever deux fois pour te dire ! »

C’est avec amertume qu’elle nous parle de son pays, dont elle souhaite qu’il sorte de ce cercle vicieux. Pour faire entendre son mécontentement, elle a participé à un rassemblement devant l’ambassade de Guinée, à Paris, samedi 3 octobre. « Les gens prenaient la parole pour dire des choses qu’on savait déjà, je n’ai pas trouvé cette manifestation vraiment enrichissante. » Pour Kadiatou, il faut faire plus que montrer son mécontentement : « Le jour où on pourra s’en sortir, ce sera lorsqu’il n’y aura plus de dictature et plus de corruption. Il y a tellement de ressources en Guinée et c’est un pays tellement beau ! Non, vraiment, on se fait de la tune sur le dos des Guinéens… »

Aladine Zaiane

Communiqué des Guinéens de Toulouse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Guinéens de Toulouse   
06-10-2009

En Guinée-Conakry, le 28 septembre 2009 les forces vives (Intersyndicale, associations, société civile et partis politiques) ont organisé une manifestation

pour protester contre la dictature militaire et la candidature du chef de la junte au pouvoir le capitaine Moussa Dadis Camara aux élections présidentielles prévues le 31 janvier 2010.

 

Cette manifestation a été violemment réprimée faisant prés de 200 morts, des milliers de personnes blessées, des cas de viols et plusieurs arrestations dont les leaders politiques.

Les Guinéens de Toulouse Condamnent avec fermeté ces incivilités et ces exactions devenues une monnaie courante en République de Guinée et soutiennent le peuple de Guinée et les forces vives de la nation.

Nous lançons un appel solennel  aux autorités Françaises et à la communauté internationale afin de prendre des sanctions ciblées et d’augmenter  la pression sur la junte militaire en Guinée en vue de mettre fin aux exactions en cours.

 Nous appelons également les forces vives de la nation Guinéenne d’organiser des mouvements de désobéissance civile dans tout le pays jusqu’au départ définitif de la junte du pouvoir

Nous exigeons de la junte :

<!--[if !supportLists]-->-       <!--[endif]-->La libération sans délai des  personnes arrêtées lors de la manifestation

<!--[if !supportLists]-->-       <!--[endif]-->La cessation des exactions contre les populations civiles

<!--[if !supportLists]-->-       <!--[endif]-->La mise sur pied d’une commission internationale pour identifier et traduire en justice (TPI) les auteurs et commanditeurs de ces actes odieux et barbares 

<!--[if !supportLists]-->-       <!--[endif]-->Le départ immédiat et sans conditions de la junte au pouvoir   

L’envoi en Guinée d’une force international de protection de la population (ONU, l’UA, CEDEAO),

 

Nous attirons  l’attention de l’opinion publique sur la nécessité d’user rapidement de tous les moyens possibles pour faire partir la junte et mettre fin aux violations des droits de l’Homme en Guinée.

 

Nous adressons nos condoléances au peuple de Guinée, aux familles des victimes et exhortons tous les citoyens du monde d’apporter leurs soutiens au peuple martyrisé de Guinée. 

 Sassou Nguesso condamne les évènements en Guinée et conseille la prudence aux initiatives de règlement de la crise

APA-Brazzaville (Congo) Le président congolais Denis Sassou Nguesso a condamné la violente répression militaire qui a fait quelque 150 morts dans la population civile en Guinée-Conakry et recommandé la prudence aux initiatives en cours en vue du règlement de la crise dans ce pays.

« L’attitude des autorités guinéennes est condamnable », a indiqué Sassou Nguesso, dans une déclaration à la presse, le 2 octobre dernier à Brazzaville, à son retour de la 64ème session Assemblée générale des Nations unies tenue à New York.

« Les autorités guinéennes et le peuple guinéen n’ont pas besoin de passer sur les cadavres pour atteindre la démocratie », a dit le président congolais qui s’est refusé à donner des conseils à la junte militaire au pouvoir en Guinée.

« A mon avis, il n’est pas question de donner des conseils (…). En pareil circonstance, je crois qu’il faut être prudent pour éviter des dégâts inutiles », a-t-il expliqué.

Les militaires ont tiré à balles réelle sur une foule rassemblée au stade du 28 septembre à Conakry pour une manifestation hostile à une éventuelle candidature du capitaine Moussa Dadis Camara, le chef de la junte militaire au pouvoir en Guinée.

« On parle de cent à cent cinquante morts. Cela n’est pas une bonne attitude de la part des autorités guinéennes », a souligné le chef de l’Etat congolais, rappelant qu’il avait évité pareil sort à son pays pendant la conférence nationale souveraine tenue de février à juin 1991.

« Pendant la conférence nationale souveraine, j’ai refusé cela en assumant toute ma responsabilité devant les faits qui m’étaient reprochés. Je n’avais pas voulu que le sang coule au Congo pour que le Congo arrive à la démocratie », a-t-il dit.

« Vous savez vous-même combien d’écueils le Congo a eu pendant sa transition (…). Voilà pourquoi en pleine conférence nationale en 1991, j’avais dit que le Congo n’avait pas besoin du sang pour arriver à la démocratie », a conclu Sassou Nguesso.

Trois guerres civiles ont toutefois ravagé successivement le Congo, en 1993-94, 1997 et 1998-99.

La Guinée compte ses morts

Les corps des victimes des violences ont été... (Photo AP)

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Les corps des victimes des violences ont été conduits à la mosquée de Conakry pour y être identifiés. Les autorités parlent d'une cinquantaine de morts, les ONG d'une centaine de plus.

Photo AP

Une semaine après des affrontements entre l'armée guinéenne et des opposants à Conakry, de nouveaux témoignages accablants émergent pour décrire les atrocités commises par des soldats. Pendant ce temps, le président du Burkina Faso se propose comme médiateur pour résoudre la crise politique dans ce pays où la présence d'investisseurs étrangers contribue au maintien d'un pouvoir corrompu.

Dans son bureau de Lausanne, en Suisse, Adjidjatou Barry Baud est inquiète. Les nouvelles que reçoit l'éditrice de GuinéeActu en provenance de Conakry sont mauvaises. «J'ai très peur. J'ai peur que la Guinée ne sombre dans la guerre civile.»

Une semaine après des affrontements violents entre les soldats de l'armée et des partisans de l'opposition qui étaient réunis dans un stade de la capitale, le calme semble être revenu à Conakry. Mais des témoignages additionnels émergent sur les méthodes répressives employées par l'armée - voir le texte ci-dessous - et les leaders politiques de l'opposition n'oseraient plus dormir chez eux.

Selon les autorités, 56 personnes y ont perdu la vie, mais l'ONU et des ONG soutiennent qu'il y aurait au moins 100 victimes de plus, sans parler du millier de blessés.

 

C'était le premier affrontement du genre depuis l'arrivée au pouvoir de la junte militaire en décembre dernier. L'opposition veut empêcher l'actuel président Moussa Dadis Camara de se présenter aux élections de 2010. Elle lui demande de quitter le pouvoir immédiatement en faveur d'un gouvernement civil.

De bonnes affaires

Mais pour Bonnie Campbell, professeure à l'UQAM et directrice du Groupe de recherche sur les activités minières en Afrique, les événements de la dernière semaine ne sont que la pointe de l'iceberg qui afflige cette contrée d'Afrique de l'Ouest. «C'est un pays de paradoxes, dit-elle. Il est extrêmement riche sur le plan minier, mais son gouvernement manque de transparence.»

Les ressources minières de la Guinée en bauxite, alumine, or et diamants sont faramineuses. La Guinée est le plus important producteur de bauxite, principal minerai d'aluminium, au monde avec des exportations de plus de 450 millions de dollars. Le Canada, comme bien d'autres pays occidentaux, y brasse de bonnes affaires.

«La présence étrangère fait que tout le monde participe à ce système de gouvernance peu transparent, rappelle Mme Campbell. C'est une logique de reproduction du pouvoir dans laquelle les affaires trouvent leur place.»

Dans un système où les redevances minières enrichissent l'État - et surtout ceux qui y sont à la tête - le pouvoir exerce un grand attrait pour les candidats. «Ceux qui accèdent au pouvoir accèdent aux fonds», résume Mme Campbell.

Que penser des leaders qui espèrent briguer les élections présidentielles de 2010? Adjidjatou Barry Baud est critique. Certains sont «bons», mais disposent de peu de moyens. D'autres, plus fortunés, sont d'anciens politiciens. «Il y en a un qui été là pendant 11 ans, mais n'a rien fait pour le pays», déplore Adjidjatou Barry Baud.

L'éditrice entretient également peu d'espoir envers la démarche de médiation du président burkinabè, Blaise Compaoré. «Compaoré a tué son ancien président», rappelle Mme Barry Baud, en référence au coup d'État de 1987 au cours duquel Thomas Sankara a été tué. «Il a fait deux mandats à la tête du Burkina Faso et est en train de modifier la Constitution pour pouvoir en obtenir un troisième.»

Hier, Compaoré a proposé à la junte au pouvoir et à l'opposition de se rencontrer «très rapidement» à Ouagadougou.

- Avec l'AFP

Guinée Conakry : Mission "compliquée" pour Blaise Compaoré

 

Mission difficile, pour ne pas dire impossible. S’il est convenu dans les milieux diplomatiques qu’il faut toujours être optimiste lorsqu’on parle de règlement de conflit, le médiateur burkinabé de la crise guinéenne, le président Blaise Compaoré, a du pain sur la planche. A bien des soucis à se faire. Et pour cause.

Aux chevets de la Guinée Conakry depuis hier lundi, l’homme fort du " pays des hommes intègres " doit faire face à une équation compliquée. Dans son cahier de charge, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, entend de lui qu’il fasse " baisser la tension " qui règne dans ce pays depuis une semaine. Disons plus précisément, depuis que la junte au pouvoir a maté dans le sang, un meeting de l’opposition au Stade de Conakry. Avec au décompte. " 56 morts ", côté officiel. " 157 morts et 1200 blessés ", vu par l’opposition et la Ligue guinéenne des droits de l’homme. Pendant que l’ONU évoque le chiffre de " plus de 150 morts ". A cet effet, le président du Faso est appelé à faire le tour de ce que l’on appelle également en Guinée. Les " forces vives de la Nation". Pris sous l’angle de tous les acteurs de la crise. La junte au pouvoir. L’opposition. Ainsi que la société civile. Des acteurs de la vie sociopolitique guinéenne en divorce quasi-consommé. En cela que le pouvoir tente de rejeter la responsabilité des massacres du 28 septembre sur l’opposition. Dans une interview diffusée dimanche sur Radio France internationale, RFI, le président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara, n’a reconnu " aucune responsabilité " dans ce massacre. Il n’a pas hésité à parler de " complot " ourdi, fomenté par les chefs de l’opposition. Aux fins de " ternir " son image.

Faux ! Rétorquent l’opposition, de même que les organisations de défense des droits de l’homme. Pour eux, il n’y a pas de mystère autour de ce dossier macabre. Les putschistes du 23 décembre 2008 portent l’entière responsabilité des événements du 28 septembre. Une position également soutenue par la Communauté internationale qui ne porte pas de gants pour accuser le capitaine Moussa Dadis Camara et ses camarades du camp Alpha-Yaya Diallo d’avoir systématiquement violé les droits de l’homme. L’ancienne puissance coloniale, la France, est d’ailleurs la première a tiré la sonnette d’alarme. Par le biais du Quai D’Orsay. Le ministère des Affaires étrangères. Au lendemain du scandale de Conakry. Avec à la clé, la suspension de la coopération militaire avec la Guinée et une redéfinition de la coopération bilatérale globale. Pour le patron de la diplomatie française, Bernard Kouchner, reconnu pour son engagement en faveur des droits de l’homme, " …on ne peut plus travailler avec Dadis Camara ". D’où la complexité de la mission du médiateur Blaise Compaoré. Comment ramener autour de la même table, un pouvoir qui semble ne plus être prêt à respecter sa parole consistant à se retirer au terme de la transition. Qui doit prendre fin à l’issue de la présidentielle du 31 janvier 2009. Et une opposition et un peuple, qui accuse la junte militaire de " haute trahison ". Une junte qui de surcroît, s’offre le luxe de tirer à balles réelles sur des populations civiles sans défense. Humilier et Violer des mères et futures mères de famille. Passer à tabac des dirigeants politiques. En un mot, mettre en veilleuse les droits élémentaires du peuple.

Face à une situation politique où l’ " irréparable " est fait, peut-on espérer autre porte de sortie pour la junte militaire que l’abandon de l’ambition présidentielle à l’échéance 2010. Donc, le départ du pouvoir. Avec en contrepartie et au nom de la paix, peut-être la grâce de ne pas avoir à répondre devant les juridictions compétentes pour " haute trahison " ? Le dix huit septembre dernier, c’est-à-dire dix jours avant que la situation politique guinéenne ne tourne au cauchemar. L’Union africaine avait donné un ultimatum d’un mois aux membres de la junte. Pour s’engager par écrit, à ne pas se porter candidats à la présidentielle du 31 janvier 2009. Sous peine de sanctions. Aujourd’hui, les données sont tellement si compliquées qu’au meilleur des cas, on ne peut qu’espérer que les Guinéens consentent à une sortie en douceur à la junte. A mon humble, agir autrement. C’est jeter les bases d’un embrasement certain de la Guinée Conakry. Un pays habitué aux promesses jamais tenues des dirigeants successifs depuis 1958. Autant répéter après le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Qu’en Guinée, " le danger de guerre intercommunautaire est immense. " En fin négociateur, le président Blaise Compaoré sait qu’il marche sur des œufs. A lui d’éviter qu’ils se cassent.

6-10-2009, Héribert-Label ADJOVI

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05.10.2009

L’Internationale socialiste tous Guinéen (ne) réclame justice

HUMAN RIGHTS WATCH : Pour un traitement juste des détenus de Guinée

Après la répression sanglante de la manifestation de l’opposition, le 28 septembre passé, Human Rights Watch réclame la mise en place d’une commission internationale d’enquête et demande aux autorités guinéennes de libérer ou d’­inculper les dizaines de personnes détenues en toute illégalité.

Par Joséphine HEINITZ
 
Dans un communiqué de presse publié hier, Human rights wat­ch (Hrw) a encore pris position sur la répression sanglante de la ma­nifestation de l’opposition le 28 septembre dernier à Conakry, qui a coûté la vie à plus de 150 personnes.
L’organisation appuie l’appel de la Cedeao pour la mise en place d’une commission internationale d’enquête afin de «faire la lumière sur les actes déplorables commis (…) par le gouvernement gui­néen» afin «d’identifier et faire traduire en justice les auteurs des exactions». Le communiqué indi­que que cette commission qui se­rait placée sous l’égide de l’Or­ga­nisation des Nations unies (Onu), a été acceptée «en principe par les autorités guinéennes le 30 septembre».
Dans la déclaration de Hrw, Corinne Dufka, chercheuse senior pour l’Afrique de l’Ouest souhaite que «l’Union africaine, l’Onu et les acteurs clés tels que l’Union européenne et les Etats-Unis devraient d’ores et déjà annoncer leur appui inconditionnel à la formation d’­une telle commission». Ce qui se­rait une condition d’une impartialité et de l’efficacité de l’enquête.
De plus, Hrw réclame soit la libération immédiate de toutes les personnes détenues sans inculpation après la manifestation de l’opposition, soit leur inculpation pour infraction criminelle, accompagnée de procès équitables. En effet, selon des sources dignes de foi, «aucune des personnes détenues depuis les violences du 28 septembre n’est passée ni n’a été traduite devant un juge. Ce qui constitue une violation à la fois du droit international et du droit guinéen», relève le communiqué.
Le document ajoute que des témoins, des travailleurs humanitaires, des chefs des partis d’opposition et des diplomates interrogés par Hrw «ont affirmé que les forces de sécurité détiennent en­core des dizaines de manifestants dont des membres des partis d’opposition, dans les camps militaires». En outre, l’organisation de défense des droits de l’­hom­me a été informée que les soldats se fe­raient payer pour la libération des détenus. A titre d’exemple, le com­muniqué cite le cas d’un hom­me qui a déclaré «avoir eu à ‘négocier’ avec un soldat du corps d’élite des Bérets rouges pour obtenir la libération d’un ami intime détenu au camp militaire Koundara». 

Guinée: le président burkinabè est arrivé à Conakry pour sa médiation

CONAKRY — Le président burkinabè Blaise Compaoré est arrivé lundi à Conakry pour une médiation entre la junte au pouvoir et les dirigeants de l'opposition, une semaine après la répression sanglante d'une manifestation d'opposants, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, l'a accueilli au pied de l'avion, à l'aéroport de la capitale.

Un long tapis rouge avait été déployé ainsi qu'une fanfare militaire. Les diplomates accrédités à Conakry avaient été conviés, tout comme les membres du gouvernement.

Sur une banderole de l'association des Burkinabè de Guinée, on pouvait lire: "pour la paix et la stabilité en Guinée et la sous-région, bonne chance au médiateur Blaise Compaoré".

Guinée: "J'ai vu les soldats mettre le fusil dans le sexe des femmes"

CONAKRY — Le visage encore tuméfié une semaine après le massacre de manifestants à Conakry, une Guinéenne soulève son boubou et dévoile ses bras et fesses meurtris: "J'ai 57 ans et ils m'ont mise à nue! J'ai vu les soldats mettre les fusils dans le sexe des femmes quand ils me frappaient."

Le président de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme (OGDH), Thierno Maadjou Sow, dispose déjà des témoignages "d'une trentaine de femmes violées" par les militaires qui ont réprimé dans le sang, le 28 septembre, une manifestation de l'opposition.

"Nous sommes en train de constituer une association de femmes violées, afin que les victimes puissent porter plainte", annonce ce Guinéen de 77 ans, ancien vice-président de la Fédération international des droits de l'Homme.

La foule s'était massée dans le plus grand stade de Conakry pour un rassemblement "pacifique" contre la probable candidature à la présidentielle du chef de la junte au pouvoir depuis neuf mois, le capitaine Moussa Dadis Camara.

"J'étais au stade. Un soldat avait un couteau, il a déchiré tous mes vêtements", dit la femme de 57 ans, militante du Front uni pour la démocratie et le changement (Fudec), qu'un proche a convaincue de venir témoigner devant des journalistes étrangers.

"Je leur ai dit +je suis votre maman+. Ils m'ont piquée la fesse avec un couteau, ils m'ont battue", poursuit-elle.

A son côté, une femme de 47 ans montre les larges contusions et plaies qui parsèment son dos. "Un militaire m'a frappée, m'a déshabillée, il m'a tapée sur la tête avec le fusil. Ils m'ont fait tomber par terre. Quelqu'un est venu mettre la main... Ils m'ont violée. Je suis sortie de là nue", confie cette mère de deux enfants.

Au total, l'OGDH a avancé le bilan de 157 personnes tuées et 1.200 blessées, dont ces femmes victimes de viols collectifs, en plein jour, aux yeux de tous: "un crime contre l'humanité" caractérisé, fait valoir M. Sow.

Mais du côté du pouvoir militaire, le ministre de la Santé, le médecin-colonel Cherif Abdoulaye Diaby a dit devant la presse: "je ne crois pas qu'il y ait eu des viols", en rappelant le bilan officiel de 56 civils tués.

"Il n'y a eu aucune plainte au niveau de l'hôpital. Mais je voudrais inviter toutes les dames qui ont été victimes de viol à s'adresser à l'équipe d'urgence de l'hôpital Donka", a ajouté ce ministre.

Les forces de l'opposition ont déjà collecté les témoignages de leurs militants pour monter des dossiers d'accusation contre les "bérets rouges" (garde présidentielle), intervenus sous le commandement d'officiers proches du chef de la junte.

L'ancien ministre des Affaires étrangères François Lonsény Fall, lui-même roué de coups par les militaires, assure qu'"ils se sont acharnés particulièrement sur les femmes". "Ils n'étaient pas en possession de leurs moyens: certains disent qu'ils étaient drogués", ajoute-t-il.

Début 2007, des viols avaient déjà été commis par des soldats, au moment de la brutale répression de manifestations contre le régime du président Lansana Conté, décédé en décembre 2008. "Mais c'était dans des maisons" souligne M. Sow.

"Qu'il y ait viols, en public, par un nombre aussi important de militaires, c'est la première fois" en Guinée, assure le président de l'OGDH, neuf mois après la prise du pouvoir par de jeunes officiers de la garde présidentielle.

"Une femme qui avait été violée et mutilée vient de mourir, annonce-t-il. Il y a aussi des filles qui sont devenues folles, au moins trois. La haine qui a conduit à une telle cruauté, je ne sais pas comment l'expliquer".

La France prend position contre le dirigeant de la junte guinéenne

Créé le 04.10.09 à 19h51 | Mis à jour le 04.10.09 à 20h21  | 7 commentaires
Une peinture du chef de la junte militaire guinéenne, Moussa Dadis Camara, près de Conakry, en mai 2009.
Une peinture du chef de la junte militaire guinéenne, Moussa Dadis Camara, près de Conakry, en mai 2009./REUTERS/Daniel Magnowski

INTERNATIONAL - Bernard Kouchner estime qu'«on ne peut plus travailler» avec Dadis Camara...

Cette fois, c’est fini. La France estime qu'«on ne peut plus travailler» avec le dirigeant de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, après la répression sanglante d'une manifestation lundi dernier à Conakry, a affirmé dimanche le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

«Peut-on faire une mission internationale?»

Interrogé par Le Figaro-LCI-RTL, le ministre a précisé que la France travaillait à une forme d'«ntervention internationale» pour résoudre la crise en Guinée.

«Peut-on faire une mission internationale? Nous avons alerté la CEDEAO (communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), il faut que le Nigeria soit d'accord, nous y travaillons», a déclaré Bernard Kouchner.

«Le danger de guerre inter-communautaire est immense. Il s'est passé cette chose effrayante et sauvage, nous ne pouvons pas l'accepter», a-t-il également dit. «Il me semble qu'aujourd'hui, on ne peut plus travailler avec Dadis Camara, et qu'il faut qu'il y ait une intervention internationale», a-t-il ajouté.
Avec agence

Massacre en Guinée: Dadis Camara ne se reconnaît "aucune responsabilité"

CONAKRY - Le chef de la junte au pouvoir depuis neuf mois en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, ne se reconnaît "aucune responsabilité" dans le massacre de manifestants perpétré le 28 septembre par des militaires à Conakry.

A la question "vous ne vous sentez aucune responsabilité vis-à-vis des morts du 28 septembre?", le président autoproclamé de la Guinée a répondu, lors d'un entretien diffusé dimanche sur Radio France Internationale (RFI): "aucune responsabilité".

"On me dit qu'il y a eu carnage et que les militaires ont tiré. On ne peut pas contester ce qui est déjà là. Mais à qui on va incomber cette responsabilité? Ce n'est pas au président Dadis. (...) Le président Dadis était dans son bureau" a déclaré le capitaine, parlant de lui-même à la troisième personne.

"C'est archi-faux" de dire que le président a donné l'ordre de tirer, a-t-il également assuré, alors que des témoins avaient affirmé que son aide de camp et son neveu faisait partie des dirigeants des opérations au stade.

Le chef de la junte s'exprimait près d'une semaine après la répression sanglante, dans un stade, d'un rassemblement de l'opposition, qui protestait contre son éventuelle candidature à la présidentielle du 31 janvier.

Ses propos interviennent à la veille de la visite du "facilitateur" dans la crise guinéenne, le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré, attendu lundi à Conakry.

Selon la junte, 56 civils ont alors été tués, mais l'organisation guinéenne pour la défense des droits de l'homme a avancé le bilan de 157 morts et 1.200 blessés, et l'Onu plus de 150 morts, tandis que des familles recherchent toujours des disparus.

Le capitaine Dadis Camara a soutenu qu'"un complot" avait été fomenté par les leaders d'opposition pour ternir "l'image du président Dadis".

Refusant une nouvelle fois de dire clairement s'il serait candidat à la présidentielle prévue le 31 janvier, il a expliqué qu'il serait "inhumain" de sa part de se prononcer à ce sujet, en ce moment, après la mort des manifestants.

Mais il a déclaré: "je suis prêt, même, à démissionner de l'armée (...) si je veux être candidat (...). Si je veux me présenter, et si j'échoue, je m'en irai dans mon village ou bien je demanderai à aller au sein d'une institution internationale comme je l'avais dit".

(©AFP / 04 octobre 2009 12h54)

RÉPRESSION MEURTRIÈRE EN GUINÉE : L’Internationale socialiste réclame justice

Les auteurs de la récente répression meurtrière en Guinée-Conakry devraient être poursuivis devant le Tribunal pénal international, selon le président du Comité Afrique de l’Internationale socialiste.

Le Comité Afrique de l’International socialiste (Is) considère que la répression sanglante des manifestations en Guinée ne doit pas rester impunie. Selon un communiqué signé par son président, Ousmane Tanor Dieng, « face à l’extrême gravité d’un acte aussi révoltant, la communauté internationale ne devra pas se contenter de simples condamnations verbales, de protestations outrées, de dénonciations indignées ».

L’Internationale socialiste, qui promet de ne ménager aucun effort dans ce sens, souligne que l’assassinat de masse commis par le pouvoir guinéen, « est recevable du Tribunal pénal international ».

M. Dieng estime que tous ceux qui, directement ou indirectement, exécutants et inspirateurs, seront identifiés comme les véritables coupables de ce carnage, devraient déférer devant le Tpi.

Pour l’Is, l’impératif d’agir dans ce sens et la responsabilité de tendre vers un tel objectif incombent naturellement à toute la communauté internationale, à commencer par l’Union africaine et les pays de la sous-région.

« Toutes affaires cessantes, le kyste que représente la junte guinéenne doit être extirpé sans délai », soutient Ousmane Tanor Dieng qui ajoute : « il faut le faire vite pour l’honneur de la démocratie, pour celui des populations africaines et pour le respect des droits de l’Homme et des libertés ».

Le Comité Afrique de l’Internationale socialiste exprime sa solidarité au peuple guinéen et présente ses condoléances aux familles éplorées par la barbarie de la junte militaire.

07.09.2009

GUINEE-POLITIQUE-GOUVERNACE

Face à face capitaine Moussa Dadis Camara-Groupe International de contact sur la Guinée-Elus du peuple: Les vérités du Président


Pour la sixième fois, depuis l'arrivée du CNDD au pouvoir le 23 décembre 2008, le Groupe International de Contact sur la Guinée (GICG), a séjourné à Conakry du 03 au 04 septembre.

Etaient présents à la rencontre du palais du peuple, placée sous les auspices du capitaine Moussa Dadis Camara, le Premier Ministre kabinet Komara, les membres du CNDD, du Gouvernement, les élus locaux (Maires et Présidents des CRD) issus du PUP et de l'opposition au feu général Lansana Conté.

En plus de la CEDEAO et l'UA, les organisations et pays suivants ont participé à la réunion : les Nations Unies, l'Union Européenne, l'Union du Fleuve Mano (UFM), l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), le Représentant de la présidence en exercice de la CEDEAO (le Ministre délégué des Affaires Etrangères du Nigeria), le Burkina Faso, membre non permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, l'Allemagne, l'Espagne, le Japon, les membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, les Etats-Unis d'Amérique, la France, le Royaume Uni et la Russie. La Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International ont également participé à cette réunion.

Devant ce parterre de personnalités, parlant des leaders politiques, le Chef de l'Etat a déclaré sans subterfuges: "Lorsque les leaders politiques ont compris que les élus du peuple sont déjà convoqués ils ont tous pris la tengente parce qu'ils ne peuvent pas venir parler devant ce peuple. Ces hommes là les connaissent mieux, comment ils ont géré, comment ils sont. Certains ont fait 25 ans à chercher le pouvoir. Certains ont géré cette nation, les deniers publics... Ce peuple qui est assis leur connait".

"Puisque ce peuple n'a plus besoin d'un problème ethnique, on est plus dans un système ethnique, dans un système de régionalisme, de tribalisme", explique t-il.

Revenant sur le cas des leaders politiques qui ont massivement quitté le pays, simulant les examens médicaux à Paris, l'homme du 23 décembre 2008, précise: "Ils ont pris la fuite pour aller voir certains Présidents en Europe, aux Etats-Unis, la communauté internationale. C'est comme ça qu'on peut commander une nation?"

"Qui va les élire? Aujourd'hui, ils disent qu'ils sont des leaders, mais ce n'est pas le Président Dadis qui va les élire. Ce n'est pas seulement Conakry. Ce sont ces élus là, les CRD, les Maires qui vont les élire. Pourquoi les fuire? Parce qu'ils ne peuvent pas parler aujourd'hui comme je suis entrain de le faire dans la sincérité, dans la clarté, dans l'honnêteté devant ce peuple. Ils ne peuvent plus le faire parce qu'ils ont perdu les causes légitimes de cette nation", fustige le n° 1 guinéen.

Toujours parlant des leaders politiques qui ont préféré bouder la rencontre avec le Groupe de contact, une attitude mal perçue à Conakry et dans l'arrière pays, le capitaine président martèle: "On ne peut pas commander une nation dans la malhônneteté. On ne peut pas commander une nation lorsqu'on a un passé de près ou de loin car, une nation c'est une génération. Une nation évolue, les hommes évoluent en fonction de leur mentalité. Ces leaders qui sont partis demander aux chefs d'Etat de leur aider, ce sont ces montants qu'on a toujours injectés au sein de la population pour troubler les choses".

"Je ne prends pas de l'argent avec les présidents, avec la communauté internationale pour venir torpiller mon peuple comme ils le font", déclare le locatire du camp Alpha Yaya Diallo.

S'adressant à la communauté internationale: "Croyant que le feu allait prendre la capitale, ils ont tous fui. Ils ont préservé leur peau. Leur chair, croyant qu'il y aurait des problèmes. Ils ont préservé leur famille. Quand il y a la paix ils reviennent. Un des leaders est venu dans l'avion qui vous a accompagné".

"Les élus du peuple sont venus, le peuple s'est affirmé, la jeunesse s'est affirmée. C'est quand ils ont compris que vous venez, il y a un des leaders que je me réserve avec tout le respect que j'ai pour lui par rapport à l'âge, au droit d'aînesse, que je n'ai pas besoin de l'exposer, c'est en ce moment qu'il est venu parce qu'il y a la paix", note t-il.

"Les femmes, les jeunes, les CRD, les Maires ce sont eux le vrai peuple. Ils m'ont dit nous te prenons comme candidat du peuple. Mais pourquoi je ne me suis pas encore déterminé, c'est à cause de vous. Parce que j'ai beaucoup de respect pour vous le groupe de contact international", lance t-il aux membres du GIC.

"Je n'ai eu aucune pression extérieure. Aucune pression au monde. Je suis dans mon pays, je suis un Guinéen. Je suis un citoyen. Le général De Gaulle n'a t-il pas dit: "c'est le civil qui fait le militaire". Et le général américain Eishonover n'a t-il pas défendu les intérêts supérieurs des Etats-Unis ? Mon frère le général-président de la Mauritanie n'était-il pas général, que le peuple a soutenu aujourd'hui et qui est devenu président. Toute la communauté internationale, tout le peuple mauritanien, toute l'Afrique se sont réjouis. Alors pourquoi les gens dramatisent la personne du pauvre capitaine Dadis? Est-ce que ce pauvre capitaine Dadis a pris le pouvoir dans l'effusion de sang ?", s'est-il interrogé.

Le capitaine président dira: "La lutte contre la drogue, ce capitaine l'a fait pour son intérêt ? Je l'ai fait pour la communauté internationale, pour les puissances occidentales car, aujourd'hui, la drogue risque de menacer tout l'occident. Toutes les grandes performances de la révolution industrielle. C'est de l'argent que j'ai demandé aux occidentaux, aux Africains, à mon peuple, à mes compatriotes pour lutter contre ce fléau là? Voilà pourquoi ce peuple est rattaché à son fils. Ce n'est pas l'argent. La lutte contre la gabégie financière, l'impunité, la restauration de l'autorité de l'Etat... Pendant cinquante ans, nos anciens se sont refugé de restructurer l'armée, de faire une refonte de l'armée, et aujourd'hui j'ai tous ces problèmes sur le dos. Ces hommes m'ont choisi parce qu'ils sont assis sur un espoir. On ne peut pas diriger une nation sans reconnaître les moeurs, les valeurs. Voilà les problèmes des leaders politiques".

"Vous ne pouvez pas privilégier les leaders politiques, certains ambassadeurs. Mais, si vous le faites vous risquez de ternir l'image de vos chefs d'Etat. Je l'ai dit dans la plus grande franchise, restez derrière le peuple. C'est cette tenue qui fait aujourd'hui mal à ces leaders et aux yeux de certains ambassadeurs. C'est cette même tenue qui vous a donné la paix, si aujourd'hui il y a la paix. Ce que je suis entrain de faire, la lutte que je suis entrain de faire, les sacrifices consentis avec mon équipe, je ne fais pas ça pour un leader politique parce que ce n'est pas un leader qui a fait les sacrifices. Je le fais par rapport à ce peuple, à cette génération, à la jeunesse, aux Guinéens de l'étranger. Qu'ils viennent. S'ils sont sûrs d'eux, si pour commander une nation il faut être honnête, qu'ils viennent. Le peuple veut tout de suite que je dise que je suis candidat. Le peuple est pressé, la jeunesse est pressée, mais par votre respect je m'abstiens. Je me retiens", dit-il.

Et de signifier sans ambages: "J'ai beaucoup de respect pour la communauté internationale. Je suis un citoyen, libre et qui a des droits inaliénables. Je peux tout de suite là même pendant que je suis là pour dire que je suis candidat. Qui a une dette sur moi. La communauté internationale n'a pas une dette sur moi. La communauté internationale aurait eu une dette sur moi, si j'avais pris le pouvoir et tué les hommes. Mais, ce n'est pas la communauté internationale qui m'a obligé de dire que je ne serai pas candidat en 2009. Ce n'est pas le peuple, ce ne sont pas mes compatriotes, ce n'est même pas le groupe de contact que je respecte tant. C'est moi, simple citoyen Moussa Dadis Camara. Aujourd'hui les gens veulent se focaliser sur ma candidature, ils font pour cela des battages médiatiques, focaliserun débat, mais c'est un faux débat. C'est un faux débat".

Parlant des opposants aux membres du groupe de contact il affirme: "Ils n'ont plus de crédibilité. Ils se disent forces vives, mais quelles forces vives? Leaders politiques comme ces gens ? Il y a un bloc patriotique. Et lorsqu'on dit société civile, société civile? Ces pères qui sont assis CRD, Maires ils sont les vrais hommes de la société civile, eux ils sont les élus du peuple. Quelles forces vives ? Quelles forces vives ? S'ils savaient que le peuple les soutenait vous pensez qu'ils n'allaient pas se présenter ici. Ils allaient me défier. Ils allaient me défier. Mais, ils ne peuvent pas parce que le peuple n'a plus confiance. Le peuple adhère à une cause. Nous sommes tous des citoyens et c'est pourquoi je ne braquerai jamais l'arme contre qui que ce soit".

"La plupart d'entre eux ont peur soit à cause de l'âge, soit à cause de leur gestion, il y a tous ces facteurs. Un homme qui veut gérer une nation est un homme sincère, honnête. Il doit prouver son honnêteté devant le peuple", rappelle le Chef de l'Etat.

Et de conclure en rassurant: "Je ne vous trahirai jamais. Je ne trahirai jamais le peuple de Guinée. Les CRD, les Maires, la jeunesse, les forces vives, les Guinéens de l'étranger, je mettrai au prix de ma vie, de mon sang avec le CNDD pour bâtir cette nation".

Propos recueillis par Jean Leforesteir, guinee24.com, Conakry

Décrets:Le capitaine Dadis nomme une secrétaire d'Etat et un consul honoraire de la Guinée

Le chef de l'Etat guinéen, Capitaine Moussa Dadis Camara vient de nommer M.Bah Kadiatou Baldé au poste de secrétaire d'Etat chargée de l'énergie et de l'hydraulique auprès du ministère des mines et de la Géologie.

Par ailleurs, l'opérateur économique M.Raul Fawaz a été nommé consul honoraire de la Guinée auprès du Royaume Chérifien.

A noter que M.Fawaz était impliqué dans le projet d'achats de plusieurs groupes électrogènes chargé de la desserte en électricité de la Ville de Conakry.Les prix jugés exhorbitants des Groupes avaient soulevé une vive polémique en Guinée .

Décrets présidentiels : création d’un Secrétariat d’Etat chargé de l’Energie et de l’Hydraulique et Mme Bah Kadiatou en est titulaire


Le Chef de l’Etat, Capitaine Moussa Dadis Camara, vient de signer et de rendre officiels une ordonnance et plus de 12 autres décrets.

Parmi ces actes du Premier magistrat de la nation guinéenne figurent ; la création d’un Secrétariat d’Etat chargé de l’Energie  et de l’Hydraulique, auprès du ministère à  la Présidence  chargé des Mines et de  la Géologie et la nomination de Mme Bah Kadiatou Baldé au poste de Secrétaire d'Etat, conformément à l’annonce faite par le Président de la République, lors de sa récente conférence de Presse aux cases de Belle vue, dans la commune de Dixinn, à Conakry.

Dans cette série d’ordonnance et de décrets, le Centre international médical de Gbéssia a été mis à la disposition de  la Caisse  nationale de Sécurité sociale (CNSS) sous l’appellation de Centre Hospitalo-universitaire des travailleurs de Guinée. Ceci en vue de faire faire face aux nombreux cas de traitement sanitaire des fonctionnaires guinéens dont la plupart des cas se termine par des évacuations.

Egalement, M. Roda Fawaz a été nommé Consul honoraire de  la République de Guinée auprès du Royaume chérifien, à Casablanca, au Maroc.

M. Cheick Mohamed Konaté, en service au ministère de l’Administration du territoire et des Affaires Politiques, est nommé au poste de Conseiller Spécial à  la Présidence, chargé des questions de l’Administration du Territoire et des relations avec la Commission  électorale nationale indépendante (CENI).

Plusieurs autres hauts fonctionnaires civils et militaires ont bénéficié de la        confiance du Chef de l’Etat, Capitaine Moussa Dadis Camara pour occuper de hautes fonctions dans l’administration publique (Sotelgui, Office guinéen de  la Poste, Port autonome de Conakry, Société aurifère de Guinée ″SAG ″, Intendance militaire, etc.). Sans compter plusieurs de ces cadres militaires ont bénéficié à titre exceptionnel d'avancement en grades.

Corruption en Guinée:"J'ai mangé l'argent de Kadhafi", avoue le chef de la junte guinéenne!



Le chef de la junte au pouvoir à Conakry, Capitaine Moussa Dadis Camara a avoué jeudi qu'il a reçu de l'argent de la part du "Guide" libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi.

Au cours d'une rencontre avec le Groupe de contact international sur la Guinée (GCI-G)au palais du peuple à Conakry, le numéro un de la junte a reconnu que le Colonel Kadhafi lui a donné de l'argent, sans préciser le montant."Moi, je n'ai demandé de l'argent à personne. J'ai mangé l'argent d'un seul homme , celui du président Khadafi. Ça, c'est l'argent propre !" a martelé le Capitaine Dadis.

Aucune réaction officielle n'a été faite pour l'instant du côté des Forces vives et du GCI-G, sur cet aveu du chef de la junte.

Mercredi, le chef de la junte a présidé une cérémonie commémorative du 40ème anniversaire de la Révolution Libyenne, en présence des membres du CNDD et du gouvernement et de l'Ambassadeur de la Libye en Guinée, SEM. Zouma Zarjour.

Rappelons que le "Guide" libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi est le premier chef d’Etat à se rendre en Guinée depuis la prise du pouvoir par la junte du capitaine Moussa Dadis Camara au lendemain du décès de Lansana Conté, le 22 décembre dernier.C'était le 3 janvier 2009, au cours d'une tournée du Colonel Kadhafi dans plusieurs pays de la sous-région.

Guinée: Moussa Dadis Camara candidat

le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara au pouvoir depuis le 23 décembre 2008 vient de déclarer sa candidature à la prochaine présidentielle prévue en janvier 2010.

 

C' est ce que révèlent  des sources proches du Groupe International de Contact sur la Guinée. A signaler que les travaux de la sixième session du Groupe International de Contact sur la Guinée ont démarré le 3 septembre 2009, à Conakry. Le Groupe qui s’inquiète des entraves à la bonne marche de la transition en cours, est venu, selon le président de la commission de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) apporter son aide pour faire face à des crises multiples qui freinent le bon déroulement du processus de cette transition.

Des précisions avec Abdramane Cissé, notre correspondant sur place

Exclusif:"Le capitaine Dadis sera candidat aux prochaines élections", nous confie un responsable de la CEDEAO!



Le chef de la junte au pouvoir à Conakry, Capitaine Moussa Dadis Camara vient d' exprimer son intention de se présenter aux prochaines élections présidentielles du 31 janvier 2010.Au cours d'une rencontre avec le Groupe de Contact international sur la Guinée(GCI-G),le chef de la junte a déclaré qu'il "sera candidat" tout en demandant au groupe de contact de ne pas l'annoncer publiquement.

" Le Président Dadis a dit aux membres du groupe qu'il sera bel et bien candidat aux prochaines élections présidentielles. Pour ne pas être les premiers à annoncer publiquement cette nouvelle à la presse, les membres du groupe ont jugé nécéssaire de laisser Dadis lui même d'annoncer cela à son peuple. Pour éviter qu'il se lève après l'annonce de cette nouvelle pour dire que ses propos ont été mal interprétés par le groupe ", nous a confié un responsable du bureau de la CEDEAO basé dans la capitale guinéenne.

A noter que plusieurs membres du Groupe de contact international sur la Guinée,ont exprimé leur "déception" suite à l'annonce de la candidature du chef de la junte.

Par ailleurs, le président de la commission de la CEDEAO et co-président du Groupe de contact international sur la Guinée, Dr Mohamed Ibn Chambas, a quitté Conakry hier soir, selon une source proche de la CEDEAO.

Pour l'heure, la conférence de presse du Groupe de Contact international sur la Guinée,initialement prévue ce vendredi a été annulée in extremis.Nos reporters attendent le communiqué final qui doit clôturer cette 6ème session du groupe international de contact sur la Guinée.

Nous y reviendrons.

Transition en Guinée : le Groupe de contact dresse un constat amer
L’absence de candidats de la junte à la présidentielle 2010 n’est plus garantie
Le Groupe international de contact était de nouveau à Conakry, jeudi, au compte de sa sixième session de travail sur la transition en Guinée. Il s’est entretenu avec les représentants du gouvernement, des forces vives ainsi que des ambassadeurs en poste à Conakry. Il a aussi échangé avec le leader de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara, au sujet des conditions nécessaires à la bonne tenue des élections de janvier 2010. Mais, cette fois, le Groupe de contact est reparti bredouille, sinon confus.
Dossier : Guinée : de Lansana Conté à Moussa Dadis Camara

Au cours de la rencontre entre le gouvernement guinéen et le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC), deux discours ont été prononcés : l’un par le co-président du GIC-Guinée, le Dr. Ibn Chambas, et l’autre par le Premier ministre guinéen, Kabiné Komara. Prenant la parole, le Dr. Ibn Chambas a rappelé les promesses faites souverainement et librement par le leader de la junte, Dadis Camara. A savoir que ni lui, ni aucun membre du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et du gouvernement, y compris le Premier ministre, ne seront candidats à l’élection présidentielle. Il s’est demandé si la communauté internationale et les Guinéens peuvent et doivent croire encore à la sincérité de ces promesses. « Si la réponse est non, il est clair que les appuis techniques, financiers et moraux nécessaires à la poursuite des objectifs de la transition et l’organisation des élections ne suivront pas », a indiquéle Dr. Ibn Chambas. Il a souhaité que le capitaine Dadis Camara résiste à toutes les tentations et aux appels des sirènes de la division. Parlant toujours de Dadis Camara, il a affirmé qu’« il perd toute crédibilité s’il devient un des acteurs et descend dans l’arène. »

En réponse, le premier guinéen, Kabiné Komara a mis en exergue les avancées auxquelles le gouvernement et les partenaires financiers sont parvenus. Notamment la libération des fonds nécessaires à l’organisation des élections. Il a précisé que le gouvernement guinéen a déjà payé le reliquat de sa quote-part, estimée à 30 milliards de francs guinéens. Il a également fait cas de la mise en place de l’organe juridique de la transition, appelé conseil national de la transition. Cependant, il a passé sous silence les graves divergences qui existent autour de ce Conseil national de la transition, notamment quant à sa composition. Il comprend actuellement 244 membres, alors que les forces vives avaient proposé 147. Le Premier ministre s’est employé à convaincre les représentants du Groupe international de la bonne foi du gouvernement à organiser une présidentielle propre et démocratique, mais en vain.

Les griefs du Groupe international

Le Groupe international ne semble pas du tout convaincu par les assurances du premier ministre guinéen. Car sur le terrain, le constat est amer, comme en témoigne le communiqué final du Groupe international dans lequel ce dernier se dit confronté à de nouvelles réalités concernant « le principe de la non-candidature aux élections du président et des membres du CNDD, ainsi que du Premier ministre ». M. Ibn Chambas et son équipe regrettent également le manque de consensus autour du Conseil national de la transition (CNT), et les entraves graves à la liberté d’expression.

Toujours dans le communiqué final, le GIC-Guinée note que la remise en cause des engagements antérieurement pris par la junte constitue un obstacle au partenariat établi avec la communauté internationale. Le GIC-Guinée fait ainsi allusion à la volonté inébranlable du capitaine Moussa Dadis Camara de présenter sa candidature à la prochaine présidentielle du 31 janvier 2010. Car les discours, les actes du capitaine, depuis un certains temps, démontrent de sa volonté de se présenter à la prochaine présidentielle. Les représentants du Groupe international ont du quitter Conakry, plutôt que prévu le climat d’incompréhension et de confusion.

Elections en Guinée:"C'est à cause du Groupe de contact que je m'abstiens de me présenter", dixit le capitiaine Dadis Camara




Le chef de la junte, capitaine Moussa Dadis Camara a menacé jeudi de se présenter aux prochaines élections du 31 janvier 2010.Au cours d'une rencontre au Palais du peuple à Conakry avec le Groupe de contact international sur la Guinée(GCI-G), le chef de la junte a estimé que c'est à cause de la pression de la communauté internationale qu'il s'abstient pour l'instant à se présenter aux élections.

"Le peuple veut que je dise tout de suite que je suis candidat, mais c'est à cause de vous (Le groupe de contact, Ndlr)que je m'abstiens", a avoué le numéro un de la junte.

Par ailleurs, le chef de la junte a fustigé l'attitude des leaders politiques qui ont boudé récemment sa rencontrer au palais du peuple avec certains élus locaux.Le capitaine Moussa Dadis Camara a estimé que "seul le pouvoir motive les leaders politiques" .

A noter que ce vendredi, le GCI-G va publier un communiqué final pour clôturer ses travaux avec les forces vives, la junte et les acteurs de la transition en Guinée.

Nous y reviendrons.

Ibn Chambas demande au capitaine Dadis de rester neutre dans la transition Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par LR
04-09-2009

Le Groupe international de contact sur la Guinée, arrivé à Conakry, le mercredi soir a effectué de nombreuses rencontres hier. Ses travaux ont commencé par la rencontre, tenue dans un hôtel de la place et s'est pourvue dans l'après par une autre avec le chef de l'Etat au Palais du peuple. Dans son allocution, le Ghanéen Dr Mohamed Ibn Chambas a demandé au Président du CNDD de respecter ses engagements et exhorter les acteurs de la transition de renouer le dialogue. Voici l'intégralité de cette allocution.

Monsieur le Co-président, Prof. Ibrahima Fall,

S.E.M Kabiné Komara, Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la Guinée, Mesdames, messieurs les membres du CNDD et du gouvernement,


Chers membres du Groupe International de Contact sur la Guinee,
Mesdames, messieurs de la presse,
Distingues invites,

Mesdames, messieurs
Nous sommes particulierement heureux, de vous souhaiter la bienvenue à Conakry, pour la sixieme reunion du Groupe International de Contact sur la Guinee.
Monsieur le Premier Ministre, tous les membres du Groupe International de Contact sur la Guinee sont des amis et des partenaires concernés par le devenir de la Guinee.

Nous sommes venus en Guinée pour repondre à l'appel du pays, au moment où vous aviez le plus besoin de reconnaissance, mais aussi d'appui et d'aide pour faire face à des crises multiples de nature politique, économique et sociale.
L'ami des moments difficiles est vraiment celui qui compte. A ce titre, seuls de vrais amis ont le courage de se regarder en face pour se dire la verité.

Le problème auquel nous faisons face aujourd'hui est justement celui de la confiance mutuelle. Les autorités guinéennes ont fait, en toute liberté, sans contrainte aucune, des promesses aux guinéens et guinéennes et pris des engagements vis-a-vis de la Communaute Internationale. Est-ce que les guinéens et guineennes, les partenaires techniques et financiers de la Guinée, peuvent-ils ou doivent croire en la sincerité des promesses et engagements pris souverainement par les autorités militaires depuis I'avènement au pouvoir du CNDD ? Si la réponse est non, il est clair que les appuis techniques, financiers et moraux necessaires à la poursuite des objectifs de la transition et l'organisation des élections ne suivront pas.

C'est pourquoi nous souhaitons vivement, Monsieur le Premier ministre, que vous soyez porteur d'un message qui nous rassure dans ce sens.

En effet, compte tenu de la courte période qui nous reste pour atteindre l'objectif du retour à des institutions republicaines stables émanant de processus électoraux crédibles, nous ne devons pas nous laisser divertir. Maintenant que toutes les conditions financières sont satisfaites de part et d'autre, il est fondamental de lever toutes les autres hypothèques et équivoques, d'arrêter les tergiversations, et de revenir au parler franc et parler vrai, au respect de la parole donnée qui caracterise les militaires, afin de retablir la confiance de tous les guinéens ainsi que des partenaires de la Guinée.

Le Groupe souhaite que le Président du CNDD, resiste à toutes les tentations et aux appels des sirènes de la division, pour mobiliser le peuple de Guinee et le Groupe apprecie l'appel patriotique lancé à cet effet, aux guinéens d'aller aux élections prevues dans le chronogramme.

II est et demeure le Père de la Nation, pour autant qu'il reste l'arbitre. II perd toute crédibilite s'il devient un des acteurs et descend dans l'arène politique.

Le peuple guinéen est encore à mesure de poser de nouveaux jalons historiques, sous l'égide du CNDD. Vous pouvez encore étonner le monde comme vous avez toujours su le faire. Vous n'y parviendrez qu'en unissant les guinéens, mais pas en les divisant.

Permettez-nous de vous rappeler que les guineens ont applaudi l'engagement du CNDD de ne pas s'éterniser au pouvoir. Rassurés de cette détermination de rapidement retourner le pays à l'ordre constitutionnel par la voie démocratique, ils ont soutenu le CNDD.

Le CNDD, par son Communique N° 50 du 28 mars 2009, a adheré au chronogramme de la transition, y compris les élections, et le president du CNDD malgré toutes pressions contraires, en a informe formellement le Groupe International de Contact sur la Guinée le 03 avril 2009.
Le Président et les membres du CNDO ainsi que le premier ministre sont membres de l'équipage de l'avion guinéen en plein vol. Ils ont la responsabilité d'assurer la securité de tous les passagers, pendant la durée fixe du vol jusqu' à la destination.
Cependant, le Groupe a constaté encore, ces derniers temps, la polarisation entre les parties prenantes, une situation qui ne favorise pas le bon déroulement du processus de transition qui a deja accusé beaucoup du retard autrement évitable. Le Groupe lance un appel solennel au CNDD, au gouvernement et aux Forces Vives de reprendre le dialogue direct, franc et constructif.
Le President du CNDD a prouvé qu'il avait la capacité de renouer les fils rompus du dialogue et nous comptons encore une fois sur lui pour-rassembler les guinéens et guinéennes, les rassurer et nous rassurer que notre contrat de confiance tient toujours.

Je vous remercie.

mountmane@yahoo.fr

Présentation

Report des élections au début 2010 (4 septembre 2009)

La tenue d’élections libres et transparentes en Guinée en 2009 a toujours constitué pour la France, comme pour ses partenaires de la communauté internationale, la priorité.

Nous avons pris note du report des élections au début 2010 qui a été décidé par une commission paritaire (forces vives-junte).

Néanmoins, nous sommes préoccupés par l’enlisement du processus de transition.

L’ambiguïté maintenue par Dadis Camara sur sa non-candidature ainsi que celle de la junte et du Premier ministre aux élections de 2010, l’absence d’avancées significatives dans le processus électoral et le musellement de l’opinion publique hypothèquent non seulement le retour à l’ordre constitutionnel mais contreviennent aux engagements que la junte avait pris envers la communauté internationale.

Le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G) dont font partie les partenaires africains de la Guinée, notamment la CEDEAO, s’est réuni à Conakry le 3 septembre dernier. Il a fait le constat que la junte ne tenait pas les engagements qu’elle avait pris envers la communauté internationale et, compte tenu de la situation de blocage, a décidé de procéder à des consultations afin d’arrêter une nouvelle position.

La France rappelle la nécessité pour la junte de tenir ses engagements sinon elle conduira la Guinée sur la voie de l’isolement et des sanctions.

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