C’est un véritable tollé sur les sites internet guinéens d’information : les dernières propositions du médiateur de la crise, Blaise Compaoré, soulèvent incompréhension et colère. « Personne n’imaginait que Compaoré soumettrait des propositions aussi favorables à la junte, fulmine GuinéeNews : maintien de Dadis Camara au pouvoir, candidature (donc élection) du chef de la junte à la fin de la transition, etc. C’est comme si le président burkinabé ignorait que c’est contre cette candidature du putschiste au pouvoir en Guinée que ce même Dadis Camara a fait tuer plusieurs dizaines de nos compatriotes », s’exclame GuinéeNews.
Complicité entre Blaise et Dadis ?
« Transition : Blaise Compaoré propose la junte, l’opposition dit non ! », titre Guinée Conakry Infos, autre site d’information guinéen qui estime que « le dialogue de sourds semble avoir atteint son paroxysme en Guinée. »
Le site Aminata, pour sa part, constate que « la classe politique, les syndicalistes, ainsi que les acteurs du Conseil national des organisations de la société civile ont rejeté en bloc les propositions du médiateur. Les Forces vives estiment que le départ de la junte du pouvoir est un point non négociable. » Et Aminata d’affirmer qu’il y aurait une forme de « complicité entre Blaise et Dadis, sinon, explique-t-il, l’absurdité des points proposés par le médiateur est telle que si les Forces vives avaient accepté, c’est tout le peuple de Guinée qui aurait refusé. »
Dans la presse burkinabé, le ton est plus mesuré. Toutefois, L’Observateur reconnaît que le projet d’accord politique global concocté par le président Compaoré s’avère être « du miel pour le CNDD et du fiel pour les Forces vives. »
« Les Forces vives qui vont remettre leurs contre-propositions aujourd’hui », souligne Le Pays, toujours au Burkina. Parmi ces contre-propositions : « la non-candidature du capitaine Dadis Camara et de tout autre membre du CNDD aux élections, ne pas mettre à la tête de la transition un chef de l’Etat, et revoir la composition du futur gouvernement d’union nationale, qui ne se composerait que d’un tiers des Forces vives. »
Comment arriver à un compromis ?
« La Guinée à la croisée des chemins », constate le site d’information burkinabé Fasozine. Fasozine qui s’interroge : « Blaise Compaoré saura-t-il redistribuer les cartes pour arracher un compromis de sortie de crise ? (…) En endossant, a priori, la disqualification de Moussa Dadis Camara et de la junte dans la conduite de la transition, la communauté internationale avait pour ainsi dire donné caution et espoir aux revendications de l’opposition guinéenne, constate Fasozine. Mais comment à présent obtenir un compromis politique (…) ? Il est clair que les tenants actuels du pouvoir ne lâcheront pas le morceau (…), d’autant que le premier mémorandum du facilitateur les conforte dans leur position. »
Et ça continue…
Algérie-Egypte… Le match se poursuit dans les coulisses médiatiques et diplomatiques, avec toujours la même intensité. Les médias algériens tirent à boulets rouges encore ce lundi sur leurs confrères égyptiens, les accusant d’entretenir la polémique et de relayer les accusations du pouvoir. « Après le fils qui a traité les Algériens de – mercenaires – et de – terroristes –, s’indigne Le Quotidien d’Oran, c’est au tour d’Hosni Moubarak d’apporter sa contribution publique à la troisième mi-temps médiatique que les Egyptiens veulent imposer après la défaite de leur équipe sur le terrain. »
Dans un discours avant-hier devant les députés, le président égyptien, sans jamais citer l’Algérie, a notamment affirmé que « l’Egypte ne fera pas preuve de laxisme envers ceux qui portent atteinte à la dignité de ses citoyens. » Un discours qui a suscité les foudres donc des journaux algériens. El Watan parle « d’hystérie politico-médiatique égyptienne. (…) En parfait stratège, le président Moubarak tente par tous les moyens de faire accepter l’idée d’imposer son fils comme successeur légitime. Une qualification de l’Egypte pour le Mondial 2011 aurait certainement favorisé cette entreprise, affirme El Watan. Et c’est sans doute la raison pour laquelle le président égyptien, poursuit-il, a vécu cette défaite comme un drame personnel. »
De son côté, le quotidien Liberté adresse un coup de chapeau aux Algériens dans leur ensemble, qui, écrit-il, « se sont bien défendus face à l’agression égyptienne. Avec des excès parfois, certes, reconnaît-il, mais excusables parce que sans commune mesure avec la vulgarité de la campagne injurieuse coordonnée par les autorités égyptiennes et leurs réseaux audiovisuels. »
Kadidia à l’honneur !
Enfin, d’après le portail d’information malien Maliweb, l’article le plus lu et le plus commenté ces derniers jours est une simple dépêche sur… l’élection de Miss Mali ! Les concours de beauté sont toujours très suivis par les journaux du continent, car apparemment, ils sont appréciés des lecteurs. Ce concours de Miss Mali, organisé par l’ORTM, l’Office des radios et télévision du Mali, ne fait pas exception. Ainsi on apprend que la lauréate 2010 s’appelle Kadidia : 19 ans, 1,75 m, 50 kilos. Elle a reçu un chèque d’un million et demi de FCFA et divers cadeaux. Et bien évidemment, sa photo est dans de nombreux journaux. Là aussi, il y a fort à parier que c’est en ce moment la photo la plus regardée…
Crise en Guinée : Projet d’accord politique global interguinéen
Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et le Forum des Forces vives de la Guinée. Accueillant favorablement la désignation de Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, comme Médiateur du processus de paix en Guinée, par le Président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en concertation avec l’Union africaine
Projet d’accord politique global interguinéen
Préambule
Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), représenté par (…), et le Forum des Forces vives de la Guinée, représenté par (…) ;
1. Accueillant favorablement la désignation de Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, comme Médiateur du processus de paix en Guinée, par le Président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en concertation avec l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies ;
2. Fermement attachés au passé glorieux de la Guinée, à sa souveraineté, à son indépendance et à son intégrité territoriale ;
3. Déplorant les événements intervenus à Conakry le 28 septembre 2009 qui ont entraîné de nombreuses victimes, causé un profond traumatisme au sein de la population guinéenne et provoqué une vive émotion de la communauté internationale ;
4. Déterminés à établir en République de Guinée un Etat de droit démocratique, respectueux des libertés individuelles et collectives et des principes de la bonne gouvernance ;
5. Soucieux de préserver les valeurs fondamentales de justice, de liberté, de tolérance et de dignité, héritées de leurs ancêtres ;
6. Réaffirmant l’engagement de la République de Guinée en faveur de l’unité du continent africain et son attachement aux idéaux des organisations régionales et sous régionales africaines ;
7. Prenant note des communiqués finaux du Sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO et de la 207e réunion au niveau des chefs d’Etat et de Gouvernement du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, tenus à Abuja, respectivement, les 17 et 29 octobre 2009 ;
8. Ayant à l’esprit la visite effectuée à Conakry par le facilitateur, le 5 octobre 2009 aux fins de rétablir le dialogue politique entre les différentes composantes de la société guinéenne en vue de la normalisation de la situation politique ;
9. Déterminés à œuvrer solidairement pour créer en République de Guinée les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel normal et d’une transition démocratique consensuelle et apaisée ;
10. Après des consultations fructueuses et des rencontres directes sous l’égide de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise en Guinée ; Sont convenus de ce qui suit :
I. DES MESURES D’URGENCE HUMANITAIRE ET SECURITAIRE
Les deux parties reconnaissent que les événements du 28 septembre 2009 ont causé de profondes souffrances à la population guinéenne et que la sécurité des personnes et des biens est un facteur indispensable au retour à une situation politique normale en République de Guinée. En conséquence, elles s’accordent sur les mesures urgentes, d’ordre humanitaire et sécuritaire, suivantes proposées par le Médiateur :
1.1. Soins aux victimes
Les deux parties conviennent que le Gouvernement prendra les mesures idoines pour assurer aux personnes victimes des événements du 28 septembre 2009 des soins médicaux appropriés à la charge de l’état guinéen.
1.2. Libération des personnes interpellées, enlevées ou maintenues de force
Dans un souci de respect des droits humains et des libertés publiques et individuelles, les deux Parties conviennent, en outre, que le Gouvernement veille à ce qu’aucune personne interpellée à la suite des événements du 28 septembre 2009 ne soit maintenue illégalement en détention par les Forces de défense et de sécurité.
1.3. Restitution des corps
Dans le même esprit, le Gouvernement prendra les dispositions utiles pour la restitution des corps des victimes à leurs familles.
1.4. Recherche des personnes disparues
Les deux Parties conviennent, par ailleurs, que le Gouvernement engagera, immédiatement, des recherches sur les personnes disparues. A cet effet, elles décident de la création, dans les meilleurs délais, d’un Bureau spécial chargé des personnes disparues et invitent les familles de ces personnes à saisir ce Bureau afin de faciliter les recherches.
1.5. Indemnisation des victimes et des familles des victimes
Les deux parties invitent le Gouvernement à prendre les dispositions nécessaires pour indemniser les victimes et/ou les familles des victimes des événements du 28 septembre 2009.
1.6. Protection et libre circulation des personnes et des biens
Le Gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour assurer, sur l’ensemble du territoire national, la protection des populations civiles, en particulier des responsables politiques, syndicaux et de la société civile, ainsi que des ressortissants étrangers et des membres du Corps diplomatique et consulaire. Cette protection doit s’étendre aux biens des personnes et aux locaux diplomatiques et consulaires.
Le Gouvernement garantira, sur l’ensemble du territoire national, la libre circulation des personnes et des biens et prendra des mesures énergiques pour mettre fin aux actes d’indiscipline des éléments des Forces de défense et de sécurité, ainsi qu’aux exactions et aux rackets commis sur les populations civiles.
1. 7. Démantèlement des unités irrégulières
Le Gouvernement procédera au désarmement et au démantèlement des unités irrégulières sur l’ensemble du territoire national.
1.8. Réintégration des armes dans les magasins
Afin de rassurer les populations guinéennes, d’éviter tout abus, incident ou accident du fait des armes circulant sans contrôle dans le pays, le Gouvernement fera procéder à la réintégration immédiate dans les magasins des corps militaires de toutes les armes de guerre, à l’exception de celles utilisées dans le cadre du service.
1.9. Commission d’enquête internationale
Les deux parties souscrivent pleinement à la création, par l’Organisation des Nations unies, d’une Commission d’enquête internationale chargée de faire la lumière sur les événements du 28 septembre 2009 et s’engagent à faciliter le traitement judiciaire des actes de violence ayant entraîné des morts, des blessés et des destructions de biens. Elles s’engagent à coopérer sans réserve avec la Commission d’enquête internationale.
1.10. Accès aux médias
Afin de promouvoir la paix, le dialogue politique et la réconciliation nationale en Guinée, les deux parties demandent instamment au Gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour garantir l’accès aux médias d’Etat des partis d’opposition, des syndicats et des organisations de la société civile.
II. DE LA REORGANISATION ET DE LA REFORME DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE (FDS)
Les deux parties reconnaissent que la désorganisation des Forces de défense et de sécurité, ainsi que l’indiscipline et le non-respect de la hiérarchie en leur sein constituent une menace sérieuse à la sécurité des personnes et des biens et à la paix sociale. En conséquence et afin de redonner aux Forces de défense et de sécurité une dimension républicaine, elles conviennent de mettre en œuvre les mesures suivantes de réorganisation et de réforme des Forces de Défense et de Sécurité.
2.1. Réorganisation des Forces de défense et de sécurité
Les deux parties s’engagent à conjuguer leurs efforts en vue de la réorganisation urgente des Forces de défense et de sécurité. A cet effet, elles conviennent que le Gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer le retour des militaires dans les casernes, restaurer la discipline et le respect de la hiérarchie au sein des FDS et réorganiser les FDS sur une base républicaine.
2.2. Réforme des Forces de défense et de sécurité
Les parties au présent Accord, conscientes que les Forces de défense et de sécurité doivent être le reflet de l’unité et de la cohésion nationales et les garantes de la stabilité des institutions républicaines, se sont engagées à procéder à leur restructuration et à leur refondation en vue de la mise en place de nouvelles Forces de défense et de sécurité attachées aux valeurs d’intégrité et de moralité républicaines. A cet effet, un mécanisme spécial de restructuration et de refondation des Forces armées et des Forces de police sera adopté par ordonnance pour fixer le cadre général de leur organisation, composition et fonctionnement et pour les doter de statuts spécifiques, avec l’assistance et l’expertise de la communauté internationale.
III. DE LA TRANSITION POLITIQUE
Les parties au présent Accord politique global, conscientes que la stabilité politique et le fonctionnement régulier des institutions républicaines sont des facteurs indispensables à un développement durable et déterminés à conjuguer leurs efforts pour l’instauration en République de Guinée d’un Etat de droit démocratique, respectueux des droits humains et de la bonne gouvernance, s’engagent à assurer une transition politique apaisée. A cette fin, elles conviennent des mesures de transition ci-après :
3.1. Objectif de la transition politique
La transition politique en Guinée a pour objectif d’assurer le retour à l’ordre constitutionnel normal à travers l’organisation d’élections libres, transparentes et démocratiques, gage de stabilité politique et d’émergence d’un Etat de droit démocratique.
3.2. Modalités de la transition politique
Afin d’assurer une transition politique apaisée et consensuelle, garantissant la cohésion sociale et l’unité nationale, il sera procédé au rétablissement de la Loi fondamentale de la République de Guinée et à sa révision. La révision constitutionnelle sera parachevée au plus tard dans un délai de quatre (04) mois à compter de la date d’entrée en vigueur du présent Accord politique global, soit fin avril 2010.
3.3. Institutions de la transition politique
La Transition politique sera assurée par les institutions suivantes : le Conseil national de transition, le président du Conseil national de transition et le gouvernement d’Union nationale dirigé par un Premier ministre.
3.3.1. Le Conseil national de transition (CNT)
Le Conseil national de transition est un organe politique délibérant chargé d’orienter, de superviser l’ensemble du processus de transition politique jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions républicaines et de contrôler l’action du Gouvernement.
Il est dirigé par un Président, chef de l’Etat. Dans ce cadre, le Conseil national de transition est chargé, notamment, de définir les grandes orientations politiques de la transition, de procéder à la révision de la Constitution et à la relecture des lois organiques nécessaires à la normalisation politique et de superviser la restructuration et la réforme des Forces de défense et de sécurité.
Le CNT comprend une Assemblée générale de cent cinquante (150) membres représentant les composantes de la société guinéenne. Il est dirigé par un Bureau exécutif de vingt (20) membres. Il est assisté, dans l’exécution de sa mission, d’un Secrétariat général chargé d’assurer la permanence de son action. Il peut créer, en son sein, des commissions de travail.
La composition du Bureau exécutif de l’Assemblée générale et du Secrétariat général du CNT, ainsi que leurs attributions respectives sont fixées dans l’Annexe 1 au présent Accord politique global qui en est partie intégrante.
3.3.2. Le Président du Conseil national de Transition
Le Président du Conseil national de transition est le chef de l’Etat. Il incarne l’unité nationale. Il est garant de l’indépendance et de l’intégrité du territoire national. Il est le Chef suprême des armées. Il veille au respect des traités et accords internationaux.
Il nomme le Premier ministre. Sur proposition du Premier ministre et sur la base des dispositions du présent accord, il nomme les membres du Gouvernement. Il nomme les ambassadeurs et reçoit les accréditations des ambassadeurs et Envoyés spéciaux étrangers. Il nomme aux hautes fonctions de l’Administration publique, sur proposition du Premier ministre, après délibération en Conseil des ministres. Il signe les ordonnances adoptées par le Conseil national de transition et signe les décrets pris en Conseil des ministres et co-signés par le Premier ministre.
3.3.3. Le Gouvernement d’Union nationale
Le Gouvernement d’Union nationale est l’organe exécutif chargé de conduire la politique de la Nation et de mettre en œuvre les mesures nécessaires à la transition politique, notamment :
l’application des mesures humanitaires et sécuritaires prévues dans le présent Accord politique global ;
l’appui à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour l’organisation des élections ;
l’élaboration et la mise en œuvre des politiques utiles au redressement [relèvement] de l’économie nationale et à la réconciliation entre guinéens ;
le fonctionnement des services publics, y compris l’administration du territoire ;
la supervision de l’action des Forces de sécurité publique ;
la gestion transparente et le contrôle des ressources économiques et financières du pays durant la transition.
Le Gouvernement d’Union nationale est conduit par un Premier ministre proposé par le Forum des Forces vives. Le Premier ministre de transition doit être une personnalité compétente, intègre et de moralité irréprochable.
Il a pour principale mission l’exécution des programmes de la Transition tel que contenu dans la feuille de route annexée au présent Accord, la mise en œuvre rigoureuse des mesures humanitaires et sécuritaires ci-dessus visées et l’appui à l’organisation des élections.
II préside le Conseil des ministres. Il co-signe les décrets pris en Conseil des ministres, assure l’exécution des lois et règlements. Le Gouvernement d’Union nationale comprendra un effectif de trente (30) membres nommés par le Président du Conseil national de transition, chef de l’Etat, sur proposition du Premier ministre. Les membres du Gouvernement d’Union nationale doivent être des personnalités compétentes, intègres et de bonne moralité.
La fonction de membre du Gouvernement est incompatible avec celle de membre du CNT et avec l’exercice de toute autre fonction, publique ou privée. La composition du Gouvernement d’Union Nationale est déterminée par l’Annexe II au présent Accord politique global qui en est partie intégrante.
3.4. Durée de la transition politique
Les deux parties au présent Accord politique global conviennent que la période de la transition politique sera contenue dans un délai maximum de dix (l0) mois à compter du mois de janvier 2010.
3.5. Chronogramme de la transition politique
Les parties décident que la transition politique se déroulera selon le chronogramme suivant :
Mise en place des institutions de la transition : décembre 2009 ;
Révision de la Constitution : janvier – février 2010 ;
Révision du code électoral : mars 2010 ;
Révision de la liste électorale : avril 2010 ;
Elections législatives : mai 2010 ;
Election présidentielle : octobre 2010.
IV. DES ELECTIONS
Les parties au présent Accord politique global reconnaissent que des élections libres et transparentes sont le gage de l’émergence d’un Etat de droit démocratique en République de Guinée. Par conséquent, elles conviennent des mesures suivantes :
4.1. Commission électorale nationale indépendante (CENI)
Les deux parties s’engagent à apporter leur plein soutien à la Commission électorale nationale indépendante dans l’accomplissement de sa mission d’organisation des élections, dans le respect de son indépendance.
4.2. Conditions d’éligibilité
Pour être éligibles, les candidats à l’élection présidentielle devront être de nationalité guinéenne, jouir de leurs droits civils et politiques et être âgés d’au- moins trente-cinq (35) ans révolus.
Les membres du Conseil national de Transition, les membres du Gouvernement de transition et les membres des Forces de défense et de sécurité qui souhaiteraient se présenter à l’élection présidentielle, devront, au préalable, démissionner de leurs fonctions au moins quatre (04) mois avant la date prévue pour le scrutin, soit au plus tard le 31 mai 2010.
V. DU CODE DE BONNE CONDUITE
Conscientes de l’impérieuse nécessité d’apaiser le climat social, de moraliser la vie publique, d’instaurer un nouvel environnement politique et de préserver les droits humains en République de Guinée, les parties s’engagent à observer le code de bonne conduite ci-après.
5.1. Interdiction des propagandes nuisibles à la cohésion nationale
Les Parties conviennent de s’abstenir de tout propos belliciste de nature à entretenir la haine et la violence entre guinéens. Elles s’interdisent en outre toute propagande, notamment médiatique, tendant à nuire à la cohésion et à l’unité nationales. Elles lancent un appel à la presse nationale et internationale, afin qu’elle les accompagne, de manière constructive, dans leurs efforts communs de consolidation de la paix et de l’esprit de tolérance en République de Guinée.
5.2. Dialogue et concertation permanente
Les parties s’engagent à entretenir entre elles un esprit de dialogue et la concertation permanente basés sur la confiance mutuelle et appellent tous les citoyens guinéens à adopter des comportements empreints de civisme et de retenue. Les parties s’engagent, en outre, à s’abstenir de toute attitude de nature à entraver le dialogue et à remettre en cause le processus de transition politique en cours.
5.3. Ethique et moralité républicaines
Elles conviennent de conjuguer leurs efforts en vue de renforcer l’éthique et la moralité républicaines au sein de la classe politique guinéenne, de la société civile et des Forces de défense et de sécurité, dans le respect de la dignité et des droits individuels et collectifs. VI. DU MECANISME D’EVALUATION ET D’ACCOMPAGNEMENT
Aux fins du suivi du présent Accord politique global, les deux parties conviennent de créer un Comité de suivi et d’évaluation et de solliciter l’accompagnement de la Communauté internationale.
6.1. Comité de suivi et d’évaluation (CSE)
Le Comité de suivi et d’évaluation est un organe consensuel chargé, sous l’autorité morale du Médiateur, du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre des dispositions contenues dans le présent Accord politique global. Il est composé ainsi qu’il suit :
Président : le Médiateur ou son représentant ;
Membres : cinq (05) représentants issus du CNDD, cinq (05) représentants du Forum des Forces vives de la Guinée, deux (02) représentants des autorités religieuses ;
Le Représentant spécial du Médiateur en République de Guinée ;
Les représentants du Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G), à savoir : le Président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine et le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest.
Le Médiateur peut inviter aux réunions du Comité de Suivi et d’Evaluation d’autres représentants de la communauté internationale, en tant que de besoin, en qualité d’observateurs. Dans le cadre de l’exécution de sa mission, le Comité de suivi et d’évaluation se réunit une fois par mois et en tant que de besoin, sur convocation de son Président. Il est assisté, sur le terrain, d’un Groupe d’observateurs internationaux.
6.2. Accompagnement de la Communauté internationale
Les deux parties conviennent de travailler en étroite collaboration avec la communauté internationale. A cet effet, elles invitent la communauté internationale, en particulier le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G), à les accompagner dans la mise en œuvre et le suivi des dispositions et engagements prévus dans le présent Accord politique global.
A cette fin, elles lancent un appel pressant à l’ensemble des partenaires de la République de Guinée pour soutenir, de manière constructive, le processus de normalisation politique, notamment à travers un appui technique, logistique, financier et autre, en particulier pour faire face aux besoins urgents de la transition.
VII. DISPOSITIONS FINALES
7.1. Arbitrage du Médiateur
Les parties conviennent de s’en remettre à l’arbitrage en cas de difficulté de mise en œuvre de toute disposition contenue dans le présent Accord.
7.2. Entrée en vigueur
Le présent Accord politique global entre en vigueur dès sa signature par les parties.
Fait à Ouagadougou, le (…) novembre 2009
Pour le Comité national pour la démocratie et le développement
Pour le Forum des Forces vives de la Guinée
Le Médiateur dans la crise en Guinée
Nous vous proposons in extenso le document de travail de base du facilitateur Blaise Compaoré, un outil qui a provoqué l’ire des Forces vives et son rejet par ces dernières.
Déclaration n°13 rejetant les propositions du facilitateur A l’invitation de SEM Blaise Compaoré, Président du Faso et médiateur dans la crise guinéenne, une délégation du Forum des Forces vives de Guinée s’est rendue à Ouagadougou (Burkina Faso) du 18 au 20 novembre 2009.
A cette occasion, la délégation a reçu du médiateur, un projet d’accord politique global inter-guinéen. Après un examen approfondi dudit projet, la délégation a relevé avec un grand étonnement que :
1. Les préoccupations fondamentales des populations guinéennes exprimées par le Forum des Forces vives dans le mémorandum remis au facilitateur, pour une transition apaisée en République de Guinée, n’ont pas été prises en compte dans le projet d’accord politique.
2. Les recommandations, résolutions et communiqués finaux de la CEDEAO, du Groupe international de contact sur la Guinée, de l’Union africaine, de l’Union européenne, ainsi que le Conseil de sécurité des Nations unies, ont été purement et simplement ignorés, notamment, ceux relatifs à la non-candidature aux prochaines élections nationales, des membres du CNDD, de son président, du Premier ministre et des membres du gouvernement, ainsi que la mise en place, sur la base du retrait du CNDD, de nouvelles autorités de transition.
En conséquence, la délégation du Forum des Forces vives a pris la décision de rejeter le projet d’accord politique, tel qu’il lui a été soumis. En outre, elle se réserve le droit, après consultation de sa base en Guinée, de se prononcer quant à sa position par rapport à la médiation.
Au demeurant, le Forum des Forces vives lance un appel solennel au peuple de Guinée pour qu’il reste mobilisé, afin de défendre ses droits légitimes pour l’avènement de la démocratie, de la justice et du progrès économique et social.
Ouagadougou, le 20 novembre 2009
L’Observateur
| Samedi, 21 Novembre 2009 13:10 | |
Par Dominique BANGOURA, Docteur d’Etat en Science politique,
auteur de plusieurs ouvrages sur la Guinée
Le couperet vient de tomber à Ouagadougou ce vendredi 20 novembre 2009, plus tranchant que jamais, comme pour exterminer les représentants des Forces vives de Guinée, pourtant les seuls corps organisés, les seuls détenteurs de la légalité et de la légitimité, face à une junte criminelle et aux abois.
C’est en ce jour que le prétendu « médiateur » Blaise Compaoré a livré sa « synthèse » à la fois très attendue et redoutée : un projet d’accord politique global sur la crise en Guinée. De quoi s’agit-il ?
1. Les origines et les fondements de la médiation
Chacun se souvient de la répression sanglante, des massacres à grande échelle et des viols collectifs commis le 28 septembre à ciel ouvert durant de longues heures dans l’enceinte du Stade à Conakry. Ces crimes ont été commis au vu et au su de tous, par les proches du capitaine Moussa Dadis Camara, Chef suprême des armées, en particulier les Bérets rouges et les troupes du BATA. Ces actes de la plus haute barbarie ont soulevé une indignation sans précédent parmi les populations guinéennes et à l’extérieur. Les condamnations les plus vives ont été prononcées tant par les dirigeants occidentaux qu’africains, que par tous les citoyens épris de paix, de justice et de démocratie dans le monde.
A la suite des massacres, le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G) s’est réuni le 12 octobre 2009 à Abuja au siège de la CEDEAO. Après avoir entendu l’exposé des Forces vives, il a adopté la feuille de route pour la sortie de crise qui consiste notamment : « (à) la mise en place de nouvelles autorités de la Transition, sur la base du retrait du CNDD » afin de « favoriser une Transition apaisée de courte durée au cours de laquelle seront organisées des élections crédibles et transparentes ».
Le 15 octobre à Addis Abeba, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a réitéré sa décision du 17 septembre 2009 d’imposer des sanctions à l’encontre du CNDD et de son Président si « d’ici le 17 octobre 2009, Moussa Dadis Camara ne confirme pas par écrit qu’il se sera pas candidat à la prochaine présidentielle en Guinée ».
Le 17 octobre 2009, la CEDEAO s’est réunie à son tour en Sommet extraordinaire et a exhorté le médiateur : à « mettre en place une nouvelle autorité de Transition pour assurer une transition courte et pacifique vers l’ordre constitutionnel par des élections libres, crédibles et transparentes », ainsi qu’à s’assurer que « ni le Président, ni les membres du CNDD ni le Premier Ministre et autres autorités civiles et militaires ne seront candidats aux prochaines élections présidentielles ». De plus, la CEDEAO a décidé d’imposer un embargo sur les armes.
Le 29 octobre, n’ayant reçu aucune confirmation écrite du capitaine Camara, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a pris, comme prévu, des sanctions ciblées contre la junte et les dirigeants au pouvoir à Conakry.
Entre-temps, la communauté internationale dont l’ONU, l’Union Européenne, les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la Guinée ont condamné solennellement les massacres, ont suspendu leur coopération militaire, demandé le départ de la junte, exigé une enquête internationale et indépendante sur les tueries, les viols et exactions des forces armées à l’encontre des populations civiles. Le Procureur de la Cour Pénale Internationale a confirmé que la situation en Guinée fait l’objet d’un « examen préliminaire ».
C’est dans ce contexte que Blaise Compaoré a été nommé médiateur et mandaté par la CEDEAO.
2. Les prémices de la médiation et les premiers signes d’inquiétude
Une semaine après les événements, le 5 octobre, Blaise Compaoré s’est rendu à Conakry où il a rencontré les deux parties. A cette occasion, les Forces vives lui ont adressé un Mémorandum dans lequel elles demandaient notamment « la dissolution du CNDD et la mise en place d’un organe de Transition ». Le 12 octobre à Abuja, devant le GIC-G, les Forces vives ont demandé « une claire définition des objectifs de la mission de facilitation » afin de ne pas être embarquées dans l’inconnu. Elles ont réaffirmé leur « rejet de toute négociation politique avec la junte militaire qui s’est totalement disqualifiée ».
Ensuite, dans un premier temps, Blaise Compaoré a rencontré les Forces vives à Ouagadougou, les 3 et 4 novembre 2009. Ces dernières lui ont remis un Document de référence dans lequel elles définissent l’architecture de la future Transition. Elles maintiennent leurs exigences : la dissolution du CNDD, le départ de la junte et de son Président ; la non candidature du capitaine Camara.
Dans un second temps, le médiateur a invité la délégation du CNDD dans la capitale burkinabé les 10 et 11 novembre 2009. Les représentants de la junte campent sur leurs positions et réaffirment leur volonté de maintenir le capitaine Camara à la tête de la Transition. Quant à la question de la candidature, ils ne l’évoquent pas… laissant le soin à Blaise Compaoré d’examiner ce problème !
Les premiers signes d’inquiétude ne tardent pas. Au sortir de ces deux réunions, le médiateur se dit « satisfait » d’avoir réuni les propositions des uns et des autres (comment peut-on l’être dans pareil cas, alors que les plaies restent ouvertes en Guinée) et déclare que les deux parties devront lâcher du lest. Il ajoute que « personne ne doit être exclu ». Ces quelques mots sont immédiatement interprétés par certains observateurs comme une preuve de partialité.
3. Trois scénarios possibles
Avant que le couperet ne tombe en ce jour, trois scénarios se dessinaient :
- premièrement une Transition avec une autorité civile et consensuelle à sa tête, avec le départ de Moussa Dadis Camara (MDC), la dissolution de la junte ainsi que l’annulation des actes de nomination aux postes de préfets et de gouverneurs : ce serait le « scénario idéal », souhaité par les Forces vives, pour assurer l’organisation d’élections libres, crédibles et transparentes, afin de permettre le retour à l’ordre constitutionnel, réaliser l’alternance et l’avènement de la IIIe République avec un Président légitimement élu au suffrage universel sur la base de son Projet de société ; mais ce schéma idyllique semble aussi le plus difficile à réaliser voire le plus improbable, compte tenu de la difficulté de faire partir une junte qui dispose de la force armée et qui brandit l’argument de la « souveraineté nationale » ;
- deuxièmement, une Transition avec une autorité civile et consensuelle mais flanquée de Moussa Dadis Camara, ce dernier ne disposant que de pouvoirs honorifiques. L’autorité civile serait un Premier Ministre de Transition aux pouvoirs forts (appuyé par un Gouvernement de Transition) qui aurait pour mission fondamentale d’organiser l’élection présidentielle ; les membres de la Transition ne seraient pas candidats. Ce « scénario probable » ou qui apparaissait comme tel, comporte une part de risques pour le retour à l’ordre constitutionnel mais, s’il est bien négocié par le médiateur, et compte tenu des sanctions ainsi que de la pression interne et internationale sur la junte, il peut aboutir. Tout dépend des différents sous-scénarios et du mode de désignation du Premier Ministre : serait-il choisi par les Forces vives ou par Dadis Camara et quel serait le degré d’autonomie de l’autorité de la Transition par rapport au Chef de l’Etat ?
- troisièmement : une Transition avec une autorité militaire : le capitaine Camara restant à la tête de la Transition et se présentant à l’élection présidentielle. Ce « scénario catastrophe » est le plus redouté par les Forces vives car c’est la négation même de leurs doléances légitimes. Or, c’est celui que Blaise Compaoré a choisi. Le principe de non candidature de Moussa Dadis Camara pourtant unanimement recommandé, en particulier par l’Union africaine, n’apparaît pas. De même, celui d’une nouvelle autorité civile de la Transition, a disparu.
A première vue, c’est l’incompréhension totale. Comment en est-on arrivé à ce retournement de situation en faveur de la junte et de son chef ? Comment le médiateur a-t-il pu faire d’emblée de telles propositions ?
Conclusion : disqualifier et dénoncer le médiateur
Par ses choix, par un tel comportement, le médiateur vient lui-même de se disqualifier, de se mettre hors jeu. Les règles de toute médiation sont pourtant sans équivoque: elles exigent la neutralité, la pondération, l’honnêteté.
Or, Blaise Compaoré vient de montrer qu’il n’est pas neutre, qu’il a choisi de prendre fait et cause pour le CNDD et son Président. Il n’est pas non plus arbitre ou pondéré, il offre d’emblée à la junte sur un plateau doré les deux options les plus prisées par elle : le maintien de MDC à la tête de l’Etat et sa candidature à la présidentielle.
Mais plus qu’une erreur d’appréciation, de jugement ou d’analyse, Blaise Compaoré vient de commettre une faute lourde en matière de prévention, gestion et résolution d’un conflit. Par essence, la mission de médiateur est aussi d’œuvrer en faveur de la prévention d’un conflit en Guinée. La crise politique est déjà suffisamment grave pour ne pas avoir à en rajouter, au risque de basculer dans la guerre civile. Il appartient au médiateur de trouver les voies et moyens de conduire le pays sur le chemin de la paix civile en favorisant de vraies élections. Au lieu d’adopter une attitude responsable et juste, Blaise Compaoré s’implique en faveur des bourreaux.
Ce « médiateur » est-il cynique à ce point ? A-t-il été corrompu ? Est-il guidé par des forces de l’ombre, économiques ou autres ? Quels sont les intérêts cachés ? On sait que la politique est par essence l’art de gérer les contradictions, mais il y a là une perversion insupportable du politique.
Le peuple de Guinée peut-il admettre cette piètre prestation qui le mène à la violence politique et à l’impasse ? S’il fallait tirer une leçon de cette situation, ce serait tout d’abord que Blaise Compaoré n’était pas la personne idéale pour mener cette tâche sensible : il est lui-même arrivé au pouvoir par la force et il s’est toujours appliqué à faire en sorte que la lumière ne jaillisse pas sur l’assassinat de Thomas Sankara ; en toute honnêteté, il n’est donc pas à la hauteur de l’enjeu. Il ne peut pas, face à la junte, être crédible en demandant à M.D. Camara de partir. N’oublions pas non plus qu’avant la signature des Accords de Ouagadougou en 2007, il ne s’est pas toujours distingué par son sens de la paix en Côte d’Ivoire, bien au contraire. En outre, son rôle de facilitateur au Togo n’a guère fait progresser la démocratie et le respect des droits de l’homme dans ce pays. Avant d’accepter une médiation, sans doute faut-il être plus vigilant sur les capacités et la personnalité du médiateur.
Douminique Bangoura
Docteur d'Etat en Science politique, auteur de plusieurs ouvrages sur la Guinée
Guinée: Camara prêt à des élections auxquelles il ne participerait pas
(AFP) – Il y a 1 jour
LAGOS — Le chef de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, s'est dit prêt à organiser des élections auxquelles il pourrait ne pas participer en raison de l'opposition de la communauté internationale, dans une déclaration publiée samedi par un journal nigérian.
"Je ne peux pas participer à une élection car la communauté internationale est contre ... Je suis prêt à tout moment pour cette élection s'ils (les acteurs politiques) le sont", a-t-il déclaré au quotidien privé Saturday Sun.
A la question de savoir s'il serait candidat, le président autoproclamé guinéen répond: "Non".
Née du coup d'Etat du 23 décembre 2008, qui a porté au pouvoir le capitaine Camara, la crise en Guinée s'est dramatiquement aggravée avec le massacre par les forces de sécurité de plus de 150 opposants, selon l'ONU, le 28 septembre dans un stade de Conakry.
Guinée : Dadis Camara fait appel à des mercenaires sud-africains et israéliens pour former ses milices
Le chef de la junte militaire guinéenne, le Capitaine Moussa Dadis Camara, continue de recruter des milices pour défendre son régime. Ces nouvelles recrues sont en train de subir une formation militaire avec l’aide des mercenaires israéliens et sud-africains dans un ancien camp de réfugiés sierra léonais, situé non loin de la ville de Forécariah, à environ 100 Km au sud-ouest de Conakry.
Le chef de la junte militaire, Capitaine Moussa Dadis Camara, ne semble guère faire confiance en son armée. En effet, malgré le semblant d’unité qu’affichent les militaires guinéens, depuis la prise du pouvoir le 23 décembre dernier, l’homme fort de Conakry continue de recruter des milices pour protéger son régime. Ces jeunes recrues qui sont issues, pour l’essentiel, des Guerzés, son groupe ethnique, subiraient en ce moment une formation militaire à Kaliah par des mercenaires sud-africains et israéliens. Cette localité, qui est située à une dizaine de Km de Forécariah (environ 100 Km au sud-ouest de Conakry), abritait entre 1996 et 2002, un camp de réfugiés sierras léonais qui avaient fui leur pays à cause de la rébellion du Ruf (Front uni révolutionnaire).
Des témoins contactés sur place par l’Agence France presse font état de la présence de 30 à 40 mercenaires israéliens et sud-africains. ‘Vous pouvez les reconnaître grâce à leurs uniformes qui disent formateur, sur le dos’, a déclaré un policier en service à Forécariah, joint par téléphone par l’Afp et qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat. ‘Le Capitaine Moussa Dadis Camara est en train de les former pour sauver son régime en cas de trouble’, renchérit un autre policier qui a également requis l’anonymat pour des raisons de sécurité.
On note, par ailleurs que l’Ong américaine Human Right Watch avait dénoncé récemment, dans un rapport, sur la situation politique en Guinée, le recrutement des milices par le chef de la junte militaire. Ces milices, qui seraient à la solde de Moussa Dadis Camara, auraient également participé au massacre survenu au Stade du 28 Septembre 2009 à Conakry.
Un porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères a déclaré, mardi dernier, que le gouvernement va ouvrir une enquête pour vérifier les allégations, selon lesquelles, des mercenaires en provenance d’Afrique du Sud participent à la formation des milices en Guinée. ‘Il y a des informations vraies et fausses dans cette histoire, alors nous vérifions avec beaucoup de prudence leur véracité’, a ainsi déclaré Ayanda Ntasaluba, directeur général du ministère des Affaires étrangères.
Des milliers d’armes de guerre circulent actuellement dans la région de Nzérékoré (située environ à 1 200 Km au sud-est de Conakry), frontalière avec le Libéria et la Sierra Léone. Le président Lansana Conté, qui craignait un débordement de la guerre civile au Libéria, avait en son temps armé et entraîné près de six mille jeunes de la région de Mancenta pour aider l’armée guinéenne à défendre le territoire contre les infiltrations des rebelles de l’ancien président libérien Charles Taylor. La plupart de ces jeunes furent ensuite enrôlés parmi les combattants du Mouvement uni de libération du Libéria (Ulimo). Ces derniers utilisaient le territoire guinéen pour lancer des attaques contre le Libéria. A la fin du conflit libérien, la plupart de ces milices devenus ensuite chômeurs, n’ont jamais restitué les armes qu’ils détenaient par-devers eux. C’est dire que la crise guinéenne constitue, pour nombre d’entre eux, une véritable aubaine.
Guinée: la junte dément la présence de mercenaires et critique les Etats-Unis
(AFP) – Il y a 2 jours
OUAGADOUGOU — Un membre de la junte au pouvoir en Guinée a démenti la présence de mercenaires dans le sud du pays pour former des recrues favorables au président autoproclamé Moussa Dadis Camara, et déploré une "accusation sans fondement" de la part des Etats-Unis.
"Nous avons une armée qui est formée et qui est en formation. Nous allons faire quoi avec des mercenaires? Est-ce que nous sommes dans une période de guerre? C'est une accusation contre la Guinée", a déclaré jeudi soir à la presse le ministre de la Communication Idrissa Chérif, présent à Ouagadougou dans le cadre de la médiation menée par le président burkinabè Blaise Compaoré.
"Nous avons un ministère de la Défense. Il y a des recrues qui ont été sélectionnées dans l'armée pour une formation, ce n'est pas une milice. Qu'on n'essaie pas de jeter le discrédit sur l'Etat de Guinée", a-t-il ajouté.
Des témoins en Guinée avaient indiqué lundi à l'AFP que des instructeurs militaires sud-africains mais aussi israéliens, embauchés par la junte qui a pris le pouvoir en décembre en Guinée, entraînaient des recrues dans un camp de Forecariah, à 100 km au sud de la capitale, Conakry.
Les Etats-Unis sont "profondément préoccupés" par des informations "selon lesquelles 40 à 50 instructeurs militaires sud-africains entraînent des miliciens en Guinée, dont certains ont moins de 18 ans", avait réagi jeudi un responsable américain sous condition d'anonymat.
"Il n'est pas intéressant que des pays que nous respectons comme les Etats-Unis s'aventurent dans des diktats en accusant la Guinée de prendre des mercenaires pour former des miliciens. Contre qui et pour faire quoi?", a répliqué M. Chérif.
"C'est une accusation sans fondement contre la Guinée", a-t-il poursuivi.
Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a indiqué mardi qu'il enquêtait sur les allégations concernant la présence de mercenaires sud-africains auprès de la junte guinéenne.
Déclaration attribuable à la Porte-parole du Secrétaire général
La commission d’enquête internationale sur les événements du 28 septembre 2009 en Guinée a commencé son travail Le Secrétaire général s’est entretenu aujourd’hui avec M. Mohamed Bedjaoui, Mme Françoise Ngendahayo Kayiramirwa et Mme Pramila Patten, les trois commissaires qu’il a nommés pour diriger l’enquête internationale sur les violations des droits de l’homme commises le 28 septembre 2009 à Conakry, Guinée.
Lors de la rencontre, le Secrétaire général a rappelé que la commission devrait travailler de manière indépendante pour établir les faits et faire des recommandations sur les mesures à prendre pour déterminer les responsabilités.
Les commissaires se rendront en Guinée du 25 novembre au 4 décembre. Le secrétariat de la commission d’enquête internationale, soutenu par le Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, est arrivé à Conakry le 15 novembre et a commencé le travail sur le terrain. Le Secrétaire général a reçu l’engagement écrit du Président Dadis Camara et du Premier Ministre Komara que les autorités guinéennes coopéreront et faciliteront le travail de la commission d’enquête internationale.
New York, le 18 novembre 2009