14.05.2008
Guinée - Gouvernace - Politique
Baldé Mountagha CLIC.ICI.POUR VOIR LA VRAIS VALEUR DE LA GUINEE.CONAKRY
A l’entame des travaux, le Directeur général de l’USAID a reconnu que la Guinée est l’un des pays les plus riches en ressources naturelles et humaines malheureusement mal gérées. « Les indicateurs sociaux sont mauvais.
L’enquête de Transparency International a montré que la Guinée est l’un des pays les plus corruption. La corruption s’est généralisée. Les services sociaux de base sont de mauvaise qualité. Nous avons beaucoup à faire pour railler le fléau. (…) C’est dire que la corruption doit être au cœur des préoccupation du gouvernement » a-t-il attiré l’attention des membres du gouvernement et des hauts cadres du gouvernement présents.
Le ministre du Contrôle Economique et Financier, de l’Ethique et de la Transparence a reconnu pour sa part que cet atelier s’inscrit dans la cadre du combat engagé par le gouvernement contre le phénomène corruption. Pour M.Saïdou Diallo, une croisade doit être livrée à la corruption. Car dit-il, elle tue l’économie en ce sens qu’elle réduit les recettes, accroît les dépenses et compromet dangereusement la politique d’une nation.
Il a à cet effet, demandé aux participants d’explorer de nombreuses pistes dont entre autres, Manque de responsabilité, la faiblesse des salaires et l’impunité. Avant de promettre que le gouvernement prêtera attention aux résultats issus des travaux qu’ils soient une stratégie ou un plan d’action.Durant trois jours, la centaine de participant aura à se pencher sur plusieurs thèmes. Notamment l’identification des portes d’entrée de haut risque de corruption dans les secteurs de l’administration, la présentation du Projet Faisons-Ensemble.
Aujourd’hui, dans la pose des diagnostics du mal, les participants ont pris connaissance d’un cas de corruption sur la réserve foncière de Sonfonia Casse. Un domaine de l’Etat vendu par un ancien gouverneur de la ville de Conakry.
Dès le 1er juin prochain, une nouvelle aventure commence pour la Société des transports abidjanais (Sotra). Sa première filiale internationale entre en activité. En terre guinéenne.
Quel est l'état de santé de la Sotra aujourd'hui ?
Je pense qu'il y a du mieux. Dans la mesure où les plans adoptés pour faire décoller cette société ont été appliqués progressivement. La Sotra ne va pas totalement mieux comme je le souhaiterais. Il y a encore des mesures complémentaires à appliquer. Et c'est ce que nous nous attelons à faire. Mais par rapport à l'état dans lequel j'ai trouvé l'entreprise en 2000, on peut dire que c'est le jour et la nuit.
En quoi consistent ces mesures ?
Le premier élément est l'assainissement du bilan. Voyez-vous, le bilan se caractérisait par deux postes qui pouvaient effrayer n'importe quel partenaire. Les pertes cumulées de 33,7 milliards de francs et des fonds propres négatifs de 12,5 milliards. Aujourd'hui, ce sont 5,5 milliards de fonds propres. Et le résultat cumulé positif est de 1,9 milliard de francs.
Pour les usagers, les résultats de vos actions doivent se juger par rapport au nombre d'autobus en ligne chaque jour. Alors que leur répondez-vous ?
La santé financière améliorée permet effectivement de renouer avec les banques, les bailleurs de fonds. La société est donc devenue banquable. Nous avons repris les investissements. Cela est visible aujourd'hui chez nos passagers avec le nombre de bus et leur état. En 2000, nous étions à 380 autobus dont l'âge moyen était supérieur à 18 ans. Aujourd'hui, avec le tout dernier arrivage, notre parc est de 900 autobus dont l'âge moyen est inférieur à 5 ans. Nous avons prévu de franchir cette année, au 3ème trimestre, le cap des 1000 autobus avec 750 en ligne dont l'âge moyen sera ramené à quatre ans. Ce qui, à mes yeux, sera une grande performance. Sans compter que, dans deux à trois mois, nous allons vous présenter des autobus made in Sotra industrie. Nous avons engagé une politique de filialisation avec Sotra tourisme qui est visible, avec ses couleurs. Sotra industrie qui produit déjà les bateaux-bus va fabriquer des autobus avec des châssis et moteur IVECO. Toutefois, le nom, pour indiquer que c'est fabriqué en Côte d'Ivoire est " Eburnie ". Des autobus de ville pour le transport urbain, mais également des autobus interurbains pour permettre à la Côte d'Ivoire de renouveler sa flotte interurbaine qui a beaucoup vieilli et diminué pendant la crise.
Ces autobus interurbains seront-ils vendus au privé ?
Ils seront vendus au privé. Dans notre programme, seule Sotra tourisme pourra faire toutes les destinations nationales et internationales en fonction du développement touristique. En matière de transport, nous allons simplement créer des filiales pour le transport urbain dans les principales villes du pays.
Malgré ces résultats, les temps d'attente sont encore longs aux arrêts.
Les attentes sont effectivement longues. Mais cela n'est pas lié au nombre d'autobus. La cause principale est les embarras de la circulation.
C'est-à-dire ?
Les embarras de la circulation sont par exemple les embouteillages dont certains sont provoqués par des barrages de police sur les routes. Barrages que nous ne comprenons pas aux heures de pointe. Vous avez les cas d'Abobo et Yopougon qui sont des cités dortoirs et vers lesquelles les passagers commutent dans les deux sens aux heures de pointe. Et puis, il y a aussi l'insuffisance de sites propres. Compte tenu du développement de la ville d'Abidjan qui, à mon avis, tend vers cinq millions d'habitants, les véhicules privés sont en nombre important. Ce qui est tout à fait normal. Mais dans les villes bien organisées dans le monde entier, il y a ce qu'on appelle des sites propres d'autobus. A Paris, le maire a agrandi les sites propres d'autobus pour fluidifier le transport en commun. Abidjan dispose seulement de sept kilomètres de corridor spécialisé réservé aux autobus de la Sotra. La ville de Séoul en a 200. Quand il y a eu la grève des transporteurs privés le 25 février 2002, le parc de la Sotra était de 600 véhicules en ligne. Mais du fait de désencombrement des routes, les gens étaient surpris de nos performances. Certains pensaient qu'on avait des autobus en réserve. Or c'était simplement parce que la circulation était fluide. Même si nous accroissons le nombre de bus en ligne à 1000 ou 1500, on ne pourra pas améliorer la qualité du service puisqu'on ne maîtrise pas les temps du parcours. A cause des barrages, des accidents, de l'indiscipline, de l'encombrement même de la chaussée par des commerçants qui n'ont rien à y faire.
Le gouvernement est-il informé de ces difficultés ?
En 2002, avant le déclenchement de la crise, un nouveau plan de circulation de la ville d'Abidjan était en cours d'élaboration au ministère des Infrastructures économiques. Nous y avions participé. Ce plan prévoyait 40 km supplémentaires de sites propres. Les infrastructures actuelles permettaient cette création de sites propres. Je parie que si nous nous retrouvons à 47 km, le trafic sera rapide et l'on n'aura pas besoin d'investir beaucoup dans les autobus puisque la rotation et la vitesse commerciale vont augmenter. On aura l'effet de plus de 1500 bus en ligne avec 750 seulement.
A l'époque, vous avez invité les mairies et le district d'Abidjan à entrer dans le capital de la Sotra afin d'être associés à la gestion du transport public. Cela pouvait-il régler ces embarras de la circulation ?
Malheureusement, notre message n'est pas passé. Aucune de ces entités, auxquelles l'Etat a cédé une partie de ses pouvoirs, n'a réagi à notre appel. Nous nous proposons de faire encore des journées portes ouvertes au District et aux mairies pour remettre le sujet à l'ordre du jour.
Vous parler ces derniers temps de charte de développement durable. Que renferme cette notion dans le milieu des transports ?
La charte de développement durable est un élément d'actualité pour les sociétés de transport. Et la Sotra est la seule société, en Afrique au sud du Sahara, à avoir signé cette charte de l'Union internationale des transports publics (UITP). Qui repose sur trois piliers. D'abord, la satisfaction de la clientèle, l'élément fondamental. Ensuite, la gestion administrative et financière. Parce qu'il faut être rentable, sinon vous disparaissez. Enfin la gestion sociale et environnementale.
Où en êtes-vous concrètement dans l'application de ces piliers de la charte en question?
Nous avançons bien. La satisfaction de la clientèle se réalise avec les acquisitions d'autobus en cours. L'assainissement de la gestion entreprise depuis 2000 a porté ses fruits. Au niveau du 3ème pilier, nous avons mis en place un système de prise en charge maladie pour le travailleur et sa famille. Nous avons réhabilité ou construit six centres médicaux dont quatre ouverts aux familles. Et nous venons de terminer un centre d'ophtalmologie dans la mesure où dans notre métier, la vue est primordiale. En plus de cela, nous avons introduit au niveau technologique des systèmes moins polluants. Nous avons donc mis ces trois critères du développement durable dans le challenge d'évaluation de nos centres bus. Dans le domaine environnemental, nous sommes sur un projet important.
Lequel ?
Avec la Petroci, nous allons démarrer une expérimentation des autobus à gaz. Nous avons signé un accord. Le projet est lancé. Nous avons commandé des autobus à gaz chez nos partenaires iraniens. Les travaux de construction de pipeline entrepris par la Petroci vont permettre d'alimenter une station d'emplissage dans notre siège à Vridi. Quatre prototypes vont être utilisés avec en perspective la généralisation du système sur l'ensemble du parc.
Quel est le taux d'investissement des 12 milliards recueillis lors de l'emprunt obligataire de l'année dernière ?
Nous avons réussi, grâce à notre capacité de renouer avec le monde financier (banques et institutions) et les épargnants, à mobiliser 10,2 milliards de francs sur un objectif de 12 milliards. La BNI a complété ce montant à 12 milliards par une ligne de mobilisation spéciale. Aujourd'hui, le taux d'utilisation est estimé à 80%. Nous avons déjà engagé quatre milliards pour le développement des technologies nouvelles (billetterie électronique) ainsi que le système de gestion par satellite de la flotte en temps réel (utilisation du GPS). Les investissements en autobus prévus valent six milliards. Déjà trois milliards ont été réalisés avec l'acquisition de d'autobus neufs TATA réceptionnés il y a quelques jours. Nous venons d'ouvrir le dossier pour les trois milliards complémentaires pour l'achat de 64 autobus neufs de marque Mercedes fabriqués en Iran. Ceux-ci sont au stade de la peinture. D'ici, la fin du mois de juin, ces autobus seront sur nos routes. Ce qui nous reste vraiment à engager, mais en liaison avec la direction des marchés, ce sont les gares lagunaires de Niangon Lokoua et Koumassi Nord-est.
Tous ces chantiers sont en cours et la Sotra est annoncée en Guinée. Une opération de prestige ou une opération commerciale rentable ?
Il faut analyser cette opération sur deux plans. Avec la crise que nous connaissons, notre pays a perdu un peu de son influence dans la sous-région. Pourtant économiquement, il reste encore debout. Pour tous les citoyens, la conquête de marchés extérieurs est une opération de repositionnement de la Côte d'Ivoire. Mais, cette opération ne se fait pas à perte. Le Bnetd, en exportant son expertise, a dégagé des bénéfices qu'il ne pouvait pas réaliser sur place. Notre objectif n'est donc pas d'aller faire du prestige. Dans l'opération de la Guinée, ce qui est intéressant, c'est que les autorités ont opté pour un schéma moderne utilisé dans le monde.
Comment ?
La Sotra se caractérise par une grande lourdeur de sa gestion parce qu'elle fait l'exploitation de la concession de transport, investit dans les autobus, les infrastructures… En somme, elle fait trop de choses, elle seule. Ce qui fait qu'elle draine un bilan qui est très lourd. Nous terminons l'exercice 2007 avec un total bilan supérieur à 80 milliards. En réalité, une société de transport n'a pas besoin d'un bilan aussi lourd. Les Guinéens l'ont compris. Ils ont donc choisi un schéma utilisé partout. L'Etat ou la collectivité locale, directement ou à travers une société de patrimoine, est propriétaire de tous les investissements nouveaux. C'est-à-dire les infrastructures, immeubles, matériels de transport et équipements de maintenance industrielle. En dehors de cela, il reste l'exploitation.
Alors, qu'allez-vous faire dans ce schéma ?
La Sotra va créer une filiale qui va faire l'exploitation. Donc, nous partons avec nos valises, c'est tout. Nos valises, ce sont nos logiciels, nos ordinateurs, nos papiers de bureau. La dénomination sur laquelle nous sommes tombés d'accord avec nos partenaires est la Société d'exploitation des transports guinéens (Setrag). C'est une société avec une structure capitalistique légère. Nous avons prévu un capital minimum de deux milliards de francs guinéens, un peu moins de 120 millions de francs CFA à investir. C'est une opération de transfert de technologie dans laquelle nous ne sommes pas appelés à faire des pertes, même s'il s'agit d'un transport social.
Le besoin de transport public est-il réel en Guinée aujourd'hui?
Tout à fait. La population n'attend que cela. Il y a une pression énorme. Ce qui est très encourageant, c'est que Conakry est devenue un vaste chantier où les routes identifiées pour ouvrir les trois premières lignes offrent une qualité supérieure à celles d'Abidjan.
Quand les premiers autobus seront-ils en ligne?
La date prévue pour le démarrage des activités est le 1er juin 2008. Nous démarrons avec 114 autobus dont 100 neufs et 14 qui ont deux ans. 70% seront affectés au transport urbain et 30% au transport interurbain. Mais ils seront tous gérés dans le même dépôt. Nous avons un expert sur place pour la formation des conducteurs. Après cette phase, nous attaquerons l'autre volet des transports à Conakry.
Lequel ?
Les autorités sont fortement intéressées par les bateaux bus. La ville de Conakry est sur une presqu'île. La mer de là-bas est très calme. Cette demande a été rendue très pressante par l'accident qui est intervenue récemment quand une pinasse qui transportait des étudiants camerounais a chaviré. 35 de ces jeunes sont morts noyés. Le choc était très grand au sein de la population. Une autre équipe est en route pour voir les modifications à apporter à nos bateaux pour les adapter à leurs eaux. Les autorités prévoient déjà l'achat de deux bateaux. Ce serait une bonne affaire pour Sotra industrie qui a en chantier deux bateau en construction.
L'ancien ministre Kassory Fofana chez Mamadou Sylla
L'ancien ministre des Finances a été aperçu, lundi dans l'après-midi, au Patronat de Mamadou Sylla à Kaloum. Dans un véhicule administratif, Kassory était venu, dit-on, rendre visite à un de ''ses amis''.
En Guinée depuis maintenant plusieurs jours, Ibrahima Kassory Fofana, accusé à tort ou à raison, par ses anciens proches collaborateurs d'être l'un des plus grands prédateurs de l'économie guinéenne, multiplie des contacts auprès des autorités et autres personnalités du pays. Pour quel but? La question reste posée.
Seulement, de folles rumeurs parlent de son désir à occuper le poste de Secrétariat général à la Présidence avec rang de ministre. Un poste occupé jusque-là par Sam Mamadi Soumah.
Kassoy Fofana, dont le retour en Guinée, fait la Une de beaucoup de journaux de la place est, a-t-on appris, ''rentré définitivement au pays'' après des années d'absence.
Kassory Fofana chez Mamadou Sylla étonne plus d'un. Car l'ancien ministre qui clame qu'il fait peur avait, au cours d'un de ses voyages en Guinée, (au lendemain des douloureux évènements de janvier et février 2007), affirmé à la presse que ''Mamadou Sylla s'est indûment enrichi seulement après mon départ du Gouvernement... composé de médiocres''.
Cette phrase avait, à l'époque, fait le tour de la Guinée. Mais comme il faut s'allier au diable pour parvenir à ses fins, Kassory se rapprocherait-il donc de celui qui, pour reprendre ses propos, a ''contribué à appauvrir son pays''? Affaire à suivre...
Autosuffisance alimentaire
pour voir le site speciale : http://www.amerigui.blogspot.com
Kouyaté veut du riz pour tous
Le gouvernement met 22 milliards dans les plaines de ‘’Monchon’’
Faire de la Guinée le grenier de la sous-région et d'ailleurs. Telle est la volonté du Premier ministre Lansana Kouyaté et son Gouvernement. Depuis la retraite la retraite de ''Bel air'', l'équipe que dirige Lansana Kouyaté s'est donnée pour défi d'aller à la conquête de l'autosuffisance alimentaire. Cette volonté s'est matérialisée récemment par le lancement de la campagne agricole dans la préfecture de N'Zérékoré, grâce à un investissement sur fonds propres du Gouvernement à hauteur de plus de 22 milliards de francs guinéens.
L'équipe du ''changement'' ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Le week-end dernier, c'est la signature d'un nouvel accord portant l'exploitation des dites de ''Monchon'' en basse côte qui a été signé entre le ministre de l'Agriculture Mamoudou Camara, et M. John Gunter, Directeur d'un géant américain de l'agriculture mécanisée, à savoir ''The Gunter Food Product''.
La convention porte sur un financement de 80 millions de dollars US qui seront entièrement apportés par la société ''Amerigui LLC'', filiale du groupe américain. L'exploitation proprement dite portera une superficie de 800 hectares de riz, sur les vastes plaines de ''Monchon''.
Amerigui devra non seulement fournir le riz produit aux Guinéens à des prix abordables par tous les ménages, mais la filiale s’est engagé à apporter toute la logistique, les semences et l'expertise nécessaire à la modernisation de l'agriculture dans notre pays. Le ministère veut saisir cette occasion pour étendre la superficie culturale à 2000 ha dans les années à venir. Le tout, précise-t-on dépendra de la satisfaction du Gouvernement après les premières résultats donnés par le partenaire. Si l’on en croit des proches du ministre Camara, l’objectif final est de parvenir à l’autosuffisance alimentaire en Guinée.
La société américaine, de son côté a pris de respecter tous ses engagements et donner satisfaction aux Guinéens. Pour matérialiser cet engagement, la société a déjà fait venir une bonne partie de son matériel agricole en Guinée.
En attendant que les travaux démarrent dans les semaines à venir, ce sont les populations guinéennes qui se réjouissent de cet autre grand résultat de l’équipe de consensus ; engagés qu'ils sont, à faire de la Guinée un pays producteur et exportateur du riz. Une céréale qui constitue la base de l'alimentation dans le pays, mais dont le prix sur le marché international à atteint des proportions surréalistes.
Il faut noter que ce projet permettra qui n'est qu'à un début, entraînera dans sa phase d'exploitation l'embauche de plusieurs centaines de jeunes sortis de nos instituts de formation agricole, et qui jusqu'ici, étaient à la recherche du premier emploi.
Annulation du contrat des hôtels avec la LIBYE
Des centaines de millions perdus par la Guinée
Dans le souci de doter la Guinée d’hôtels de qualité, le Premier ministre Lansana Kouyaté, dans le cadre de la relance de la coopération bilatérale, avait, il y a peu, confié à la Libye, la construction de plusieurs hôtels dont ceux de Camayenne, Kaloum, Niger et Novotel. Des complexes tombés en désuétude, depuis près d’une décennie et dont la reprise se heurte constamment à l’énormité des frais qu’elle nécessite.
En plus de ces édifices, dont l’un pour la première fois en Guinée devrait être un ‘’5 étoiles’’, la Libye à travers son groupe de renommée internationale 'Laico, devait aussi construire plusieurs hôtels préfectoraux. L’évidence est que le Premier ministre avait à cœur, quand il prenait ses fonctions, de hisser la Guinée au rang des grandes métropoles africaines, dotés d’hôtels de qualité, fréquentables.
Mais contre toute attente, et dans des conditions jugées mystérieuses, un décret du Chef de l’Etat, le Général Lansana Conté, venait interdire la cession desdits hôtels aux investisseurs. Dans les allées du Palais, des oreilles introduites expliquent que des forces rétrogrades ont usé de manœuvre souterraine pour convaincre Lansana Conté de se renier, en rejetant en bloc le projet. Fait curieux, c’est le Général lui-même qui, émerveillé par un tel projet, avait, dès son élaboration, donné son accord au Premier ministre pour la rénovation des réceptifs hôteliers suscités.
Conséquence : la réalisation desdits hôtels, qui en principe devraient être inaugurés à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, le 02 octobre prochain, tombe à l’eau. Pour plusieurs observateurs la Guinée vient une nouvelle fois de rater le coache, par la faute de certains de ces fils qui ont choisi de toujours faire obstacle à son développement.
Le plus surprenant, c’est qu’au lieu de verser des larmes, pour le destin contrarié de ce pays, des partisans du Chef de l’Etat n’ont pas caché leur joie après que ce grand projet ait été foutu en l’air.
Pour ces derniers, aucun forfait n’est de trop s’il s’agit d’‘’affaiblir’’ Lansana Kouyaté. Même au prix de la souffrance des Guinéens. Opposés à la dilapidation des biens publics, préoccupés par le bien-être leurs concitoyens Kouyaté et son gouvernement sont devenus des empêcheurs de tourner en rond
Mais, au-delà du ‘’décret d’annulation’’, il y a lieu de pousser un tout petit peu la réflexion et de voir concrètement ce que la Guinée perd en compromettant ce projet salvateur que d’autres pays ne rateraient sous aucun prétexte.
En effet, outre la reprise des hôtels, la Libye avait déjà entrepris des études pour la relance de la culture de l’ananas et de l’implantation d’une usine de jus de fruits dans la région de Forécariah. La relance de la culture de l’ananas devait sans nul doute offrir la possibilité à des milliers de nos compatriotes d’obtenir de l’emploi, et renflouer par le biais des taxes divers, les caisses de l’Etat Rappelons aussi que la construction des hôtels à travers le pays, tout comme leur exploitation après le 02 octobre devait également donner du travail à d’autres milliers de Guinéens.
Il n’y a pas besoin de rappeler que ce sont des centaines de jeunes, hautement qualifiés, sortis des écoles d’hôtellerie, qui attendent toujours leur premier emploi. La Lybie toujours dans le cadre de sa coopération avec la Guinée, prévoyait également de doter le pays d’une compagnie aérienne de haut standing, comme l’ont fait d’autres pays qui se sont associés à d’autres grandes compagnies.
Le plus surprenant, c’est qu’après avoir interdit la construction des hôtels par les Libyens à travers le pays, la Présidence est restée muette sur les solutions qu’elle propose pour réorganiser cet autre secteur à l’agonie, ni ce qu’elle comptait faire des vieux hôtels abandonnés. Pour mémoire, il faut rappeler que depuis des lustres, l’hôtel Kaloum, par exemple, est abandonné.
15:07 Publié dans Dernier Nouvelle de Guinée Conakry Par Mountagha B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.05.2008
Guinée - République - Union - Enfance-Gouvernance - Agriculture - CDEAO-JUSTICE
LES ETATS-UNIS D’AFRIQUE : ENJEUX, OBSTACLES, ESPOIRS
Fin Juin début Juillet 2007, les chefs d’Etat et de gouvernement Africains se sont réunis à Accra au Ghana en sommet de l’Union africaine. Les yeux du monde entier étaient tournés vers la capitale du Ghana où l’on espérait voir le continent noir faire un miracle. Comme la « Geste » de Soundjata Keita il y a des siècles et pendant la période des grands empires africains, les naïfs du monde entier semblaient attendre de ce continent longtemps à terre qu’il se relève d’un seul coup et se mette à courir pour faire ainsi oublier des décennies de retard, de divisions, de sous développement. Qu’attendait-on des Africains à cette occasion ? Réaliser en l’espace d’une réunion de 3 jours et à la faveur d’un certain nombre de bonnes volontés quelquefois mégalomaniaques, une union que l’Europe a commencé depuis plus de 60 ans déjà et qu’elle n’a pas encore réussi à parfaire sur le plan économique tandis que l’union politique du vieux continent est encore très loin de sa réalisation. Une union que les Etats-Unis d’Amérique ont mis des siècles à réaliser. On attend donc de l’enfant perclus ou mieux le paralytique de la famille des continents qui n’a encore jamais rien réussi de bon qu’il se lève en un jour et commence à courir, alors même qu’il n’a ni encore appris à se tenir sur ses jambes, ni appris à marcher. Le miracle n’arrivera pas. Que s’est-il exactement passé à Accra en 2007 ? Pourquoi l’Union Africaine n’a pas réussi à se transformer en Etats-Unis d’Afrique ? L’Afrique pourra t-elle réaliser son union et devenir un grand ensemble ? Si oui, à quelles conditions ? Telles sont les questions auxquelles il nous faut essayer de répondre. Cela ne va pas être facile et les approches faites ici sont loin d’être exhaustives ou de prétendre épuiser la matière. Mais pour essayer une ébauche de réponse aussi infime soi-t-elle, il nous faut comprendre un certain nombre d’autres choses pour ne pas sembler parachuter le problème et les tentatives solutions.
Dans la mesure où les Etats-Unis d’Afrique constitue la traduction pure et simple dans la réalité de la philosophie du panafricanisme, nous essayerons d’aborder le problème en analysant tour à tour les origines (I) du processus, les enjeux qu’ils recèle (II), les obstacles (III) à ce panafricanisme avant de voir comment l’Afrique pourra éventuellement surmonter l’obstacle et aboutir un jour aux Etats-Unis d’Afrique (IV), ce grand ensemble continental utile pour son développement.
I- LES ORIGINES
A l’origine, le panafricanisme était une simple manifestation de solidarité fraternelle entre les Noirs d’ascendance africaine des Antilles britanniques et des Etats-Unis d’Amérique. C’était, comme l’a si bien noté Lansiné Kaba, un mouvement d’émancipation américaine. C’est en ce sens que le mouvement fut conçu et énoncé au départ par l’écrivain Noir américain Dubois en reconnaissance de la souffrance des Noirs et en hommage au sang versé par les Africains et Américains. Le Panafricanisme avait donc à ses débuts une définition légèrement éloignée de ce qu’elle est de nos jours. A l’origine, le mouvement ambitionnait donc la renaissance, la libération et l’émancipation du monde noir.
C’est l’encyclopédie multimédia qui donne la définition correspondant à l’idée véritablement originelle du panafricanisme. D’après ce dictionnaire, le panafricanisme est un mouvement visant à l’accomplissement des Noirs par l’égalité des Droits avec les Blancs, l’indépendance économique et politique. Cette idée se concrétisa lors du premier congrès panafricain avec la revendication par les Noirs du droit à disposer d’eux-mêmes.
Mais le mouvement va connaître par la suite une nouvelle orientation. En effet, l’évolution de la marginalisation des Noirs de même que celle de leur vassalisation à travers l’esclavage et la colonisation puis le néocolonialisme des Etats africains vont se combiner pour faire évoluer cette idée de solidarité fraternelle entre Noirs de départ vers une idée de solidarité et d’unité des peuples noirs dans leur ensemble. Il semble que c’est cette évolution que l’on retrouve à l’origine du mouvement tel qu’il est connu aujourd’hui avec des noms aussi divers que William Dubois, Marcus Garvey, Georges Pandore, Cheik Anta Diop, et Sylvester Williams. Ce dernier va même être à l’origine de la première grande réunion fondée sur cette idée de solidarité fraternelle entre Noirs à Londres en 1900 et c’est à cette réunion que sera évoquée pour la première fois la notion de « Panafricanisme ». C’est à cette évolution du concept d’une solidarité entre des individus de couleur noire vers un éveil et une érection de l’Afrique en une vaste communauté politique, culturelle et économique que s’est adaptée la définition que l’on a désormais du terme dans d’autres dictionnaires. Le chanteur Bob Marley a chanté cette nécessaire unité de l’Afrique en tant que continent que les enfants du continent désirent tant dans sa fameuse chanson des années 80 intitulée « Africa Unite ».
D’après le dictionnaire Larousse, le panafricanisme s’entend de l’idéologie qui vise la solidarité et l’unité des peuples africains. Il s’agit d’une doctrine politique et socioculturelle qui prône l’unité des Etats africains comme étant l’unique voie de leur libération effective, de leur émancipation et de leur développement. Considéré comme une doctrine philosophique, le panafricanisme propose l’Afrique dans sa globalité comme devant être le commencement et l’aboutissement de toute action politique, économique et culturelle relative au continent considéré encore à ce jour comme étant le continent « berceau de l’humanité ».
Au cours du premier Congrès du panafricanisme, Dubois parvient à sensibiliser les intellectuels Noirs du monde, particulièrement antillais et surtout africains à s’unir. Il faut signaler que Kwame Nkrumah, le chantre du panafricanisme, fut profondément influencé aux Etats-Unis par Dubois et son idée panafricaniste dont il deviendra plus tard le véritable promoteur politique.
Le sixième (6ème) Congrès du mouvement tenu à Manchester en 1945 avait connu la participation des jeunes leaders africains comme Nnamzi Azikiwe, Jomo Kenyata, Kwame Nkrumah. Le mouvement est aussi devenu à partir de là l’élément moteur de la lutte pour l’indépendance des Etats africains.
Si Dubois surtout et dans une certaine mesure Marcus Garvey peuvent être considérés comme les pères philosophiques du panafricanisme, Cheik Anta Diop, Senghor et Aimé Césaire (qui vient de mourir à 94 ans) peuvent être vus comme ses parrains littéraires tandis que Kwame Nkrumah va en être le principal promoteur politique.
L’idée panafricaniste va être à l’origine d’une profusion d’union politique entre les Etats africains au lendemain des indépendances. Dès le 17 septembre 1958 déjà, les Etats de l’Afrique de l’Est, des partis nationalistes et des syndicats vont se réunir dans la Pan African Freedom Movement of East, Central and Southern Africa, le PAFME CSA où on pouvait noter la présence des pays ou territoires comme le Kenya, l’Ouganda, le Tanganyka, le Nyassaland et le Zanzibar. En novembre 1958, la Guinée Conakry et le Ghana décident une union qui va rapidement prendre fin. Le 17 janvier 1959 se crée la fédération du Mali comprenant, le Dahomey, le Sénégal et le Soudan (le Mali et la Haute Volta ). Cette fédération sera vite dissoute et remplacée le 30 mai 1959 par le Conseil de l’Entente comprenant la Côte d’Ivoire, le Dahomey, la Haute Volta , le Niger et le Togo. Le 19 juillet 1959, le Ghana, la Guinée Conakry et le Libéria s’unissent à Sanniquellé. Du 15 au 19 décembre, le Conseil de l’Entente s’unit aux pays de l’ex Afrique Equatoriale Française (A.E.F) pour former l’Union Africaine et Malgache (U.A.M). En mars 1961, l’U.A.M. s’élargit pour créer l’Organisation Africaine et Malgache de Coopération Economique (O.A.M.C.E).
Il y avait deux tendances au niveau des pays en ce qui concerne l’idée de l’unité africaine. Il y avait la tendance dite supra nationaliste qui voulait une Afrique unie dirigée par un seul et même gouvernement, avec une carte du continent tel qu’il se présentait avant la Conférence de Berlin en 1884. Cette tendance qui militait pour une véritable union pluridimensionnelle (politique, économique et culturelle) réunissait dès janvier 1961 dans ce qu’on appelait alors le « Groupe de Casablanca », les pays comme le Ghana (de Kwame Nkrumah), la Guinée Conakry (de Sékou Touré), l’Egypte (RAU) (de Nasser), le Mali (de Modibo Kéita) et le Maroc (de Mohammed V). Comme on peut le noter, cette tendance était composée d’Etats dits progressistes « anti-impérialistes » dont le porte étendard est Kwame Nkrumah, l’homme qui aura tout fait pour voir naître une Afrique unie.
A côté de celle-ci, il y avait la tendance dite modérée qui avait réunie la même année dans ce qui sera connu comme le « Groupe de Monrovia » 19 pays dont les pays de l’Union Africaine Malgache (UAM) auxquels se sont ajoutés l’Ethiopie, le Libéria, la Libye , le Nigeria, la Sierra Leone , la Somalie , le Togo, la Tunisie , etc. Cette tendance était opposée à la première qu’elle considérait comme utopiste pour trois (3) raisons. Premièrement, pour ce groupe, la tendance supra nationaliste entraînera l’autarcie de l’Afrique par rapport au reste du monde dont elle avait besoin. Ensuite, elle soutient que les disparités d’ordre culturel considérables séparant les pays africains de même que les caractères fort hétérogènes et dissemblables de ces Etats ne leur permettent pas de se fondre comme le souhaite la tendance maximaliste. Cette tendance militait donc pour une union souple de l’Afrique qui irait progressivement vers une union économique et culturelle. L’approche ici est minimaliste mais semble aujourd’hui et à certains égards la plus réaliste, vu l’évolution de la situation générale.
Entre les deux, il y avait une tendance intermédiaire qui était favorable à la mise en place de regroupement sous régionaux locaux devant déboucher progressivement sur la réalisation de l’unité du continent.
C’est cette conception dont le chef de file était Léopold S. Senghor qui semble avoir reçu l’assentiment des fondateurs de l’O.U.A. qui, en optant pour un compromis entre la position maximaliste défendue par Nkrumah et celle minimaliste défendue par Houphouët Boigny, ont préféré une organisation inter étatique conçue dans le cadre d’une coopération entre Etats indépendants à une O.U.A. conçue comme une organisation supranationale. La Charte de l’O.U.A. n’avait donc pas clairement tranché la question des Etats Unis d’Afrique. L’O.U.A. a cependant retenu une approche progressive et à travers l’intégration sous régionale comme préalable puisque dès août 1963, la résolution CM/5/I du Conseil des Ministres a invité les Etats membres à envisager une politique de regroupement entre voisins dans le cadre des mêmes zones géographiques.
Cette politique de sous régionalisation qui sera rappelée dans plusieurs des actes de l’OUA avait essentiellement pour but ultime l’intégration du continent dans une vaste communauté africaine à travers un processus progressif. Cette intégration qui est multisectorielle était divisée en quatre (4) secteurs : intégration économique, intégration politique, intégration sociale et intégration culturelle.
Dans cet ordre d’idée, par sa résolution CM/464 (XXVI) l’OUA divise l’Afrique en cinq (5) grandes sous régions : Afrique du Nord, de l’Ouest, du Centre, de l’Est et du Sud et chacune de ces régions doit s’intégrer dans une seule organisation sous régionale.
II- LES ENJEUX
L’enjeu fondamental du panafricanisme ou des Etats-Unis d’Afrique est d’intégrer économiquement, culturellement, socialement et enfin politiquement l’Afrique.
A l’heure de la mondialisation, au moment où le monde parle en terme de grands ensembles et même de « grand village planétaire », et où la notion d’Etat est complètement précarisée par rapport aux grands ensembles, l’Afrique ne peut plus s’offrir le luxe de prétendre au développement dans les micro entités, exiguës que sont nos Etats. L’Afrique doit penser à un grand ensemble qui, comme l’a dit l’ancien Secrétaire Général de l’OUA Edem Kodjo, pèsera véritablement sur le plan international.
Le but ultime du panafricanisme ou des Etats-Unis d’Afrique est de lutter contre la balkanisation de l’Afrique avec une suppression des frontières issues de la colonisation afin d’arriver à une unité du continent berceau de l’humanité.
Dans la perspective d’aboutir à une union économique à la dimension de l’Afrique toute entière, l’OUA avait mis un accent particulier sur l’intégration économique dans sa stratégie d’intégration multisectorielle. Dans cette perspective, le plan d’action de Lagos qui est en partie ce que nous avons aujourd’hui dans le NEPAD, avait, dans les années 80, imposé aux diverses sous régions des obligations dans divers secteurs, notamment le secteur financier, celui du commerce intra africain, le secteur de la réduction puis l’élimination des barrières commerciales.
Si cet ensemble de mesures ou de conditions adoptées au sommet économique de Lagos en 1980 avait connu une véritable mise en œuvre, l’Afrique aurait pu faire une avancée très significative en direction d’une Communauté économique africaine en prélude à une intégration politique marquée par des institutions fortes, auto intégrées et légitimées par les peuples africains satisfaits par les réponses socio-économiques concrètes de l’Afrique dans leur quotidien. Effectivement, si les Etats ou responsables politiques africains avaient, par le biais de l’intégration économique, permis aux populations de bénéficier des bienfaits de l’intégration, celles-ci auraient été plus que favorables à l’union entre les Etats africains et donc permis à l’intégration de se faire à partir du bas. En effet, il n’y a rien de plus intéressant dans ce processus que d’avoir des peuples désireux de se rapprocher pour faire en sorte que l’intégration et l’union ne soient pas perçues comme imposées mais comme voulue par les populations et par elles seules. C’est en ce sens que l’on peut parler d’une intégration et d’une union africaines réalisées par les populations ou les peuples africains. Cela veut dire que les populations se sont entièrement appropriées un processus qu’elles ont trouvé intéressant pour elles.
Ce processus d’intégration économique en prélude à l’intégration politique et culturelle est le chemin adopté par l’Union Européenne dont l’intégration a commencé depuis les années 1950 sur une base économique avant d’arriver aujourd’hui à une intégration politique qui est encore imparfaite et évolutive. Si l’Afrique doit copier certaines choses auprès de l’Occident, cette procédure d’intégration est l’une des choses à prendre.
Hélas, au niveau de l’OUA, rien n’a été fait depuis 1980 et 20 ans après, le Plan d’Action de Lagos est aujourd’hui pratiquement intégré point par point dans le NEPAD qui est lui-même sur le plan d’être une fois encore jeté aux orties par des Etats africains qui n’ont pas encore commencé à prendre leur nécessaire intégration régionale à bras le corps.
III- LES OBSTACLES
Ce que l’on constate ostensiblement est que les principaux obstacles à la réalisation de l’Union Africaine agissante qui sont brandis semblent s’être orientés autour de la personne du guide libyen Mouammar Kadhafi. Il y a là sans nul doute un problème de leadership dû au fait que depuis 2000, c’est le président Kadhafi qui a pris sur lui de rallumer le flambeau éteint des Etats-Unis d’Afrique dont l’idée semblait être mis sous le boisseau pendant des années. Et il l’a fait de la façon qu’on lui connaît en mettant en place une diplomatie de l’argent. C’est justement cette manière de convaincre à coup d’argent pour essayer d’imposer les idées qui a conduit un certain nombre d’autres responsables politiques africains à prendre ombrage du leadership de Kadhafi et à s’irriter contre lui parce qu’il est considéré comme essayant de contourner tout le monde. En tenant compte en plus de la mauvaise image qu’avait le leader libyen en Occident, les critiques n’ont donc pas manqué de fuser de partout. Il est par exemple soutenu que son pays baigne dans une dictature stalinienne ; que la Libye est l’exemple le plus accompli du racisme ou de la discrimination, de la xénophobie contre les Noirs. Il est également reproché à la Libye de se sentir à l’étroit et d’avoir accumulé beaucoup d’unions mort-nées (avec l’Algérie, l’Egypte, le Soudan, la Tunisie , le Tchad, les Etats-Unis du Maghreb Arabe, la Communauté des Etats Sahélo saharien, etc). Mais il semble que là n’est pas la question. En effet, quelle que soit la personne qui la propose, l’Union Africaine ou l’intégration africaine en un vaste ensemble est une idée noble et ne doit pas se voir dresser des obstacles devant elle parce que c’est une personne mal vue ou peu appréciée qui l’a proposée. Il ne faut plus tomber dans l’écueil d’hier qui a fait que le panafricanisme a été rejeté parce que c’est Nkrumah, la bête noire des occidentaux qui en était le chantre. De plus, il convient de rappeler à ceux qui se limitent à ses questions totalement subjectives que le panafricanisme n’est pas une idée de Mouammar Kadhafi. Elle existait avant que le leader libyen n’accède au pouvoir et elle résistera au passage au pouvoir et même à la disparition du guide libyen. Il faut donc éviter de commettre la même erreur que par le passé et d’aboutir à la même situation que celle qui a suivi le départ du pouvoir de Nkrumah et où plusieurs leaders africains se sont finalement rendus compte qu’en réalité, ce que cet homme exigeait pour l’Afrique, était la meilleure et la seule façon de réaliser le bonheur de notre continent.
La seule chose qui a été faite par le leader libyen, c’est de récupérer l’idée qui est née et qui existe depuis bien longtemps et comme d’habitude de faire une forte diplomatie de l’argent pour que ses collègues acceptent l’idée des Etats-Unis d’Afrique ou du moins ne s’y opposent pas. On se rappellera encore de comment tout a commencé avec la tenue du sommet de l’OUA en 2000 au Togo. A coup de dollars, le Colonel Kadhafi a essayé de ressusciter et d’imposer une idée qui avait des origines lointaines et qui est fondée sur les desseins les plus nobles. Depuis le sommet de l’OUA de 2000 à Lomé où l’Union Africaine a enterré l’OUA et pris sa place, Mouammar Kadhafi a fait feu de tout bois pour voir naître les Etats-Unis d’Afrique en brûlant toute les étapes d’une intégration progressive. Il ne semble pas que l’initiative du Colonel Kadhafi soit fondée sur de mauvaises idées. Elle est fondée sur des desseins nobles qui méritent d’être soutenus quel que soit l’idée que l’on veut se faire de l’homme. Il faut donc dépasser le contenant et aller au contenu.
Lors du sommet d’Accra, deux tendances se sont opposées comme ce fut le cas par le passé. Il y avait d’un côté ceux qui voulaient aller vite et tout de suite à une union et à la mise en place d’un organe politique supranational dont l’objectif serait de diriger la mise en place définitive de l’Union. Il sont dirigés par le leader libyen Mouammar Kadhafi et comprennent le président Sénégalais Abdoulaye Wade ainsi que le Président de la Commission Africaine l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré. Dans l’autre camp qui voulait une intégration progressive et s’opposait à toute idée de vouloir précipiter les choses, on avait à la tête le Président sud Africain Thabo Mbeki et le Président gabonais Omar Bongo Ondimba suivis de l’Ougandais Yoweri Museveni, et de l’Ethiopien Meles Zanaoui.
En dehors de l’aspect folklorique et visible des choses qui consistent à accuser Mouammar Kadhafi de toues les plaies du monde, quels sont donc les véritables obstacles à la réalisation d’une vraie union entre les Etats africains ?
A- Obstacles stratégiques
Lors du sommet d’Accra, (fin juin début juillet 2007) l’Afrique semblait avoir opté pour une stratégie contraire à celle de l’Union Européenne. Les instances dirigeantes et plus particulièrement le président de la Commission Africaine Alpha Oumar Konaré semblaient avoir accepté ou pris partie pour la stratégie de Kadhafi. Il s’agit de faire directement l’union politique ou d’imposer directement une intégration politique avant même d’avoir réalisé l’intégration économique. C’est ce qui émane de l’idée de mettre en place un super gouvernement africain. Cette idée provient de ce que pendant longtemps, les diverses tentatives de mettre les leaders politique d’accord pour unir le continent se sont heurtées à des insuccès. Il s’agit donc de créer de toute pièce une locomotive pouvant drainer les autres pays et chefs d’Etat vers une intégration continentale. En fait, il s’agit d’une marche à pas forcés. Mais en voulant réaliser une « Afrique politique » qui n’est pas fondée sur une « Afrique économique », sociale ou culturelle et qui n’avait une base concrète nulle part que dans la volonté d’un certain nombre de leaders charismatiques, l’Union Africaine semble avoir pris le chemin contraire de la normalité et de la logique ; un chemin tendant à mettre la charrue devant les bœufs. C’est pourquoi, pour une des rares fois, même le SYDA (Syndicats des Dictateurs Africains) ne va pas être d’accord et il y aura énormément de divergence entre les chefs d’Etats et de gouvernement.
B- Obstacles politiques
Dans les textes de l’Union Africaine, on note une référence claire au Panafricanisme tel que cela existait déjà avant la création de l’OUA en 1963. C’est ainsi que, parlant du Panafricanisme, le Préambule de l’Union Africaine indique clairement que c’est « inspiré par les nobles idéaux qui ont guidé les pères fondateurs de notre organisation continentale et de génération de panafricanistes dans leur détermination à promouvoir l’unité, la solidarité, la cohésion et la coopération des peuples d’Afrique et entre les Etats africains » que les Chefs d’Etats et de gouvernement ont accepté de donner un coup d’accélérateur au vieux projet d’union du continent noir. Malgré cette référence claire à l’héritage des pères de l’indépendance et à la volonté de continuité de leurs idéaux d’union, rien n’a été fait de concret pour ce faire. Deux problèmes sont à évoquer ici. L’absence de volonté politique réelle de voir l’Afrique s’unir en un vaste ensemble (1) et le refus de concéder partie de la souveraineté des Etats que nous avons en Afrique (2).
1- En ce qui concerne la volonté politique, il convient de noter que beaucoup des chefs d’Etats africains parlent de panafricanisme et d’union africaine ou d’unité sans que la plupart d’entre eux n’aient une quelconque volonté de s’orienter véritablement vers une unité réelle du continent. En effet, aux lendemains des indépendances, l’idée de panafricanisme ou d’unité africaine n’a pas reçu l’écho qu’il faut parce que chacun de ces nouveaux chefs d’Etat ou de pères de l’indépendance voulait jouir effectivement de son rôle de chef d’Etat ou simplement de roi. Aucun d’entre eux ne voulait donc réellement accepter d’abdiquer son rôle de chef d’Etat, jouissant des prérogatives immenses au profit de quelque entité qui serait véritablement au dessus de lui. Mêmes ceux qui, comme Kwame Nkrumah, défendait corps et âme l’idée, ne voulaient la voir mettre en œuvre qu’à condition que ce soit eux qui jouent le rôle de premier dirigeant.
Puis vint l’époque où le pillage des richesses nationales, la jouissance absolue des prérogatives de chefs de l’Etat avec son cortège de violations des droits de l’homme ont fait qu’il était devenu encore plus difficile aux différents chefs Etats africains d’accepter une quelconque véritable Union du continent. Le SYDA (Syndicats des Dictateurs Africains) était d’accord et pouvait s’entendre sur tout sauf sur l’idée de concéder partie des droits au pillage, à la violation des droits de l’homme et à l’assouvissement de son peuple ou à la vassalisation de ses concitoyens dont disposait chacun de ses membres sur les sujets qui sont sous son autorité et qui sont taillables et corvéables à merci.
A ces raisons de la réticence, il faut ajouter le fait que les anciennes puissances colonisatrices qui assurent l’accession et la pérennité au pouvoir de ces nouveaux chefs d’Etat africains ne peuvent laisser le continent prendre une voie qu’elles ne contrôlent pas. Elles ont dont toute raison d’assurer la division du continent, idée dont les potentats locaux sont devenus les porte-parole.
2- En ce qui concerne le refus de concéder la souveraineté, il est intimement lié au problème de volonté politique. En effet, l’union du continent sur les plans économique, culturelle et politique, tout comme celle de l’Europe ne pourra se faire sans que les Etats africains acceptent chacun de perdre une partie de sa souveraineté au profit de l’entité supranationale qui va conduire les affaires de cette union ou simplement au profit de l’Union. Or, sur ce plan, on note une sorte de refus catégorique des dirigeants africains de laisser une petite portion de la souveraineté de leur pays tomber dans la cagnotte commune de l’Union. Les propos du gabonais Omar Bongo qui a affirmé au sommet d’Accra, que « Le Gabon ne concèdera aucun aspect de sa souveraineté » dénotent de la dimension du problème. L’anecdote du problème de langue que va parler une Afrique unie entre Kwame NKrumah et Julius Nyerere, l’un soutenant qu’il faut adopter l’Ashanti tandis que l’autre voulait du Swahili est également un exemple de ce que les Africains pensent de la concession de leur souveraineté dans le cadre de l’Union Africaine.
De tous les chefs d’Etat africains et surtout de ceux qui ont soutenu ou soutiennent l’idée des Etats-Unis d’Afrique, le seul président à l’avoir fait en exprimant une volonté claire et ferme est le Sénégalais Abdoulaye Wade. Il a provoqué le changement de la Constitution de son pays en faisant intégrer en son sein le fait que désormais le est Sénégal un Etat fédéré. Cela veut dire concrètement que si demain l’Afrique devait s’unir en une fédération d’Etats comme les USA par exemple, le Sénégal n’aurait aucune difficulté à devenir un des Etats fédérés de ce vaste ensemble. Pour les autres, les Etats Unis d’Afrique a été une occasion pour plusieurs personnes de se saisir de l’opportunité pour empocher une partie du pactole que le leader libyen a injecté dans le circuit pour ramollir la résistance de ses collègues à une idée venant de lui. Cette situation rappelle d’ailleurs, d’une certaine manière, cette période où le président Kadhafi demandait contre espèce sonnante et trébuchante aux autres chefs d’Etat africains de devenir musulmans. L’on se rappelle encore combien parmi eux ont suivi la voie vers Mahomet en glissant sur ces espèces sonnantes.
C- Obstacles économiques
Le problème économique est également un des talons d’Achille de l’Union Africaine. Non seulement le continent n’a pas réussi à ce jour à réaliser son intégration économique malgré les exigences du sommet de Lagos de 1980 et les diverses règles posées par le Plan d’Action de Lagos, mais en plus le niveau de développement différent des pays africains s’est révélé comme étant une lacune grave pour l’Union Africaine. En effet, l’absence d’un sentiment panafricain pour des dirigeants qui n’ont pas encore un sentiment nationaliste ou patriotique dans le cadre de leur micro Etat a pour conséquence que les Etats qui sont plus pourvus économiquement croient que c’est à eux seuls de jouir de ces richesses et non de partager cela avec les autres. On notera donc avec intérêt le fait que pendant longtemps, le Président Houphouët Boigny, poussé dans une certaine mesure par la France , s’est radicalement opposé aux velléités d’unité de l’Afrique exprimées par Nkrumah, Sékou Touré et de Modibo Keita en évoquant le fait que la Côte d’Ivoire allait être « la vache à lait » des autres pays. Les pays qui détiennent donc un leadership économique aujourd’hui entendent en jouir seuls et refusent pour le moment une quelconque concession aux pays les moins pourvus. Ces Etats plus pourvus s’opposent à ce que les pays les plus pauvres ou les moins pourvus sur le plan naturel deviennent ce que d’aucuns qualifieraient des parasites. Mais cette conception des choses est une vue assez courte. En effet, dans le cadre du continent noir, nous sommes, non dans une situation de pas économiquement développés mais de pays ayant des richesses naturelles. L’argument de pays ayant des moyens économiques est donc un peu spécieux puisque la richesse naturelle n’est pas la seule richesse. On peut avoir des richesses naturelles comme l’ex Zaïre et être pauvre et en être dépourvu comme le Japon et la Corée du Sud mais être industrialisé et développé. De plus, on ne sait ce que le sous-sol de ce continent aux énormes richesses naturelles réserve comme surprise à chacun des pays qui l’occupent. Qui eut cru que le Tchad, un des pays les plus pauvres du continent serait un jour l’un de ceux dont le sous sol regorge le plus de pétrole. Même si cette idée de leadership ou d’inégalité économique est accentuée par la mauvaise gestion de certains pays qui ne font pas bon usage de leurs ressources, l’idée de pays plus riches que les autres et désireux de jouir seuls d’un bonheur qui n’est qu’éphémère est donc une illusion. Par ailleurs, nous sommes ici dans le cadre d’une union qui devra être « win, win » ou « gagnant, gagnant » pour chacun des pas. Le Gabon a d’immenses ressources naturelles mais manque terriblement de ressources humaines tandis qu’à la veille de l’indépendance et même juste après les indépendances, certains pays ont eu besoin des personnels venus d’autres Etats pour former leurs premiers cadres. Il est évident que si les pays africains avaient pu réaliser l’intégration économique telle que prévue par la Charte et les diverses résolutions de l’OUA, ce problème ne se poserait pas avec autant d’acuité. Hélas.
L’autre aspect du problème économique est celui de l’absence de monnaie unique pouvant cimenter les relations économiques entre les Etats du continent noir et leur donner une certaine base, une autonomie et surtout une souveraineté continentale qui constituerait en même temps un élément fondamental auquel tous les pays africains seraient liés. Le problème de la monnaie unique se pose comme un moyen mais en même temps comme une fin. La monnaie, véritable instrument de souveraineté d’un pays, aurait pu constituer le substratum le plus solide sur lequel se construise l’Union de l’Afrique. Elle pourrait aussi être un des éléments fondamentaux qui pourront être mis en place lorsque les pays africains seront déjà intégrés et pour marquer la solidité de cette union. Mais la monnaie semble aujourd’hui être un élément fondamental pour diviser l’Afrique puisque c’est par son biais que certains des dommages les plus graves sont portés au processus de l’Unité de l’Afrique. C’est justement un des éléments par le biais duquel l’Occident et plus particulièrement la France a réussi à tirer et écarteler le continent et à l’empêcher de s’entendre pour former une union qu’il considère nuisible pour ses intérêts, et que nous pensons indispensable pour le bien être de tous à long terme. Comme on peut le noter, pour le moment, les pays africains sont loin de la réalisation d’une union non pas parce qu’ils ne le peuvent pas mais surtout parce qu’ils n’ont pas encore pris les bonnes dispositions pour ce faire.
D- Obstacles sociologiques
1- Le premier des obstacles sociologiques à l’unité de l’Afrique provient des particularismes ethniques et tribaux.
En effet, l’Afrique étant constituée de multiples ethnies et tribus qui continuent de se diviser et de se battre entre elles dans le cadre des Etats issus de la colonisation, il est apparemment difficile de penser que les Etats africains puissent se fondre dans un vaste ensemble. En effet, pour se fondre dans ce genre d’ensemble, il faut d’abord que les Etats africains dépassent leur dimension de division ethnique et tribale sur le plan national pour devenir des Etats Nations. Or, l’Etat africain dans sa situation actuelle est encore très marqué par les divisions diverses. Il est plus perçu à travers les divers groupes qui le composent qu’à travers le prisme national. On a même quelquefois l’impression que les pays Africains se complaisent dans ces particularismes ethniques et tribales dans la mesure où la règle coloniale du « diviser pour régner » continue de demeurer la meilleure méthode de gouvernement des potentats locaux qui n’ont aucune autre légitimité que celle artificiellement créée à travers des groupes ethniques ou d’intérêt.
2- A ces particularismes tribaux et ethniques, il faut ajouter les autres particularismes qui sont religieux, culturels (arabes, bantou) ou qui sont liés aux minorités (blanches et hamites ou peuhls). Cette division culturelle semble bien marquée entre une Afrique subsaharienne qui est à dominante Bantoue et une Afrique du Nord qui est à dominante arabe.
3- L’autre problème demeure celui de la langue qui constitue elle aussi un élément de division du continent. En dehors des langues locales qui définissent pour certaines les dimensions des groupes ethniques, il y a les langues du colonisateur que sont l’Anglais, le Français, le Portugais, l’Espagnol et l’Arabe qui ne rapprochent pas les pays africains mais semblent au contraire les diviser ou les éloigner.
Ces problèmes ne sont cependant pas insurmontables car si l’Europe semble plus homogène, elle ne demeure pas moins divisée elle aussi entre des groupes qui peuvent être considérés comme les ethnies africaines avec les mêmes particularités. En France, on a par exemple les Bretons, les Corses et les autres qui ont dû apprendre à vivre ensemble. De la même manière, l’Europe parle plusieurs langues. Entre l’Allemand, l’Anglais, le Flamand, l’Espagnol, l’Italien, les langues scandinaves comme le Danois, le Suédois, le Norvégien, les langues slaves, le Portugais et autres il n’y a pas forcément d’identité commune. Il n’en demeure pas moins que tout cela coexiste dans une Europe qui se comprend et qui continue de gagner du terrain par son union.
IV- COMMENT SURMONTER LES OBSTACLES ?
La plupart des obstacles les plus durs qui empêchent l’Afrique de s’unir sont beaucoup plus liés à l’action ou à la volonté des dirigeants qu’autre chose. En effet, que ce soit les problèmes ethniques ou les problèmes de souveraineté nationale, les niveaux de développement économiques ou les problèmes culturels, tout peut être surmonté avec succès si on a vraiment la volonté politique et surtout si les micro Etats que nous avons aujourd’hui cessent de se particulariser afin de servir des dirigeants véreux pour s’orienter vers la construction des Etats Nations dignes du 21ème siècle. L’intégration économique et politique sur le plan sous régional pourra être réalisée et conduire vers une intégration continentale si les uns et les autres cessent de voir le développement uniquement dans le cadre des micro Etats issus de la colonisation, ce qui est une véritable utopie à l’heure de la mondialisation. L’Egoïsme étroit qui consiste à croire que chaque Etat africain pourra conserver ses avantages et se développer à lui tout seul est une vue complètement utopiste du bonheur de ces entités issues de la Conférence de Berlin.
Il faut aussi et surtout que les dirigeants africains cessent de croire que l’Occident va nous donner les moyens de notre développement ou alors que les occidentaux nous aiment tellement qu’ils vont un jour, et par un coup de baguette magique, nous permettre de voir poindre le développement et la croissance sur nos sols. Les relations internationales sont faites sur la base des intérêts des Etats. Chaque Etat défend ses intérêts et les Etats africains doivent comprendre qu’ils doivent défendre les leurs. Mais tant que nos chefs d’Etat continueront de s’installer au pouvoir par des voies non démocratiques et qu’ils ne pourront se maintenir au pouvoir que par la volonté de certaines puissances étrangères qui les imposent contre la volonté de leur peuple, ils ne pourront guère s’affranchir de la tutelle de ceux qui sont en même temps ou souvent les principaux prédateurs du continent africain et qui ne souhaiteront jamais voir ce continent s’unir. Le dirigeant qui a été placé et est soutenu par une puissance étrangère va nécessairement servir les intérêts de son mentor. De la même façon si le leader doit sa légitimité à son peuple, il devra défendre es intérêts de celui-ci. Dans tous les cas, les Africains ne doivent s’attendre ni à se développer en gardant la main constamment tendue vers l’aide extérieure ni à ce que l’Occident les tire comme par miracle de leur état de sous développement actuel. Le développement est une course dans laquelle chaque Etat veut gagner et avoir la médaille. Chacun doit se débrouiller pour trouver sa voie et arriver à bon port à temps. Le développement de l’Asie du Sud Est et de la Chine est un exemple de ce que l’Afrique doit elle-même trouver sa voie. Pour cela, il lui faut cette union pluridimensionnelle. Et pour cette unité, il faut de la volonté politique.
Si cela est compris et si la volonté politique devenait une réalité, le seul problème qui demeurera alors est qu’il faudra adopter une approche méthodique qui, au lieu de mettre la charrue devant des boeufs juste pour satisfaire le désir de leadership de certains chefs d’Etat, va conduire à de véritables solutions durables dans le sens d’une réelle intégration pluridimensionnelle continent africain.
Les questions métaphysiques du genre faut-il réaliser une union des peuples avant une union des Etats n’ont pas une grande dimension dans ce débat. Certes, il faut réaliser une union préalable des peuples à la dimension de chaque Etat afin que celui-ci reflète une idée de Nation aussi infime soit-elle. C’est là un des aspects de l’union à la base. Mais de là à attendre que les peuples africains soient réunis eux-mêmes à travers les frontières avant de réaliser l’union des Etats relèverait de la chimère car si les Etats s’opposent à un contact transfrontalier des peuples et à la libre circulation, on voit mal comment ces peuples pourront réaliser quelque union que ce soit entre eux. Et d’ailleurs, dans quel cadre interviendra une union entre les peuples si elle n’est pas acceptée au préalable par les Etats et initiée par ceux-ci ? Bien sûr, l’union doit être acceptée et même récupérer par les peuples africains qui devront s’approprier un projet qui ne peut que favoriser leur développement et l’éclosion totale de l’homme africain dans toutes ses dimensions. Cela ne veut pas dire toutefois que les Etats vont rester statiques et que les peuples vont arriver, contre la volonté de leurs dirigeants et des Etats balkanisés, à se tenir la main à travers les frontières et créer l’Unité de l’Afrique. Il faut quitter les hypothèses d’école pour embrasser la réalité et l’affronter. Le rôle des Etats est indispensable dans la réalisation des Etats-Unis d’Afrique. Le contraire serait une utopie.
L’Afrique a-t-elle échoué sur la voie de la création des Etats-Unis d’Afrique ? Non, comme l’a dit Thomas Edisson l’inventeur de l’ampoule lorsqu’il a connu des tentatives infructueuses sur le chemin de son invention, je pense que l’Afrique n’a pas échoué. Elle a découvert 10 000 façons de faire qui n’ont pas marché. Il lui faut maintenant mettre de côté tout ce qui n’a pas marché et choisir la voie qui mène au succès ou à la victoire. Alors il faut désormais approcher le problème autrement car on ne peut pas poser indéfiniment les mêmes actes et espérer des résultats différents tandis que tout le monde et bien conscient que les même causes produisent les mêmes effets. La balle est désormais dans le camp des Africains. Plus que jamais, à l’heure de la mondialisation, nous sommes obligés de réaliser l’unité de l’Afrique pour créer ce grand ensemble viable et nécessaire pour le développement économique de notre continent. Le monde entier nous regarde. L’Europe est développée et unie. Les USA domine mais aide l’Amérique tout entière à continuer de se regrouper en ensembles économiques à divers stades. L’Asie se relève. Il est temps que l’Afrique mette fin à sa situation de paralytique éternel.
Mamadou Sylla dans l'oeil du cyclone de l'inter centrale CNTG-USTG
L'on se souvient que l'homme d'affaires Mamadou Sylla et compagnie ont récemment accordé une interview à Radio Nostalgie. Au cours de l'entretien, le patron de Holding Futurelec et sa suite ont tenu des propos qui ont provoqué ipso facto la colère de l'inter-centrale syndicale CNTG-USTG élargie à l'ONSLG et à l'UDTG. Donc, à la faveur des travaux du comité de veille, au Palais du Peuple, les syndicalistes ont rendu public, samedi, une déclaration pour dénoncer et condamner les propos tenus par Mamadou Sylla et son staff sur Nostalgie Guinée. kabanews vous propose l'intégralité de la déclaration.
"Les masques de Mamadou Sylla et consort sont tombés"
"Trahissant sa convention de création d'une radio musicale et de divertissement, la Radio Nostalgie livre désormais ses micros aux ennemis du changement comme Mamadou Sylla.
Il n'est un secret pour personne que ces individus sans foi ni loi, pour sauvegarder leurs intérêts sordides et égoïstes ne visent qu'un seul objectif. En vociférant sur les antennes de Nostalgie FM pour inciter le peuple à la guerre civile et aux troubles sociaux afin de mettre en péril les acquis du changement de la république.
L'inter centrale CNTG-USTG élargie à l'ONSLG et à l'UDTG, fidèle à sa doctrine syndicale oeuvre et continuera à oeuvrer inlassablement pour la sauvegardes et la défense des intérêts moraux et matériels de la classe ouvrière sans aucune distinction.
Il est évident que les acquis obtenus suite aux différentes négociations tripartites de juin 2006, janvier-février 2007, appartiennent définitivement à l'ensemble des travailleuses et travailleurs de Guinée. A ce niveau, l'inter centrale se pose la question de savoir où étaient ces soi-disant syndicats jaunes quand l'inter centrales se battait pour l'amélioration des conditions de vie des travailleurs de Guinée ?
Qui n'a pas entendu les déclarations tapageuses de ces pseudo syndicats sur la RTG s'opposant aux revendications légitimes des travailleurs en janvier 2007 ?
Qui n'a pas entendu Mamadou Sylla affirmé haut et fort devant l'opinion nationale et internationale que ceux qui sont morts lors des événements de janvier-février 2007 sont morts pour rien.
Quant à la radio FM Nostalgie, n'est-elle pas en train de devenir comme la radio Mille Collines, instigatrice du génocide au Rwanda ?
Nous sommes sûrs que le peuple de Guinée n'est pas dupe. Car, il sait faire la part des choses en distinguant le vrai du faux, le juste de l'injuste.
L'inter centrale est et demeure solidaire à toutes les forces du changement pour le développement durable de la Guinée et réaffirme sa détermination à poursuivre le combat contre tous ceux qui sont tentés de freiner l'élan irréversible du changement amorcé suite aux évènements de janvier-février 2007.
L'inter centrale invite le gouvernement et les institutions républicaines à prendre leur responsabilité afin de mettre hors d'état de nuire ces réfracteurs hostiles au changement et au progrès de la Guinée. Et lance également un appel pressant aux travailleurs de tous les secteurs à la vigilance pour la sauvegarde des acquis et le soutien au processus de changement ".
Guinée: Y a-t- -il des Guinéens nés pour être Supérieurs ou Inférieurs ... ?
J’ai pris quelques «bouts» de l’article de Monsieur Youlaké Camara sur Guineenews, avec tout le respect que je lui dois car lui journaliste et moi pas; mais en tant que frère et soeur je crois que cela me suffit pour me servir de son écrits sans une intention de vouloir l’offenser.
Même si dans l’article en question il y a beaucoup de citations qui ne sont pas de lui; c’est seulement que, puisque je crois qu’il lutte lui aussi pour que le meilleur arrive pour tous les Guinéens et Guinéennes, alors je me sens concerné dans l’espoir de bénéficier un jour avec tous les autres compatriotes des effets positifs de sa contribution.
Dans notre quête pour le meilleur dans ce pays la Guinée , des recettes fabuleuses sont concoctées, mais qui hélas, ne pourront être réalisées à cause de mentalités qui engendrent des déclarations comme celles que j’ai extraites dans cet article.
Déclarations sorties de la bouche de n’importe qui dans ce pays cosmopolite ne feront que renforcer la haine et la division. Un couteau à doubles tranchants! Ces déclarations chargées de connotations négatives qui visent, dans ce contexte, une ou deux personnes vont malheureusement apeurer et renforcer la haine et la division de millions de Guinéens. À mon avis nous n’avons plus besoin en Guinée en 2008 de ce genre de qualificatifs pour désigner un ou une Guinéennes, (esclave, captif, lignée, extraction sociale, rois, serviteur, bâtard, métisse etc.) dans le sens de le rabaisser ou le discréditer.
Cela même si il ou elle a posé des gestes impardonnables; je crois que nous ne devons juger que des actes ou des comportements; et non faire des amalgames simplistes envers les origines ou la famille de la personne dans la seule intention de blesser inutilement. Car ces déclarations n’ont aucun fondement rationnel.
« Des familles avaient été expulsées à cette époque. Mais, même Sékou Touré n’avait pas expulsé ma mère. Sékou lui au même était éclairé et Kouyaté est aveugle »
« Rien d’étonnant dans son cas, parce que, lorsqu’on fait d’un troubadour de la lignée d’animateurs dans la cour des rois, un potentat alors que dans une société africaine bien structurée, chacun sait la place qui est sienne. Mais, c’est encore ça le paradoxe Guinéen ».
« Violation flagrante des droits du citoyen, et de la Constitution qui régit la nation » Et je me pose la question à savoir si c’est seulement depuis UN MOIS que cela existe en Guinée?
« Cette conférence de presse prouve que les acquis que le Premier Président de la Cour suprême était venu défendre sont entrain de voler en éclat en Guinée par la faute de ce gouvernement »
« Le Pape ne peut pas toucher de la poix sans se souiller les mains »
Et je finirais par cette petite conclusion.
Quand on peut faire des centaines de millions de dollars de profits, on peut éparpiller des dizaines de millions de francs Guinéens un peu partout! Ne dit-on pas qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas.
Anges ou Démons? À nous de les créer…finalement!
Guinée: cambriolage du siège d'un groupe de presse privé à Conakry
Le siège d'un des principaux groupes de presse privé guinéen, "L'Indépendant", a été cambriolé dans la nuit de vendredi à samedi à Conakry par des individus armés qui ont emporté une moto et un poste de télévision, a-t-on appris auprès d'un responsable.
Cinq individus armés de couteaux et de gourdins se sont introduits peu avant l'aube dans les locaux du groupe, dans la banlieue de Conakry, en escaladant le mur, a indiqué samedi à l'AFP Mamadou Dian Baldé, rédacteur en chef des deux hebdomadaires de la société de presse, "L'Indépendant" et "Le Démocrate".
"Ils ont ligoté le gardien avant de lui administrer plusieurs coups de couteau dans le dos, sur la poitrine et sur les cuisses", a-t-il expliqué.
Le gardien, un quinquagénaire, était samedi en soins intensifs dans un hôpital de Conakry où il a été opéré avec succès, selon des sources concordantes.
L'alerte a été donnée après la fuite des assaillants qui ont emporté une moto et un téléviseur, selon la même source.
Les cambrioleurs n'ont pas pu accéder à la salle informatique qui était verrouillée, selon Dian Baldé.
Le groupe de presse "L'Indépendant" appartient à la société de presse et d'impression (SPI), propriété de Aboubacar Sylla, ancien ministre de la communication du président guinéen Lansana Conté.
Guinée-Enfance-Gouvernance
APA-Conakry (Guinée) Les députés Guinéens ont adopté à l’unanimité un code de l’Enfant, au cours d’une plénière qui s’est déroulée jeudi, a constaté APA à Conakry.
Selon ce code, tous les enfants de moins de 18 ans, sans distinction de sexe, de race et de religion, ont droit à la protection. Ils ont également droità tous les attributs de la personnalité juridique, à savoir le droit à un nom et à un prénom, le droit à une date de naissance et à une nationalité.
Quatre principes fond












