20.01.2006

C’est quoi, Un ministre ?

C’est quoi, Un ministre ?

 

medium_mount-mane.5.jpg   Un ministre, ce n'est plus un "serviteur de bas étage", selon l'éty­mologie du latin "minister" d'où vient le mot. C'est ce que vous découvrez en faisant un petit tour dans l'univers lexical des dic­tionnaires.

"Ministre" vient de "minister"1. Et "minister" a la même racine que "mi­nus", désignant familièrement une "per­sonne peu intelligente ou peu capable". Cependant, un ministre, aujourd'hui, c'est très loin du "moins que rien" auquel renvoie la racine du mot.
Un ministre a plusieurs sens, 'selon le contexte où on l'emploie. Quand il est plénipotentiaire, c'est un agent diplomatique de rang inférieur à celui d'ambassadeur. En religion, il désigne un ecclésiastique (ministre de Dieu, ministre du culte...). Utilisé comme adjectif et placé en apposition à côté d'un autre mot, il en "modifie" la taille: un papier ministre est un papier de grand format, et un bureau ministre est un bureau de grande taille. Mais au premier sens de sa définition -actuelle, un ministre est un membre du gouvernement qui dirige un ensemble de services publics. C'est ainsi que l'on parle, par exemple, de ministre de l'Urbanisme et de l'Habi­tat ou de délibérations du Conseil des Ministres. le chef des ministres, c'est le Pre­mier ministre; autrement dit, en régime parlementaire, le chef du gouvernement.
Cela ne veut pas dire, cependant, qu'il est "le premier des ministres". Cette place est dévolue à celui qui vient en tête dans l'ordre du décret portant nomination des ministres.
Outre cet ordre selon la nomination, les ministres sont aussi classés par leurs statuts. Le plus "gradé" est le ministre d'Etat. Au départ, ministre d'Etat est un titre honorifique attribué à ces "servi­teurs de {'Etat" en fonction de leur personnalité ou de leur représentativité. les ministres étaient surtout des minis­tres sans portefeuille, c'est-à-dire qu'ils ont le titre de ministre, ils font partie du gouvernement sans être à la tête d'un ministère. Sous les IIlème et IVème Répu­bliques en France, étaient nommés ministres d'Etat "de grands esprits pour qu'ils participent au gouvernement sans avoir la charge d'un ministère"2. Au fil du temps, la fonction acquiert du pres­tige, et, à partir de 1956, le titre est donné à deux ministres détenant un portefeuille: René Billières à l'Education Nationale et François Mitterrand à la Justice. Con­séquence: cela crée un degré supplémentaire dans la hiérarchie ministérielle l'année d'après, en 1957, "Félix Houphouët-Boigny, alors député (ivoirien) fut nommé minis­tre d'Etat par Bourgès-Maunoury. Nommé 'simple ministre' dans les gouvernements suivants, il refusa de prendre ses fonctions, jugées inférieures, bien que la primauté hiérarchique ne figurât dans aucun texte. Les ministres d'Etat sans portefeuille constituèrent alors une sorte de caution des partis coalisés au sein du gouvernement'l3. Aujourd'hui, le titre est surtout protocolaire avec, quelquefois, une rému­nération légèrement supérieure.
Après le ministre d'Etat, vient le ministre tout court - ou 'simple ministre' - que su it dans la préséance le ministre délégué. C'est, dit-on, à Guy Mollet que l'on doit le titre: il l'a créé en 1956 en nommant ...Félix Houphouët-Boigny "ministre délégué à la présidence du Conseil". Cela permettait de 'donner la qualité de ministre à une personnalité sans la nommer "ministre d'Etat', ce qui la mettait au-dessus des autres ministres"4.
Même s'il ne participe pas à l'élabo­ration de la politique gouvernementale et ne siège pas au Conseil des Minis­tres, le Secrétaire d'Etat est souvent cité dans l'échelle protocolaire ministérielle après le ministre délégué. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ses fonctions seraient une évolution du rôle dévolu aux "sous-secrétaires d'Etat' institués en France le 9 mai 1816, par une or­donnance royale; et puis de Secrétaire d'Etat à Secrétaire Général, le pas est franchi. Au Sénégal, le 12 mai 2001, en même temps que les ministres mais par des décrets différents, ont été nom­més deux secrétaires généraux: l'un pour la Présidence de la République et l'autre pour le Gouvernement.
Qu'il soit d'Etat ou délégué, le ministre est nommé par le Président de la Ré­publique sur proposition du Premier ministre. Au Sénégal, selon la loi fon­damentale "la qualité de membre du Gouvernement est incompatible avec un mandat parlementaire et toute activité professionnelle publique ou privée rémunérée" (voir "Gouvernement: Ce que la constitution en dit", article 56)...
           

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Gouvernement

Gouvernement

 

  
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    Ce que la constitution en dit…

 

L'article 6 (Titre premier) de la Constitution en vigueur fait du Gouvernement la troisième institution de la République après le Président de la République et l'Assemblée nationale et avant le Conseil constitutionnel, le Conseil d'Etat, la Cour de cassation, la Cour des comptes et les Cours et tribunaux. Sa composition et ses attribu­tions sont évoquées dans le quatrième titre de la loi fondamentale sous l'intitulé: "Du Gouvernement".

 

Du gouvernement

 

Article 53
Le Gouvernement comprend le Premier ministre, chef du gouvernement, et les ministres.
Le Gouvernement conduit et coor­donne la politique de la nation sous l'autorité du Président de la Républi­que. 1/ est responsable devant le Pré­sident de la République et devant l'Assemblée nationale, dans les conditions prévues par les articles 85* et 86** de la Constitution (voir ces articles ci-dessous, ndlr).

 

Article 54

La qualité de membre du gouvernement est incompatible avec un mandat parlementaire et toute activité profes­sionnelle publique ou privée rémuné­rée.

Les modalités d'application du présent article sont fixées par une loi organique.

 

Article 55
Après sa nomination, le Premier mi­nistre fait sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale. Cette dé­claration est suivie d'un débat qui peut, à la demande du Premier Ministre, don­ner lieu à un vote de confiance.
En cas de vote de confiance, celle-ci est accordée à la majorité absolue des membres de l'Assemblée nationale.

 

Article 56
Le Gouvernement est une institution collégiale et solidaire. La démission ou la cessation des fonctions du Premier ministre entraîne la démission de l'ensemble des membres du Gouvernement.

 

Article 57
Le Premier ministre dispose de l'ad­ministration et nomme aux emplois civils déterminés par la loi.
Il assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire sous réserve des dispositions de l'article 43*** de la Constitution (voir cet article ci-dessous, ndlr).
Les actes réglementaires du Premier ministre sont contresignés par les mem­bres du Gouvernement chargés de leur exé­cution.
Le Premier ministre préside les con­seils interministériels. Il préside les réu­nions ministérielles ou désigne à cet effet, un Ministre.
Il peut déléguer certains de ses pou­voirs aux Ministres.

 

*Article 85

Les députés peuvent poser au Premier Ministre et aux autres membres du Gou­vernement qui sont tenus d'y répondre, des questions écrites et des questions orales avec ou sans débat. Les questions ou les réponses qui leur sont faites ne sont pas suivies de vote.

L'Assemblée nationale peut désigner en son sein des commissions d'enquête.

La loi détermine les conditions d'or­ganisation et de fonctionnement ainsi que les pouvoirs des commissions d'enquête.

 

**Article 86
Le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des Ministres décider de poser la question de con­fiance sur un programme, une décla­ration de politique générale ou un texte. Le vote sur la question de confiance ne peut intervenir que deux jours francs après qu'elle a été posée.
La question est refusée au scrutin public à la majorité absolue des membres composant l'Assemblée nationale. Le refus de confiance entraîne la démission collective du Gouvernement.
L'Assemblée nationale peut provo­quer la démission du gouvernement par le vote d'une motion de censure.
La motion de censure doit, à peine d'irrecevabilité, être revêtue de la si­gnature d'un dixième des membres composant l'Assemblée nationale. Le vote de la motion de censure ne peut inter­venir que deux jours francs après son dépôt sur le bureau de l'Assemblée nationale. .
La motion de censure est votée au scrutin public, à la majorité absolue des membres composant l'Assemblée nationale; seuls sont recensée les votes favora­bles à la motion de censure. Si la motion de censure est adoptée, le Premier ministre remet immédiatement la démission du Gouvernement au Président de la Ré­publique. Une nouvelle motion de censure ne peut être déposée au cours de la même session.

 

***Article 43
Le Président de la République signe les ordonnances et les décrets.

Les actes du Président de la Répu­blique, à l'exception de ceux qu'il accomplit en vertu des articles 45, 46, 47, 48, 49 alinéa 7, 52, 74, 76 alinéa 2, 78, 79, 83, 87, 89 et 90 sont con­tresignés par le Premier Ministre.

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C’est quoi, un gouvernement ?

         C’est quoi, un gouvernement ?

 

medium_mountmane_1.3.jpg  Voir, Savoir, Savoir-faire et Faire   Savoir

Depuis que le législateur et poète athénien Solon (un des "Sept Sages" de la Grèce, vers 640-vers 558 avant Jésus-Christ), a "fondé le terme et la réalité de la Constitution', nombre de cités et Etats se sont, par la suite, emparé de la formule de "Gouvernement" qui y était développée. De nos jours, la loi fondamentale de presque tous les pays - dont celle du Sénégal - est la première à donner une définition à l'organe du pouvoir exécutif.

 

Dans la Constitution approuvée par référendum en janvier dernier et qui est aujourd'hui en vigueur au Sénégal, (voir: "Gouvernement, ce que la Constitution en dit"), le Gouvernement est l'institution qui comprend "le Premier ministre, chef du gouvernement, et les ministres" ; c'est le gouvernement qui "conduit et coordonne la politique de la nation sous l'autorité du Président de la République'1.

 

De façon courante, le gouvernement a deux significations distinctes mais qui se rejoignent: au sens large, c'est "l'or­ganisation, la structure, le système, le régime politique et les formes d'exercice du pouvoir d'un Etat", autrement dit "l'exercice du pouvoir politique". Ramené à une acception plus restreinte, il désigne l'organe auquel est dévolu le pouvoir exécutif, une ins­titution prévue par la Constitution des Etats. Ce "gouvernement-organe" dispose d'une fraction du pouvoir politique, il exerce une fonction étatique parmi d'autres, et est placé au sommet de l'Etat aux côtés d'autres institutions comme le Parlement. La notion de gouvernement comprend donc le fait de gouverner et les modalités institu­tionnelles et personnelles de cette acti­vité. Et gouverner, étymologiquement, c'est "manier le gouvernail".

 

Cependant, tous les Etats n'ayant pas les mêmes barres ni les mêmes bateaux, les sociologues politiques qui font du gouvernement leur objet d'étude expli­quent que les "institutions et formes d'exercices du pouvoir" auxquelles cette notion fait référence sont liées "aux traditions culturelles, aux idéologies, aux niveaux de développement et aux struc­tures socio-économiques".

 

Ainsi, du gouvernement tout court ("ensemble des ministres, de leurs ser­vices placés sous l'autorité du Premier ministre") au gouvernement de coalition ("gouvernement ouvert à des ministres originaires de différents partis'), formule qui s'impose "généralement parce qu'aucune formation ne dispose de la majorité absolue à l'Assemblée natio­nale"2, en passant par le gouvernement de cabinet ("équipe ministérielle plus ou moins restreinte qui examine les affaires en cours, prend les décisions les plus importantes et définit les nouvelles orien­tations politiques"), une formule typi­que des régimes parlementaires, et le gouvernement d'affaires courantes ("gou­vernement que le Président de la Ré­publique charge 'd'expédier les affai­res courantes', entre le moment où le chef du gouvernement lui remet sa dé­mission et la formation de la nouvelle équipe gouvernementale"), les systèmes de gouvernement sont des "produits de l'histoire et de la géographie (qui) diffèrent considérablement selon les pays'. CQFD.

 

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Les gouvernements à travers l’histoire

Les gouvernements à travers l’histoire

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Sur tous les modes et sur tous les tons !

 

 

Ils sont reconnaissables au mot "gouvernement" de leur appellation qui saute aux yeux, pendant des recherches sur la question. Ce sont surtout des ter­ritoires, des organes dirigeants mais ce peut être aussi des œuvres. Ils n'existent plus pour les pre­miers; peu de gens les connaissent pour les der­nières. Pourtant, ils appartiennent à une histoire pas si vieille que cela. Morceaux choisis.

 

Gouvernement provisoire de 1848 - Tout est parti, pour ce gouvernement, de protes­tations révolutionnaires com­mencées à Paris. Les 22, 23 et 24 février 1848, "de nombreuses manifestations (sont) durement réprimées". Bilan: 52 morts et la chute du roi Louis-Philippe et de sa "monarchie de Juillet" (parce qu'il est venu au pou­voir en juillet 1830, à la faveur d'une autre révolution). Le 24 février, un "Gouvernement provisoire républicain" est constitué. Il instaure la IIème République française. Mais, après des élections à l'Assem­blée constituante (avril), il doit remettre le pouvoir le 10 mai 1848 à une "Commission exé­cutive".

 

Gouvernements des Détroits
- Ils sont plus connus sous le nom de Straits Settlements, que certains traduisent aussi par "Eta­blissements des Détroits". Ils désignent une ancienne colo­nie britannique constituée en 1867, qui comprenait les comp­toirs de Singapour et de Ma­lacca, et quelques îles de la pé­ninsule malaise. Avec l'évolution de la colonie "vers l'indépen­dance", cet ensemble de territoires a été démembré en 1946. Certains d'entre eux se sont intégrés dans la Fédération de Malaisie.

 

Gouvernement de la Défense nationale
- C'est l'organe exécutif provisoire installé en septem­bre 1870 en France, alors en guerre contre la Prusse. C'est à la suite de ce que les ma­nuels désignent par" la révo­lution française". Les douze membres de ce gouvernement de la Défense nationale, sous la direction d'un Général (Tro­chu), décident de "maintenir l'in­tégrité du territoire" en conti­nuant la guerre, avec des lut­tes organisées en province. Des échecs militaires répétés les con­traignent à accepter la capitu­lation, et à signer un armistice en janvier 1871. Le gouverne­ment de la Défense nationale remet le pouvoir à l'Assemblée nationale française élue quel­ques jours après, le 8 février 1871.

 

Gouvernement de l'ordre moral
- C'est ainsi que l'on appelle le gouvernement que forme, en mai 1873, le duc Albert de Broglie, historien, Président du Conseil (premier ministre) et descendant d'au moins cinq générations de comtes et ducs. "Gouvernement de l'ordre moral", parce que son "allié"
Mac-Mahon (Edme Patrice Maurice de Mac-Mahon, en plus complet), qui vient d'être élu Président de la République, a annoncé son intention de travailler au "rétablissement de l'ordre moral"....

 

Gouvernement de Vichy.
C'est ainsi qu'on nomme le gouvernement français qu'a présidé, de juillet 1940 à août 1944, le maréchal Philippe Pétain, alors chef de l'Etat. Devenu Président du Conseil (premier ministre) en juin 1940, il s'installe, avec son gouvernement, à Vichy (d'où le nom). Quelques jours après, l'Assemblée nationale lui délègue le pouvoir de "préparer une Constitution". En 1 ieu et place de la loi fon­damentale attendue, le maréchal Pétain abroge la constitution en vigueur, ajourne le Parlement sine die, et s'auto confère tous les pouvoirs, avec le titre de chef de l'Etat français. Après avoir rencontré Hitler en octobre 1940, il décide de "collaborer avec l'occupant nazi". D'où le sens de "traître, (de) collabo' désormais donné à l'adjec­tif" vichyste". A ne pas confondre avec les habitants de Vichy où ce gouvernement a vu le jour. Eux, ce sont "les

Vichyssois"...

 

Gouvernement provisoire de la République française
- On dit aussi GPRF, pour faire plus court. C'est le gouver­nement issu à Alger, en mai 1944, du Comité français de 1ibération nationale (CFLNI, et présidé par le Général De Gaulle. Par cet acte, Alger devient "la capitale de la France libre". Nouvelle république, nouveaux ministres... Mais De Gaulle démissionne brusquement, en janvier "récusant ce qu'il appelle le régime des partis".

 

Gouvernement provisoire de la République algérienne -Ici aussi, comme avec le GPRF, on peut dire GPRA, pour faire plus court. Le GPRA, C'est l'organe exécutif du Front de Libération Natio­nale (FLN) durant la guerre d'indépen­dance algérienne. Il est constitué en septembre 1958, présidé par Ferhat Abbas puis par Ben Khedda avant d'être rem­placé, en août 1962, par le bureau politique dirigé par Ben Bella.

 

Du gouvernement civil - Ouvrage du philosophe anglais John Locke paru (anonymement) en 1690. Pour beaucoup de sociologues politiques, c'est ce médecin penseur qui a, par ses écrits, "déblayé le terrain" à Montesquieu "en posant le principe de la division des pouvoirs et des pouvoirs et de la su­périorité du législatif'.

En résumé, dans ce travail qu'elle considère comme "le plus complet fait sur la séparation et l'organisation des pouvoirs", Catherine Rouvier voit six principes. Premièrement: "le peuple gouverne soit directement soit par ses représentants au sein du corps législa­tif'. Deuxièmement: "le corps législa­tif vote des lois permanentes et promul­guées, donc connues de tous. 1/ ne siège pas en permanence". Troisièmement: "sauf stipulation expresse exigeant un nombre supérieur à la majorité, c'est la loi de majorité qui joue". Quatriè­mement : ''l'exécutif veille à l'exécu­tion des lois, d'où son nom. Ce qui signifie qu'il est hiérarchiquement moins important que le pouvoir législatif; qu'il doit prendre les mesures nécessaires à l'exécution des lois (décrets d'application); qu'il doit sanctionner l'inexécution des lois (po­lice, justice). Son pouvoir est, lui, permanent'. Cinquièmement : "certai­nes matières sont réservées à l'exécutif : celles où la loi n'a rien prescrit; celles 'des domaines où la loi n'a pas les moyens de jouer un rôle utile III. Et enfin, sixièmement: ''l'exécutif peut agir 'discrétionnairement en vue du bien public' en l'absence d'une disposition générale ou même à son encontre (...). Ce qu'on appelle la prérogative".

En outre, contrairement à Thomas Hobbes, John Locke souligne que le pouvoir politique n'a pas tous les droits sur les citoyens. Il a pour limite absolue les droits de l'individu. Cette insistance sur les droits individuels de l'homme a fait de lui le fondateur du libéralisme politique moderne et l'inspirateur de la Déclaration d'Indé­pendance des Etats-Unis d'Amérique ainsi que de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, en France.

 

Allégories du Bon et du Mauvais Gouvernement et de leurs effets dans les villes et les campagnes - Fresques mura­les d'un peintre italien du XIVème siècle, Ambrogio Lorenzetti. L'artiste qui, d'ha­bitude, travaille avec son frère Pietro Lorenzetti, s'est passé du concours de ce membre de sa famille. Et pendant trois ans, de 1337 à 1339, il va peindre, peindre et peindre encore pour le Palais public de Sienne, sa ville natale. Le résultat? "Un document exceptionnel sur la vie de l'époque, (dont la) précision iconographique en fait une sorte de témoignage sur la sensibilité politique et morale de la Sienne du XIVme siècle J", s'extasient les spécialistes. La pein­ture occupe trois murs du Palais public de la ville concurrente de Florence (Sienne, pour ne pas la renommer) dans la "Salle des Neuf", pour ceux qui veulent aller vérifier....

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Plus de cinq mille ans de différents régimes

Plus de cinq mille ans de différents régimes

11 n'existe pas de société sans gouvernement, affirment les anthropologues. "Dans tout groupe humain, on peut déceler une distinction entre la masse des gouvernés et les gouvernants", disent ces chercheurs. Si "manier le gouvernail" - d'après la définition étymologique du verbe "gouverner" - est une pratique aussi vieille que les premières communautés humaines, c'est aussi un exercice différent et pluriel, selon les époques et les pays.

L

E gouvernement ne date pas d'hier, si on le considère dans son sens le plus large qui en fait "l'organisation, la structure, le système, le régime poli­tique et les formes d'exercice du pouvoir" d'un Etat. Les phi­losophes, juristes et polito­logues qui en ont fait - et en font toujours" un objet d'étude, l’explique dans des ouvrages qui ne tiendraient pas sur les rayons d'une seule bibliothè­que. Dans cette acception, on trouve un gouvernement dans les premières sociétés humaines.
Mais pour qui veut remonter "aux sources" de ce "sys­tème politique", J'aube des groupes humains est peu loquace. Car, "pour que l'on puisse vraiment (y) parler de gouvernement, il manque l'ins­titutionnalisation des règles politiques'l1. Autrement dit,"les problèmes que pose le pou­voir (choix des gouvernants, limitation de leurs préroga­tives, etc.) ne sont pas tous bien résolus (...) ni même suffi­samment perçus". Ce qui fait que nombre de penseurs pré­fèrent se référer à des "so­ciétés plus avancées comme les grands empires".

Grands empires
Par grands empires, ils pen­sent à l'Egypte où, de 3150 à 332 avant Jésus-Christ, sous plus de 'deux cents souverains et une trentaine de dynasties, "le pouvoir est tout entier con­centré entre les mains d'un homme, révéré à l'égal d'un dieu: le pharaon". Ils pensent aussi à la Mésopotamie (XVIIIème -VlIème siècles avant Jésus-Christ) où c'est un "Roi des rois" qui tient les rênes du "pouvoir tout entier" en question, qu i ne donne aucun droit aux gouvernés, ces der­niers ne devant de moins en moins ressentir, disent les écrits, le "caractère oppressif' du pou­voir qu"aux distances séparant les lointaines provinces des ca­pitales. Mais par grands em­pires, ces penseurs se sont moins intéressés à l'Asie où, pourtant, "cette forme de gouvernement (...) a subsisté, avec quelques nuances, jusqu'à la colonisa­tion européenne, c'est-à-dire jusqu'aux XVlllème et XIXème siècles"2, que dans la Grèce an­tique.
Dans cette Grèce antique, par contre, soutiennent les auteurs, les"types de gouver­nement sont plus variés. Une diversité qui amène historiens et philosophes à tenter de classer les différents systèmes gouver­nementaux, les différents régimes politiques. La première classi­fication connue est celle de Hérodote (vers 484-vers 420 av. JC) : les gouvernements monarchique, oligarchique ou démocratique, suivant que la décision y est prise par un seul, par un groupe ou par tous. Plus tard, Platon (428-347 av. JC) reprend ce classement avec quelques variantes dans La République puis Les Lois, avant qu'Aristote (384-322 av. JC) aussi n'aborde le sujet dans La Politique (voir encadré).

Quel rôle pour la Rome antique?

Si tous s'accordent à recon­naître que "l'apport de la Grèce a été fondamental" dans l'évo­lution des théories politiques sur le gouvernement, les avis divergent sur le cas de la Rome antique. "Bien moins important"3, estiment les uns; "un grand rôle dans le développement des gou­vernements en Occident"4, jugent les autres.
Arguments des premiers: "A Rome, les hommes d'Etat étaient avant tout les chefs d'une armée en campagne; ils ne songeaient guère à élaborer de système po­litique"5. En outre, suivant les idées du Grec Polybe (Histoi­res), Cicéron (106-43 av. JC) n'a fait que reprendre "la dis­tinction grecque entre monar­chie, aristocratie et démocra­tie", même si, ajoutent ces romano-sceptiques, "(il) préco­nisa une Constitution mixte com­binant ces différents régimes de façon à maintenir l'équili­bre des forces". Quant à l'em­pire, "la nouvelle formule po­litique" d'Octave (ou Auguste ou encore Octavien, 63 av. JC­14 apr. JC), petit-neveu et fils adoptif de Jules César, c'est juste "une dyarchie où gouvernaient simultanément - du moins en apparence - l'empereur et le Sénat'. Et la tétrarchie (gouver­nement de l'empire par qua­tre empereurs), système instauré par Dioclétien (245-313 apr. JC) ? "Elle ne constitua pas (non plus) un système nouveau", trouvent-ils. Ce n'est pas l'avis des tenants de la seconde thèse pour lesquels Rome, "qui passa du stade de République-Cité à celui de siège d'un empire mon­dial'6, est prépondérante. Et cette influence" arguent-ils, "découle, en partie, du fait que, pour la première fois, les Romains avaient réussi à formuler de façon claire le principe de la su­périorité du droit constitution­nel - qui établit la souverai­neté de l'Etat - sur le droit commun, comme celui créé par les lois du corps légis­latif'.

Les Lumières et les révolutions

Puis le monde et l'Europe en particu1ier traversent le Moyen âge. Cette période marque les esprits par sa "théocratie ou gouvernement de Dieu", et par sa "féoda­lité caractérisée par la person­nalisation et la hiérarchisa­tion des rapports entre tous les nobles possesseurs de ter­ritoires. Dans ce système, le roi ne possédait que peu de pouvoirs et se trouvait sim­plement au sommet de la hiérarchie féodale". Jusqu'au XVlllème siècle.
A partir de cette période, gouvernement commence à avoir une signification aux contours un peu plus précis que "organisation, structure, système, régime politique et formes d'exercice du pouvoir d'un Etat". À qu i la faute? Aux philosophes des Lumières et aux révolutions.
Les premiers (Jean-Jacques Rousseau, John Locke, Mon­tesquieu...) imaginent la séparation des pouvoirs comme instrument de préser­vation des peuples, et reven­diquent, dès lors, la forma­tion de gouvernements dis­tincts des autres organes de l'Etat. Les secondes se pro­duisent en Angleterre (1688), en Amérique (1775), en France (1789) et "ouvrent l'époque des constitutions écrites".
D'ailleurs, ce sont ces évé­nements que les historiens prennent, en général, comme dates d'apparitions de gou­vernements démocratiques modernes. Tout ce que veut le peuple? Accéder au pou­voir politique et limiter celui des monarques. Que tous les pouvoirs ne soient pas con­centrés dans une seule main.
D'où la conception du gou­vernement comme l'organe détenant le pouvoir exécu­tif, c'est-à-dire celui veillant à l'application des lois; le pouvoir de les établir appar­tenant à un parlement, et celui de juger à des magistrats indépendants du roi.

Et aujourd'hui...
De nos jours, dans les systèmes politiques, on dis­tingue surtout les gouverne­ments dits" autoritaires" de ceux dits "démocratiques". Dans les gouvernements auto­ritaires, le pouvoir est le plus souvent confisqué par l'Etat ou le parti unique. Ils revê­tent autant la forme de dic­tatures que de monocraties (une personne unique, le chef de l'Etat, exerce la totalité du pouvoir). Dans les gouverne­ments démocratiques, deux grands modes d'organisation et de fonctionnement des ins­titutions sont concevables: gouvernement direct (le peuple gouverne directement, gou­vernants et gouvernés se confondent) et gouvernement représentatif (des représen­tants du peuple sont désignés par lui pour gouverner). Mais pour cette variété de régimes et cette multiplicité de formes du gouvernement, Aristote soulignait, il y a vingt ­trois siècles, "qu'il ne faut pas être prisonnier du nom donné au régime politique (...r. Parce que, ajoute Catherine Rouvier sous la plume de laquelle on lit la précision, "la politique n'est pas une science 'théorique', mais une science 'pratique' où l'inter­vention humaine peut tou­jours venir bouleverser les plus savantes théories"....

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18.01.2006

Mountagha Nouvels Generations aux Changement

Mountagha (Fougoumba) est,reste mon Cartier ou je suis né et grandi "Fougoumba"

Bienvenue sur mon Blog ; il est toujours en construction et mis à jour chaque jour...

Merci de votre patience.

Je suis Mountagha Originaire de la Guinée Conakry né la-bas et grandi "j'aime mon payé et ma nation" je suis dans ce site pour me faire connaitre une chose que je tant rêvé et me voila aujourd'hui.

Regarder et dite moi ce que vous pansé

ASSEZ D'INJUSTICE SVPL...ASSEZ DE PROMESSES...DU CONCRET SVPL

 

 

Non pas fixer de date c'est du 01 janvier au 31 décembre ces gens souffrent....Chacun à droit à un minimum de vie digne ; comme chacun de nous avec un minimum vital...

 

Pourquoi nous nous permettons d'envahir leurs terres pour des raisons économiques ou autres et que eux arrivant ici ce font rejeter comme des malpropres et des pestiférés.

 

SI VOUS CROYEZ EN DIEU OU MEME SI VOUS ETES ATHEE ACCEPTERIEZ-VOUS DE TELS AGISSEMENTS ENVERS VOUS....N'AVEZ VOUS PAS DE TRIPES OU DE COEUR POUR ETRE AUSSI INDIFFERENTS....

 

L'Accueil des réfugiés ...

La réalité, que beaucoup ignorent, car installés  dans un système de confort et de consommation grandissante, ceux-ci anesthésie le sens de la perception du malheur et de la détresse de leurs semblables, de tous milieux, de toutes origines et de toutes couleurs. Nous sommes tous pareils et ressentons le mal et la douleur, comme la joie et le bonheur de la même façon.
Alors SVP assez de Bla Bla, mais de l'action...Assez de discours et de promesses, de lois modifiées ensuite revisées et pour finir reniées.

Où est votre sang ; votre coeur .....ça pourrait être vous à la place de l'autre ...

Réfléchissez un peu...facile de tout relativiser ...quand en rentrant chez vous ; vous trouvez chaleur repas et bonne humeur.

 

Non, je dit "NON" en "2006" L'ËTRE HUMAIN NE PEUT ËTRE BANNI SI IL CHERCHE UN ABRI...

Apprendre à pêcher ....est mieux que de donner le poisson pour beaucoup de Nations...

courage les jeunes

Désirez une vie meilleure et un Monde meilleur vous y avez droit, une nouvels generations nouvels sensations aux changement...prenons la relève...

 

Bises à tous,