17.11.2006

48ème Anniversaires

48ème anniversaires de l’armée guinéenne L’armée guinéenne, un parcours glorieux

By MOUNTAGHA BALDE

Le 1er novembre dernier, l’armée guinéenne a célébré son 48ème anniversaire dans l’allégresse. Une occasion que le Haut commandement a mise à promedium_Mountagha_1_.jpgfit pour procéder à des avancements en grade. Il est important de rappeler, que la Guinée a été le seul territoire français d’outre-mer à avoir voté « Non » au référendum gaulliste du 28 septembre 1958. Un choix qui lui permettra de se frayer un chemin vers l’indépendance nationale.

Le 02 octobre 1958, la Guinée française devient officiellement la République de Guinée avec pour capitale, Conakry. Mais pour qui connaît les conditions dans lesquelles cette indépendance a été acquise, il serait vraiment facile de deviner les difficultés de toutes sortes qui attendaient le nouvel Etat. La France ayant mal pris le vote négatif de la Guinée au référendum ne ménagera pas ses efforts diplomatiques pour isoler davantage ce pays, dont le seul tort aura été de préférer l’indépendance à la colonisation et à toute autre forme d’exploitation de l’homme par l’homme.

Parmi les défis que les nouvelles autorités devaient impérativement relever, il y avait la constitution d’une armée nationale pour défendre en tout temps et en tout lieu l’intégrité du pays. C’est ainsi que l’on procédera à la création des premières unités de l’armée guinéenne le 1er novembre 1958, soit un mois seulement après la proclamation officielle de l’indépendance nationale. De cette date jusqu’à nos jours, force est de reconnaître que beaucoup d’eau a coulé sous le pont. En 48 ans d’existence, l’armée guinéenne a connu des hauts et des bas. Sous l’ancien régime, chaque « complot » était une occasion rêvée pour procéder à des arrestations au sein de la « Grande Muette ». En 1969 par exemple, nombreux sont les officiers et les sous-officiers de l’armée guinéenne qui se sont retrouvés au Camp Boiro à la faveur d’un supposé complot ourdi contre le Président Ahmed Sékou Touré et son régime révolutionnaire.

Le 22 novembre 1970, la Guinée fera l’objet d’une agression impérialiste pilotée par le Portugal. Des témoignages plus ou moins concordants indiquent que des exilés guinéens auraient bel et bien pris part à cette agression perfide contre leur pays, pour des raisons tout à fait inavouables. Et aux yeux des autorités d’alors, les agresseurs ont certainement dû bénéficier d’un réseau de complicité à l’intérieur. D’où l’impressionnante vague d’arrestations au sein de l’armée et dans toutes les couches socioprofessionnelles du pays. Le 26 mars 1984, Ahmed Sékou Touré, celui qui présidait jusqu’alors aux destinées de la Guinée tirera sa révérence alors que ses compatriotes s’y attendaient le moins.

Une semaine après la disparition du Père de l’Indépendance guinéenne, l’armée, sous la conduite d’un certain colonel Lansana Conté, prendra le pouvoir sans effusion de sang et évitant ainsi au Peuple du 28 septembre, un périlleux saut dans l’inconnu. Le 4 juillet 1985, un présumé coup d’Etat a été déjoué pendant que le président Lansana Conté était en visite officielle à Lomé, la capitale togolaise. Les 2 et 3 février 1996, une mutinerie a éclaté à Conakry, au grand dam de tous ceux qui multiplient les prières afin que la paix et la quiétude sociale soient des réalités tangibles dans notre pays.

Mais heureusement, tous ces événements cités ci-haut n’ont pas été de nature à compromettre fondamentalement la stabilité et l’unité du pays. En septembre 2000, l’armée guinéenne a réussi à repousser vaillamment les attaques rebelles dans la partie sud du pays. L’on mettra également à l’actif de la « Grande Muette », la participation très remarquée aux différentes guerres de libération sur le continent (Angola, zaïre, Guinée Bissau, etc.). Quarante huit ans, c’est vraiment l’âge de raison pour une armée nationale. Aux officiers et aux sous-officiers de notre vaillante armée nationale, l’on ne peut que dire joyeux anniversaire.

Vie pénible des étudiants en Guinée

 

 

Le mois précédent, nous avons affiché un article poignant qui expose de manière succincte le contexte global de la pauvreté en Guinée. Dans la trame de cette logique thématique, nous nous proposons dans la présente dépêche de brosser une vue panoramique sur la vie pénible des jeunes étudiants guinéens, plus particulièrement ceux venant de l’intérieur du pays pour suivre leur cursus universitaire dans l’institution d’Etat, « Gamal Abdel Nasser » sise à Conakry.

Depuis sa création en 1962, l’Université de Conakry accueille chaque année plus d’un millier d’étudiants. L’Etat a toujours veillé à ce qu’un minimum vital soit toujours assuré aux étudiants en l’occurrence la bourse universitaire et le logement. Cette bourse universitaire consiste en un montant de 20.000 francs guinéens initialement puis rehaussée à 60.000 à partir de l’année 2000. Face à l’inflation galopante que connaît le pays, les conditions des étudiants guinéens n’ont pratiquement pas évolué. Les promesses fallacieuses prises lors des grèves estudiantines successives n’ont eu qu’un effet minime, si ce n’est des décrets de nomination des hauts responsables universitaires désignés pour maintenir la routine. Leur situation a d’ailleurs connu le pire. La cause de cette dégradation des conditions de vie estudiantine la plus récente et la plus déterminante réside dans la suppression pure et simple du service de logement et de restauration universitaire initialement assuré pour tous les étudiants par suite donc d’un arrêté du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, par son Excellence Monsieur Sékou DECCAZI, intervenu en 2005. Alors, un véritable calvaire débute pour tous les étudiants guinéens et notamment ceux venant de l’intérieur du pays pour Conakry ainsi que ceux de l’institut de Faranah. Délogés sans autre forme de procès, n’ayant aucun tuteur à Conakry, bien des étudiants émigrés dans la capitale se sont vus contraints à l’errance et à la mendicité dans les mosquées pour pouvoir survivre et poursuivre leurs études. Mieux, toutes les exactions subies par les étudiants à l’institut de Faranah dépassent l’entendement : bastonnades, injures, expulsion brutale, pourchasses, spoliations, j’en passe.

Cet exposé épisodique de la situation estudiantine en Guinée n’a qu’une valeur relative. En revanche, il ne pourrait servir comme une référence documentaire pour la poursuite des faits devant le tribunal de l’histoire ; tout au moins, il ne reste pas moins le réquisitoire sur l’un des actes juridiques les plus méchamment posés. Non plus, il ne constitue pas moins le témoin objectif de la pauvreté générale de la couche estudiantine et du sentiment de rejet amèrement ressenti par la jeunesse intellectuelle de Guinée ; cette jeunesse qui, à l’issue de longues études, se voit attribuer un diplôme qui le condamne à l’errance et à la désespérance dans un gouffre de pauvreté.

Les portes de l’université se sont ouvertes le 1er novembre 2006 et une sérieuse inquiétude se dessine : quel sort leur est encore réservé suite à l’annonce de la suppression définitive des bourses à partir des nouvelles vagues d’entrées pour la rentrée universitaire 2006-2007 ?


Les Guinéens entre cherté de vie et incapacité des gouvernants !

 

 

Décidément, les Guinéens sont à mille lieues du bout du tunnel. Les prix des denrées de grande consommation flambent à longueur de journées. Vu la situation alimentaire désastreuse dans laquelle végètent les Guinéens de tous les horizons, on a comme l'impression que les gouvernants actuels ont plus que jamais montré leur limite.

 

 

En Guinée, les prix des denrées stratégiques n'arrêtent pas de grimper. Au grand dam des citoyens dont le pouvoir d'achat ne fait que se détériorer. Au jour d'aujourd'hui, un pain se négocie à 1300fg. Le prix du jus aussi vient de grimper. Désormais, une bouteille de boisson gazeuse coûte une bagatelle de 1500 fg. Le riz et la viande sont, faut-il le rappeler, hors de portée de la bourse de quantité de guinéens.

De nos jours, Conakry, entre autres, est en passe de devenir la capitale par excellence de la faim. Les habitants de la capitale vivent une sorte de pénitence en continue.

Par ailleurs, la monnaie nationale dégringole. Cet autre symbole de notre souveraineté nationale ne vaut plus rien. La preuve est que, dans la plupart des universités et autres écoles privées de la capitale, les pensionnaires s'acquittent de leur frais de scolarité en monnaie étrangère.

Au marché, le panier de la ménagère est mis à rude épreuve. Pour aller faire leurs achats, les femmes sont obligées de sortir avec une forte somme. Sans quoi, elles s y ridiculiseraient.

Etant donné que les populations des quatre coins du pays continuent de vivoter dans des conditions exécrables, les gouvernants, incapables et irresponsables, entendent se scotcher indéfiniment aux affaires. Au jour d'aujourd'hui, dans l'Ouest africain, la Guinée est hors jeu. Les services de base les plus élémentaires sont inexistants. Et pourtant, c'est un scandale que de voir les Guinéens, malgré les immenses richesses naturelles de leur patrie, sombrer dans pires difficultés de l'existence.

 

 

Auteur: Thierno Mountagha Baldé Information de Conakry Guinée

 

Au flanc d’un chaos annoncé !!

 

 

Malgré qu’il existe dans l’histoire de tout pays, des cataclysmes naturels, des sécheresses, des épidémies ; mais les plus néfastes catastrophes, les plus constantes, les plus répétitives sont l’œuvre de l’homme et avant tout de l’homme d’Etat. Elles proviennent de son appétit de conquête et de domination, de ses innombrables et intraitables fanatismes de contrôle du pouvoir et de sa manie perverse de laisser la population dans une misère absolue alors que le pays possède des ressources pour l’en extirper.

 

 

 

La leçon qui se dégage de l’histoire de la Guinée est donc de valeur d’illustration et de témoignage : car de tout temps elle a été à la fois de plus en plus étatisée et de moins en moins gouvernée. Et d’autant moins ou plus mal dirigée qu’elle a été profondément étatisée. Le marasme économique du régime actuel débute avec le système lui-même : inflation galopante, une population sans expérience en matière d’emplois stables, un marché financier inexistant, une classe politique réduite à refaire son apprentissage et à épeler laborieusement l’alphabet démocratique, les dirigeants n’ont plus aucune idée pour sauver le navire, ils accumulent des décisions inapplicables ou contradictoires.

Que devrions nous faire à présent ?

Les guinéens doivent-ils continuer à dormir tranquillement sur leurs lauriers ?

L’évidence est qu’actuellement, cette dictature du « Général-roi Conté » n’est plus soutenue par les valeurs traditionnelles de la société guinéenne, dans un contexte où toutes les mises en scènes ont échoué. Ce régime est nu, face à lui-même et avec la certitude qu’il est devenu, depuis longtemps, une sorte de « passoires institutionnelles » moins qu’un modèle de société. C’est pourquoi son analyse politique ne peut faire l’objet d’une réflexion axée sur des conditions pouvant permettre à chaque citoyen d’accéder au sens de la vie afin de participer à l’organisation collective ; parce que ce régime s’est longtemps détourné de sa mission première.

Il est donc urgent de restaurer l’Etat, c’est indispensable si l’on veut que notre vie démocratique puisse avoir plus de contenu qu’une simple règle d’arithmétique électorale, et si l’on veut être en mesure d’embrasser avec réussite les questions d’emploi, de l’enseignement, de la santé, de l’eau et de l’électricité.

Si les solutions proposées par les différents ministres qui se sont succédés à la tête du Ministère de la Fonction Publique pour sortir la Guinée du sous-emploi, ont trouvé leurs limites, c’est parce qu’elles ne s’inscrivaient pas dans toutes les dimensions pertinentes et n'ont pas pris en compte les mutations de la société pendant ces dix dernières années. C’est évident que « les soubresauts de l’économie sont incompréhensibles et impossibles à gérer sans agir aussi sur ceux qui affectent le lien social » comme me la souligner, Monsieur Serafino Marchese, mon professeur de Négociation Internationale lors d’un déjeuner. Toutes ces approches de solutions devraient, en effet, poser la question d’avenir collectif des citoyens.

Et justement, parlant d’avenir collectif, je me fais le devoir dans ce présent écrit, rappeler à l’ensemble des guinéens et à la communauté internationale, que les agriculteurs guinéens vivent depuis plusieurs années dans une désolation indescriptible. Le régime du «Général-roi Conté » n’à jamais songé crée des conditions nécessaires permettant aux braves agriculteurs de Fouta, des planteurs de la Guinée forestière, pour ne citer que ceux-ci, à faire face aux nombreuses difficultés qui les assaillent. En tout cas, les conditions météorologiques sont toujours favorables, c’est même une particularité naturelle et enviable du climat guinéen. Or, depuis plusieurs années, les cultivateurs de Ouré kaba, de Ditiin, de Tolo, de Dounè, de Kindia, de Gbéréiré Bafila, de Zoo, de Kankalabé, de Bissikirima, de Gbèkè…se révèlent incapables de moissonner leurs récoltes de pommes de terre, de légumes, de bananes plantains, de riz, mais aussi de mangues, telle la variété eldon, très convoitée en Europe. Souvent ces récoltes pourrissent sur pied, ou elles se gâtent dans les hangars ou dans des « magbana », faute de moyens de transports suffisants, ou bien quand on achemine une partie jusqu’à destination, le manque de lieux de stockage et de conservations adéquates parachève des pertes. D’ordinaire en année moyenne ou médiocre, entre le quart et le tiers de leurs productions disparaissent ainsi sans avoir pu atteindre le stade de distribution.

Il y’a quatre (4), je me rappelle, la profusion de pommes de terre provoqua de la pénurie et plaça le Ministère de l’agriculture devant une difficulté qui n’avait aucunement sa raison d’être. Personnellement je placerai cette non assistance des agriculteurs au nom d’un refus de la part de Jean Paul Saar, le ministre de l’agriculture. Cette crise qui, avait d’ailleurs agenouillé d’avantage ce régime incapable, même dans les années de petites récoltes, de moissonner, de transporter, de conserver et de distribuer. Au même moment où des pommes de terre, des mangues, des « alokos », des tomates pourrissaient dans les champs et dans des baraques, la population manquait de pain, le « Général-roi Conté » rétablissait le rationnement dans les quartiers de Conakry. Alors que dans ses champs, à lui, se pratique une agriculture hautement moderne, dont les retombés s’évanouissent dans la nature ou se retrouvent le plus souvent sur les marchés de Dakar, de Banjul et de Bissau voisins. Quelle honte !! Quelle insulte à cette Guinée immensément riche.

Qu’on me pardonne de faire ce parallèle, mais il est loisible de rappeler que, sur les marchés européens notamment français inondent des haricots verts, produits au Kenya, précisément autour de Sangana, d’Eldoret, de Kibwezi. Depuis quelque temps, une entreprise franco-kenyane du district de Kakanega conditionnent ces récoltes et assurent sa mise en boite. En quelques années, la production de haricots verts est devenue le fleuron de l’agriculture kenyane dont les performances générales sont, à ce jour, exceptionnelles.

A se conformer à toutes ces réalités, qu’est-ce que le « Général-roi Conté » a apporté, lui, de nouveau dans le secteur agricole guinéen ?

Situation difficile des enseignants contractuels en Guinée

En dépit de différents programmes d’appui au secteur éducatif, l’enseignement en Guinée connaît encore bien des entorses. Dans le présent article, nous mettrons l’accent sur la situation difficile des enseignants contractuels en Guinée, notamment au niveau élémentaire.

Depuis l’avènement de la Deuxième République , on remarque effectivement le développement de l’infrastructure scolaire ; l’effort du gouvernement dans ce sens a été constamment appuyé par l’action des partenaires au développement (Banque Mondiale, FMI, Coopération Guinéo-Japonaise…). Ainsi, pour assurer l’efficacité de l’aide internationale, l’on a assisté en Guinée à l’échafaudage de divers programmes éducatifs à savoir :

- le Programme d’Ajustement Sectoriel de l’Education (PASE) qui s’est soldé par des résultats importants au plan pédagogique essentiellement ;
- le Programme Education pour Tous (PEPT) qui a permis la croissance des effectifs scolaires et universitaires.

Cependant, en dépit des avancées significatives, il est alarmant de constater, en ce qui concerne l’enseignement élémentaire, des problèmes effarants qui se posent aux enseignants contractuels. Cette catégorie du personnel éducatif, a été recrutée pour un double but :

- juguler le chômage chronique des jeunes diplômés ;
- apporter un effectif supplémentaire au personnel enseignant.

Or, de toute évidence, diverses mesures d’accompagnement devaient s’en suivre nécessairement pour permettre aux contractuels de subsister en attendant le règlement définitif de leur situation administrative. Le département en charge de l’Education devrait disposer d’un fonds spécial pour l’entretien des contractuels. A défaut de ces mesures, l’on assiste à toute une scène de souffrances dont ils sont victimes. Cette catégorie connaît souvent des retards dans la perception des salaires, allant de 6 mois à 1 an. D’ailleurs, bon nombre d’entre eux sont soutenus par la caisse des collectivités locales de leur ressort. D’une année à l’autre, ils attendent des tests professionnels organisés par l’Etat pour trouver remède à leurs problèmes. Faute de solutions, ils se voient souvent contraints d’abandonner leurs postes de travail pour venir grossir le rang des chômeurs dans la capitale. Aussi, il n’est pas étonnant de voir l’école de l’intérieur se vider de leurs enseignants tandis que l’Etat continue d’avancer ses arguments de déficit budgétaire, le problème se maintient et devient cyclique.

En conséquence, nous jeunes cadres fondateurs du CO.J.D.A.F portons une attention soutenue sur la situation ainsi décrite. Nous visons surtout à stimuler l’intervention des personnes et des institutions de financement pour venir en aide à cette couche socio-professionnelle laborieuse. Dans le cadre du partenariat Système des Nations Unis / Etat Guinéen, un projet d’envergure sectoriel est déjà en cours d’étude en vue de son lancement en 2007. Ceci dit, toute autre intervention de la part d’un partenaire pourra bénéficier d’une synergie avantageuse.